01/03/2017

LE PERROQUET

 

Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.Scénario : Espé
Dessin : Espé
Éditeur : Glénat 
160
pages
Date de sortie : 15 février 2017
Genre : Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.



Présentation de l'éditeur

Une autofiction poignante

Bastien a 8 ans. Et sa maman est malade. Souvent, elle fait ce que son papa et ses grands-parents appellent des « crises ». D’après les médecins, elle souffrirait de « troubles bipolaires à tendance schizophrénique ». c’est pour ça qu’il faut régulièrement l’emmener à l’hôpital, dans des établissements spécialisés, pour prendre des médicaments. Bastien n’aime pas trop ça car quand elle revient, elle ne réagit plus à rien. elle n’a plus aucun sentiment. Plus aucune envie.

S’inspirant de son propre vécu, Espé livre un récit aussi personnel qu’universel, celui d’un enfant perdu dans une réalité où l’imaginaire est le seul refuge ; dans son regard, on ne lit qu’incompréhension et douleur face à la maladie de sa mère.

Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

Mon avis

Tout est dit dans la présentation de l'éditeur. J'ai été émue par ce roman graphique. Ce petit garçon a su toucher mon cœur au fil des pages multicolores. J'ai pu ressentir, au travers de ses yeux d'enfant, toute la détresse éprouvée par cette famille. Car la maladie mentale, ce mal invisible qui fait pourtant des ravages, est aussi douloureuse que tous autres invalidités. Tant pour la personne atteinte que pour ses proches.

Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

Espé le décrit superbement au travers de chaque phylactère, mais peut-être encore plus quand le petit Bastien la compare à une héroïne célèbre :

« Tous les gens qu'on croise pensent que maman est comme eux, elle ressemble à tout le monde. Elle n'a pas de bras en moins, elle n'est pas en fauteuil roulant, elle n'est pas branchée à une machine avec des tuyaux pour respirer, elle n'a pas de canne blanche, elle n'a pas de cancer avec de la chimio qui rend tout maigre et sans cheveux, pas de prothèse, pas de malformation bizarre, ... Quand on se promène dans la rue, personne ne se rend compte que maman est malade depuis longtemps. Sa maladie est invisible, silencieuse, honteuse alors qu'elle est toujours là dans son dos. Maman, elle est comme Jean Grey dans les X-Men, elle peut exploser à tout moment ! Mais personne ne le sait... sauf moi... »

Un dessin simple, avec un certain charme, un petit gamin aux traits attachants : Espé dépeint avec expérience – SON expérience personnelle – ce qu'on peut ressentir quand on a que 8 ans et une maman malade. À qui connait un être cher qui éprouve ce genre de difficultés, que ce soit la dépression, la schizophrénie, Alzheimer, ... ce bouquin est un coup de poignard au cœur. Je crois même que sans connaître un de ces maux, l'intensité mise dans « le perroquet » fera son effet et une certaine envie de se remettre en question face aux troubles invisibles de beaucoup de personnes... bien plus qu'on ne le croit.

Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

Ce bouquin, je vous le conseille. Il m'a chamboulée... il est beau, simple et pourtant complexe comme la vie. Avec ses jours sombres et ses jours où le monde nous parait multicolores comme les pages de cette œuvre.

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Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

Je clôturerais cette chronique avec une pensée pour tous ceux qui souffrent en silence, tous ceux qui connaissent ces maladies de près ou de loin : courage.

ShayHlyn

 

Commentaires

Jusqu'à présent, j'ai jamais lu une chronique aussi touchante (j'ai bien aimé la comparaison avec Jean Grey dans les X-Men XD) !

Écrit par : Mister Med | 04/03/2017

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Oui, le sujet est fort et via le regard d'un petit garçon encore plus émouvant. Un éclairage édifiant sur cette maladie mais aussi bien cruel voire même démoralisant devant notre impuissance.

Écrit par : samba | 05/03/2017

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Non seulement c'est à travers les yeux d'un petit garçon, mais on sent le vécu de l'auteur. ça ouvre les yeux tant pour ceux qui connaissent quelqu'un dans cette souffrance sans imaginer ce que ça peut être mais également ceux qui sont malades qui ne réalisent pas toujours ce que l'entourage peut ressentir.

Écrit par : Jeanne | 05/03/2017

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Alors oui, ça sent le vrai et on entre vite en résonance avec ce jeune garçon. L'identification joue ici à plein rendement, c'est sûr. A ce titre, c'est poignant. Par contre, déception à la lecture: le découpage est répétitif (oui tous les chapitres sont conçus de la même manière), et le rapport texte / image est lourd de redondance: "ses yeux étaient noirs" (on voit ses yeux noirs) - "sa bouche se tordait" (on voit une bouche tordue) - "elle s'est appuyée sur le capot de la voiture" (on voit la mère s'affaler contre le capot), etc. Du début à la fin. Jamais vu autant de systématisée dans le rapport texte/image, et ça alourdit terriblement la lecture. Je pense qu'Espé a travaillé honnêtement, mais qu'il aurait dû se faire relire par quelqu'un qui ose, malgré le sujet très personnel, faire des remarques d'écriture.

Écrit par : Benoi Lacroix | 26/04/2017

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Benoi, si tu veux devenir chroniqueur, n'hésites pas. C’est juste ce que tu écris, il y a une certaine redondance dans ce titre mais le sujet est tellement fort que c’est passé au second plan pour ma part.

Écrit par : samba | 26/04/2017

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