24/10/2014

LA COULEUR DE L'AIR.

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.Dessin & Scénario : Enki Bilal

Editions Casterman

Sortie : 22/10/2014

96 pages –cartonné

Prix conseillé : 18,00 €

ISBN : 9782203033

Science-fiction.

 

Résumé (de l’éditeur) : Dans un ciel sens dessus dessous ponctué d’immenses masses nuageuses aux allures menaçantes progresse le Zeppelin sinistré Garbage et son équipage incongru : un couple de passagers de hasard embarqués à Tanger, Anders Mikkeli et Esther Roblès, deux jumelles orphelines sujettes à de mystérieuses crises de citations littéraires, leur garde du corps et le cadavre démembré du pilote de l’appareil, suspendu à ce qui reste de sa nacelle détruite. Dans les soutes, un mélange de déchets nucléaires instables et d’armes atomiques en état de marche, indice probable des visées terroristes du Garbage. Balloté au gré de la violence des vents, ses équipements verrouillés sur navigateur automatique, l’aérostat semble totalement livré à lui-même, et pourtant… Pourtant quelque chose suggère qu’il y a peut-être là un dessein, une volonté, une direction. Car au même moment, nombre des personnages croisés au fil des deux précédents volumes de la trilogie – Ana et Lester, Bacon et son dauphin hybride, Julia, Roem et Lawrence, l’ex-aumônier militaire – se sont eux aussi mis en mouvement, comme mûs par un appel secret. Leur périple annonce-t-il le stade terminal du « coup de sang » planétaire ? S’agit-il des prémisses de la troisième guerre mondiale annoncée, qui mettra ainsi un point final à la crise environnementale généralisée ? Ou d’autre chose encore, divergeant de tout ce qu’on pouvait imaginer ?

 

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.

« Le COUP DE SANG est le nom du dérèglement climatique brutal et généralisé qui s’est abattu sur la Terre »

 

Mon avis : « Après Animal’z et Julia et Roem, voici enfin le troisième volet de la trilogie évènement signée Enki Bilal. » Voilà comment l’éditeur Casterman introduit cet album qui est un événement de cette fin d’année 2014. Enki Bilal a une renommée extraordinaire tant dans le monde de la Bande Dessinée que dans le milieu de l’Art et des galeries. Sa côte explose, ses toiles s’arrachent déjà à des prix extraordinaires. Enki Bilal prend ce phénomène comme une reconnaissance mais aussi comme une assurance de pouvoir continuer ses projets éditoriaux et artistiques en toute indépendance.

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.

Sombre, très sombre, cette histoire. Du moins au début car cet album porte très bien son titre : « La Couleur de l’Air ». Les premières planches sont monochromes. Un bleu foncé et monocorde. Enki Bilal a employé ce procédé des couleurs pour marquer le ras-le-bol de la Terre devant le comportement des hommes. La Terre a décidé de se nettoyer de ses scories, de se purifier. Il s’agit en quelque sorte d’une remise à zéro qui se veut spectaculaire. Mais au début de l’album, le lecteur et les personnages n’en savent rien. Il se passe un cataclysme mais personne ne connait le point d’arrivée, la fin de cette aventure. C’est en fin d’album que progressivement les couleurs vont revenir (Bilal a employé sur la fin de l’acrylique), je vous laisse la surprise de découvrir pourquoi…

 

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.

 

On retrouve les personnages des deux premiers tomes de ce triptyque. De plus, dans un dirigeable nommé « Garbage » (déchets en anglais), on retrouve des personnages hétéroclites qui sont réellement dans une bombe nucléaire flottante, sans but réel, poussée par les vents et dépendante du soleil puisqu’il fonctionne également à l’énergie solaire. Mais, les nuages complotent pour priver le Zeppelin de son carburant…

 

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.

 

Il s’agit d’une fable qui mêle l’écologie, la philosophie, une certaine prospective d’un monde futur dans un esprit de western, de bout du monde. Il y aussi une certaine quête, une progression vers de nouveaux horizons. Dans la plaquette de presse qui accompagne l’album, Enki Bilal déclare : « Il y a un grand écart entre le réel et l’absurde, et tout l’enjeu pour moi a été de faire passer l’un dans l’autre, de faire croire que tout cela se déroule effectivement dans une « réalité » à laquelle on puisse croire. » Enki Bilal met également en scène le personnage d’un homme qui est à la fois terroriste et cannibale. Il représente tout ce que les hommes peuvent avoir d’aspects négatifs et que la Terre ne veut plus voir. L’actualité de ces dernières semaines donne un nouvel éclairage et conforte le scénario.

 

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.

 

Cet album de 96 pages demande de la part du lecteur un investissement personnel et une attention soutenue surtout en première partie de l’histoire. C’est les ténèbres et à la fois un ensemble de phrases de philosophes qui se rapportent au déroulement du récit et sortent de façon inexplicable via la bouche des passagers du dirigeable. Par la suite, le récit s’éclaire et la lecture devient du coup beaucoup plus fluide. Le dessin d’Enki Bilal est superbe et le scénario peut parfois paraître tarabiscoté mais il faut le prendre comme une fable pour les grands enfants que nous sommes parfois.Monumental.

 

Scénario :           8,0/10

Dessin :             8,0/10

Moyenne :           8,0/10

 

Lien vers le site internet de Casterman : ICI.

 

Capitol.

 

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.

 

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