03/10/2017

le photographe de Mauthausen

le photographe de mauthausen, rubio, colombo, le lombard,le photographe de mauthausen, rubio, colombo, le lombard,Scénario : Salva Rubio
Dessin : Pedro J. Colombo
Éditeur : Le Lombard
102 pages
Date de sortie :  29 septembre 2017
Genre : Historique, documentaire

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Comme beaucoup de ses camarades déportés dans le camp de Mauthausen, Francisco Boix ne pensait qu'à survivre à ce cauchemar éveillé. Mais lorsqu'il croise le chemin du commandant Ricken, esthète nazi des plus pervers, qui prend plaisir à photographier l'horreur, le jeune homme comprend qu'il tient là un témoignage unique. A condition de parvenir à faire sortir les photos du camp...
L'histoire vraie d'un témoin à charge du procès de Nuremberg, et de son combat pour la vérité et le souvenir.

 

 

Mon avis

On croit toujours tout savoir sur la seconde guerre mondiale et notamment sur l'horreur des camps de concentration. Mais l'Histoire est faite d'une myriade de petites histoires, de tranches de vies, de faits héroïques et d'une multitude de drames que la postérité n'a pas retenu et plus ou moins laissé tombé dans l'oubli. Aucuns des faits de la seconde guerre mondiale ne doit s'oublier, particulièrement la barbarie nazie.

Cet album contribue au devoir de mémoire en exposant l'action folle et héroïque de Francisco Boix, personnage qui a vraiment existé. Oui, tout ce qui est raconté dans cet album est vrai, ou presque. Seuls les personnages secondaires sont inventés pour faciliter la narration.

Espagnol Républicain ayant fui le régime Franquiste, Francisco Boix, comme nombre de ses compatriotes s'est retrouvé prisonnier dans le camp du Vernet dans l'Ariège. Pour échapper à l'horreur du camp d'internement, le seul moyen était de s'engager "volontairement" dans les compagnies de travailleurs étrangers. Nous sommes alors en 1941 et ce n'est pas dans les intentions du régime de Vichy de venir en aide aux réfugiés Espagnols. Francisco part donc dans les Vosges où il sera fait prisonnier par les Allemands et envoyé dans le camp de Mauthausen en Autriche. Son statu de photographe lui offre une place au service d'identification chargé de photographier tous les prisonniers, toutes les morts suspectes (sic) mais aussi de développer les photos personnelles des soldats. C'est là que le SS Paul Ricken lui accordera sa confiance et en fera son assistant personnel pour exécuter sa morbide passion de photographier les cadavres de ses victimes. Toute l'abomination nazie est consignée en photo, en 5 exemplaires. Un pour le camp, et les autres pour les différentes archives du régime nazi. La situation de Francisco est vue d'un très bon œil par le QG communiste clandestin du camp. Voilà en effet une occasion unique de conserver un témoignage des crimes commis par les SS. Francisco, aidé au début par d'autres républicains espagnols puis finalement tout seul, réussira à faire sortir du camp des milliers de photos qui serviront plus tard de témoignage à charge au procès de Nuremberg.

Malheureusement, ce témoignage n'aura pas la portée attendue par Francisco. Les rares photos qui sont présentées lors du procès servent davantage comme pièce à conviction apportée au dossier qu'a révéler l'horreur du projet nazi.

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Voilà une BD documentaire hors du commun, dont l'histoire glace d'effroi comme a chaque fois qu'on lit des choses sur cette période, et nous fait sentir tout petit devant les épreuves subies par les prisonniers et particulièrement Francisco Boix.

Le dessin réaliste aux couleurs sombres rend bien compte de cette folie, notamment en reproduisant quelques photos volées au commandant SS Ricken.

En plus de la BD qui explique déjà très en détails les faits, l'album est constitué d'un gros dossier historique reprenant tous les faits depuis la fuite de la guerre civile Espagnole jusqu’à la mort de Boix en 1951. Illustré par de nombreuses photos et dessins, ce dossier approfondit le sujet en expliquant en autre le fonctionnement du camp, la libération, l'après-guerre et le retour impossible des espagnols républicains dans leur pays. On y apprend par exemple que ces derniers, après avoir survécu à l'enfer, deviennent victimes de la folie politicienne. Celle des Alliés qui ne feront pas tomber Franco, rendant impossible tout retour au pays, et celle de Staline qui condamnait à mort tous les communistes qui n'étaient pas morts dans les camps, les considérant soit comme des traitres, soit comme des espions. Les républicains qui se réfugièrent en URSS, furent quasiment tous envoyés au Goulag et les survivants de Mauthausen exclus du parti communiste ...

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Cet album est un vrai documentaire riche d'enseignements qui s'ajoute aux nombreux ouvrages indispensables au devoir de mémoire.

Loubrun

 

 

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Commentaires

J'adore toujours le grand écart qu'on a avec Bodoi ...
http://www.bodoi.info/le-photographe-de-mauthausen/

Écrit par : samba | 03/10/2017

Répondre à ce commentaire

oui, j'ai lu cette critique avant de rédiger ma chronique et je ne partage pas du tout leur avis. L'horreur est parfaitement décrite, et s'ils veulent placer toutes les BD qui traitent du sujet des camps nazis au niveau de Maus, alors plus personne n'écrit ni ne dessine rien sur le sujet ...
Ils contestent le fait d'avoir redessiné les photos plutôt que d'avoir mis les vrais dans le déroulé de l'histoire. Mais les faits sont suffisamment bien relatés pour faire ressentir l'horreur, et Les dessins sont tout autant évocateurs de l'abomination que les photos, qui par ailleurs sont présentes pour bon nombres dans le très volumineux dossier historique.
Quant au dessin, le qualifier de grossier et naïf .... c'est grotesque.

désolé, mais Bodoi se plante.

Écrit par : loubrun | 03/10/2017

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