11/02/2017

Tintin au pays des Soviets

001.jpg2.jpgDessin et scénario : Hergé

Editeur : Casterman

144 pages - cartonné

Parution : 11 janvier 2017

Mythologie de la bande dessinée

 

 

 « Je vous assure que je ne comprendrai jamais le succès de Tintin. »

Cette déclaration d’Hergé faite à Numa Sadoul reste plus que jamais d’actualité. Plus de 30 ans après sa mort et 40 ans après le dernier album achevé, malgré les controverses autour de la gestion de son héritage, Hergé reste un artiste consacré par la critique, le public et les investisseurs. Même les plus réfractaires à son œuvre ont bien dû lire au moins quelques albums. La notoriété de Tintin est autant incontestable que rarissime. Ce mois de janvier aura connu une controverse de plus : fallait-il coloriser ce vieil album ? N’était-ce pas trahir les volontés de son créateur ? Les deux camps (Hugues Dayez/Etienne Pollet) se sont affrontés, arguments et documents à l’appui. Résultat de ce match passionnant et érudit : avantage à Pollet et à l’éditeur Casterman.

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Personnellement, je trouve le résultat de cette mise en couleurs très pertinent et très réussi.

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Au-delà de la thématique naïve de ce premier des trois albums-reportages, cette œuvre de jeunesse affiche bien sûr un style encore non-maîtrisé. Les décors réduits au minimum, la représentation simpliste des costumes et des uniformes, le manque d’exotisme, l’indigence du scénario (Tintin court d’une aventure à une autre sans répit) et le peu de réalisme en ont fait un cas à part. Là est pourtant tout le charme de la nostalgie. On y sent l’œuvre en gestation et certaines cases sont déjà des petits bijoux du sens du mouvement dont Hergé fera sa marque de fabrique. La limpidité du style, la précision du détail et le souci documentaire viendront par la suite.

Les couleurs apportent ici un surcroît de lisibilité à cette première aventure en renforçant la netteté du graphisme. En 1930, son jeune auteur de 21 ans ne se doutait pas qu’il venait de créer un nouveau mythe universel. Cet album rend hommage à un génie, certes controversé, du 9ème art.

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Franquin, idees noires, humour noir, noir et blanc, fluide glacial

Skippy

Commentaires

tout à fait d'accord avec toi. je trouve aussi que cette mise en couleur donne une grande lisibilité à cet album et met en valeur le trait de Hergé. ce qui est paradoxal puisque Hergé considérait que le dessin prenait tout son sens en noir et blanc et n'avait pas besoin de couleur.

Écrit par : loubrun | 11/02/2017

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