30/11/2015

Alix : Par-delà le Styx


Picture 007.jpgPicture 011.jpgScénario : Mathieu Bréda

Dessin : Marc Jailloux

48 pages – cartonné

Editeur : Casterman

Sortie : 04 novembre 2015

Aventure - Historique 

 

Présentation de l’éditeur :

Fils d’Adréa et d’Héraklios, derniers souverains de Sparte disparus dans des circonstances tragiques, le jeune Héraklion traverse une grave crise identitaire. Alix, son précepteur, semble impuissant devant ses fugues à répétition qui sonnent comme autant d’appels à l’aide. Après avoir découvert qu’Héraklion entretenait une correspondance avec Astyanax, Alix décide d’emmener le jeune orphelin en Numidie, où l’ancien général de la Garde noire de Sparte, devenu mercenaire, a pris la tête de la puissante armée du roi Juba Ier. Ce dernier, allié de Pompée, s’apprête à attaquer les troupes de César à Thapsus. En organisant une rencontre entre Héraklion et Astyanax, Alix espère provoquer un choc émotionnel chez l’adolescent, le réconcilier avec son passé, et lui permettre d’entrevoir la vie sous un nouveau jour. Après La Dernière conquête et Britannia, qui entraînaient leurs protagonistes respectivement en Bactriane et en Bretagne, Marc Jailloux et Mathieu Breda envoient à nouveau leurs héros vers des horizons lointains.
C’est cette fois la Numidie, théâtre des derniers affrontements sanglants de la guerre civile entre César et Pompée, qui sert de décor à une grande aventure humaine. Car dans Par-delà le Styx, les auteurs s’attaquent pour la première fois aux origines de la mythologie « alixienne ». Comme Alix, le jeune Héraklion est orphelin. Et comme lui, il est forcé de s’intégrer à une société nouvelle qui est, en partie, à l’origine de ses malheurs. Le tout à l’adolescence, un âge où les repères deviennent flous, et où l’instinct prime souvent sur l’acte réfléchi.
Comme pour mieux renforcer la dimension patrimoniale de ce nouvel album, Marc Jailloux et Mathieu Breda multiplient par ailleurs les références à certaines aventures d’Alix devenues mythiques. Ils remplissent ainsi certains vides laissés dans Le Dernier SpartiateLe Dieu sauvage, ou encore Le Cheval de Troie. Et apportent, eux aussi, leur pierre à l’édifice patiemment bâti par Jacques Martin et ses collaborateurs depuis près de 70 ans.

Picture 010.jpg

Mon avis :

Le Styx, c’est le fleuve qui, dans la mythologie gréco-romaine, sépare les enfers du monde terrestre. Par-delà le Styx, titre de ce dernier album des aventures d’Alix, peut s’interpréter de diverses manières : ce fleuve infernal a été traversé il y a longtemps par un héros mort au combat, Heraklios, le père d’Heraklion, le jeune Spartiate rencontré par Alix qui est devenu son tuteur. L’ombre d’Heraklios plane sur le destin de son fils tourmenté. De Par-delà le Styx, nous parvient encore l’écho de la voix de Jacques Martin, l’un des maîtres de l’école de Bruxelles avec Hergé et Jacobs. 

Le pari n’est pas évident : comment conserver l’héritage de Jacques Martin tout en insufflant un nouveau souffle à sa série-phare : Alix ? Comment satisfaire un public de lecteurs de trois générations différentes ? En opérant des choix. Evidemment, mais lesquels ?

