21/06/2013

Dérive orientale

derive-orientale-younn-locard-cv.pngyounn-locard-derive-orientale-01.pngRésumé de l'éditeur: Printemps 1937. Deux hommes battent le pavé d’Istanbul. Un grand journal londonien leur a commandé un reportage illustré, le portrait de la capitale turque en cité moderne dans un pays laïque. Simon, l’écrivain terre à terre, ne voit rien qui y corresponde et aurait préféré être ailleurs. Aillil, le dessinateur épicurien, espère quant à lui de nouvelles expériences. C’est précisément ce que leur propose Abdolfaz, un prince autoproclamé rencontré sur les quais.
Dans la citerne imposante qu’il a aménagé en lieu de débauche dans les bas-fonds de la ville, il leur fait entrevoir un autre Istanbul, qui n’a jamais coupé les racines de son passé, et les plonge dans une ivresse trouble dont on ne sait s’ils sortiront.

 

H27.jpgEn 2009, souvenez-vous, l'épidémie de grippe A H1N1 rend les médias et la population un brin paranos. Au même moment, Younn Locard sort son premier album chez L'employé du moi, H27 (dessiné avant la crise H1N1). L'histoire d'un groupe d'amis embarqué dans un véritable scénario catastrophe qui voit Bruxelles mise en quarantaine pour cause d'épidémie d'H27... un hasard du calendrier entre la fiction et la réalité.

 

Aujourd'hui, l'auteur nous présente son deuxième titre chez ce même éditeur et crée une nouvelle fois un hasard interpellant entre la fiction et l'actualité. A l'heure où Istanbul fait régulièrement la une des infos et nous laisse entendre que les droits et les libertés du peuple turc ne sont peut-être pas si avancés qu'on le pensait, Dérive orientale dépeint une ville qui veut se montrer moderne aux yeux de l'occident mais qui, sous sa couche de vernis, reste très attachée à son passé.   

 

Là où, en 2009, Younn Locard réalisait un beau contraste entre dessin noir et blanc un peu brouillon et scénario catastrophe, Dérive Orientale propose une histoire plus posée et un dessin (toujours noir et blanc) plus clair et précis. Le découpage un peu sauvage d'H27 laisse place, aujourd'hui, à de belles cases. Le trait de l'auteur ne s'étend pas particulièrement dans les détails mais réussit avec quelques traits très bien placés à mettre en place une atmosphère palpable. On ne voit pas Istanbul, on la ressent.  Et c'est toute la force de cette oeuvre, Simon l'écrivain et Aillil le dessinateur passent presque au second plan et laissent la ville prendre la place d'un personnage (principal?) à part entière.

 

Le +: Une vraie bouffée d'oxygène! Un album magnifique en tous points bien servi par une édition soignée de L'employé du moi.

 

Le -: Certains auraient probablement préféré un scénario plus dense mais cela aurait été au détriment de l'atmosphère générale.

 

l'employé du moi, younn locard, istanbul


Je clique chez:

 

L'employé du moi

 

Younn Locard

 

William

Commentaires

je serai encore assez preneur car ayant été à Istanbul , j'ai pu constater les différents visages de cette ville.

Écrit par : samba | 21/06/2013

Répondre à ce commentaire

Bien reçu :)

Écrit par : Monsieur William | 23/06/2013

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire