25/11/2017

Dans l'antre de la pénitence

Couv_312628.jpgPlancheA_312628.jpgScénariste : Peter J.Tomasi

Dessinateur : Ian Bertram

Coloriste : Dave Stewart

Éditeur : Glénat Comics - 192 pages

Genre :Western - Drame

Sortie : le 25 octobre 2017

 

Avis de l'éditeur :

 

1905, San José en Californie. Suite à la perte de son mari et de sa fille, Sarah Winchester se lance dans la construction compulsive de la « Winchester House » : une demeure aussi étrange que démesurée. Un chantier perpétuellement troublé par les lubies de sa commanditaire, qui réveille ses domestiques en pleine nuit, ou ordonne à ses ouvriers de construire des portes et des escaliers ne menant nulle part. On la prétend folle, hantée par les esprits de ses proches disparus. Mais le jour où un étranger fait son apparition sur le pas de sa porte, les démons de Sarah pourraient bien devenir réels...

 

Mon avis :

Vous tenez en vos mains un titre susceptible de se classer parmi les meilleurs albums de cette année 2017. Dans l'antre de la pénitence vous plonge vers les tréfonds de l'âme, de manière subtile et sans retour possible. Ici, tout se résume à la folie, forme de voyage psychédélique, se déroulant essentiellement en huis-clos. Toutefois sachez que les premières pages, voire le premier chapitre, risquent fort d'en décevoir plus d'un...laissez donc sa chance à ce titre qui se veut progressif, pour atteindre un point culminant, pour lequel bien des auteurs devraient s'inspirer.

Deux personnages se rencontrent, chacun au passé douloureux. D'une part, Warren Peck, forme de mercenaire pour l'état qui compte à son actif des dizaines de victimes hommes - femmes et enfants. Il tente néanmoins de trouver refuge pour se remettre d'une sale blessure, suite avec un  duel avec un indien. D'autre part, une femme aussi originale que troublante, qui se nomme Sarah Winchester, figure centrale de ce récit, est l'une des filles du richissime vendeur d'armes, portant le nom célèbre. Bien qu'ayant une fortune colossale, elle ne peut que verser des torrents de larmes sur son sort : une petite fille morte de maladie et son pauvre mari quelques mois plus tard dans des circonstances bouleversantes. Cette veuve vit avec l'espoir de conjurer les mauvais sorts : son défunt mari, certes homme protecteur et richissime gagnait son pain par le sang. Le sang appelle le sang, et Miss Winchester décide non seulement de rénover son château fort dans lequel elle vit, mais est bien décidée à y mettre le prix fort.

La chambre de ses défunts est pour elle symbolique. Elle leur parle de vive voix, perd la raison, obligeant ses ouvriers de construire des couloirs ne menant nulle part, et des portes face aux murs. Les ouvriers, sans trop se poser de questions obéissent, ils sont logés, nourris et travaillent à coup de marteau qui résonnent en permanence.

Le bruit sec de ces outils de travail reflète l'ambiance glauque de cet ouvrage. 24 heures sur 24, des relèves viennent remplacer les équipes en place pour travailler en ces lieux. Les ouvriers, pour la plupart ont de sacrés antécédents - criminels - voleurs - violeurs, qu'importe, la dame qui les engage ne prête qu'une seule considération : s'atteler à leur tâche, et abandonner à l'instant de leur entrée en ces lieux toutes armes à feu. Miss Winchester se sent responsable des armes utilisées par sa famille, de la richesse acquise, et trouve un nouvel itinéraire dans sa réalité, réalité que n'accepte pas sa sœur, qui tente de l'amadouer...en vain.

Peter Tomasi livre avec "Dans l'antre de la pénitence, une offrande pour nous spectateurs, qui une fois pris au piège de cette lecture carnivore, s’illustre de manière brillante. Le scénariste revient sur une période de la vie de son héroïne, ou celle-ci perd complètement le sens des réalités. Avouons-le, c'est du très grand travail d'auteur même si à plus d'un moment, on perd pied, sans trop comprendre le sens précis requis...force est de constater que le lecteur retrouve son sens d'équilibre et continue la partie dans un dédale parapsychologique, style Hunter S Thompson.

Graphiquement, c'est peut-être là ou le bas blesse le plus. Ina Bertram se cherche, et crée un style proche d'auteurs de la gamme de poissons pilotes. Déstructuré, anarchique, envoutant également, on a l'impression que les protagonistes ont été propulsé d'une balançoire et atterrissent des kilomètres plus en avant. Et que dire de ce sang qui se répand de page en page : chimères de l'esprit torturé, visions d'esprit qui hantent les occupants, ou tout simplement réalité d'un passé tragique. A vous de voir! Quoi qu'il en soit, voici une BD dont des génies comme Fritz Lang, de son vivant ou Jodorowsky pourraient se réjouir.

 

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Coq de Combat

 

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