30/06/2015

LES NAUFRAGES DU METROPOLITAIN- Tome 1/2: Les Rats de Saint-Eloi.

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015Dessin : Nathalie Berr - Scénario: Patrice Ordas

Sortie : 27/05/2015

Editions Grand Angle

48 pages – Cartonné

Polar, Thriller.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur) Paris, janvier 1910. Alors que les eaux de la Seine menacent de déborder, Valentin, apprenti joaillier de la Place Vendôme, se fait appâter par une bande « d’Apaches », des anarchistes détrousseurs de bourgeois. Leur chef, Le Fennec, convoite les bijoux enfermés dans le coffre de l’atelier où l’adolescent apprend son futur métier. Mais Le Fennec ignore qu’il est sous la surveillance de la fameuse Brigade du Tigre du commissaire Sébille. 

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

 

 

« Fric-frac dans Paris sous les eaux ».

 

 

Mon avis : Nouvelle sortie chez « Grand Angle », la branche adulte de l’éditeur « Bamboo ». Il s’agit à nouveau d’un diptyque (très à la mode pour le moment) qui nous fait découvrir l’atelier d’un artisan bijoutier de la Place Vendôme et son personnel aux destinées diamétralement opposées. Vient se greffer là-dessus un casse qui tourne mal dans un Paris sous les eaux de la Seine en janvier 1910 et une surveillance policière qui était déjà en route…

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

Nous retrouvons au dessin Nathalie Berr. Cette illustratrice qui a travaillé dans la pub pour de grandes marques, débute dans la BD en 2001 avec un premier album en collaboration avec Rodolphe. Il s’agit de « La Maison Dieu » chez Albin Michel. Chez Grand Angle, elle a déjà réalisé « Borderline », « Nous Anastasia R. ». Le scénario est de Patrice Ordas, un spécialiste du roman historique qui a déjà été primé. Il fut aussi directeur de l’Ecole de joaillerie de Paris pendant 25 ans. Il a collaboré avec Patrick Cothias pour « L’Ambulance 13 » et « L’œil des dobermans » chez Grand Angle. Il a également signé plus récemment « Hindenburg », « La Rafale », « S.O.S. Lusitania »,  et bien d’autres albums. Ce ne sont donc pas des inconnus…

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

Dès le départ, en ouvrant l’album, j’ai été frappé par la qualité du dessin. Les personnages, leurs expressions, les cadrages sont très bien rendus. La composition des planches reste classique même si le découpage est rythmé et bien étudié. Les décors sont bien rendus. On reconnait bien l’ambiance parisienne du début du siècle.

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

Pour le scénario, Patrice Ordas  a voulu probablement se faire plaisir. Nous faire bénéficier à la fois de son expérience de Directeur de l’Ecole de Joaillerie de Paris et son amour pour l’Histoire de Paris. Il en profite pour mettre l’action lors de l’inondation de 1910, question de mettre du piment dans le récit. Valentin, l’apprenti joaillier, va mal tourner et être à la base du braquage de son propre patron, braquage qui va tourner mal. Pendant ce temps, une autre ouvrière de l’atelier, Madame Pommeraye, va faire la connaissance d’un certain Delaroche, personnage déjanté et atypique, pianiste au Moulin Rouge et accessoirement inspecteur de police.

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

Pour ma part, j’ai apprécié le dessin mais j’ai trouvé le scénario un peu alambiqué. Je me suis demandé plus d’une fois quel était le but des auteurs. Le titre « Les Naufragés du Métropolitain » est tout à fait accessoire par rapport à l’action du premier tome. Soit, nous ne sommes que dans les préliminaires  et il faudra attendre le tome 2 pour connaître les développements ainsi que le fin mot de l’histoire, soit c’est un récit compliqué et très complexe qui dépasse complètement mon petit cerveau fatigué de chroniqueur BD. Je ne vous cache pas que je me suis arrêté plus d’une fois dans ma lecture pour me demander : « où va-t-on avec cette foutue histoire?». En attendant le tome 2 et de voir de quoi sera fait le sauvetage du scénario, j’ai mis ma tenue de survie et j’attends la suite de l’histoire avec l’angoisse du naufragé…

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

 

 

 

a08-3e78906.gifDessin

 

a06-3e788fc.gifScénario

 

a07-3e78901.gifMoyenne

 

 

Liens vers la fiche technique de l’album chez Grand Angle : ICI.

 

Capitol.

