17/10/2017

Journal d'un enfant de lune

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Dessin : Anne-Lise Nalin
Éditeur : Kennes Editions
56 pages
Date de sortie :  11 octobre 2017
Genre : chronique sociale, témoignage

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Avec Journal d'un enfant de lune, Joris Chamblain, le scénariste de la série best-seller Les Carnets de Cerise et de Sorcières Sorcières, propose un récit fort véhiculant des valeurs positives pour un public ado-adulte. Journal d'un enfant de lune a pour thème une maladie rare (l'hypersensibilité de la peau au soleil). Il est scénarisé par Joris Chamblain et dessiné par Anne-Lise Nalin.

 

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Mon avis

Les parents de Morgane, une jeune ado de 16 ans, emménagent dans une nouvelle maison. Difficile pour une ado de changer de vie, de perdre ses copines et de se rerouver dans un nouveau lieu avec pour seul horizon ses parents et son petit frère. Elle râle beaucoup, elle claque les portes et envoie balader un peu tout le monde. Elle est cependant loin de se douter que ce déménagement va changer sa vie, et peut-être même lui faire mettre un premier pied dans le monde adulte.

En déballant ses cartons elle trouve un journal intime caché derrière un radiateur. C'est celui de Maxime, âgé de 17 ans. Il y raconte sa maladie, la Xeroderma Pigmentosum, une de ces maladies génétiques orphelines, appelées maladies rares, qui font doublement souffrir d'une part parce que la maladie en elle même est une souffrance et d'autre part parce que ces maladies orphelines sont difficiles à prendre en charge du fait de la rareté des cas.

Cette maladie interdit à Maxime de s'exposer au soleil sans quoi sa peau serait irrémédiablement détruite par les UVA. Il est donc obligé de se cacher des rayons du soleil en enfilant des combinaisons lourdes, incommodes et inconfortables et n'a pour seul espace de liberté totale que la nuit et lueur de la lune.

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Morgane est tout de suite bouleversée par ce journal plein de noirceur et la description touchante que Maxime fait de sa maladie. Elle veut retrouver l'auteur du journal et le lui rendre. Sa petite enquête la mènera au sein d'une association d'aide aux enfants de la lune où elle y fera du bénévolat durant un été. Cette expérience montrera à Morgane que la vie, faite de peines et de joies, réserve tous les jours son lot de surprises et que l'espoir est un formidable moteur pour avancer et franchir les obstacles.

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Voilà une très belle histoire, touchante, émouvante, intelligente, sensible et utile que nous raconte le scénariste des Carnets de Cerise, Joris Chamblain. Joliment illustré et chaleureusement mis en couleur par Anne-Lise Nalin, ce récit nous fait découvrir avec simplicité cette maladie rare qui bouleverse la vie non seulement de ceux en sont atteint mais aussi de tout leur entourage. Imaginez-vous un instant sortir de chez vous affublé d'une combinaison de spationaute entièrement étanche aux UV. Imaginez les transformations à faire dans votre maison pour chasser les UV : ampoules électriques spéciales, filtres sur les vitres, hectolitres de crème solaire protectrice ... Difficile à imaginer si on y est pas confronté. Sans verser dans le pathos et la sensiblerie larmoyante, nous découvrons avec beaucoup d'émotion le quotidien de ces gens pas comme les autres qui essayent de vivre comme tout le monde.

C'est en partenariat avec l'association "Enfants de la lune" que les éditions Kennes ont mené ce projet éditorial. Plus qu'une mise en lumière – si j'ose dire – de cette maladie rare, cet album a vocation à venir en aide à l'association par le reversement d'une partie des recettes de l'album afin d'aider à la recherche mais aussi et surtout à venir en aide aux familles notamment par l'achat des coûteux équipements.

Une BD belle, intelligente, bouleversante et utile qui touchera les lecteurs de tous âges et qui devrait faire prendre un peu de recul aux ados qui pleurnichent quand ils n'ont plus de wifi...

