26/09/2016

L'oracle della luna T4

1540-1.jpg9782344005897_p_2.jpgScénariste   : Frédéric Lenoir / Rodolphe

Dessinateur : Griffo

Éditeur         : Glénat

56 pages - Historique

Sortie le 24 août 2016

 

 

Avis de l'éditeur :

L'évasion de Giovanni du bagne a échoué. Mais d'une certaine façon, il est chanceux dans son infortune. Convoqué par l'intendant Ibrahim, il lui raconte toute son aventure, depuis son envoi aux galères de Venise. Impressionné par son récit, Ibrahim le prend alors comme esclave personnel et se lie rapidement d'amitié avec lui. S'ils n'ont pas la même religion, les deux hommes partagent le goût du savoir et apprennent beaucoup l'un de l'autre. Mais très vite, leur amitié nourrit la colère de ceux qui considèrent les Chrétiens comme des infidèles, et Giovanni ne tarde pas à retrouver l'enfer des geôles. La chance ne lui aura pas souri longtemps... 

Mon avis

 Cet Oracle Della Luna est franchement efficace de bout en bout.  Ni trop de bulles de lecture, ni trop peu, un découpage des cases équilibré, une narration fluide, un trait agréable, et une ambiance qui joue son rôle page après page.

Suite à une évasion loupée, Giovanni se retrouve en pleine place publique, endurant une pénitence exemplaire : un châtiment de 300 coups de fouet sur les pieds. De quoi tenir l'homme tranquille durant plusieurs semaines, le temps qu'il se rétablisse.

La suite du récit plutôt surprenante amène Giovanni face à l'intendant Ibrahim, qui lui contant ses frasques, amadoue ce dernier, se voyant presque offert sa liberté. Sauf, que maladroitement, refusant une femme lui étant offerte,et s'étant procuré une bible, il se retrouve une nouvelle fois au cachot.

Puni une seconde fois, sur la Grand-Place, il ne doit son salut que par la providence d'un individu qui le rachète, dans des fins bien obscures.

Les scénaristes Lenoir et Rodolphe jouent sur le mystique, la spiritualité, les droits des hommes, la vassalisation entre maîtres et esclaves. Nous retiendrons le passage profond sur le sens de la vie : Nous nous y accrochons, mais ne la vivons pas; Si exister est un fait, vivre est un art. L'homme poursuit inlassablement une quête, un désir d'ailleurs, mais qu'en est-il, là où il se trouve en tout moment? N'est-ce pas cela, cette véritable vie qu'il doit désirer et surtout  comprendre.

Graphiquement, le trait de Griffo émerveille. Avec peu, il crée beaucoup. Il ne s'accapare pas de détails inutiles. Il profite d'éclairer l'essentiel de son œuvre. On reconnait sa touche personnelle (Giacomo C, Monsieur Noir) et semble améliorer encore d'un cran son niveau.

L'Oracle Della Luna est un excellent ouvrage qui nécessite méditation, une fois achevée.

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Coq de Combat

20/09/2016

Freak Island T3

1540-1.jpgPlancheA_287162.jpgAuteur : Masaya Hokazono

Éditeur : Delcourt

160 pages

Épouvante

Sortie : le 17 août 2016

 

 

Avis de l'éditeur :

Les six membres d'un club d'archéologie arrivent sur une île déserte. Mais au lieu d'y trouver des vestiges d'une ancienne civilisation, ils découvrent un monstre à tête de cochon ! Sur cette île oubliée de tous, ils se mettent en mode « survivor » pour échapper à leur poursuivant dont la tronçonneuse à une fâcheuse tendance à déraper !

Mon avis :

Ambiance survoltée avec cette série Freak Island. Imaginez Massacre à la tronçonneuse, version uiltra gore.  Car tout comme un film du genre, le sang gicle à tout va! Les âmes sensibles devront d'ailleurs se tenir plus que tranquilles et éviter ce sujet, sinon leur pauvre cœur risquerait de battre de manière incontrôlée.

Le groupe de jeunes accompagnés par Takaku boivent le bouillon... ou plutôt se vident de leurs entrailles. La famille de dingues qui leur fait face s'adonne à leur sport favori : découper les gens en petits morceaux! Et même si l'espoir rayonne sur les lèvres de ces jeunes gens, il n'en sera que de courte durée, car le final laisse entrevoir une suite encore plus apocalyptique.

Qu'on se le dise : ce manga se lit vite, beaucoup trop vite.Certes, il s'agit d'un survival horrifique, mais, dix minutes montre en main, c'est tout de même peu! Mais bon, le gore parle pour lui-même. Freak Island ne révolutionne pas réellement le genre, mais on se délasse et on espère être agréablement surpris avec la sortie du 4ème tome.

 

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Coq de Combat

 

19/09/2016

Canardo T24 : La mort aux yeux rouges

51A5qcozKML__SX371_BO1,204,203,200_.jpgCanardo.jpgScénaristes : Benoît et Hugo Sokal

Dessinateur : Pascal Regnauld

Éditeur : Casterman

48 pages

Sortie prévue le 14 septembre 2016

Genre : policier animalier

 

Avis de l'éditeur :

Quand Canardo se lance à la poursuite de l'assassin de son vieil ami Garenni, ce n'est pas vraiment pour le remettre aux mains de la justice ! Canardo est convaincu par la petite fille, policière, de son ami le commissaire Garenni d'enquêter sur la mort apparemment accidentelle de ce dernier. 

