22/04/2015

Area 51 T1 & T2, Masato Hisa, Casterman

9782203090408.jpg9782203090415.jpgh168_169.jpgScénario et Dessin : Masato Hisa

Edition : Casterman

Dépôt Légal : 1er avril 2015

192 pages - Genre : Action fantastique

 

 

Résumé de l'éditeur: Imaginez que toutes les divinités, toutes les créatures mythologiques et folkloriques, toutes les légendes d'hier et d'aujourd'hui existent vraiment... Imaginez encore qu'elles sont parquées dans une ville cachée du monde et forcées d'y mener une existence calquée sur celles des humains...Cette ville a un nom: AREA 51 ! Arpentez ses rues et risquez-vous dans ses bas-fonds sur les traces de McCoy, détective privée qui y a ouvert une agence d'enquête et filature, où elle accueille des clients à l'image de la faune locale.

 

Mon avis :Un monde peuplé d'hybrides, de créatures malfaisantes, où tous les moindres recoins grouillent de bandits patibulaires, de figures mythologiques et autres démons pervers, prêts à occire le premier regard malvenu, un lieu dont l'unique sens consiste à survivre, à renaître et à détruire... Bienvenue à l'AREA 51, l'endroit paradisiaque pour tout malfrat de renom, de la plus belle créature idyllique au monstre hideux - un club de vacances en somme, dans lequel évolue la jolie Tokuko Mc Coy, détective privée qui aime son flingue plus que quiconque. Car son joujou, elle le bichonne, elle y affectionne la plus grande attention, et faites gaffe, ne vous y méprenez pas, car ce n'est pas parce que la minette a ce qu'il faut là où il faut qu'il faut la prendre pour une greluche... sinon elle vous fera tourner la tête et les rotules en moins de temps qu'il ne vous faudra pour cligner des yeux.

Au bout de quelques lignes et de dessins, le ton est donné : ça flingue dans tous les sens, ça crache ferme autant par la bouche que par les armes, les balles sifflent le long des tempes et le son strident que cela résulte provoque un mal de tête que même la plus forte aspirine ne ferait redescendre. Ceux et celles ayant le cœur fragile, autant vous orienter ailleurs, car votre migraine ne cessera d'augmenter; par contre, les autres, et j'en fais partie, tireront certainement allégeance et féliciteront l'auteur par cette magie boulimique autant graphique que scénaristique. 

 

 

L'AREA 51, c'est un no man's land, une zone de quarantaine permanente des États-Unis, un business lucratif où règnent pouvoir, désirs, et corruption.

 

Masato Hisa déjà connu pour Jabberwocky (chronique que j'ai réalisée récemment) a prouvé son attrait particulier pour l'univers désopilant de Franck Miller. Il y revisite ce style et le gratifie à sa sauce personnelle. L'histoire se compose de mini récits qui apporte à chaque nouveau passage des protagonistes différents. Bigfoot fait une entrée fracassante et marque de par son empreinte, le vampire Bébé possède à sa solde des jeunes esclaves qu'il fait tapiner dans son bordel très particulier et la déesse Amaterasu, plus féline et grâcieuse que jamais tente d'intimider la belle Mc Coy, pour ne citer qu'eux. Un univers palpitant dans lequel Masato Hisa se permet carte blanche tellement les nouveaux individus charismatiques peuvent être accueillis à bras ouverts.

On lui doit plusieurs séries où monstres, grandes figures mythologiques et personnages historiques célèbres ont la part belle. Au nombre de ses influences revendiquées, on compte la série de romans Anno Dracula de Kim Newman, La Ligue des gentlemen extraordinaires d'Alan Moore et Kevin O'Neill ou encore Sin City de Franck Miller.

Au Sushi Bar Innsmouth, on y trouve de la chair de sirène japonaise, un nectar qui rend immortel celui qui a la chance d'en becter!
Allez mon gars, à 50 biffeton le morceau c'est une affaire juteuse! C'est du made in Japan et ça va te requinquer tes entrailles!

Graphiquement, rare sont les séries mangas qui possèdent un tel relief, une dimension dans laquelle le noir et le blanc sont étincelants et marqués à l’extrême. On a droit ici à une œuvre magistrale truffé de détails. En cherchant à maitriser son sujet à la perfection, Hisa Masato brise les normes du conventionnel et soumet l’œil du lecteur à un nouveau regard, le dirige vers des méandres hors-normes et insoupçonnées. L'unique soucis provient du fait que justement, par moments, ce soin du détail prime par rapport à la vue d'ensemble et qu'il faut s'attarder longuement sur certaines planches pour en comprendre leurs sens. Une forme de paysage à décortiquer en quelque sorte... mais une fois découvert, le mystère prend encore davantage d'étoffe. Il nécessite donc pour le lecteur avisé d'user de beaucoup de patience et d'attention à cette lecture pour en décoder tout son génie.

Une série qui au Japon atteint déjà son 9ème tome. Une pépite de légende pour tout "banditos" qui se respecte!

 

a09-3e78912.gifDessin

 

a09-3e78912.gifScénario

 

a09-3e78912.gifMoyenne

 

 

Lien vers la fiche technique de la série chez l'éditeur Casterman: ICI.

 

Coq de Combat.

 

 

area-51-sakka-annonce.jpg

 

 

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