 

Loubrun

 

le site de l'association Enfants de la Lune

 

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Corto Maltese - tome 14 - Equatoria

corto maltese t14.jpgcorto maltese t14_pl.jpgScénario : Juan Diaz Canalès
Dessin : Ruben Pellejero
Éditeur : Casterman
76 pages
Date de sortie :  septembre 2017
Genre : aventure

 

 

 

Présentation de l'éditeur

1911, entre Venise et les jungles d'Afrique équatoriale, Corto recherche le « miroir du prêtre Jean », un mystérieux objet rapporté des croisades. Sur sa route, il croise trois jeunes femmes aux destins étrangement complémentaires : Aïda, journaliste entreprenante, Ferida, exploratrice en quête de son père disparu, et Afra, ancienne esclave.

 

"- Je ne vois aucun intérêt à devenir un héros de papier!

- Pauvre Corto ! Comme si on pouvait choisir ... "

 

 

Mon avis

Juan Diaz Canalès et Ruben Pellejero remettent le couvert deux ans après la reprise des aventures de Corto Maltese et leur beau premier album Sous le soleil de Minuit.

S'attaquer à ce mythe de la BD et prendre la succession d'Hugo Pratt n'est pas une chose facile tant le personnage de Corto est devenu une icône même au delà du monde de la BD. Le succès du premier album des deux auteurs Espagnols montre qu'ils ont abordé avec une grande intelligence ce défi éditorial. On peut aussi toutefois relativiser ce succès en le mettant sur le compte de la curiosité. Bah oui ! Un nouveau Corto écrit et dessiné 20 ans après la mort de Pratt, forcément ça suscite la curiosité. On pourrait donc penser que ce premier tome a bénéficié d'un engouement hors norme dû au statut particulier de Corto et de Pratt dans l'univers de la BD.

C'est donc sur le deuxième tome de la reprise – le quatorzième de la série – que l'on va commencer à pouvoir juger du succès ou non de la poursuite des aventures de Corto Maltese par le duo espagnol.

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Prenant le parti dès le départ de la continuité du style originel de la série, autant dans la narration que dans les histoires racontées et dans le graphisme, l'éditeur et les auteurs n'ont pas forcément choisi la voie la plus facile.

Pourtant, avec ce volume ils transforment l'essai de fort belle manière en apportant leur patte personnelle tout en mettant encore un peu plus leurs pas dans ceux du Maître. Dans ce récit d'aventures nonchalantes (il n'y a pas de grandes scènes d'actions ni de grand souffle épique, juste un héros flegmatique qui va où le porte son aventure) on retrouve le ton des premiers albums de la série, notamment La ballade de la mer salée ou Les Ethiopiques.

Il y a de l'aventure bien sûr, mais aussi de la poésie, une once de fantastique et de mystique, des drames humains, quelques bastons avec coups de feu, le tout sur une toile de fond historique puisque Corto Maltese se retrouve ici au centre de tous les trafics du colonialisme et de l'esclavagisme et qu'il va croiser la route d'éminents personnages tels que le jeune politicien Winston Churchill, le trafiquant Henry de Monfreid, ou encore l'esclavagiste Tippo Tip.

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Comme toujours Corto a son idée en tête : la quête d'un trésor improbable (pour Corto la quête est plus importante que le trésor). Quête qui le mène de Venise à Zanzibar et sur le lac Victoria en passant par l’Égypte après avoir frôlé son île natale de Malte. Et Comme souvent, ses plans seront modifiés, contrariés, et il se retrouvera mêlé à des histoires qui à priori ne le concerne pas.

Aventurier, séducteur, pirate, trafiquant, Corto peut tout être tant que c'est lui qui décide de se laisser porter par un vent de liberté qu'il chéri plus que tout.

 

Cet album est une réussite, dans la veine des plus beaux albums de Pratt. Il y aura bien des esprits chagrins pour n'y voir là qu'une bonne mais pâle copie cherchant à appliquer soigneusement une recette ou a suivre un cahier des charges, comme dans la reprise de Blake et Mortimer. Un cahier des charges, il n'y en a pas, comme le révèle le directeur éditorial de Casterman Benoit Mouchart dans le tout nouveau numéro des Cahiers de la BD : "Ni l'ayant droit ni Casterman n'a souhaité imposer un style graphique ou une chronologie dans laquelle l'action doit se dérouler." J'y vois moi en effet un des plus beaux hommages qui soit, en continuant à faire vivre ce héros de papier en l'intégrant de plain pied dans l'univers créé par Hugo Pratt et dont on finit par se demander s'il n'est pas finalement fait aussi d'un peu de chair et de sang.