 

Les naufragés du Métropolitain, Berr, Ordas, Grand Angle, 7/10, polar, thriller, 05/2015

 

L'île des justes

Couv_245011.jpg 245011_pla.jpgCorse, été 42

 
Scénario : Stéphane Piatzszek
Dessin : Espé
Editeur : Glénat
Collection : Grafica
Date de sortie : 06 mai 2015
Pages : 88
 
 
Résumé :
Pour échapper aux rafles, les Cohen tentent de rallier la Corse avant de se rendre en Palestine, terre d'accueil mythique pour les juifs persécutés d'Europe.
Henri Cohen, arrêté par la police française puis déporté, ne vivra jamais son rêve.
Suzanne, sa femme, est capturée à son arrivée sur l'île de Beauté et séparée de son fils Sacha qui, grâce à l'aide des insulaires, est mis en sûreté.
Réussissant à prendre la fuite, Suzanne retrouve son fils dans le petit village de Canari o^un prêtre les recueille. Bienveillant, celui-ci leur permet de trouver un refuge où il les imagine à l'abri. Mais il oublie qu'en Corse aussi, l'ennemi fait sa loi...
Seule la solidarité corse transformera le calvaire d'une famille en un chemin d'espérance et de vie.

l'île des justes,corse été 42,piatzszek,espé,glenat

 
Mon avis :
A la lecture de la dédicace de Stéphane Piatzszek, on peut supposer que la réalité n'est pas loin de la fiction.
 
C'est un album qui témoigne du courage des français face à l'oppresseur. On se rend compte de l'énorme travail des préfets et sous préfets de Bastia à Sartène qui ont dissimulé la présence des juifs dans l'île de 1940 à 1943.

l'île des justes,corse été 42,piatzszek,espé,glenat

 
C'est une solidarité insulaire qui fait face aux autorités avec aplomb et effronterie, et un sens du devoir et de l'honneur bien implanté en Corse et qui perdure souvent dans la vendetta. 

l'île des justes,corse été 42,piatzszek,espé,glenat

 
Les corses sont historiquement hospitaliers et " ici, les gens peuvent s'étriper pendant des siècles, mais face aux pandores, il seront toujours soudés"
 
c'est à travers l'émotion suscitée par une mère et son fils en détresse que le Préfet va prendre fait et cause pour leur liberté. Et c'est un hommage rendu aux résistants de l'île et particulièrement au village de Canari qui a reçu le 22 octobre 2010 une plaque commémorative de l'Association Hommage aux Villages de France" pour leur rôle dans l'accueil de familles juives pendant la deuxième guerre mondiale.

l'île des justes,corse été 42,piatzszek,espé,glenat

 
Encore un livre souvenir, et un beau livre, les dessins d'Espé confèrent à l'album une authenticité et une espérance illusoire quant au sort des juifs durant cette période.
 
Ma note
 
a07-3e78901.gif

 
Sophie

29/06/2015

PRETTY DEADLY

 

pretty deadly,deconnick,rios,glénat comics,western fantastique,09 juin 2015pretty deadly,deconnick,rios,glénat comics,western fantastique,09 juin 2015Scénario : Kelly Sue DeConnick

Dessin : Emma Rios

Sortie : 9 juin 2015 

Glénat Comics

160 pages - carton

Western fantastique

 

 

sumé-présentation (de l’éditeur ) :

Un récit sauvage qui combine habilement le western et l’horreur

Oyez le chant de Ginny Face de Mort : “Toi qui exiges réparation, invoque son nom, entonne sa chanson, Sonne le glas qu’elle entendra depuis les enfers. Ginny chevauche le vent pour toi, mon enfant... Le vent souffle pour la Mort !”

Ginny est la fille de la Mort, au visage marqué des stigmates de son père. Elle chevauche son destrier de fumée à travers un Ouest sauvage et sans concessions où magie et poudre ne font pas forcément bon ménage.  Dans la cruauté d’une Amérique qui se cherche et se construit dans le sang et la violence, Ginny traque les pêcheurs, les coupables. Mais au terme de sa quête de vengeance, saura-t-elle aller jusqu’au bout pour affronter son propre destin .

pretty deadly,deconnick,rios,glénat comics,western fantastique,09 juin 2015

Mon avis :

Conte de fée lyrique et fantastique planté dans l’ouest américain et sauvage du 19ème siècle, fortement enraciné dans l’univers du folklore et des fables, Pretty deadly affiche sans complexe son ambition artistique. Le lecteur est, dès les premières pages, déstabilisé par un récit hypnotique et confus au premier abord. La narration progresse lentement et tous ses éléments qui paraissent disparates finissent par converger vers une histoire d’amour, de perte et de mort. Ce qui parait trivial et incompréhensible au début prend une signification au fil de la progression du récit. Le lecteur est pris dans un jeu continuel de résolutions d’énigmes. Il va sans dire qu’une seule lecture est loin d’être suffisante pour apprécier ce travail atypique et d’une grande originalité. Voici donc un excellent exemple de  roman graphique où les illustrations collent parfaitement aux textes pour créer cet ouvrage unique en son genre que nous offrent un trio de créatrices.