Au niveau du scénario, on retrouve donc ici des personnages d’histoires précédentes : Le dernier spartiate, Le dieu sauvage et Le cheval de Troie, ce qui atteste d’une fidélité à la mythologie alixienne, pour reprendre la savoureuse expression que Marc Jailloux a utilisée lors de notre rencontre. Le cahier des charges a été respecté : une aventure personnelle pour Alix, un grand voyage, un contexte historique essentiel. De mon point de vue, il est indispensable de lire ou relire Le dernier spartiate pour apprécier toute la finesse du récit. Mathieu Bréda a construit son histoire autour de cet album et a rempli ainsi certains vides, comme en témoigne l’épisode de la construction de la Citadelle spartiate de la reine Adrea. C’est d’autant plus important que le prochain Alix senator évoquera le même sujet. Pour les fans de la série, le plaisir est certain. Pour ceux qui la découvrent, c’est un tout univers narratif complexe qui s’ouvre à eux et l’occasion de  se plonger dans l’histoire antique. Avec Alix, le lecteur peut rencontrer de grandes figures : Marc-Antoine, Metellus Scipion, Caton, le mercenaire Publius Sittius. On finirait presque par regretter le nombre de 46 planches, la nostalgie des 54 ou 62 planches reste forte tellement les intrigues, les émotions et les aventures paraissent riches de potentialités.

Picture 012.jpg

 Après un album d’Orion et deux d’Alix, le dessin de Marc Jailloux est bonne voie vers la maturité. Il repose sur une solide documentation ce qui donne une cohérence historique à la série. Pour cet opus, il a soigné en particulier les costumes militaires, la forme des épées et l’architecture. Regardez attentivement les cases ci-dessous qui mettent en valeur les ex-voto du temple d’Asclépios. Tout est reproduit d’après des vestiges archéologiques. 

Picture 013.jpg

Marc Jailloux travaille sur du papier de format 35X67, il encre à la plume et à l’encre de Chine dans la plus pure tradition. Son implication dans la conception scénaristique est manifeste d’une étroite collaboration avec Mathieu Bréda. Le tout se fait sous la supervision de la fondation Martin qui lui fourni d’ailleurs ce fameux papier. Observez ci-dessous l’art subtil de la citation : un petit cheval de Troie proche de la main d’Enak figure à la devanture du sculpteur.

Picture 014.jpg

Quelques mots à propos de la couverture : ce premier projet a été abandonné jugé peu conforme au contenu, le côté onirico-fantastique n’ayant que peu de rapport avec le réalisme assumé par la série.

Picture 008.jpg

Le côté vintage de l’album et du dessin, les rebondissements de fin de page qui dynamisent le récit, les références à cette fameuse mythologie alixienne, le respect des exigeants codes martiniens, font de ce livre une réussite. Ce qui aura le mérite de concilier les attentes de plusieurs générations de lecteurs des aventures d’Alix.

 

a08-3e78906.gif  Dessin 

 

a08-3e78906.gif  Scénario 

 

a08-3e78906.gif  Moyenne

 

Le site internet des Editions Casterman : ICI

Le blog de Marc Jailloux : ICI

 

Cette chronique a été rédigée suite à une rencontre avec Marc Jailloux dans les locaux des Editions Casterman le vendredi 06 novembre 2015.

Skippy

 

 

 

Lazy company

lazy company,ullcer,bodin,delcourt,humour,série tv,guerre,fantastique,710,102015lazy company,ullcer,bodin,delcourt,humour,série tv,guerre,fantastique,710,102015Scénario : Samuel Bodin

Dessin : Ullcer

Éditeur : Delcourt

116 pages

date de sortie : octobre 2015

genre : humour, adaptation tv, guerre

 

 

Présentation de l'éditeur

Août 1944. Une compagnie ruine la force de frappe de l'armée américaine. Quatre guignols qui risquent à chaque mission de foutre la guerre en l'air ! Seule solution : les envoyer très loin du front ! Chester et ses hommes se retrouvent donc au Tibet, persuadés d'avoir été choisis pour une glorieuse mission. Ascension périlleuse et monstres millénaires sont les ingrédients de cette comédie d'aventure déjantée !

 


"si on fait des champs de mines, c'est pour y foutre les mines ! Merde ! Quand on fait un champ de patates, on va pas planter une patate dans le chemin ! C'est débile !"

 


Si comme moi vous n'aviez jamais entendu parler de la Lazy Company, sachez que cette équipe de bras cassé vit depuis 2013 sur la chaine OCS des aventures guerrières totalement burlesques. Dans des épisodes de 25 mn, on y suit les déboires de 4 pauvres gars qui apporteront malgré eux leur contribution à la libération de l'Europe du joug Nazi. L'humour volontairement potache, décalé, parfois anachronique, a fait le succès de cette série française qui en est à sa troisième saison.

