06.06.2011
Curiosity Shop , l'interview.

Je vous invite à lire aujourd’hui pour illustrer le tome 1 de Curiosity Shop une interview de la scénariste espagnole Teresa Valero.Un grand merci à elle d’avoir répondu à ma curiosité.
Bonjour Térésa, j’aurais tout d’abords aimé savoir comment est né Curiosity Shop ?
A Madrid, j’habite dans un quartier près du quartier historique bourré de magasins bizarres et étonnants, beaucoup d’entre eux sont dédiés aux antiquités et aux objets peu communs… Je voulais faire un récit d’aventure placé dans ce Madrid que j’aime...
Ma première idée était de faire une bd autour d'une bande de contrebandiers d'art et d'antiquité. Je voulais faire un peu "d'investigation historique" au travers de tous les objets pour lesquels ces aventuriers pourraient se battre au cours de leurs affaires. Bien sûr, on ne voulait pas faire de la "pédagogie historique", mais essayer de réveiller l'intérêt et surtout la curiosité des lecteurs pour certains évènements que nous sommes en train d'oublier...

Montse et moi, on avait travaillé ensemble pendant plus de dix années dans le studio d’animation Tridente. On avait des goûts et des visions communes, on se comprenait très bien au travail… Après la disparition du studio, on a continué à se voir dans certaines réunions d’artistes de bd qu’on fait habituellement à Madrid. On avait une grande envie de travailler ensemble à nouveau. Je lui ai parlé de l’univers de Curiosity et on a commencé à discuter, à inventer… et finalement on est arrivé à ce que sont maintenant les aventures de Max Prado.
Pourquoi avoir encré ton histoire au début de la grande guerre, c’est une époque qui t’inspire ?
Au long d'une des nos premières conversations, Montse a eu l'idée de situer l'action de "Curiosity Shop" autour des années vingt, parce qu’elle adore l’ambiance et l’esthétique de cette époque là. J'ai trouvé l’idée fascinante… ça nous donnait l’opportunité de raconter en parallèle l'histoire cachée de certains objets anciens et oubliés, l'histoire personnelle d'une femme née avec le siècle, et finalement l'Histoire de ce période pleine de merveilles et d'horreurs. Et un des plus terribles événements du siècle XX est sans doute la Grande Guerre, un conflit qui a mis un point final à un certain mode de vivre…
Cette époque est très intéressante pour beaucoup de raisons : Nous, tel que nous sommes,
et aussi notre monde actuel, tout ça c’est évidement le résultat des événements du 20e siècle, des luttes ouvrières, de deux guerres épouvantables, de l’avancé des sciences et de la technologie, du changement moral et intellectuel des individus… Je trouve certainement passionnant de faire une petite collaboration avec notre travail pour « nous rappeler » d’où on vient.
Comment se passe ta collaboration avec Montse Martin ?
C’est toujours un plaisir de travailler aux côtes de Montse. C’est une incroyable professionnelle. Non seulement, elle a un talent fou, mais elle apporte toujours une vision intéressante et juste sur beaucoup des aspects de l’histoire.
Pour la méthode de travail, tout d’abord j’écris un petit synopsis de l’histoire que je lui fais lire. Si elle est d’accord avec la route que j’ai prise, je commence à écrire un scenario « technique » avec des informations de case ou aussi un découpage mais quelque chose qui ressemble à des séries de télé ou des films. Après de ça, Montse fait le découpage et on en discute. Quand on est tous les deux d’accord sur ce point c’est l’heure des crayonnés…

Curiosity shop est une BD très dense avec beaucoup de thématiques abordées. Quel conseil donnerais-tu pour bien aborder ta BD et aussi comment la définirais tu ?
Je définirais « Curiosity Shop » comme une bd pour les CURIEUX. Pour les chercheurs,
les attentifs, les enquêteurs… Comme lecteur, j’adore les livres qui m’obligent à un peu de participation donc, pour ce bouquin, j’ai essayé de donner aux lecteurs ce que j’aime trouver quand je lis. C’est vrai que la lecture de « Curiosity » demande un certaine approche, une sorte « d’engagement » comme investigateur tant pour l’histoire que pour la bd qui propose une époque de référence pour bien suivre tous les détails. On est conscient que ce genre de récit peut gêner certains lecteurs, mais il y a d’autres qu’ont beaucoup aimés ce jeu de « chercher-trouver » qui donne, toujours à mon avis, un « plus » à la lecture, et qui laisse le livre ouvert à plusieurs relectures, toujours différentes et plus riches selon le désir de connaître de chacun.
Et le conseil pour l’aborder ? Simplement de la lire avec CURIOSITÉ.
Peux-tu nous dévoiler un peu sur la suite des aventures de Maxima Predo ?
Bon, pour la prochaine aventure elle sera à Tolède, en quête de la Table du Roi Salomon, volé pour l’arabe Tariq aux Goths… Après ça, elle va visiter la France en pleine guerre…
Quelles sont tes sources d’inspiration (BD, roman, cinéma etc) ?
Tout ! J’essai de lire tout ce que je peux, j’aime voir de bonnes fictions qu’on trouve de plus en plus dans les séries télé.
Pour m’inspirer pour « Curiosity » qui demandait un travail de fou pour la recherche en document, j’ai passé beaucoup de temps en essayant d’apprendre sur la période historique, en cherchant des beaux endroits de l’époque pour situer les actions, des événements intéressants autour desquels je voulais construire le récit. J’ai plongé dans les archives photographiques d’internet, les hémérothèques, les livres anciens, les romans des auteurs du dernier siècle, essais historiques sur la première guerre mondiale ou la situation politique pour laquelle l’Espagne est devenue neutre, j’ai aussi vu plusieurs documentaires… ce n’est pas les matériaux pour l’inspiration qui nous manquent de nos jours !
Voilà, j’espère que vous en savez un peu plus sur le travail de Téresa Valero. L’air de rien, on découvre que ce n’est pas une mince affaire de faire une bonne histoire.
Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (0) | Tags : interview, curiosity shop, téresa, valero, montse, le réveil 1914, glénat, madrid |
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