08/11/2017

Le premier homme

cov.jpg2.jpgD’après le roman d'Albert Camus

Auteur : Jacques Ferrandez

Éditeur : Gallimard Bande Dessinée

184 pages - cartonné

Parution : 21 septembre 2017

Adaptation littéraire

 

Présentation

« En somme, je vais parler de ceux que j’aimais », écrit Albert Camus dans une note pour l’oeuvre à laquelle il travaillait au moment de sa mort. Il y avait jeté les bases de ce qui serait son récit de l’enfance : une odyssée temporelle et émotionnelle à travers ses souvenirs, un récit qui, sous couvert de fiction, revêt un caractère autobiographique exceptionnel. A la recherche de ses origines, il y évoque avec une singulière tendresse son univers familial, le rôle des femmes, celui de l’école, la découverte du monde extérieur… En filigrane, on découvre les racines de ce qui fera la personnalité de Camus, sa sensibilité, la genèse de sa pensée, les raisons de son engagement.

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Mon avis :

Retrouvé dans la carcasse d’une tristement « célèbre » Facel-Vega, après un accident qui a coûté la vie à l’auteur, ce texte a été d’abord retranscrit par son épouse. Publié en 1994 par sa fille, soit 34 ans après la mort d’Albert Camus, Le premier homme reste pourtant un manuscrit inachevé qui aurait dû inaugurer une trilogie, une grande épopée sur les Français en Algérie. Le côté fragmentaire de cette fiction autobiographique n’a pourtant pas empêché Jacques Ferrandez d'oser s’attaquer à son adaptation en bande dessinée. On pourrait même dire que le lecteur contemporain y gagne une dimension supplémentaire grâce au travail graphique sur les ambiances et les reconstitutions historiques.

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Ferrandez. L’Algérie, il y est né, il la connaît et ses aquarelles la font revivre.  Il trouve la luminosité juste pour des décors parfaitement reconstitués et arrive à transmettre la tristesse tourmentée de l’époque.

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Camus, c'est un auteur avec lequel Ferrandez entre en résonance et dont il a déjà adapté avec bonheur deux titres, L'hôte et L'étranger, publiés chez Gallimard.

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Malgré la structure complexe, non-linéaire, d’un récit éclaté en plusieurs chapitres, Ferrandez a réussi à rester fidèle à l’esprit de l’auteur. Il reprend d’ailleurs de longs et nombreux extraits du texte original. L’écrit et le dessin trouvent ici une complémentarité rarement atteinte pour restituer, à la fois, la texture particulière d’une époque et celle d’une pensée. Impossible de ne pas imaginer un Camus, caché ici sous les traits de l’acteur Gérard Philippe et sous le nom de Jacques Cormery, éternellement « obscur à soi-même ».

 

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Skippy

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