16/10/2015

Corto Maltese - tome 13 - Sous le soleil de minuit

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Scénario : Jan Diaz Canales

Dessin : Rubén Pellejero

d'après Hugo Pratt

Éditeur : Casterman

78 pages pour l'édition couleur

94 pages pour l'édition noir et blanc

date de sortie : 30 septembre 2015

genre : aventure

 

 
 

 

En 1915 la guerre fait rage en Europe. Corto, lui est loin du chaos. Il est en transit à Panama en compagnie de son vieil ami Raspoutine. Leur rencontre ne sera que de courte durée, car Corto doit partir pour San Francisco à la rencontre de Jack London. Arrivé en Californie lors des festivités de l'exposition universelle, il apprend de Jennie Prentiss, la seconde mère de Jack London, que ce dernier ne va pas bien. Elle lui remet deux lettres : une qui lui est adressée et une adressée à Waka Yamada , ancienne prostituée devenue une pionnière du féminisme. London demande à Corto de se rendre en Alaska pour remettre cette lettre en main propre à Waka. Connaissant la soif d'aventure et de mystère de son ami, Jack London lui promet comme récompense l'accès à un fabuleux trésor. Sur son chemin, Corto fera moult rencontres incroyables et sera mêlé bien malgré lui à bien des péripéties.

 

"Commander, ça n'a jamais été mon truc.

Je me contente de savoir naviguer"

 

Voilà 20 ans déjà que Hugo Pratt est mort et à laissé orphelin un des personnages les plus emblématiques de la BD. Le célèbre marin au flegme et à la nonchalance assumés était en sommeil, sous les bons soins de Patrizia Zanotti, gestionnaire des droits sur l’œuvre d'Hugo Pratt. Si ce dernier ne s'est jamais opposé à ce que son personnage lui survive, Patrizia a eu la bonne idée de prendre son temps pour le remettre à la barre. C'est que reprendre une œuvre aussi classique, qui a marqué des générations de lecteurs et d'auteurs, où se mêlent subtilement fiction romanesque, évènements et personnages historiques à du en effrayer plus d'un. Difficile de toucher à une icône !

 

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Juan Diaz Canales, le scénariste de Blacksad, a accepté de relever le défi. Il nous révèle dans une interview accordée au magazine DBD qu'il est passionné de l’œuvre de Pratt et que c'est Corto qui l'a poussé à faire de la bande dessinée. Mais écrire une histoire pour Corto est une chose, la dessiner en est une autre. C'est que le style de Pratt est pour le moins particulier. Capable de mêler précisions inouïes sur des détails d'uniformes et paysages suggérés en deux coups de pinceaux, il joue sans cesse avec les ombres et la lumière créant les ambiances si particulières des aventures de Corto Maltese. C'est ainsi que dans Corto, l'aventure, l'ésotérisme, le mystère, la poésie, l'Histoire, l'action et la contemplation, cohabitent sans aucune gêne.

 

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Donc, c'est Canales, fin connaisseur du travail de Pratt, qui a trouvé le bon dessinateur en la personne de Rubén Pellejero. Grand amateur lui aussi du travail de Pratt, il rend d'ailleurs hommage au marin Maltais dans les aventures de Dieter Lumpen, l'une de ses premières BD réalisée dans les années 80.

Canales ne s'est pas trompé. Avec un dessin dans la lignée de celui de Pratt, Pellejero ne cherche pas à l'imiter mais à en restituer l'essence tout en gardant son propre style. Le découpage classique des planches en 4 bandes renforce même l'illusion de la continuité de la série que constitue ce treizième album.

 

Chronologiquement, l'histoire de Sous le soleil de minuit se passe en 1915 juste après la ballade de la mer salée, premier album de la série. Ainsi, Canalès fait habilement réapparaitre Corto sur les rives de Panama avant de l'envoyer affronter moult péripéties dans le grand Nord. On y retrouve tous les éléments qui ont fait le succès des premiers albums de la série. Des rencontres improbables, des amitiés ou alliances de circonstances, des personnages hauts en couleurs, sans oublier le côté engagé intéressé de Corto qui ne perd jamais de vue ses propres intérêts. Toujours impliqué malgré lui dans des situations abracadabrantes où il doit prendre fait et cause pour les plus faibles, ce libertaire humaniste romantique n'est pas le dernier a donné du coup poing pourvu qu'il puisse parvenir à ses fins. Et c'est pour ça qu'on l'aime Corto. Parce qu'il est libre.

 

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Faisant la part belle à l'aventure plus qu'au mystère, le pari de cette treizième aventure du ténébreux marin est réussi. Dans cette reprise à risque, Juan Diaz Canalès et Rubén Pellejero ne sont pas tombés dans le piège du pastiche ou de la photocopie tout en respectant l'univers riche et complexe créé par Hugo Pratt il y a plus de 40 ans.

 

Couleur ou noir et blanc, chacun choisira sa version. Pour ma part, j'ai toujours préféré les éditions en noir et blanc et ai donc continué sur cette voie pour cet album. Cela dit, la colorisation effectuée par Pellejero a l'air plutôt réussie et ne semble pas trop manger le dessin.

 

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Loubrun

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Wazem a repris, avec beaucoup de justesse, les scorpions du desert Tome 5.
Le personnage du Koinsky est certe moins emblématique que Corto mais merite aussi un coup de projecteur.

j'ai tjs du mal avec les reprise par untel ou untel des légendes de tel ou tel oeuvre (roman, ciné, BD, chansson...) Cela tue par définition la légende. Si on veut que cela le reste, il faut en rester la.
A quand un nouveau Tintin pendant qu'on y est ?

Mais je me laisserai séduire par la lecture du soleil de minuit car les dessins m'ont l'ai d'etre une vrai reussite

Écrit par : tigrevolant | 17/10/2015

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je comprend ton point de vue et le partage en partie, d'autant qu'on ne peut écarter l'aspect mercantile des reprises. Casterman en profite pour rééditer tous le Corto en version couleur, qui sont plus accessibles au grand public...
Mais quand il y a du talent et de la passion derrière une reprise, pourquoi s'en priver ?

et tu as raison pour les scorpions du désert qui mérite aussi le détour.

Écrit par : loubrun | 17/10/2015

Je n'ai jamais été intéressé pas ce type d'aventures et encore moins attiré par le graphisme de Pratt.
Je ne lirai donc pas cette reprise car j'ai déjà assez de mal à lire tout ce qui sort et qui m'intéresse !
Quant aux reprises des œuvres originales (surtout romans) elles sont quelques fois très réussies (Shutter Island, Erica de Camilla Lackberg ...).

Écrit par : dgege | 19/10/2015

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pourtant les couleurs ne sont pas criardes là ;-)

Écrit par : loubrun | 19/10/2015

Les aventures de Corto Maltese ont cessé de m’intéresser à partir des Fables de Venise... Je trouvais très ennuyeuses les dernières productions de Pratt et du coup son dessin n'avait plus aucun charme pour moi... et bien, j'ai retrouvé du plaisir avec cet opus, n'en déplaise aux afficionados du maître. Juan Diaz Canales et Ruben Pellejero s'en sont très bien tirés. ♥♥♥

Écrit par : Laure-Line | 17/11/2015

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