20/09/2014

PREVERT, INVENTEUR.

Prévert, Cailleaux, Bourhis, Dupuis, 09/2014Prévert, Cailleaux, bourhis, dupuis, 09/2014Dessin : Christian Cailleaux- Scénario : Hervé Bourhis

Editions Dupuis- Collection Aire Libre

Sortie 19/09/2014

72 pages –Cartonné- couleurs

Prix conseillé : 16,50 €

ISBN : 9782800162256

Biographie, Littérature, Prévert

 

Résumé (de l’éditeur) : Envoyé à 21 ans en Turquie pendant son service militaire, Jacques Prévert y fait la connaissance de Marcel Duhamel. De retour à Paris, ils s'installent dans le quartier de Montparnasse qui va devenir le cœur de l'avant-garde des années 1920. Entre petits boulots et fêtes enivrantes, Prévert fait la connaissance d'Aragon, Breton, Desnos, avec lesquels il écrit quelques-unes des plus belles pages du surréalisme. Mais la politisation de Breton ébranle le groupe d'amis. Viscéralement indépendant, Jacques Prévert prend ses distances vis-à-vis d'un mouvement avec lequel il ne va pas tarder à rompre et fait de nouvelles rencontres déterminantes, notamment avec Giacometti et Pierre Batcheff. S'ouvre alors pour lui une nouvelle carrière de scénariste.

« -Qu’est-ce que vous buvez, Desnos ? Je connais votre travail, vous savez. Je trouve ça dégueulasse. Positivement dégueulasse.»

 

Mon avis : Encore une biographie d’un grand auteur de la littérature française ! C’est à la mode mais il faut bien dire que souvent ils ont eu une vie atypique qui sort des sentiers battus, de la vie monotone de Monsieur tout-le-monde…Il faut bien dire qu’à part quelques poèmes, je ne connais rien de Prévert. Cet album m’a permis de mieux appréhender l’homme qui se cache derrière l’œuvre. Je me suis aussi rendu compte que le Prévert que l’on a connu sur la fin de sa vie, s’était fortement assagi par rapport à ses débuts entre 1920 et 1931.

En effet, les auteurs de cet album ont pu bénéficier du soutien de la famille de Jacques Prévert et ont eu accès à ses archives. C’est donc assez pointu comme narration. C’est d’autant plus remarquable que Prévert n’apparait pas toujours sous son meilleur jour. Prévert est un homme qui n’aime pas travailler et il le dit ! Il vit la plupart du temps aux crochets d’amis, il a une grande gueule, aime faire la bringue et sortir la nuit. Il a la répartie facile, fait beaucoup de jeux de mots, ce qui amuse la galerie mais lui vaut aussi parfois des problèmes, y compris avec la police. Bref, Prévert, c’est un pochtron, un glandeur qui va même par moment se retrouver à loger sous les ponts, à devoir vivre de peu. En fin de compte, il se mettra à l’écriture de poèmes plus par nécessité que vraiment d’envie au départ.

Il n’empêche que, après un service militaire à Constantinople, sa vie de bohème dans le quartier de Montparnasse va lui permettre de fréquenter l’avant-garde de l’époque. Il va fréquenter les surréalistes avant de couper les ponts et devenir poète et scénariste.

Au niveau du dessin de Cailleaux, pas de case, mais des illustrations commentées, des phylactères, posés sur une planche d’un seul tenant. Le dessin est plus stylisé que réaliste. Pourtant, ce dessin est détaillé et précis. On revit avec Prévert, par exemple au début de l’album, son service militaire à Constantinople, un poste de tout repos, dans une ville magnifique et fascinante. C’est Byzance ! Cela n’empêche pas quelques trouvailles graphiques comme le plan de la maison du 54, rue du Château à Paris. Cela ressemble parfois à un carnet de voyage. Le lecteur visite Montparnasse des années ‘20 comme un touriste visite La Turquie…A première vue, cela a l’air débridé mais la lecture au niveau graphique est très plaisante.

Pour le scénario de Bourhis, j’en ai déjà touché un mot. C’est très pointu. La narration fait un excellent résumé des étapes importantes dans le cheminement de Prévert. On ne rate aucune de ses rencontres importantes et il en a rencontré du monde et pas n’importe qui ! Les dialogues sont bien choisis et montrent la façon de penser, parler de Prévert, sa manière de triturer la langue française, ses jeux de mots. Le scénariste a su garder la bonne mesure pour que la lecture reste limpide, qu’on ne se lasse pas de la lecture par un texte trop long, trop lourd, ampoulé.

Il s’agit semble-t-il d’un premier tome mais cet album peut déjà se suffire à lui-même. La période abordée est très intéressante et moins bien connue de nos jours. J’ai découvert Prévert qui n’était pour moi qu’une icône aperçue de loin lors d’un cours sur la littérature française, au détour d’une page du dictionnaire Larousse. Très intéressant et bien réalisé.

 

Dessin :             8,0/10

Scénario :           8,0/10

Moyenne :           8,0/10

 

Lien vers le site internet de l’éditeur : ICI.

 

Capitol

 

Prévert, Cailleaux, bourhis, dupuis, 09/2014

 

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