pretty deadly,deconnick,rios,glénat comics,western fantastique,09 juin 2015

Le lecteur tient en mains un livre d’art construit autour d’un scénario solide et accrocheur.  Kelly Sue DeConnick a travaillé sur les thèmes et les codes du western et du fantastique. On sent qu’elle y a beaucoup réfléchi pour arriver à mettre en scène des personnages féminins aux caractères forts dans une ambiance morbide et violente, mais teintée de poésie grandiloquente. Mères, filles, épouses et amantes font face avec détermination à leurs destins tragiques. Elle a établi une structure narrative complexe, jouant sur la mise en abyme de récits entrelacés, pour nous livrer des histoires d’esprits vengeurs.

pretty deadly,deconnick,rios,glénat comics,western fantastique,09 juin 2015

Le dessin joue ici un rôle essentiel. Le trait fin et artistique d’Emma Rios  et les couleurs judicieuses de Jordie Bellaire , très agréables à l’œil, donnent un style idéal à l’histoire racontée. Poursuites impitoyables, paysages désolés, duels aux pistolets ou à l’arme blanche, incendies ravageurs, aubes rougeâtres, couchers de soleil aux couleurs de giclées de sang, orages de poussière, tout est là pour entrainer le lecteur dans une sarabande mouvementée dont il ne peut sortir indifférent. Cette intéressante alchimie créative défie les conventions des genres abordés, parie sur une structure narrative alambiquée et, à mon avis, parvient à captiver les lecteurs exigeants. 

pretty deadly,deconnick,rios,glénat comics,western fantastique,09 juin 2015

 

 

Bravo les filles !

 

a08-3e78906.gifDessin

 

a07-3e78901.gifScénario

 

a08-3e78906.gifMoyenne

 

 Le site internet de Glénat Comics: ICI

 

 

Skippy.

Le Caravage

Couv_241292.jpg1680_P6.jpgPremière partie : La palette et l'épée

Scénario Milo Manara

Dessin : Milo Manara

Editeur : Glénat

Date de Sortie : Avril 2015

Pages : 64

Genre : Histoire

 

 

Milo Manara respecte scrupuleusement la biographie du peintre. Il n'y a rien d'historiquement faux dans son récit.

Je connais les dessins de Manara, surtout ceux à caractère érotique, n’empêche qu'il dessine fichtrement bien.

Le Caravage, peint lui aussi fichtrement bien et à une vitesse... Ça lui vient comme ça ! et paf, il dépose sur la toile les scènes de la vie quotidienne dont il est le témoin en les transformant en allégories. Bref ! j'aime bien les deux artistes !

01.jpg

800px-Caravaggio_-_Giuditta_e_Oloferne.jpg

Avec ses personnages aux allures de statues antiques, Milo Manara s'est fait une belle place dans le milieu des amateurs d'érotisme et de beaux dessins.

Son choix de dessiner la vie du Caravage s'est fait par amour de l'histoire de l'art et par son intérêt pour le personnage qu'il trouve romanesque, rebelle et aventureux.

06.jpg

Pour rester fidèle au peintre, il a gardé sa palette de couleur dans l'album, les dessins sont sombres et ocrés ; le rouge et le jaune éclairent quelques vignettes et le clair-obscur reste assez présent.

07.jpg

Dans la Rome du Cinquecento, il était interdit de peindre des nus d'après modèles féminins. Les modèles masculins étaient utilisés et transformés en femme dans les tableaux.

Le Caravage a peint plusieurs jeunes garçons nus dans ses œuvres. Les chercheurs présument qu'il était homosexuel.

Dans ce premier tome, Rome est le cœur de l'intrigue et l’accent est mis sur les femmes et en particulier les prostituées et leur relation avec le peintre.

05.jpg

Étrangement dans les différents tableaux de jeunes garçons, le modèle a l'air d'être toujours le même, peau blême et cheveux frisés comme le premier jeune homme épluchant des fruits.

640px-CARAVAGGIO,_A_boy_peeling_fruit_(1593).jpg

640px-Caravaggio_-_Cupid_as_Victor_-_Google_Art_Project.jpg

 

"On retrouve chez Manara la personnalité puissante et débordante de vitalité que laissent deviner ses biographes, mais son Caravage à lui est plus doué d'une vie propre, dont la vérité découle de l'évidence des œuvres que ce grand peintre a produites." Claudio Strinati (Historien de l'art)

 

 

Ma note:

a07-3e78901.gif

 

 

Lien vers la fiche technique de l'album chez Glénat: ICI.

 

 

Sophie.