 


La BD n'est pas à proprement parler une adaptation, puisqu'il s'agit d'une histoire totalement inédite écrite par le co-scénariste de la série télé, Samuel Bodin. Les personnages et le ton délibérément débile sont donc on ne peut plus fidèles à l’œuvre d'origine. La BD a cependant cet avantage sur le cinéma de tout sepermettre à moindre frais. Si le scénariste veut envoyer ses personnages se crasher en avion sur l'Himalaya, découvrir d'horribles monstres dans une base secrète nazie enfouie dans la montagne, eh bien il suffit de l'écrire et de le dessiner ! C'est donc qu'ont fait à merveille Samuel Bodin et Ullcer (Harley et Davidson, vents contraires) qui donnent à cette histoire un souffle beaucoup plus épique que dans la série télé.

Mélangeant le burlesque à l'aventure et au fantastique, on y retrouve un habile et curieux mélange d'Indianna Jones, de la 7e compagnie, de Kaamelottet de Band of Brother !

Ce cocktail d'humour est superbement mis en image par Ullcer. Dans un format comics, son dessin semi réaliste est autant dynamique qu'expressif et donne un rythme effréné à cette aventure loufoque.

 
Les fans de la série télé devraient trouver leur compte dans cet album, et les fans de BD ont l'occasion de découvrir une série télé totalement déjantée. Et par les temps qui courent, faut pas se priver d'une bonne tranche de rigolade.

 


a07-3e78901.gif

 

 

Loubrun

 

Le blog du dessinateur : http://ullcer.blogspot.fr/

 

28/11/2015

Le SUMOUPS du samedi

FB_IMG_1448705379428.jpg

Écrit par DePa dans Sumoups | Commentaires (0) |  Facebook | |

27/11/2015

Love in the hell T3

9782344003534-G.jpg20151121140313_t3.jpgAuteur : Reiji Suzumaru

Éditeur : Glénat

160 pages

Sortie : le 18 novembre 2015

Prix  : 6,90 euros.

Genre : Erotic soft

Avis de l'éditeur :

Rintaro Senkawa, damné égocentrique condamné à expier ses péchés dans la souffrance s’il veut quitter l’enfer un jour, sera confronté dans ce volume à la plus terrible épreuve de toutes : son propre passé. Parviendra-t-il enfin à faire face à ses fautes et à accéder à la rédemption ?

 

Mon avis :

3ème et dernier tome qui clôture cette agréable série qu'est Love in the hell. Au travers de cette lecture, vous verrez si oui ou non Rintaro parvient à libérer son âme de cet enfer dans lequel il fût plongé malgré lui... et à quel prix. Car finalement, ce petit monde rempli de diablesses coquines et de démons attachants, libère sur bien des points de nombreux visiteurs, qui n'ont pu se permettre autant de récréation durant leur vivant.

Soyons honnêtes, ce 3ème opus n'atteint pas le degré d'intensité des précédents volumes. La 1ère partie du récit n'apporte guère de nouveauté, et l'humour pourtant orienté au centième degré est loin d'être désopilant. Fort heureusement, la seconde partie du scénario redore légèrement le niveau, grâce à de nouveaux protagonistes ou d'anciens perdus en cours de route. Mais là encore, quelle déception de ne pas gratifier davantage ces personnages. Cette impression que l'auteur voulait trancher net, ou qu'il ait reçu des instructions de clôturer ce scénario. Car, avec un, voir deux tomes supplémentaires, on aurait pu voir venir, découvrir plus en profondeur l'étendue de ce royaume des enfers.

Sa relation avec la démone de son cœur Koyori prend évidemment une tournure radicale, loin de s'apparenter à un contexte érotique, on bascule presque vers une romance classique.

Rintaro en bout de course découvrira la raison de sa venue en enfer, et comment il peut racheter sa mauvaise action. Le final quoi que bien ficelé est légèrement téléphoné, pour ceux et celles avec un minimum de clairvoyance.


a06-3e788fc.gif

Coq de Combat

24-e1416490802469.jpg