 

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Ruben Pellejero, qui était déjà bon sur l'album précédent, donne l'impression ici de se glisser dans la peau de Pratt. On n'est pas dans la copie du style – il suffit pour s'en convaincre d'ouvrir en parallèle les premiers albums de Pratt – mais plus dans la reproduction et la réinterprétation d'une ambiance. Il y a bien sûr des attitudes du marin ou des profils qui donnent une impression de "à la manière de", mais à y regarder de près et notamment dans les décors, on s'aperçoit que Pellejero fait bien du Pellejero et ne cherche pas à imiter Pratt. Cet habile mélange de précision et d'épure donne aux planches de Ruben Pellejero une puissance évocatrice assez proche de ce que l'on ressent à la lecture des planches d'Hugo Pratt.

Les puristes préfèreront sûrement la version noir et blanc qui délivre encore plus de force. Ceci étant, la version colorisée ne démérite pas. Les couleurs sont douces, chaleureuses et lumineuses et ne mangent jamais le trait permettant d'en apprécier quand même la puissance évocatrice.

Voilà donc une relance de série très réussie et dont je risque d'attendre avec frénésie chaque nouveau tome.

 

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la version noir et blanc

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16/10/2017

Star Wars Icones T 4

L'ARNAQUE REBELLE

Couv_305193.jpgVerso_305193.jpgScénario : Matt Kindt
Dessin : Marco Castiello

Couvertures: Adam Hugues
Éditeur : Delcourt
128 pages
Date de sortie :  28 juin 2017
Genre : Science Fiction

 

 

 

Présentation de l'éditeur:

 Après avoir consacré les trois premiers albums respectivement à Han Solo, Leia Organa et Luke Skywalker, Star Wars Icones se penche sur un récit qui les réunit tous les trois sous la bannière de la Rébellion. 

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Mon avis:

Le meilleur album de la série ! Si les trois premiers se bornaient à présenter chacun des héros dans plusieurs petites aventures, plus ou moins intéressantes, ce quatrième tome présente une histoire complète. Chaque chapitre est consacré à l'action d'un des personnages et nous ne saurons qu'en fin de volume comment toutes ces actions mènent à l'arnaque contre l'Empire du titre. Chaque chapitre met en scène une nouvelle recrue rebelle et une mission à faire avec l'un des héros. Mention spéciale au deuxième chapitre dans lequel la princesse Leia et la jeune recrue Sarin, femelle Twi'lek à la peau rouge, mènent un jeu de dupes mortel dans Feddasyr, planète dédiée aux plaisirs. Un autre bon chapitre met en vedette Chewbacca, grand oublié des tomes précédents et préféré des followers dont je suis, dans une course mortelle pour livrer les codes secrets de l'Empire.

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L'artiste Marco Castiello rend des planches agréables et sait bien dessiner les personnages et les monstres. Le scénario de Matt Kindt est bien étoffé et permet au lecteur de passer un bon moment à lire cet album. Comme d'habitude dans ce genre de publication vous trouverez en fin de volume les couvertures et variantes des comics originaux avec une appréciation particulière pour l'artiste Adam Hugues, maître du genre.

JR 

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Largo Winch - Tome 21 - L'Etoile du matin

largo winch,l'étoile du matin,eric giacometti,philippe francq,aventures,dark dinance,anonymouslargo winch,l'étoile du matin,eric giacometti,philippe francq,aventures,dark dinance,anonymousScénario : Eric Giacometti
Dessin : Philippe Francq
Éditeur : Dupuis
48 pages
Date de sortie : 06 octobre 2017
Genre : Aventures

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Les valeurs du Dow Jones chutent de manière spectaculaire. Le groupe Winch est accusé d’avoir manipulé les cours. Qui se cache derrière cette machination ? Qui sont les véritables maîtres de la finance ?