Mon avis :

24ème tome des aventures du célébrissime canard détective. Qu'on se le dise, pas évident de tenir la distance après autant de volumes car à la lecture de ce récit, on sent comme un effet réchauffé, l'histoire pourtant prenante au début tend à faire du surplace et piétine. On retiendra quelques gags amusants, où Canardo se ramasse une balle de flingue dans la palme par une greluche... et quelques instants plus tard, une autre greluche lui plombe son autre palme...

Quant au fil conducteur, Canardo traque le meurtrier, de Garenni, mais malgré une fluidité sur les responsables, qu'il est compliqué de s'y retrouver dans ce bourbier... La compréhension de ce tome nécessite une attention très élevée, voire une relecture.

Bref, pas le meilleur des Canardo, car on a déjà nettement connu mieux de par le passé, mais à force, on prend les mêmes et on recommence sauf qu'à la lecture de ce volume, on a l'impression de ressortir d'un asile de fous.

Côté dessins, le visuel ressort pour un mieux, ainsi que les couleurs qui accentuent les décors et les protagonistes.

Est-ce que Canardo a encore de longues aventures devant lui ? Nul doute qu'on l'attend au tournant, mais il devra donner le meilleur de lui-même, car on rigole peu au travers de cette lecture.

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Coq de Combat

15/09/2016

Confessions d'un enragé

9782344010655-L.jpg1520-4.jpgAuteur : Nicolas Otero

Éditeur : Glénat Comics

128 pages

Sortie prévue le 31 août 2016

Genre : Roman graphique

 

 

Avis de l'éditeur :

Fin des années 1970. Dans les rues de Rabat au Maroc, Liam, un petit garçon, est attaqué par un chat errant. Transporté d’urgence à l’hôpital, le diagnostic est sans appel : il a attrapé la rage. Gravement contaminé mais soigné à temps, Liam a frôlé la mort, mais sa vie s’en retrouvera changée à jamais. Hanté par le fantôme de ce chat, le jeune garçon va développer des capacités hors-norme, et une sauvagerie quasi animale...

Mon avis :

J'ai froid, j'ai mal, j'ai les yeux qui brûlent par cette luminosité aveuglante... cela ne peut se terminer ainsi ! Propos de Liam, petit garçon, qui affronte l'existence et qui métaphorise comme un adulte... car pas plus haut que trois pommes, avec le mal qui le ronge pourtant déjà à la racine.

Pourtant, quelques temps plus tôt, c'est un gosse adorable qui adore l'existence. Liam Kaleb n'a que quatre ans, issu d'une famille aisée, avec un père bossant dans une banque, et une mère à l'usine. Deux salaires, deux garçons, car Liam a un frère, et même si il aime ses parents, il déteste son frère, depuis son plus jeune âge. Mais sa véritable douleur commença lorsqu'il se fit attaquer par un chat errant. Résultat : lèvre et joue recousues, du sang giclant à profusion. Car même si Liam est déjà un dur à cuire, et que les quelques cicatrices et douleurs endurées lui semblent bénignes, le sort en est pourtant jeté, lorsque médecins et spécialistes affirment sans hésitation que le petit aurait chopé la rage !

Le mal se porte et se transmet tel un virus, vagabondant dans ses chairs, s'agglutinant sur des émetteurs sensoriels du système nerveux, détruisant l'authenticité et créant la folie.

Commence pour Liam une longue thérapie, un traitement radical où chaque injection d'un produit dans ses veines le pousse un peu plus dans ses retranchements, le menant vers une frontière de plus en plus distante de la normalité.

Le garçon lumineux et éblouissant devient un être terrifié, malsain, moqueur, violent. Dans les limbes de son esprit torturé, le chat hanté le traque et lui propose un marché : 7 chances pour se racheter. Dans le cas contraire, son âme lui sera dérobée.

Nicolas Otero nous relate une œuvre atypique, surprenante et dérangeante. Utilisant un gamin et non un adulte comme protagoniste principal accentue l'intonation. Au fil des pages, on ressent de la compassion, du dégoût puis de la haine pour cet être... puis de la magie ! Et pourtant le doute demeure. Est-il pleinement conscient de ses actes ? Mérite-t-il notre compassion ou un intérêt quelconque?

Otero relate avec un trait à la fois agressif et tendre, qui pousse à la réflexion. Amerikkka, l'une des ses précédentes séries, troublait déjà le lecteur par ses arguments. Il revient en force et catapulte au visage des lecteurs un constat noirâtre, qui s'adoucit vers un final rayonnant : la différence, décrite ici, plonge le héros vers une spirale de souffrance et de questionnements, mais le prix en vaut la chandelle, car plus la souffrance endurée est vécue avec passion, plus le personnage progresse et se délivre de ses démons intérieurs.

Amitié, amour, liens de parentés, fusion corporelles, délivrance, autant d'éléments qui contribuent pour Liam à son ascension vers sa liberté.

Peint comme une biographie, sans en être une, Confessions d'un enragé téléporte notre inconscient vers les profondeurs abyssales. Un petit bijou dans son genre !

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Coq de Combat

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