20/09/2016

Je viens de m'échapper du ciel

je viens de m'échapper du ciel, mattiussi, casterman, écritures, carlos salem, polar, adpatation, 5/10,08/2016je viens de m'échapper du ciel, mattiussi, casterman, écritures, carlos salem, polar, adpatation, 5/10,08/2016Scénario et dessin : Laureline Mattiussi

d'après Carlos Salem

Éditeur : Casterman

date de sortie : août 2016

genre : polar onirique

 

 

 

Poe, loser magnifique, trimballe son désœuvrement et sa mélancolie de bars enfumés en salles des coffres, de plages interlopes en ruelles malfamées. Il joue son existence au gré du nombre d’allumettes qu'il pioche au hasard dans la poche de son veston, en ne pensant qu'à une chose. À Lola. Incapable de se déclarer à cette femme quand la réalité autour de lui ne cesse de s'effriter, il s'égare dans des aventures hallucinées : des braquages grotesques, de longues errances en compagnie de fantômes ou encore une étreinte avec un ange fantasque...

 

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Loser certainement, magnifique, c'est à voir... je laisse ce qualificatif à l'appréciation de chacun. Poe est plutôt un loser mélancolique qui se laisse trainer par son spleen et préfère s'en remettre au hasard plutôt que d'affronter la réalité. S'il tire un nombre pair d'allumettes dans sa poche il suit son acolyte Harly, si c'est impair, il ne suit pas.

Laureline Mattiussi adapte ici des nouvelles de l'écrivain argentin Carlos Salem, connu pour ses romans policiers jeunesse de la série du Tigre blanc. Là, c'est plutôt la noirceur qui prédomine. D'abord par le beau dessin en noir et blanc de Laureline qui n'est pas sans évoquer, toutes proportions gardées, certains grands maitres du noir et blanc comme José Munoz, Alberto Breccia ou Comès. Ses planches dégagent une espèce de puissance poétique et créent une atmosphère étrange qui laisse place à la flânerie et à la rêverie. Sensation curieuse pour un polar même si l'on comprend rapidement que les deux braqueurs ne sont pas si dangereux que ça et que leur naïveté et leur bêtise finit par les rendre presque sympathiques. L'un s'obstinant à monter des coups foireux et l'autre à rêver sa relation avec la barmaid.

Tout cela est bien joli, mais manque malheureusement cruellement de liant et de cohérence. Le récit est construit sur un jeu entre réalisme et surréalisme et se perd en circonvolutions des quelles il est difficile de percevoir les axes. Le tout donne un récit hermétique dont on n'aperçoit pas la finalité. On finit donc par se détacher complètement de la narration pour finalement n'admirer que les beaux noirs profonds qui habillent ce récit. Malheureusement, le dessin est assez peu mit en valeur à cause d'un choix de papier trop fin qui laisse parfois paraitre en transparence les pages suivantes.

Un polar onirique assez hermétique qui pourra néanmoins charmer les amateurs de vrais dessins en noir et blanc.

 

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Loubrun

Commentaires

Une Laureline qui habite Bordeaux ...je me pose des questions ;-))

Écrit par : samba | 20/09/2016

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