08/08/2014

Interview de Tatiana Domas.

Je vous propose une interview sur le parcours passionné mais pas sans embûche de la dessinatrice Lyonnaise Tatiana Domas.

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SambaBD -Ton parcours dans le monde de la BD commence par un prix à Angoulême si je ne me trompe pas, peux tu nous raconter cet épisode ?

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Tataina Domas : Aiguillée par mon professeur d'art plastique au lycée, j'ai réalisé une petite BD sur le volley-ball (ma passion) pour le concours scolaire du festival d'Angoulême (1991). Ces 2 pages ont été  sélectionnées pour l'exposition et j'ai reçu un album de Giraud (Blueberry) en cadeau. 

Ca a été le déclic.


-En 2000, c’est Téo  chez Delcourt, ça commence fort non ?

Teo2_10022005.jpgTout juste sortie de l'école Emile Cohl, je m'orientais plutôt vers Teo1_31012004.jpgl'illustration de livre jeunesse et j'ai fait la rencontre de Denis-Pierre Filippi. Spontanément, il m'a proposé de monter un projet BD avec lui et ça m'a amusée de tenter cette expérience. 'Téo' était né... et Delcourt nous a ouvert les portes de sa collection jeunesse. 

-Ensuite, tu dois te tourner vers des éditeurs plus confidentiels comme la Fourmilière pour Miralda ou petit à petit pour le secret des lutins. Tu dois presque faire de la vente à domicile puisque la distribution de ces titres est problématique.


Couv_158087.jpgEn publiant dans des petites et moyennes structures, c'est plutôt un chemin de liberté que j'ai choisi face à la surproduction et le peu de visibilité de nos titres en librairie. Publier en petite quantité mais de manière durable, c'est un moyen de réaliser une série complète sans avoir à subir le dictat économique des ventes car en librairie il faut vendre très rapidement sinon, les bouquins passent à la trappe... 

C'est aussi un moyen d'être face aux lecteurs et de respecter leurs attentes. 

 



-Tu es une passionnée mais tu n’as pas eu des doutes à ce moment là ?

Très passionnée ! Oui... sinon, je ne serais pas restée dans le métier. Les doutes ont été très présents et de nombreuses fois …

 

Comment, je vois ce métier :

'Je marche sur un fil au dessus du vide et face à la brume épaisse . Si je regarde le vide, j'ai peur, oui. Sinon, pas du tout...' 

Ce qui m'intéresse, c'est le doute qui permet de progresser, de construire l'édifice petit à petit... Je cherche, en dessinant. Ma technique de couleurs directes est plus au point aujourd'hui mais j'aimerais encore et toujours me renouveler. 

 

-Tes titres sont essentiellement tournés vers la jeunesse. Pas évident d’attirer les têtes blondes vers la BD avec tous les autres médias ?

 Oui, c'est mon engagement : je souhaite toujours apporter aux jeunes l'envie de lire. Je reste sincère avec mon trait et ce que je veux montrer de l'enfance, mais je garde un œil ouvert sur les autres médias car je sais que les jeunes sont conquis par tant d'autres médias, très tendances et attractifs.

-Après on te retrouve chez Akiléos avec le royaume d’estompe, un merveilleux conte où on remarque un très gros travail sur les couleurs.

 Quand cette histoire m'a été proposée par Jean-Christophe Deveney (scénariste), jeCouv_172304.jpg voyais les scènes défiler comme dans un film. Ça a été un défi ! Je suis restée peut-être un peu trop dans la 'peinture' alors que mon envie était d'aller vers plus de mouvement... Par contre, pour la finition de cet album, oui, je suis allée au bout de l'aventure.

 Très heureuse d'avoir accompli ce travail.

-Avec Egaux sans égo, un collectif, tu t’adresses aux adolescents. La  prochaine étape, une histoire pour les grands enfants (adultes) ?


Je m'adresse très souvent aux jeunes et ce sont souvent des histoires qui ont une profondeur. Alors, des histoires pour les adultes, oui ça m'attire.

Je souhaite aller vers le roman graphique...

 

-Pour ce futur titre, si j’ai bien compris, tu as quasiment fait l’album sans avance du futur éditeur. 
Pas du tout évident donc ?

En effet, je jongle avec des travaux de commandes, des déplacements en salons, des animations scolaires et la production BD.

C'est aussi ce qui fait la richesse et la variété de ce métier.

 

interview,domasEn ce moment, je propose la réédition de plusieurs BD avec YIL éditions : Le Secret des Lutins est à nouveau édité depuis avril 2014.

Et bonne nouvelle pour ceux qui l'aiment : la série 'Téo ' va être à nouveau éditée à la rentrée. Il y aura un cahier graphique conséquent dans chaque album.

Actuellement , je poursuis la réalisation d'un nouvel album BD interview,domas: 'Clarisse et l'horloge' avec Jean-Blaise Djian au scénario, effectivement, sans avance... 

 

 

-Comment choisis-tu d’ailleurs tes scénarios ?

 La rencontre avec les scénaristes s'est fait naturellement, lors des salons. J'ai reçu pas mal de propositions depuis mes débuts et je suis très attentive. Mais je ne peux pas tout 'dessiner' et je ne le souhaite pas. En général, j'ai un genre de 'coup de foudre'...

Chacune des histoires est un point de départ pour moi. 

Je dois pouvoir m'imprégner de l'histoire pour apporter ma touche et créer cette alchimie, que l'on doit ressentir à la lecture.


Voilà une grand Merci à Tatiana et on ne lui souhaite que du bonheur pour le futur .
Un gros Kiss comme aurait dit le roi Albert.

 

Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (0) | Tags : interview, domas |  Facebook | |

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