13/09/2013

Interview de Martin Jamar pour Double Masque.

BM.JPGA l’occasion du dernier tome de Double Masque « l’hermine », SambaBD avait envie de réparer un impardonnable oubli .Samba BD n’avait en effet pas encore interviewé  le talentueux dessinateur belge du charmant  village de Limbourg, Martin Jamar . Une interview à son image, conviviale et détendue avec quelques petites révélations.

Samba-Avec ce tome 6 de Double Masque, on clôture les aventures de la Torpille, de  son écureuil, de l’abeille et de la fourmi. Pas trop difficile de quitter ces personnages après 9 ans de   « cohabitation » ?

Martin Jamar-Bien sûr, c'est chaque fois un peu particulier, le moment où l'on arrive au 57278733_p.jpgbout d'une histoire, cela fait un petit pincement au cœur, en se disant qu'on les " abandonne " à leur destin de papier. C'est peut-être idiot, mais on s'y attache, avec le temps qu'on passe en leur compagnie. Parce que dans ma tête, ils existent vraiment ... !

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Samba-Depuis que je vous suis, je remarque que vous dessinez toujours la même époque (François Julien, Les voleurs d’Empire, Double Masque.) Pourquoi cet attrait particulier pour cette époque Napoléonienne ?

Martin Jamar-Oui, je dois paraître quelque peu monomaniaque ... De fait, le 19e siècle fut jusqu'à présent ma période de prédilection. Pourquoi cet attrait pour l'époque napoléonienne ? Il faut sans doute remonter à mes 10-12 ans, les jeux et lectures que j'avais alors - petits soldats, aventures de grognards et autres généraux -, la variété, le panache de ces uniformes me fascinaient ( mais je suis très loin d'être militariste ... ) , le destin de certains  personnages de ce temps étaient assez incroyables ,  un cabaretier pouvait devenir en quelques années maréchal de France puis roi de Naples ! Sans parler de l'ascension fulgurante d'un petit Corse ( qui a dit, je crois : " Ah, ma vie, quel roman ! " )

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La plupart des périodes historiques ont des éléments intéressants à raconter, mais il faut bien faire des choix et se plonger dans celles qui nous attirent davantage, pour des raisons parfois mystérieuses.

 

- Samba- Pendant la lecture du tome 6, j’ai presque eu pitié de vous avec le couronnement de Napoléon qui fourmille de personnages et de détails architecturaux incroyables. Un morceau de bravoure ?

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Martin Jamar-Houlà oui, Mais c'était incontournable, lorsqu'on aborde Bonaparte devenant Napoléon. Ces planches montrant le Sacre m'ont pris un temps fou, même si j'avais une bonne documentation, ce fut assez fastidieux, tous ces figurants, ces costumes tarabiscotés... Mais, finalement, sur l'ensemble de l'album, cela ne représente qu'une petite partie. J'imaginais, en commençant l'album (dont je n'avais pas encore l'entièreté du scénario), que ce serait peut-être la moitié de l'histoire qui se passerait à l'intérieur de Notre-Dame. Le scénariste aurait-il, lui aussi, eu pitié de son pauvre dessinateur ... ? 

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souris.jpg- Samba- Un peu à la façon d’une petite souris, j’aimerais connaitre comment se passe une rencontre avec Jean Dufaux pour élaborer un album ?

Martin Jamar-Si vous étiez une petite souris, vous pourriez nous suivre dans un Mainblanche.jpgrestaurant (plutôt chinois ou italien), à Bruxelles ou à Liège, nos lieux de rencontres habituels. Vous nous verriez commencer souvent par une coupe de champagne (on trouve toujours bien quelque chose à fêter ! ) et , autour d'une bonne table, discuter par exemple d'un prochain album : en fait , Jean Dufaux me raconte d'abord les très grandes lignes de l'histoire qu'il aimerait raconter, et, miracle, il se fait que , jusqu'à présent,  j'ai toujours été emballé par les projets , les idées qu'il m'a proposés ( après échanges sur mes envies, mes goûts ) 

A partir de là, ... Il n'y a plus qu'à, comme on dit ...! Chacun rentre chez soi plutôt guilleret, et on se remet au travail.