 

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Mon avis

On ne me l’aurait pas dit, je ne l’aurais pas deviné… D’ailleurs, on ne me l’a pas dit ! Largo Winch a (de nouveau) perdu son père. En effet, en arrivant à la sympathique (et bien pourvue en éclairs au chocolat et autre délicieux petits fours) soirée de lancement de ce 21ème tome des aventures du « milliardaire au grand cœur », je remarquai sur le visuel de la couverture affichée un peu partout que le nom de Van Hamme avait été remplacé par celui de Giacometti, Éric de son prénom. Contrairement au premier épisode : « L’Héritier » où Nério Winch mourrait en laissant Largo orphelin, multi-milliardairement riche certes, mais orphelin tout de même, cette fois-ci, son deuxième papa, Philippe Francq (son excellent dessinateur) lui en a trouvé un nouveau, et un très bon, qui plus est. Il s’agit d’un auteur de romans policiers à succès qui fut, accessoirement, journaliste économique pour Le Parisien.

Résultat : On ne me l’aurait pas dit… Je ne l’aurais pas deviné…

La transition - toujours plus délicate quand on change un scénariste que lorsqu’il s’agit d’un nouveau dessinateur - se fait donc tout en douceur. Enfin, c’est du Largo Winch, en douceur certes, mais avec de l’action.

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Sans être « fan » de cette série (je n’aime pas trop ce terme, à part si l’on me parle des Beatles ou du Liverpool Football Club), je l’apprécie énormément et je dois avouer que la façon dont est traité ce nouveau tome est un réel soulagement.

D’abord, comme le rappellent les deux (nouveaux) compères au fil des interviews, il fallait poursuivre et clôturer l’aventure précédente (le diptyque Chassé-croisé et 20 secondes) scénarisée par Jean Van Hamme et qui se terminait sur un « à suivre » un poil inquiétant. Aussitôt dit… Ce nouvel épisode débute donc quelques mois après les évènements de Londres et l’on y retrouve Largo et Simon en train d’essayer de débusquer celui qui se cachait derrière l’attentat manqué contre la tour londonienne du Groupe W. Voilà pour le début.

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Ensuite, on peut dire que Giacometti a bien bossé son sujet. Car oui, tous les éléments d’un bon Largo son présents sans pour autant être hors de propos. En effet, il n’est pas rare de voir des auteurs reprendre une série à succès et se perdre en hommages et autres clins-d ’œil à l’auteur précédent. Giacometti évite cet écueil tout en disséminant les ingrédients auxquels nous sommes habitués : Les amis, Simon et Freddy, les jolies (sublimes et sexy) femmes qui en veulent à Largo, le Big Board du Groupe W, les flashbacks avec Nério Winch, un orientalisme assumé, un contexte réaliste (forum économique et Anonymous), de l’action (des meurtres gratuits ou pas, des avions qui arrivent à point), la banque de Vaduz (la fameuse Zukunft Ansalt), des trahisons et, last but not least, un bon cliffhanger final… Le tout parfaitement intégré à un scénario très bien documenté (saint-Van-Hamme n’est pas loin !) faisant la part belle à l’Economie et la Finance en allant fouiller du côté du Trading Haute Fréquence, des ordinateurs et autres algorithmes qui prennent toujours plus de place dans nos vies.

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Côté graphisme, que dire ? Que Philippe Francq est un orfèvre de la Bande Dessinée, que chacune de ses planches est un trésor d’harmonie, que son trait est précis, ses cadrages millimétrés et que ses compositions frôlent la perfection ? Mais bon, vous le saviez déjà, non ? Les couleurs sont également à tomber. Bien que traitées numériquement, elles gardent un aspect « BD » tout en renforçant le côté réaliste du trait de Francq. C’est d’autant plus appréciable qu’aujourd’hui, nombre de bandes dessinées (je ne citerai pas de noms…) qui paraissent sont colorisées (et même dessinées) à la va-vite, faisant regretter le bon vieux temps des aplats de Tintin ou d’Astérix…

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Bref, si vous aimez Largo Winch, il est plus que probable que, comme moi, non seulement vous appréciez ce tome 21, mais qu’en plus, il vous rassure sur l’avenir de la série. Bienvenue monsieur Giacometti !

 

 

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