01/12/2017

Bug

1.jpg2.jpgScénario et dessin : Enki Bilal

Editeur : Casterman

88 pages – cartonné

Parution : 22 novembre 2017

Anticipation

 

Présentation :

Dans un avenir proche, en une fraction de seconde, le monde numérique disparaît, comme aspiré par une force indicible. Un homme, seul, malgré lui, se retrouve dans une tourmente planétaire.

3.jpg

Bug définition

   En français : se dit d’un défaut affectant un programme informatique.

   En anglais : se dit d’un insecte, d’une bestiole, d’un virus…

En 2041, la Terre est confrontée brutalement et simultanément aux deux. Un homme, seul, se retrouve dans la tourmente, convoité par tous les autres…

4.jpg

Mon avis :

Vendredi 24 novembre 2017, 17h30, locaux des Editions Casterman.

Je fais face à un Enki Bilal en pleine forme, il vient pourtant d’enchaîner une longue série d’interviews et l’enregistrement d’une émission à la RTBF radio. Le personnel quitte les bureaux, c’est la fin de la semaine. La nuit tombe sur Bruxelles. Je me dis que je vais lui poser les mêmes questions que tous les journalistes qui ont défilé toute la journée pour le rencontrer, que je suis en fin de parcours et qu’il doit être lassé. Alors nous laissons dériver la discussion et nous échangeons des propos décousus sur son parcours artistique depuis une bonne quarantaine d’années, sa méthode de travail et sa dernière production.

5.jpg

Il me dit qu’il se sent avant tout un narrateur BD et que c’est cela qu’il aime faire. Avec cet album, il signe donc son retour à une forme de narration plus classique, plus littéraire. Il voit la BD comme un art plutôt conservateur qui prend le lecteur par la main et le guide dans sa lecture. Le thème abordé cette fois-ci demande une certaine maturation et, à ce stade, il ne sait pas encore sur combien d’épisodes l’histoire se développer.

Le thème de ce polar contemporain est percutant : la paralysie numérique dans un monde qui n’existe que par et pour cela, notre monde dans un futur de plus en plus proche. Il y a presque un petit côté jubilatoire dans cette mise en scène de la disparition brutale des archives, de la paralysie des transports, de la disparition des moyens de communication, de la désactivation des protections, de la propagation du chaos. Les journalistes ne savent pratiquement plus écrire, leurs articles sur papier sont remplis de fautes, d’orthographe, de syntaxe, de vocabulaire. Là-dessus vient se greffer une intrigue bien ficelée, un suspense addictif.

6.jpg

Bilal, c’est avant tout un style graphique très personnel que l’amateur de BD identifie au premier coup d’œil. Depuis Le cycle du Monstre, sa méthode n’a pas changé : des croquis, un découpage, puis le dessin case par case en petits formats. Chaque case est ensuite scannée, agrandie et imprimée sur papier avant d’être peinte à l’acrylique et au crayon pastel gras. Les pages sont montées à l’ordinateur et les textes sont ajoutés. Il travaille comme un peintre, avec un geste plus libre, plus jeté, plus brut. Le résultat est superbe !

 

Scenario_R_sf_txt_65px.jpg

 

Dessin_R_sf_txt_65px.jpg

 

Album_R_sf_txt_65px.jpg

 

 

Skippy

Commentaires

Cet album est un chef d’œuvre ! c'est un coup de cœur pour moi. Le récit d'anticipation tient carrément la route et tout ou presque est crédible et plausible. Comme dans toutes ses histoires, Bilal introduit une dimension politique, sociale et sociétale tristement visionnaire.
C'est une vision assez pessimiste de l'avenir étayée par un constat alarmant de l'état de la société actuelle.
Si là le concept est poussé à l'extrême, il n'empêche qu'un big crash informatique pourrait bien arriver en vrai, et bien nous foutre dans la merde tellement nous sommes dépendant de la technologie numérique. En témoignent les attaques au niveau mondial lancées cette année contre quelques grands groupes.

Écrit par : loubrun | 03/12/2017

Répondre à ce commentaire

Je pense que le bug d'aujourd'hui à la Gare Montparnasse déclenchant la pagaille et la colère des voyageurs coincés là-bas ne font que confirmer son propos !

Écrit par : dgege | 03/12/2017

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire