02/11/2013

Quai des Bulles 2013 : ça bulle pas mal à St Malo

 

Des bulles, encore des bulles, toujours des bulles !


 

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Jeudi 24 octobre. Départ direction la Bretagne pour le festival Quai des bulles de St Malo. Arrivé vers 13 heures, je pose mes bagages et file manger une galette dans ma crêperie favorite. Il y a déjà beaucoup de monde ! Il est vrai que cette année le festival tombe pendant les vacances scolaires. Le temps est doux et clément et je profite pleinement de ces instants paisibles avant d’affronter la cohue les jours suivants. Après un détour en librairie pour me procurer le dernier Astérix je prend enfin le temps de regarder le programme du festival. Je note que David Ratte sera là dès le vendredi à partir de 9h30. J’aime bien son travail et comme il fréquente le forum Samba BD, je me dit que ça serait pas mal de le rencontrer et de ramener une petite dédicace. Je prévoit donc de faire l’ouverture du festival.

 

 

Vendredi 25 octobre. La journée commence fort. Je n’ai pas entendu mon réveil ! Il est 9 heures, et je devrais déjà être en place devant les portes d’entrées. Qu’a cela ne tienne, je saute dans mon T-Shirt Samba Bd , avale vite fait un café bien serré, enfourche mon vélo, et fonce direction l’espace Dugay Trouin qui s’appelle maintenant l’espace Quai St Malo. Mais mon élan est coupé par une éclusée !! Eh oui, c'est le charme de la cité corsaire ! St Malo c’est aussi un port, et un port en eaux profondes dont l’activité suit le rythme des marées. Ce matin là, l’écluse est donc à la manœuvre et c’est une myriade de petits chalutiers rentrant au port qui va me mettre en retard ! Bon, je relativise et j’ai une pensée émue pour ces travailleurs de la mer qui travaillent durement pour gagner - parfois à peine - leur croûte. Et puis j’aperçois au milieu du bassin Vauban un fameux trois mats, fin comme un oiseau (hissez haut !), qui attend son tour pour entrer dans l’écluse afin de sortir du port et entrer en mer. C’est beau !

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Je rentre enfin dans le hall des exposants et me voilà pile en face du stand des éditions Paquet (à moins que ça ne soit l’inverse). Par contre, il y a déjà 7 personnes dans la file pour David Ratte. J’y vais quand même. Entouré d’une Belge qui vient du sud de la Belgique et d’un couple qui vient du sud de la France, l’attente se passe dans la bonne humeur. Ils ne connaissent pas Samba Bd. Je leur fait donc un peu de pub pour le blog et le forum et regrette de ne pas avoir de flyer à leur donner. Me voilà finalement face au très sympathique David Ratte. Je me présente comme chroniqueur sur Samba BD en montrant fièrement mon beau T-Shirt. David ne l’avait pas remarqué … Difficile pourtant de faire plus rouge vif … Il reconnaît quand même le logo et me dit tout le bien qu’il pense du forum, qu’il y passe de temps en temps avec plaisir car il y apprécie le ton et l’ambiance conviviale qui y règnent. Nous devisons tranquillement pendant qu’il dédicace le tome 1 de sa nouvelle série : Mamada. Je recommande au passage vivement cette série à l’humour décalé du même acabit que le Voyage des pères.

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IMG_20131101_4.jpgContent de cette première rencontre, je continue mes pérégrinations au milieu des stands. J’arrive trop tard chez Ankama pour avoir un ticket pour une dédicace de Vatine. J’avais bien aimé le tome 1 de Niourk dans le quel j’avais trouvé Olivier Vatine au sommet de son art. J’achète quand même le tome 2 et me dirige vers les éditions Bamboo où j’aperçois Jack Manini. Il n’y a pas trop de monde, et je patiente une demi heure pour une dédicace de SOS Lusitania. Les dédicaces de Manini sont originales : il propose de nous faire le portrait, nous faisant passer ainsi pour un personnage de l’album. Je trouve la démarche plutôt sympa et l’exercice intéressant pour le dessinateur. Manini prenant en photo chaque portrait réalisé, je me dit alors qu’il est en train d’enrichir sa galerie de personnages pour de futurs albums … Qui sait ? je vais peut être devenir le héros d’une de ses prochaines histoires ?

