06/09/2017

Intégrale Caroline Baldwin T1 & T2

41tEku0WNNL__SX371_BO1,204,203,200_.jpgsans-titre.png71Mtavg6qkL.jpgAuteur : André Taymans

Éditeur : Paquet

Genre : Détective

160 pages / Tome

Sortie : 24 mai 2017 et 28 juin 2017

 

Avis de l'éditeur :

Caroline Baldwin est l'héroïne d'une série de bande dessinée belge créée par André Taymans en 1996. Elle a connu 16 albums, aujourd'hui regroupés dans une série de 4 Intégrales. Un album inédit verra le jour en octobre 2017.

 

Mon avis :

 Les éditions Paquet ont le plaisir de partager les aventures de Caroline Baldwin, cette policière à contre-courant de l’héroïne classique. Chaque reliure de 160 pages reprend quatre titres de cette série emblématique.

Intégrale 1 : Moon River - Contrat 48-A - Rouge Piscine - La dernière danse

Intégrale 2 : Absurdia - Angel Rock - Raison d’État - La Lagune

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Au milieu des années nonante, Taymans fait partie de la génération marquante des auteurs BD des éditions Casterman, essentiellement au répertoire jeunesse. Il crée Caroline Baldwin pour en constituer une héroïne de saga policière où prime la psychologie des protagonistes au-delà d'une intrigue policière pourtant déjà fortement ancrée. Cette femme apparaît d'entrée de jeu comme étant un peu perdue, dépressive, mélancolique, alcoolique...instable sur le plan amoureux. Et pour couronner le tout, elle ressort de ses enquêtes policières encore plus détruite, s'engouffrant vers l'aval.

Loin du cliché de la blonde américaine, refaite de partout, Taymans dévoile une héroïne comme il le conçoit. Une femme multiculturelle, indienne (de par ses voyages au Canada et autres tribus), aux cheveux courts, plutôt typée...ainsi que marquée de taches de rousseur, qui l'a démarquent nettement.

Prépublié dans "A Suivre", "Moon River" sera tiré à 7000 exemplaires dans la collection "Studio" chez Casterman. L"auteur se focalise sur des décors qui justifient amplement l'intérêt porté par cette nouvelle série. Par contre, Taymans ose ce que d'autres auteurs ne peuvent que fantasmer : il brise les normes! Accumulant les scènes osées et sexuelles, il restreint ainsi son public. Cherchant à bousculer le lecteur, il n'apprécie guère les happy ends!

"Contrat 48-A", le second opus remportera le prix du meilleur album de l'année à Seraing à la "bulle de cristal"...d'autres prix suivront.

Pour le 3ème album, les choses se corsent encore ; D'abord, intitulé Mort d'un nègre", ce titre devient par la suite "Rouge Piscine". Les représentants français refusent de proposer ce titre aux libraires d'où un titre alternatif, pour le moins étrange.

 Un des proches d'André Taymans, son grand-père Robert Beaujean, devient un élément prépondérant durant les aventures de Caroline Baldwin, et ce bien après son décès en 1996. Une figure emblématique pour André, qui s'inspire de lui et de ses nombreux acquis de par les différents métiers de son vivant ( agent d'assurance - publicitaire - vendeur en bureautique...)

Pour le final de l'album "Absurdia", André se remémore ses vols en hélicoptère au dessus de New York, où il tire des photos de Time Square. Et c'est un nouveau tournant, car quelle audace de sa part de créer le doute sur la possibilité que son héroïne ait contracté le virus du VIH... une tournure qui ne lui vaut pas que des amis, mais le début d'"Angel Rock "démarrant sur une citation de Malvaux, tirée de la voie royale, son livre de prédilection durant des années. montre une Introspection de Caroline et ses démons intérieurs, alcool et tendances compulsives...

Le paradoxe étant que plus Caroline touche le fond, plus son auteur jubile, un équilibre dans le déséquilibre parmi les vases communicants. Avec ce titre, Taymans atteint des sommités, peignant des récifs montagneux de toute beauté, et après seulement 15 pages de lecture, le lecteur abasourdit, se sent confronté avec une Caroline, qui a bel et bien contractée le sida. Non sans mal, Caroline décide d'affronter ce mal terrible avec le courage et la détermination d'aller de l'avant. Des pages entières sans scénario, nul besoin, d'ailleurs, tellement le niveau d'émotions est élevée. Le retour du public sera plutôt favorable, consterné par la tournure des événements improbables à leurs yeux.

Enfin, notons que pour le titre "Raison d'Etat", un agent des forces d'intervention Belge propose à Taymans, lors d'une séance de dédicace, de lui détailler le maniement des armes, afin que les aventures de Caroline deviennent nettement plus crédibles sur le plan des armes à feu.

Vous l'aurez compris, ces intégrales représentent une mine d'or pour les admirateurs de l'auteur.

Comme André le stipule fort bien :

"La véritable aventure, il veux la vivre, et de par ses nombreuses destinations, il permet de transmettre à ses lecteurs sa vision de la liberté et sa joie de vivre".

 

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Coq de Combat

Commentaires

Effectivement, un personnage qui a marqué la BD et qui a du inspirer plus d'un auteur.

Écrit par : samba | 06/09/2017

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voilà une série que je n'ai pas lue, et une chronique qui donne bien envie !

Écrit par : loubrun | 06/09/2017

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Très agréable de lire un commentaire élogieux sur le travail d'André Taymans. Il a un travail cohérent et il est très productif. Il lui est arrivé de dire qu'il a un dessin "bâtard", mais ne peut-on pas dire alors que la BD est par essence bâtarde? Espérons que ce retour de Caroline soit plébiscité.

Écrit par : Benoi Lacroix | 07/09/2017

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J'ai lu et apprécié TOUS les tomes de Caroline qui nous a abandonnés depuis plus de 5 ans... à quand son retour ?

Écrit par : dgege | 10/09/2017

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