13/06/2015

Chaque soir à onze heures

Chaque soir à onze heures, eddy Simmon, Camille Benyamina, thriller romantique, GlenatChaque soir à onze heures, eddy Simmon, Camille Benyamina, thriller romantique, GlenatScénario : Eddy Simon
Dessin / couleurs: Camille Benyamina
Adapté de : Malika Ferdjoukh
Dépôt légal : 04/2015
Editeur : Casterman
Planches : 94

Un soir dans Paris des années 2010, Willa, la narratrice de l'histoire, est invitée pour une soirée cocktail dans un hôtel particulier. Elle y rencontre un grand jeune homme mystérieux, Edern. L’alchimie de l’amour et ses contradictions fait son œuvre ….. Invitée par ce dernier à jouer du saxophone avec sa sœur aveugle, la vie de Willa va prendre une drôle de tournure. Chaque soir, dans le manoir d'Edern, des choses étranges se passent à 23 heures....

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Le scénario est une adaptation libre (mais très fidèle) du livre éponyme de Malika Ferdjoukh. Pour cela, le duo Simon Eddy / Camille Benyamina a été sollicité. Ces auteurs ne sont pas inconnus dans le monde de la BD. En 2014, ils avaient publié chez le même éditeur « Violette Nozière, Vilaine Chérie » revisitant, en bande dessinée, le plus célèbre des faits divers des années. Malika Ferdjoukh est une auteur prolifique. Elle a écrit ce roman sur un projet des éditions Flammarion : choisir un sentiment exacerbé autour duquel il faudra construire un récit (joie, folie, haine, dégoût, honte, passion…). Et c’est ainsi qu’est né «Chaque soir à onze heures ». Ainsi, le roman de Malika Ferdjoukh se décline autour de l’amour. Diable ! Que voilà un ambitieux programme ! Comment extraire de ce thème un scénario lisible et original (tout en évitant les écueils incontournables) ? Et c’est la tout le talent de Malika Ferdjouk. Tout en parlant de sentiments et de passion, l’auteur introduit des éléments policiers et de mystère. Il en ressort un thriller romantique, un conte sophistiqué de la (haute) bourgeoisie bohème. Le choix du milieu social permet de « ouater » l’ambiance. Même si la mort plane, le cadre chaud permet de se projeter au mieux sur les éléments sociaux et les sentiments (ou tares, c’est selon) terriblement humains. Cette comédie humaine joue sur les différences entre les protagonistes : le garçon taciturne versus le garçon le plus populaire du lycée, la fille invisible mais au talent et à l’aura en devenir versus la demoiselle aveugle mais terriblement attachante et perspicace, les différences sociales. Le tout compose une palette de personnages intrigants ou juste de passage alimentant le scénario. Cela sonne juste. Le coté romantique est un peu « too much » mais plaira à un public dédié.

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La langueur et le coté cocooning est sans nul doute dû au dessin de Camille Benyamina. Le niveau social élevé des protagonistes répond superbement à la rondeur des dessins, à la palette de couleurs chaude et lumineuse. Laissons Malika Ferdjoukh décrire cette transposition en dessin : « velouté des teintes, à la douceur des bleus, l'extraordinaire poésie des rues parisiennes, la grâce des obscur ». Tout est dit.

« Chaque soir à onze heure » en bande dessinée répond bien au roman et occupe l’espace d’un bon moment de lecture. Si on a peur, au début, de se plonger dans un roman à l’eau de rose, ce sentiment est vite balayé par la vitesse de l’histoire. Les personnages attachants et une intrigue passionnante donnent un récit suranné. Atypique ! 

Chaque soir à onze heures, eddy Simmon, Camille Benyamina, thriller romantique, Glenat

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Scénario a05-3e788c9.gif
Total a05-3e788c9.gif

Tigrevolant

 

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