 

 

Malgré l’appel du ventre de plus en plus pressant je passe quand même chez Glénat. A moins d’attendre 3 heures, je ne vois pas grand-chose qui m’intéresse à part le tome 3 de « Les Chasseurs d’écume » de Debois et Fino. Très belle saga familiale et chronique sociale sur la pêche à la sardine, j’ai bien apprécié les deux premiers tomes. Serge Fino retranscrit parfaitement l’ambiance de la Bretagne du début du Xxième siècle et l’univers des marins pêcheurs.

Après un copieux sandwich avalé sur la plage de St Malo, je consacre l’après midi aux expositions qui sont en général de très bonne qualité.

 

Samedi 26 octobre. Je dois retrouver Gnès, une collègue du forum Samba Bd vers 13h, ce qui me donne le temps de flâner un peu le matin. Je cède à la tentation des bacs des libraires de BD d’occasion et trouve mon bonheur au bout de deux bacs. Voilà, je suis dans les lieux depuis 30 mn et mon sac est déjà plein et mon porte-monnaie vide !!

Je repère le stand Grrr art, petit éditeur qui publie des BD jeunesses et notamment Le monde de Titus écrit et dessiné par Koulou. Il n’y a personne, alors je prend les 3 albums et les fait dédicacer pour mon neveu. Koulou est très sympa et intarissable sur son œuvre. Il s’éclate vraiment à faire cette série qui mériterait d’être mise un peu plus en avant dans les rayons jeunesse des librairies. Difficile de survivre pour les petits éditeurs qui doivent se débrouiller pour diffuser leurs albums ...

L’heure est venue de retrouve Gnès du forum Samba BD, pour qui c’est une grande première que de fréquenter un festival BD.

Le samedi après midi, les allées sont noires de monde mais c’est quand même un plaisir que de voir les dessinateurs réaliser leur dédicaces.

 

Philippe Geluck, Scotch Arleston, Mathieu Reynès, Philippe Xavier, Stéphane Créty, Aurélie Neyret

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L’affluence a finalement eu raison de nous, et nous décidons d'aller reprendre des forces et nous rafraichir avec un autre genre de bulles.

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Dimanche 27 octobre. Pas de festival le dimanche : j’en ai ras les guitares et comme il fait beau nous profitons du bord de mer vers Cancale. C'est aussi ça Quai des Bulles : un environnement et des paysages magnifiques ; quand on en à marre de la foule, on peut toujours aller se réfugier sur un bord de la côte sauvage ou bien sur un coin de plage.

 

 

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LES EXPOS DE QUAI DES BULLES


René Follet et Stevenson

Très belle expo des planches originales de l’album Stevenson, le pirate intérieur. Scénarisé par Rodolphe et mis en image par Follet. Les planches en couleurs directes sont superbes. Je suis néanmoins surpris du format A3 de celles-ci.
 

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IMG_20131026_2.jpgJean-Claude Fournier

de Spirou aux Chevaux du vent, en passant par l’attachant Bizu et les irrésistibles Crannibales, Fournier est de ces grands auteurs discrets du 9ème art.

 

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de Spirou au Chevaux du vent. Au centre, l'affiche de Quai des Bulles 1991.

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Hervé Tanquerelle. Pour la série « …et autres racontars »  

Un voyage au Groenland au milieu des légendes dans une mise en scène chaleureuse.

 

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quai des bulles,fournier,ratte,tanquerelle,manini,pommaux,gotlibYvan Pommaux (le détective John Chatterton, Marion Duval, Théo Toutou …)

Illustrateur de génie en littérature et BD jeunesse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ses originaux en noir et blanc sont à tomber par terre !!

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quai des bulles,fournier,ratte,tanquerelle,manini,pommaux,gotlibGotlib

En place depuis fin juin, l’expo prenait fin ce WE. Superbe scénographie mettant en valeur tout l’univers de Gotlib. C’est la première expo où j’ai vu des gens rire aux éclats devant les œuvres exposées.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le bilan de ce Quai des bulles 2013 est très positif. De très belles expos, de belles dédicaces et de belles rencontres, et Samba BD qui commence à être connu de pas mal d’auteurs. Et ma Pile A Lire qui a doublé de volume …

Rendez-vous l'année prochaine, avec peut-être un peu plus de petits bonshommes en rouge à déambuler dans les allées.

Merci à Gnès pour tes photos qui sont bien meilleures que les miennes ...


Loubrun

31/10/2013

L'IMMANQUABLE - Hors série n°7

1310271109110001.JPGSortie : 01/10/2013

132 pages

Prix conseillé : 7,90 € (France) – 8,50€ (Belgique-Dom-Lux-Port.- merci la tabelle !)