Jean m'écrit les premières planches, me donne quelques indications nécessaires pour la suite, et nous nous revoyons lorsque j'ai crayonné plusieurs planches, nous discutons mise en scène, lisibilité, efficacité / force des images. C'est un moment important, parce que j'ai toujours besoin d'un regard extérieur et neuf sur mes dessins, Jean sait mettre le doigt là où quelque chose est à améliorer. Et, bien souvent, nous sommes les derniers à quitter le resto, dans l'après-midi (avec la petite souris, sans doute ... !)

 

Samba-Est-ce que Martin Jamar utilise la nouvelle technologie pour la confection d’un album ou est il plutôt traditionnel ? (une question pour savoir comment vous travaillez, à quel rythme, vos habitudes et votre univers adéquat).

mJ1.jpgMartin Jamar-Je suis encore très traditionnel - papier, crayon, encre, aquarelles -, mais ponctuellement, je commence à utiliser (en tous cas, j’essaie) PhotoShop pour faire certaines retouches, par exemple sur une illustration de couverture. Cet été, grande première, j'ai suivi un stage d'infographie : ce ne fut pas simple, mais j'ai appris quelques trucs ... 

Info pour la petite souris ...  : mon bureau est à la maison, 2 belles pièces bien tranquilles, où je travaille autant que possible ( surtout quand les enfants sont au collège ! ), et surtout en journée, je ne suis pas un " nocturne", sauf quand les échéances l'imposent... Ce qui arrive à chaque fin d'album, bien sûr ! Mon rythme n'est pas super-rapide, les lecteurs auront pu le constater, depuis le temps ... Et pas aussi régulier que je le souhaiterais (pour x raisons), mais c'est ainsi. Je pense que certains ont plus de facilités que d'autres, il faut nous accepter tels que nous " fonctionnons ".

 

 

Samba- Pouvez-vous nous dévoiler une petite parcelle de votre prochain projet ?

Martin Jamar-Je préfère ne pas encore en dire trop, d'abord parce que le contrat n'est pas encore signé, ensuite parce que j'avais annoncé ces derniers mois un autre projet qui ne pourra finalement pas aboutir... 

Quelques indices quand même : scénario de Jean Dufaux, one shot , hors 19e siècle, autour d'un personnage ayant réellement existé et auquel vous ne vous attendez probablement pas ... !

Je démarre là-dessus (Jean Dufaux  a déjà écrit les 10 premières planches)  dès que j'ai achevé un autre beau projet, un album collectif - 10 dessinateurs -, et un point commun: la 1ère Guerre, 1914, en Wallonie. J'ai, pour la première fois, écrit un tout petit scénario : 5 planches ... !

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Samba-Une question à 1 euro, comment voyez vous l’avenir de la BD (la surproduction, les nouveaux supports de lecture,…)?

Martin Jamar-Vaste question, je n'ai pas d'opinion bien originale là-dessus. J'imagine que La BD continuera d’exister, mais sous diverses formes et sur divers supports, qui évoluent beaucoup et vite. L'essentiel est que les jeunes continuent à avoir envie de LIRE !! - BD, romans, nouvelles, biographies, mémoires, peut importe - . On verra petit à petit où l'offre et la demande se rencontreront le mieux ... Le tout est que les parents donnent à leurs enfants le goût de la lecture et l'envie de découvertes. 

 

 

Samba-Lisez-vous d’autres BD, des conseils de lecture ?

Martin Jamar-Oui, je lis d'autres BD, pas des dizaines, mais j'essaie de suivre en priorité les albums des amis et autres copains, et puis des albums sur lesquels je " flashe" - un bon dessin, une bonne histoire -, le miracle est lorsque cela coïncide, bien sûr ! Mes préférences vont plutôt vers la BD dite classique, l'école franco-belge, il y a quelques auteurs que j'achète " les yeux fermés " : Gibrat, Juillard, Pellerin, Prugne, Jusseaume,images.jpg Cosey, Griffo, Larcenet, par exemple .... Ce que j'ai beaucoup aimé, ces derniers temps : "Abymes", de Mangin et Griffo, " Grand Prix " de Marvano, pour ne citer qu'eux, il y en a d'autres ...  L'un ou l'autre conseil de lecture : Bruno Marchand " Quelques pas vers la lumière ", ou Stéphane Pêtre, " Marbot " - qui n'est malheureusement visible maintenant que via le Net... ou Céline Liégeois  avec son blog "dans la famille" ICI.

