04/01/2018

Serum

serum.jpgserum_pl.jpgScénario : Cyril Pedrosa
Dessin : Nicolas Gaignard
Éditeur : Delcourt
150 pages
Date de sortie :  octobre 2017
Genre : anticipation

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Paris, 2050. Depuis les purges qui ont suivi le changement de régime, les tensions sont loin d’être apaisées. Une organisation clandestine semble préparer une action spectaculaire. Reclus dans son minuscule appartement, Kader vit seul. Il ne parle à personne. Une injection de « Sérum », un produit psychoactif, l’empêche de mentir. Qu’il le veuille ou non, il ne peut dire que la vérité. Rien que la vérité. Toute la vérité. Cette malédiction fait de sa vie un enfer.

 

"- Madame la Présidente, est-ce que vous dites la vérité aux Français ?

- Non, bien sûr que non."

 

Mon avis

Voilà bien un livre à ne pas mettre entre les mains de nos dirigeants. Ca pourrait leur donner des idées ! Qu'il soit démocratique, autoritaire, ou dictatorial, c'est le voeux, secret ou avoué, de tout Etat que de vouloir tout contrôler. C'est ce qu'imagine ici Cyril Pedrosa, dans ce récit d'anticipation politique où le contrôle étatique s'immisce jusque dans l'esprit des gens grâce à un puissant sérum de vérité. C'est le programme "Vérité-Sécurité", dont le but est de faire ingérer une potion de vérité à tous les citoyens justiciables en le diluant à l'eau potable. Le truc est vraiment terrible puisqu'il interdit toute forme de mensonge aussi bénin soit-il. Finis les prétextes bidons pour éviter d'aller boire un verre avec ses collègues ! Terminées, les petites cachotteries faites à sa hiérarchie ou pire, aux flics. On suit alors Kader, personnage taciturne, solitaire à la mine triste et qui semble soumis à ce pouvoir omnipotent. Il finira pourtant par s'affranchir de ce contrôle et par rejoindre une forme de rébellion qui mettra un terme d'une façon radicale à ce programme.

Tout est gris, terne et manque d'envergure dans ce récit. Les personnages, la société imaginée par Pedrosa, le pouvoir en place, mais aussi la rébellion qui manque d'éclat. C'est dommage, parce qu'il y a une bonne idée de départ mais on a l'impression que l'histoire ne décolle pas et que cette bonne idée n'est pas exploitée à fond. Le récit se déroule pourtant sur 150 pages, qui se lisent très vite tant les silences sont nombreux. Au vu de la thématique, j'attendais un récit beaucoup plus percutant et remuant.

La lecture arrive quand même à nous arracher quelques frissons et quelques pistes de réflexions, notamment quand le pouvoir en place devient victime de sa propre folie. On se plaint souvent des mensonges de nos dirigeants, mais qu'adviendrait-il s'ils ne pouvaient nous dire que la vérité ? Pourraient-ils réellement rester en place ? Pas sûr !

Nicolas Gaignard dont c'est le premier album s'en sort honorablement, dans un registre semi-réaliste au trait tendu et assez anguleux renforçant l'atmosphère pesante du récit.

Sérum se pose en récit d'anticipation intrigant auquel il manque cependant une petite étincelle pour le rendre captivant.

Loubrun

 

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sérum, pedrosa, gaignard, delcourt, anticipation, politique fiction, dictature, vérité, autoritarisme, 10/2017,

 

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Commentaires

J'ai bien apprécié cet album, une belle ambiance, un personnage principal atypique, un univers oppressant. J'ai seulement un peu tiqué sur la fin assez brutale et manquant un peu d'explication. 4 coeurs.

Écrit par : samba | 04/01/2018

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Bon, ben me restera plus qu'à le lire pour vous départager !
Sinon Bruno, le dessinateur a un trait trait tendu, trait très tendu ou train train tendu... ☺

Écrit par : dgege | 04/01/2018

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de quoi tu parles ? :-)

Écrit par : loubrun | 04/01/2018

de rien ! ;-)

Écrit par : dgege | 06/01/2018

Je me range du côté de Loubrun après la lecture de cette histoire déprimante où j'ai eu du mal à saisir tous les tenants et aboutissants du héros principal dont l'(in)expressivité a eu raison de mon ennui !
Bref, à peine la moyenne pour cette BD qui en séduit certains... ou pas !☻

Écrit par : dgege | 14/01/2018

Pareil que Loubrun. Assez déçu par cette BD qui, C'est clair, avait un certain potentiel. Dommage... Très dommage...

Écrit par : Odradek | 04/01/2018

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