Magazine, Hors série, Erotisme, pin-up

Mon avis : Au début du mois d’octobre 2013 est sorti le numéro 7 du hors-série de l’immanquable. Ces hors-séries consacrés à l’érotisme en bande dessinée se suivent à un rythme soutenu. Il s’agit réellement d’un succès dans les librairies.

A chaque numéro correspond un thème. Il s’agit ici d’un spécial « pin-up, sexe et BD ». Chaque fois également, la couverture est réalisée par Romain Hugault, un maître en la matière.

Dans ce numéro 7, un dossier est consacré à la pin-up dans la bande dessinée,un portfolio est consacré à Walter minus, un dessinateur connu et reconnu. Un autre portfolio est consacré au Baron Gerald Von Lind, un dessinateur très renommé aux Etats-Unis.

Des récits courts complètent ce magazine avec des auteurs spécialisés dans ce type de bande dessinée tel que Varenne, Casotto et bien d’autres.

Vous avez compris que ce magazine est réservé au public averti.

Le numéro 8 est annoncé pour la fin de l’année. Vous pouvez passer votre commande auprès du père Noël !

 

Capitol.

Capitol, Actualité, Immanquable, Hors série, Pin-up, Hugault, Minus, Von Lind, Casotto, Varenne, 10/2013

Capitol, Actualité, Immanquable, Hors série, Pin-up, Hugault, Minus, Von Lind, Casotto, Varenne, 10/2013

26/10/2013

ALLO BRUXELLES? ICI RAWHAJPOUTALAH! Exposition Tintin - Europalia.India.

@Hergé/Moulinsart 2013

visuel0europalia.jpgEn route…pour de nouvelles aventures! SambaBD a été invité à la conférence de presse qui s’est tenue ce mercredi 23 octobre 2013 au musée Hergé situé à Louvain-la-Neuve en Belgique. 

Le festival Europalia est un festival d’arts internationaux qui a lieu à Bruxelles et en Belgique tous les deux ans. Cette année, elle est consacrée à l’Inde et propose un programme varié composé de 26 expositions, 92 concerts, 56 spectacles, 200 événements littéraires, cinéma et conférences.

Dans le cadre de cette manifestation, le musée Hergé s’est associé au programme et propose une exposition du 26 octobre 2013 au 26 janvier 2014, intitulée « Allo Bruxelles ? Ici Rawhajpoutalah ! » Ce titre est inspiré de la couverture du journal « Le petit vingtième » n°10, paru le jeudi 8 mars 1934.

L’exposition prend le pari de nous faire connaître l’Inde via l’œuvre d’Hergé et plus particulièrement l’album « Les cigares du Pharaon ». Le visiteur pourra y voir les planches originales, dessinées entre 1932 et 1934, misent en parallèle avec la version revisitée des planches en couleurs de 1954 mais aussi avec l’abondante documentation qu’Hergé avait accumulée sur les différents sujets abordés par le récit. Nous ne sommes plus au temps des premiers albums à la documentation fort limitée.

L’évolution graphique y est remarquable. Le dessin de 1934 supporte sans problème l’agrandissement dans les grands formats de l’exposition. C’est une preuve que le dessin était déjà épuré. A la vue du travail de 1954, cette tendance est encore plus visible avec le trait qui se simplifie de plus en plus tout en restant net et détaillé dans l’image qu’il veut transmettre au lecteur.

@Hergé/Moulinsart 2013

visuel 1europalia1.jpgOn y retrouve déjà des thèmes qu’Hergé aime traiter tels que la spiritualité, les dieux, l’homme et son environnement, sa coexistence avec la nature, les animaux. Il traite également de l’imaginaire occidental sur des phénomènes indiens tels que les Sadhus ou fakirs, avec les planches à clous, la lévitation et les charmeurs de serpents.

Le visiteur y verra également décrit les rues de New Delhi, avec le bruit, la circulation, la foule qui bouge, les odeurs,…Hergé a très bien rendu cet environnement à tel point que Tintin a eu du succès en Inde, traduit de l’hindi au tamoul en passant par le bengali ou encore le gujariti. Du signe de Kih-Oskh au Svastika porte-bonheur, l’exposition nous explique la symbolique qui est aussi un des fils conducteur de l’album.

Je ne peux que vous inciter à faire le déplacement pour visiter cette exposition très réussie qui mêle l’imaginaire de Tintin avec des objets d’art indiens dont certains ont été dessinés dans l’album de référence. 