 

Samba-Pour terminer, le bonheur pour Martin Jamar c’est …….

1981858-2733024.jpgMartin Jamar-Le bonheur, c'est .... Quand j'étais jeune et insouciant, en vacances avec mes cousins dans un chalet au bord d'un lac !  Blague à part (quoique...), mon bonheur, c'est un bon équilibre entre mes très proches et mon travail : quand on le trouve, c'est formidable !

Samba-Votre album BD ultime : 

Martin Jamar-si c'est dans le sens " celui que j'emporterais sur une île déserte «, je pourrais dire " A la recherche de Peter Pan " de Cosey, ou les " Idées noires " du génial  Franquin ! Choix difficile 

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Je tiens à remercier Martin Jamar pour sa grande gentillesse et son implication dans cette interview. 

N’hésitez pas à mettre un commentaire si vous avez besoin de complément d’information. 

Samba.

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06/09/2013

La revue dessinée:Présentation

Le revue dessinée est un trimestriel qui fait la part belle aux romans graphiques et aux récits d’auteur. Ce n’est pas le petit Spirou et s’adresse plus à un lectorat plus pointu en quête de découverte et de connaissance du monde.

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Leur site ICI.

 

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21/08/2013

Rue de Sèvres.

Récemment, j’ai trouvé dans ma boite aux lettres, un colis étonnant. Dedans une BD de Zep « une histoire d’hommes » des éditions « Rue de Sèvres ».

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(pour le 11 septembre)

 

Visiblement un envoi spontané de la part de  ce nouvel éditeur (ça fait plaisir, je dois l’avouer).

Mais qui se cache derrière cette rue de Sèvres ? 

C’est le groupe « l’école des loisirs » principalement orienté vers le public scolaire, les enseignants ou les bibliothécaires qui fêtera bientôt ses 50 ans  qui se lance dans la BD  sous la houlette de l’ancien directeur de chez Casterman Louis Delas, revenu au bercail familial .Son mot d’ordre, la proximité .La proximité avec les auteurs, les libraires, les média ( SambaBD j’espère) mais surtout avec les lecteurs( alléluia) .Le choix du nom de cette maison d’édition, son ancrage géographique ,sont une première réponse à cette attente. Il semble que le terroir de la Rue de Sèvres et son microclimat soient propices aux aventures durables dixit le prospectus accompagnant la BD. Pas sûr que pour un belge, cette rue soit une référence. Je n’en ai jamais entendu parlé en tout cas. Bon, ce n’est qu’un nom, c’est la qualité des BD qui comptera.

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Et là, ça commence fort avec une BD de Zep (Titeuf, happy sex). Curieux de lire cette histoire d’hommes qui me semble bien prometteuse. On en saura plus avec la chronique de Capitol à venir. Sachez seulement que le tirage laisse rêveur avec plus  de 100.000 exemplaires prévus. 

Le projet éditorial s’articule autour de 3 axes, BD ado-adultes, tout public et jeunesse  auxquels s’ajouteront quelques livres illustrés. Ces éditions ont pour vacation de publier 50 titres par an. Ce qui est un beau chiffre et qui pose question pendant que d’autres comme 12 bis ou Emmanuel Proust sont dans les difficultés. Rue de Sèvres vise aussi la qualité  et quand on voit les noms comme Alex Alice,Zep,Sorel,Lehmann,Tallec , on peut les croire. D’autres titres suivront  comme le manga Giacomo Foscari de la japonaise Mari Yamazaki (révélée par Thermae Romae).

En tout cas, ces éditions ne manquent pas  d’ambition et vu les auteurs annoncés, SambaBD suivra de près ces prochains albums (en espérant avoir un accord de collaboration avec eux).

Longue vie donc aux éditions « rue de Sèvres » et bienvenue à eux dans la jungle éditoriale du 9 e art.

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Leur page facebook ICI

19/08/2013

Le jeu de la couverture BD 26

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Vous en avez reconnue une, alors vite , viens participer ici.

 

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