22/12/2014

MAGIC PEN

Magic pen, Dylan Horrocks, casterman, introspection, roman graphiqueMagic pen, Dylan Horrocks, casterman, introspection, roman graphique


Scénario / dessin / couleurs : Dylan Horrocks
Dépôt légal : 09/2014
Editeur : Casterman
Planches : 264

 

 

Ancien auteur à succès d’un comic-book alternatif, Sam Zabel a fait de la bande dessinée son métier. Il travaille, sans vraiment de motivation, sur « Lady Night », une super héroïne très (très) sexuée. Le temps faisant, il souffre « d’anhédonie » : le gout à rien, plus d’inspiration, panne artistique complète ! Mais à la lecture d’un vieux fanzine, Sam se retrouve projeté, au sens propre du terme, dans l’œuvre. Il y découvre l’existence d’une plume magique permettant à son propriétaire de dessiner le monde de ses rêves pour ensuite s’y réfugier.

Magic pen, Dylan Horrocks, casterman, introspection, roman graphique

Dylan Horrocks est un auteur néo-zélandais auteur de .... deux BD : Hicksville publiée en 2001 et Magic Pen. Il utilise dans les deux cas le principe de la mise en abîmeen l’appliquant à la création de la bande dessiné. Dylan Horrocks sonde l’essence même de la BD. Quels sont les ressorts de la création ? D’où vient l’inspiration ? Comment appréhender l’ellipse et la transposer dans l’esprit du lecteur ? Et quoi de mieux que de projeter son héros dans les cases (à moins que ce soit Dylan Horrocks lui-même !?). Sam Zabel va traverser des mondes virtuels comme si le monde était constitué de couches superposées, parallèles. L’auteur plonge son héros (et donc lui-même) dans un monde introspectif de 200 pages. Il passe ainsi en revue les différents genres de la bande-dessinée : du comics à la franco belges, en passant par le manga bien gore et même par le dessin médiéval muni de phylactères.

Magic pen, Dylan Horrocks, casterman, introspection, roman graphique

Autre questions de l’auteur, Dylan Horrocks interpelle le monde machiste du 9ème art au travers de situations embarrassantes pour son héros. Quel est la part de responsabilité de l’auteur pour abonder et flatter l’imaginaire sexiste de son lectorat ? Les attaques contre la misogynie des comics et autres productions sont nombreuses.

Magic pen, Dylan Horrocks, casterman, introspection, roman graphique

Cette tempête d’interrogations se mêle joyeusement à un tourbillon d’aventures en tous genres, de pirates en monstres Martiens, de fantasmes masculins en bacchanales. Tout cela est rythmé mais avec une tendance à la répétition des scènes, risquant de perdre le lecteur. Pour mieux « digérer » ces réflexions, une lecture en plusieurs fois est nécessaire.

Le dessin est de type ligne claire sans fioriture. Les décors sont nettement mis entre parenthèses. L’expressivité des personnages est réduite au strict minimum. Le dessin est juste là pour soutenir l’étude de l’auteur. Clairement (sic), ce n’est pas le plus gros attrait de ce livre.

L’interrogation de l’auteur sur la substantifique moelle de la bande dessinée est une bonne idée. A grand renfort d’images dans l’image, Dylan Horrocks fait une véritable analyse au sens psychiatrique du terme. Si cela parait un tantinet cérébral et finalement ennuyeux, il n’en est rien. Magic pen est drôle, irrévérencieux et passionnant avec de bonnes idées narratives. Il vous fait vibrer intelligemment avec en prime, un lexique explicatif des références de l’œuvre, pour le moins très éclectiques.

Dessin : a04-3e788e4.gif
Scénario : a05-3e788c9.gif
Total : a05-3e788c9.gif

Tigrevolant

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