@Hergé/Moulinsart 2013visueleuropalia2C03 61.jpg

Vous pourrez en profiter pour visiter l’ensemble du musée Hergé avec ses expositions permanentes. Il a été dessiné par l’architecte français Christian de Portzamparc (un nom digne d’un personnage de bande dessinée !).Il s’agit d’un bâtiment de près de 3600m² qui attire directement l’œil vu de l’extérieur. Dès que vous rentrez à l’intérieur du bâtiment, le choc visuel continue. Les murs ne sont pas tous droit, des grandes baies vitrées laissent entrer la lumière dans le patio d’entrée. Et pourtant le musée a été conçu comme une bande dessinée. L’architecte a également tenu compte de l’environnement naturel mais aussi des impératifs d’un musée où la lumière ne doit pas abîmer les œuvres. Il a donc joué avec la lumière mais aussi avec les couleurs. Certains ont parlé d’un navire amarré à la dalle de la ville de Louvain-la-Neuve. L’image est pertinente surtout quand vous traversez la jetée qui relie la ville au musée. Le visiteur a l’impression de monter dans un navire en partance pour un voyage imaginaire.

 

@Atelier de Portzampac 2013 -@ photo Nicolas Borel - @Hergé/Moulinsart 2013

 

CHAP1_P18-19_©Nicolas Borel. Architecte-Christian de Portzamparc.jpg

 

Un seul bémol : je me suis rendu à Louvain-la-Neuve en voiture et j’ai remarqué que la signalétique routière est inexistante. Pas de panneaux pour diriger les visiteurs vers le musée que ce soit sur l’autoroute à proximité ou sur les voies d’accès à Louvain-la-Neuve. Les parkings proches du musée sont mal indiqués. Il en est de même dans les rues de la ville. Cerise sur le gâteau, l’adresse du musée est rue du Labrador, 26 (belle référence à l’adresse de Tintin). Mon GPS n’a pas encore cette rue dans son répertoire… Comment un tel écrin, un tel musée peut-il être aussi mal indiqué ?

 

@Atelier de Portzampac 2013 -@ photo Nicolas Borel - @Hergé/Moulinsart 2013

 

 

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@Hergé/Moulinsart 2013

110104_couverture_Hres_0.jpgSi vous n’avez pas l’occasion de visiter le musée Hergé, ou en complément à la visite, vous pourrez lire un nouvel ouvrage  qui vient de sortir aux Editions de La Martinière, intitulé « Musée Hergé ». Il s’agit d’une « brique » de 480 pages, d’un format de 21X21 cm. Cet album est conçu comme un musée de papier. Le lecteur le visite comme il visiterait le véritable Musée Hergé. On peut y voir toute l’œuvre d’Hergé. Cela va des dessins originaux aux notes, carnets, coloriages, documentation, objets qui remettent le visiteur dans le monde unique d’Hergé. L’album parait en 6 langues, est tiré à près de 30.000 exemplaires. Il est vendu au prix de 39,00€ (ISBN 9782732457079). N’ayant pu le consulter, je vous renvoie à votre libraire attitré car il est déjà disponible.

Capitol.

 

Liens utiles :

Le programme d’Europalia India : www.europalia.eu

Le site du Musée Hergé : www.museeherge.com. 

20/09/2013

Interview de Gabriel Lopez (Dessinateur de Isabellae).

Mais avant quelques mots sur Isabellae dont le tome 2 vient de sortir chez le Lombard récemment .

isabellae.jpgSa chevelure rousse tranche avec le Japon médiéval au sein duquel elle évolue... mais pas autant que ses sabres affûtés  Fille d'une sorcière irlandaise et d'un grand samouraï, Isabellae voyage à la recherche de sa sœur disparue. A ses côtés, le fantôme de son père, et quelques compagnons d'infortune. Cherchant à retrouver son passé pour mieux l'exorciser, elle fait pleuvoir une pluie de sang dans son sillage...

 

Premier cycle en trois tome

Place à l’interview de l’espagnol Gabriel Lopez dit Gabor 

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J’ai lu qu’avant « Greenworld » (ta première BD), tu avais travaillé dans l’animation (Cédric-Agrippine-Astérix). Peux-tu nous expliquer ce changement et ce que l’animation t’a apporté dans la réalisation d'une BD ? 

Depuis toujours, je lis et dessine des BD. Cela peut sembler étrange, mais depuis l'enfance, mon rêve, mon objectif a consisté à devenir un auteur de BD. 

