05/03/2016

Vive la marée !

pascal rabaté,david prudhomme,furturopolis,satyre socialepascal rabaté,david prudhomme,furturopolis,satyre socialeAuteurs : : Pascal Rabaté, David Prudhomme
Editeur : Futuropolis
Sortie : 10 septembre 2015

118 pages

 

 

 


« Vive la marée » peux se passer aisément d’un résumé. En effet, il s’agit d’une poursuite graphique de protagonistes n’ayant aucun rapport entre eux. Une sorte de « short-cut » en un seul plan séquence. Le seul point commun est le décor : l’univers de la plage.

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Pascal Rabaté et David Prudhomme posent un regard mi- amusé, mi- critique sur cet univers. Ils croquent les personnages avec truculence. Sans intrigue et sans héros, les auteurs déclinent ce que voit un observateur indépendant. Des anecdotes succèdent à des portraits en passant par des « plans » très photographiques. Est-on dans un film (la référence à « jour de fête » de l’immense Jacques Tati est indéniable), une bande dessinée ou une carte postale ? « Vive la marée » est sans doute tout à la fois. Personne n’est épargné : le beauf, les bidochons, les castes populaires ou bourgeoises, les punks....

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Les auteurs ont quand même un petit côté voyeur. Avec la magie de la bande dessinée, le lecteur a accès aux pensées les plus intimes des personnages. Entre satire sociale et comédie, ils parsèment leur voyage avec des dialogues ou des réflexions courtes fort cocasses :

« Ah, c’est un métier de trouver des conneries ! »,

« Matéo, mets pas du sable partout ! »

« Levés à 5 heures pour éviter les bouchons et on tombe sur ce con qui n’en finit pas de prendre son temps »,

« Dis donc, c’est pas donné la tong ! »,

« Des tatouages en veux-tu en voilà… Les gens s’écrivent dessus parce qu’ils n’ont plus rien à se dire ! »

« Vois-tu, en voiture, tu rentres dans le paysage, en train tu l’accompagnes…"

" S’il pleut demain on fait quoi ? »

« Mais t’es là, qui c’est qui surveille les sacs ? »

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Finalement, depuis les premiers congés payés de 1936 rien n’a vraiment changé. Bien sûr, l’univers s’est modernisé, mais l’ambiance et le regard que chacun porte sur son voisin n’a pas évolué. Lors des vacances tout un chacun souhaite échapper à son environnement mais in fine l’espèce humaine sera toujours identique à elle-même. Ce qui est particulièrement sympathique dans cet album c’est le côté détendu avec un beau soleil, du sable chaud et toute la journée pour juger et dégoiser le tout venant à portée de regard.

Les dessins sont en ligne claire. Le couple Rabaté/Prudhomme va à l’essentiel sans fioritures. Avec des couleurs vives, des couleurs de tous les jours, l’analyse sociale se poursuit sans contrainte. Il n’y a pas d’anicroche, pas de retour en arrière à des fins de compréhension. Tout est lisse et limpide.

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Mais c’est la fin de la journée, il faut rentrer. L’inévitable crise de nerf sur les objets (les clefs de voiture !!) perdus dans le sable est au rendez-vous. Tout le monde a passé un bon moment tout en introspection, sans méchanceté. C’était une belle journée, un bel épisode de fraicheur.

Scénario a06-3e788fc.gif
Dessin a06-3e788fc.gif
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Tigrevolant

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