27/11/2014

LES CHEMINS DE COMPOSTELLE - Tome 1: Petite licorne.

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014Dessin & scénario : Jean-Claude Servais

Editions Dupuis

Sortie : 17/10/2014

80 pages – cartonné

Prix conseillé : 16,50 €

ISBN : 9782800161242

Aventure, Compostelle, Bruxelles, Mont Saint-Michel, alchimie, bière.

 

Résumé (de l’éditeur) : Lieu hautement symbolique, Compostelle attire chaque année des milliers de pèlerins à travers l'Europe. Blanche, Céline et Alexandre vont, eux aussi, emprunter ce chemin à un moment de leur vie. Dépositaire d'un savoir précieux auquel son grand-père alchimiste l'a initiée, Blanche part de Belgique sur ses traces, après qu'il eut été retrouvé sans vie sur une plage près de Compostelle. Le point de départ de Céline se situe au Mont-Saint-Michel, où elle a commencé son noviciat. Quant à Alexandre, guide de montagne dans les Alpes suisses, c'est le décès de Margaux qui va le jeter, lui aussi, sur cette route pleine de questions, mais peut-être aussi de réponses. Au fil de ces voyages initiatiques et de ces destins croisés, Jean-Claude Servais nous emmène avec lui, pour un récit en sept albums, sur les chemins de France et nous fait découvrir des paysages sublimes et des lieux nourris de culture, d'histoire et de mystères.

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014

« Beaucoup de gens passent leur vie non pas à chercher la lumière, mais à l’empêcher d’entrer. »

 

Mon avis : Pour la genèse et le concept de la série, je vous renvoie vers ma chronique du 16 septembre 2014 lorsque Samba BD avait reçu le magnifique dossier de presse des éditions Dupuis. C’est ce qu’on appelle dans le jargon « appâter le client ». Pour relire mon entrée en matière, voir ICI.

N’ayant pas reçu l’album, je me suis mis en route pour aller chez mon libraire bien aimé et acheter cet album (mon Graal du moment) que toute la planète BD attend avec impatience. La sortie d’un album de Servais est toujours un petit événement en soi. Après nous avoir conté chaque fois en deux tomes l’histoire de l’abbaye d’Orval (avec sa bière et son fromage) et de Godefroid de Bouillon (la mise en bière du mythe), Servais s’est ainsi constitué une base supplémentaire appréciable de lecteurs potentiels. Ils ne connaissent peut-être pas son travail mais ils ne rateront pas l’occasion de rentrer chez eux avec un ou deux « beaux livres » traitant d’Orval ou du château de Bouillon, destinations de leur promenades dominicales. Maintenant, Servais se lance dans sa « Grande Œuvre » comme disent les alchimistes, une série en sept volumes sur les chemins de Compostelle, encore un mythe qui est revenu à la mode ces dernières décennies avec ce retour de la spiritualité et la recherche du « soi ». La visite du Pape à Compostelle n’est pas étrangère à ce regain de popularité pour ce qui reste pour moi une performance sportive et spirituelle.

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014

Et « notre Jean-Claude », comment s’en est-il tiré pour ce premier tome ? Plutôt bien, très bien même, avec la grande distinction en plus! Il prend des personnages radicalement différents, d’horizons et d’origines différentes, ayant des motivations bien personnelles. Il les met sur la route sans oublier de nous décrire leur vécu et les endroits où ils vivent et par où ils vont passer. Le terrain de jeu est donc très vaste et permet un large spectre de variation. Connaissant l’apôtre, il va nous sortir une documentation considérable et il va faire beaucoup de repérages pour coller le mieux possible à la réalité.

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014

Le premier tome est déjà révélateur de la manière de procéder de Servais dont l’expérience et la patte ne sont plus à détailler tellement son savoir-faire est connu et reconnu. On découvre d’abord en Belgique une fille prénommée Blanche. C’est le personnage central de ce premier tome. Elle a un grand-père atypique qui lui enseigne l’alchimie des alchimistes mais qui pratique aussi l’alchimie des brasseurs puisqu’il produit des bières dites artisanales. Avec son grand-père toujours, elle découvre Bruxelles et sa Grand place, joyau architectural qui se confond avec les principes de l’alchimie. Les façades sont remplies de messages alchimistes. C’est sous cet angle que Servais va envoyer Blanche sur les routes de Compostelle. On retrouve également trois autres personnages mais de façon plus succincte, le développement de ces personnages sera certainement pour les prochains albums de la série.

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014

Le dessin de Servais est toujours aussi précis. Son travail sur la Grand place de Bruxelles est exceptionnel de précision. N’est pas n’importe qui celui qui se lance ainsi dans un des plus beaux décors du monde…Dans son style qui lui est propre, il assure du côté graphique. Peu ou rien à redire…Pour le scénario, Servais a trouvé un sujet porteur mais surtout a trouvé un point d’attaque (l’alchimie au sens large) qui met déjà du rythme à son récit alors que les personnages sont à peine sur le départ. En plus, il raconte par le détail la vie de Blanche, de son grand-père atypique, de sa famille qui se déchire sur l’avenir de la brasserie. C’est à la fois très proche des contingences matérielles et pas loin d’une quête spirituelle. Cet amalgame nous donne un scénario qui tient la route et nous laisse espérer le meilleur pour les prochains tomes de la série. A noter également les très belles couleurs de Raives, lui aussi une pointure.

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014

En conclusion, C’est un excellent album de Servais que voilà. On est parti pour sept tomes. Le premier est plus qu’une mise en bouche et augure du meilleur. J’espère que l’on est parti pour sept ans de bonheur sur les chemins de Compostelle

 

a09-3e78912.gifScénario

a08-3e78906.gifDessin

a08-3e78906.gifMoyenne

 

Lien vers le site de Dupuis : ICI.

 

Capitol.

 

Les chemins de compostelle, Servais, Dupuis, 10/2014

 

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