12/05/2017

Le dernier envol du Papillon

Le dernier vol du papillon, Kan Takahama, Glenat, Seinen, historique, romance, intrigue.Le dernier vol du papillon, Kan Takahama, Glenat, Seinen, historique, romance, intrigue.Scénario : Kan Takahama
Dessin : Kan Takahama
Éditeur : Glénat
164 pages
Date de sortie :  05/04/2017
Genre :  Seinen, historique, romance, intrigue.

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

Mémoires d'une geisha


Kicho, la plus belle courtisane de Nagasaki, séduit tous les hommes sans exception. Cependant, du vieux marchand ivrogne au médecin étranger, elle continue à accepter tous les clients, même les plus méprisables. Quel secret cache-t-elle derrière sa douce mélancolie ? Le jeune garçon qui nourrit une haine farouche envers elle détient peut-être les clefs du mystère…
 
Kan Takahama est déjà bien connue en France par les amateurs de romans graphiques pour ses œuvres à mi-chemin entre le manga et la bande dessinée franco-belge : 
L'Eau amère, Sad Girl, Two Expressos ou encore sa collaboration avec Frédéric Boilet sur Mariko Parade
Avec 
Le Dernier Envol du papillon, l'auteur parvient à repousser les limites de son style en nous livrant un beau récit dont la trame scénaristique n'a rien à envier à La Dame aux camélias, tout en gardant la finesse dont elle avait fait preuve dans ses récits intimistes.

 

Le dernier vol du papillon, Kan Takahama, Glenat, Seinen, historique, romance, intrigue.

 

Mon avis

Le dernier envol du papillon, c'est tout un poème ! Une ode à l'amour, une ode au progrès, une ode à l'Histoire avec un grand H.

En ouvrant ce manga, je m'attendais à voir des samouraïs, des guerriers repus venant festoyer près des belles courtisanes, dans leurs hôtels de haut standing. Mais sous la plume d'une femme, Kan Takahama, l'atmosphère est différent. La mangaka reconnait avoir voulu apporter un autre point de vue à ce pan de l'histoire du pays du Soleil Levant : découvrir non seulement la fin du Shôguna, mais également l'ouverture à l'Occident, sous le regard d'une courtisane... plus communément nommée Geisha.

Une prostituée qui, telle le papillon, se pare de ses plus beaux atours pour accueillir ses clients. Ce papillon qui est toujours présent dans ce livre, sous une forme ou une autre. Alors quoi de plus logique que de lui attribuer le titre de ce manga un peu atypique.

Comme je vous l'ai dit un peu plus haut, voici un manga qui change des récits historiques nippons qui mettent les guerriers à l'honneur. Place à la délicatesse de ces filles de joies, aux métaphores entre ce bel insecte et la beauté de ces femmes, mais également en référence au Japon. Oui, le Japon a un rôle de première importance, même s'il ne joue finalement qu'un second rôle. Le Japon sort enfin de sa chrysalide, il s'ouvre au monde, non sans peine.

Grâce aux différentes rencontres de Kicho, l'héroïne, nous découvrons un large panel de la population d'autrefois au Japon. Les marchands devenus riches avec l'ouverture sur le marché occidental, les Néerlandais venus faire affaire et enseigner leurs sciences en échange du savoir oriental, des soldats qui ont lutés contre cette « intrusion » Européenne, les fervents défenseurs de l'Empereur et du Shogunat, ... Kicho ne refuse aucun client tant qu'il a de quoi payer. Aussi belle que mystérieuse, la jeune femme ressemble à un papillon solitaire qui aurait perdu son compagnon de vol.

Le dernier vol du papillon, Kan Takahama, Glenat, Seinen, historique, romance, intrigue.

Ne voyons nous pas souvent les papillons batifoler à deux ? Sous ces airs de manga historique finement retranscrit, « Le dernier vol du papillon » est également une histoire d'amour. Le journal intime de cette geisha qui s'offre allègrement aux hommes alors qu'elle pourrait faire la fine bouche. En effet : Kicho est la plus belle femme de la région, et pourtant... même après avoir apuré sa dette, elle est restée dans sa maison close. Alors où est l'amour dans tout ça ? Pourquoi Kicho ne fait-elle pas comme ses consœurs qui se trouvent un fiancé et partent une fois leur dette payée ?

À vous de le découvrir un lisant ce magnifique manga où les cultures se mêlent, au même titre que le style graphique. On ressent les différentes collaborations de Kan Takahama avec la BD franco-belge au travers de chacune de ses planches. Pas vraiment occidentalisée, mais plus tout à fait japonaise non plus. Le dessin est, à l'instar de l'aventure dépeinte, un savant mélange entre l'Orient et l'Occident, là où l'Europe a rencontré le Japon, dans les villes portuaires de ce pays si longtemps resté solitaire. Mais quelle beauté ! J'avoue avoir été un peu déstabilisée par ce style qui emprunte toute la finesse et la magie que les styles tantôt européens, tantôt asiatiques peuvent apporter à cet ouvrage. La colorisation de certaines pages sont d'une pure merveille. Sans oublier la délicatesse dans les étoffes et les coiffures de ces dames.

 

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Le dernier vol du papillon, Kan Takahama, Glenat, Seinen, historique, romance, intrigue.

 

Le dernier vol du papillon, Kan Takahama, Glenat, Seinen, historique, romance, intrigue.

 

Le dernier vol du papillon, Kan Takahama, Glenat, Seinen, historique, romance, intrigue.

 

Voici une belle façon de se perdre dans cette ère nouvelle du Japon qui ouvre enfin ses bras au monde. Quoi de plus envoûtant qu'une geisha mystérieuse et des mystères familiaux pour attiser la curiosité des plus romanesques d'entre nous. Bonne lecture !

 

ShayHlyn.

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