05/08/2016

Anita - Recueil

anita.jpganita-3.jpgAuteur : Guido Crepax

Éditeur : Delcourt

216 pages - érotique

Noir et Blanc - Colorisé

Sortie : le 15 juin 2016

 

Avis de l'éditeur :

Tout Anita réuni en un seul volume. Du Crepax de grande qualité et en couleur, avec 85 pages inédites. L’histoire d’une fille accro au sexe et aux écrans, qui fantasme en regardant la télé et les ordinateurs.

 

Mon avis :

Qu'on se le dise d’entrée de jeu : soit on aime, soit on déteste. Guido Crepax était certes, l'un des piliers central de la BD érotique italienne (tout comme Manara ou Serpieri, pour ne citer qu'eux), on peut ressortir complètement vidé à la lecture de cet album, en se demandant même les vertus qui l'ont placé sur un piédestal.

On suit le parcours d'Anita, jeune femme secrétaire la journée, pleine de phantasmes débridés une fois chez elle. Les écrans de télévision ont un pouvoir magnétique sur la jeune femme et celle-ci ne parvient plus à contrôler ses pulsions (plutôt nombreuses). Ses délires introspectifs la pousse dans ses retranchements, très loin de la réalité.

Le véritable soucis en lisant Anita de Crepax, c'est qu'il a mal vieilli. Certes, précurseur dans son domaine, des idées fournies plutôt efficaces, mais un trait fade et déconnecté de toute fortification. Les femmes tirent la gueule en permanence, sont proches de l’anorexie (les amateurs de formes, allez voir ailleurs...) et le scénario repose sur un fil conducteur psychédélique. L'auteur insère des passages de shoot, la came étant présente, mais on ne parvient hélas pas à clairement visualiser l'aboutissement du script.

Le noir et blanc n'est pas suffisamment mis en valeur, et ce dû notamment à un encrage trop léger. Les parties bonus colorisées engendrent un plus, et accentuent le dessin, sans toutefois atteindre des sommités.

On retiendra quelques passages amusants, ou l'orifice vaginal d'Anita sert à y insérer absolument tout ce qui est possible, cela passe de la simple brosse à dents... au bec d'un canard (pourquoi pas, me direz-vous, chacun ses phantasmes)

Le découpage, quant à lui est correct, et est constitué de nombreuses petites cases. La force de Crepax repose sur les gros plans détaillés : une main, la délicatesse des doigts, la finesse d'une hanche.... et ça s'arrête là! Car le bondage et le SM affiché manquent cruellement de profondeur. La cause : un dessin trop fin, trop lisse, des visages aigris par l'existence, et un manque de liens entre les différents actes.

Anita plaira certainement aux fans de la 1ère heure, mais les générations modernes risquent fortement de décliner l'invitation!

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Coq de combat

 

 

Écrit par capitolbelgium dans Chroniques de Coq de combat. | Commentaires (1) | Tags : anita, crepax, delcourt, 610, érotique, 062016 |  Facebook | |

Commentaires

Jamais pu adhérer au dessin de Crepax ...

Écrit par : tigrevolant | 05/08/2016

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