28/07/2017

Bianca de Crepax

516CUHH7o9L__SX377_BO1,204,203,200_.jpgbiancapl.jpgAuteur : Crepax

Éditeur : Delcourt

272 pages 

Érotique

Sortie : le 24 mai 2017

 

Avis de l'éditeur :

 

Suivez Bianca dans ses voyages fantastiques, scabreux, sensuels et oniriques. De la planète Van Diemen à Brobdingnags, d'Houyhnhnm à l'île de Laputa qu'elle parcourt à la manière de Gulliver, ou encore d'Odessa en 1905 jusqu'aux pièces surréalistes d'une maison folle, vous prendrez rapidement conscience que le lieu importe peu. Vous n'aurez d'yeux que pour Bianca la brune.

Mon avis :


Voici l'un des auteurs qui a marqué une génération de lecteurs, avides de femmes filiformes, durant les années 70.

Les éditions Delcourt ressortent une belle édition au format intégral de Guido Crepax, cet artiste italien, décédé en 2003 dans sa ville natale de Milan.

Avec du recul, on sent néanmoins que son style graphique n'est plus du tout à la mode de maintenant. Déjà ses femmes comme il les dessine ont à peine la peau sur les os, mannequins certes, mais à l’extrême ( à peine de la poitrine, fesses inexistantes, visages creusés...), contre- courant entre deux époques totalement opposés.

Même si ce récit ne pointe pas au rire, les visages des protagonistes féminins tirent une tronche désespérante de bout en bout, et pourtant l'une des forces de l'auteur s'oriente justement à soigner des morceaux du corps comme l'illustre fort bien le 1er plat de couverture.

Crepax jongle avec le génie lorsqu'il retranscrit à sa sauce personnelle les diverses tortures sado- masochistes. (tout de même fortement influencées par "Le Marquis de Sade" pour lequel il illustre les protagonistes de "Juliette" et de "Bianca", ou pour d'autres de ses récits dont "Emmanuelle Arsan" ou encore "Georges Bataille")

D'un point de vue scénaristique, le lecteur se perd dans un dédale incompréhensible d’informations, n'ayant queue ni tête, ne cohabitant guère les unes avec les autres. C'est tout simplement une histoire érotique sous LSD, mélangée à d'autres psychotropes hallucinogènes. Impossible avec de l'eau plate d'en saisir son sens.

De la 1ère case à la dernière, on suit le parcours étrange, fascinant, morbide et inquiétant de cette drolasse, qui se retrouve propulsée d'un monde à un autre, sous d'affreuses tortures. Un déchirement du corps mais surtout de l'esprit, car la jeune femme ne maîtrise en rien son sort, mais semble tout de même prédisposée à la soumission et l'obéissance.

Un jeu du voyeurisme défile sous nos yeux. Perversion et cruauté? "Peut-être". Jouissance et quintessence sexuelle, "sans aucun doute"!

Chimères de l'esprit, fantasmes enfouis, cette BD adulte plaira par son raffinement. A l'heure du libertinage, où les expressions sexuelles s'affirment avec intensité.

D'une part enfoui dans le temps, et de l'autre précurseur sur son époque, tout comme Manara, Serpieri et Pichard l'auraient abordés : Crepax grave sa marque avec style et grandiloquence.

 

On aime ou on reste indifférent. Faites votre choix!

 

album-page-large-32949.jpg

 

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

bianca,crepax,delcourt,710,érotique,052017

 

bianca,crepax,delcourt,710,érotique,052017

 

bianca,crepax,delcourt,710,érotique,052017

Coq de Combat

Écrit par capitolbelgium dans Chroniques de Coq de combat. | Commentaires (0) | Tags : bianca, crepax, delcourt, 710, érotique, 052017 |  Facebook | |

Écrire un commentaire