Mon passage dans l'animation a été la conséquence d'un heureux accident. J'y ai appris la plupart des choses qui me sont utiles aujourd'hui, notamment en côtoyant de grands artistes qui m'ont énormément apporté. 

Le moment où tout a basculé coïncide avec l'essor de l'animation en images de synthèse. Cela signifiait dessiner moins et devoir travailler avec des logiciels de 3D, ce qui me séduisait nettement moins. 

À cette époque, j'étais en relation avec François Debois, et l'opportunité de pouvoirGreenWorld1_29092007_185942.jpg publier Greenworld chez Soleil s'est heureusement présentée. 

Je conserve de l'animation un certain sens des responsabilités lors de l’élaboration d'un projet artistique, une meilleure aptitude à raconter une histoire, et une fluidité dans la narration. 

L'animation et la bande dessinée ont beau être deux médias distincts, il existe un lien fort entre eux. 

 

Comment est née Isabellae ? 

Gabor-raule.jpegIsabellae est née de mois d'échanges avec Raule. Après quelques idées qui n'ont finalement pas été retenues, nous sommes arrivés au personnage actuel et à ses aventures. 

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Dans Isabellae, on retrouve de nombreux genres : l’aventure, le combat au sabre, du fantastique, du dépaysement, du gore, de l’amour… c’est ce mélange qui t’a attiré dans cette série ? 

C'est une combinaison de tout ce que nous apprécions. Je veux dire qu'Isabellae est née au fur et à mesure de discussions sur les histoires que nous aimions voir ou lire. Et l'aventure, les combats au sabre, le fantastique, le type de décors, le gore, l'amour... tous ces ingrédients en faisaient partie. 

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Il y a une scène dans ce tome 2 qui m’a marquée : celle où l’on voit la jonque naviguer entre des noyés. Peux-tu nous expliquer comment tu as créé cette scène ? 

Et bien, il s'agit d'un type de scène couramment utilisé par le cinéma, dans le but de choquer ou d'impressionner le spectateur, dans notre cas le lecteur. La séquence m'a pris quasiment une semaine complète, mais nous étions très satisfaits du résultat, et je suis heureux de constater qu'elle remplit son office auprès des lecteurs ! 

 

Toi qui es dans le secret des dieux, comment séduire Isabellae ? 

Il ne vaut mieux pas, du moins si tu apprécies la vie… Méfie-toi d'elle. Elle est aux commandes ! :) 

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Les couleurs jouent un grand rôle surtout pour bien situer les époques. Tu peux nous en dire plus sur la manière dont tu procèdes ? 

Le contraste entre les différentes couleurs de l'album est traité avec beaucoup d’attention, en fonction de ce qui se produit sur chaque planche. C’est presque de la musique. Et, dans la mesure où la BD ne dispose pas de piste son pour accompagner le déroulement de l’histoire, l’idée consiste à utiliser des palettes de couleurs afin d’accentuer les différents sentiments des personnages, l’action, la violence… C’est un peu compliqué à expliquer, mais c’est ce qui m’aide à choisir les couleurs. 

 

Deux questions plus générales. Comment expliques-tu qu’il y ait tant de « bons » dessinateurs espagnols ? 

Je ne sais pas ! Haha ! Peut-être est-ce dû à la qualité de l'eau qu'ils consomment ? Plus sérieusement, depuis des siècles, l’Espagne entretient une tradition de grands artistes. Je crois que cet amour de l'art perdure, et qu'il s'exprime particulièrement dans cette génération d'auteurs - issue des années 80 à 2000 - aujourd'hui à l'œuvre dans la bande dessinée, avec un certain succès, je pense. 

 

Comment se porte le marché espagnol de la BD ? 

On y trouve beaucoup d'auteurs talentueux, beaucoup de rééditions, moins de productions locales destinées au seul marché espagnol et moins de lecteurs que nous le souhaiterions, mais, petit à petit, la situation commence à changer. Je suis plutôt optimiste. 

 

Et enfin, Gabor (Madrid) et Raule (Barcelone), ça doit être chaud lors d’un « classico » ? 

Désolé, mais je n'aime pas le football, alors il ne se passe rien. J'ai d'autres centres d'intérêt.

 

Voilà, un grand merci à Gabriel pour avoir répondu à mes questions et à JMC pour la traduction.

 

A bientôt pour le tome 3 d’Isabellae.
Samba. 

 

Écrit par Samba dans Actualité, Portrait. | Commentaires (1) | Tags : gabor, isabellae, le lombard, interview |  Facebook | |