29/12/2015

Sambre : Maxime et Constance 2 - Hiver 1781

9782723499217-L.jpgPlancheA_253351.jpgScénario: Yslaire

Dessin & couleurs : Marc-Antoine Boidin

Éditeur : Glénat

56 pages

Genre : drame historique

Sortie : le 28 octobre 2015

 

Avis de l'éditeur :

Maxime de Sambre est sorti acquitté de son procès pour le meurtre du Baron von Dantz. La brillante plaidoirie de son jeune avocat, un certain Robespierre, semble avoir fait son effet... À présent, Maxime célèbre son union avec Louise-Marguerite Collée des Vignes, qu il a déjà mise enceinte. Le mariage se déroule en toute intimité. Seule la proche famille est présente. Mais très vite, le jeune homme, aussi charmeur qu arrogant, laisse entrevoir une personnalité malsaine qui attise les tensions au sein de sa belle-famille. Tensions dont est témoin la servante Constance Van Loo, secrètement et éperdument amoureuse de Maxime, avec qui elle a grandi...
Yslaire et Marc-Antoine Boidin poursuivent en beauté l ultime trilogie consacrée à la malédiction de la famille Sambre qui traverse les générations, alors que la Révolution française s annonce. Découvrez bientôt toutes les réponses aux mystères qui entourent cette passionnante saga familiale, à la dimension tragique et littéraire. 

 

Mon avis :

 

La malédiction des enfants aux yeux rouges poursuit son bonhomme de chemin. Des couples autant emblématiques, que touchés par la malédiction du destin. Suite des aventures palpitantes d'Hugo & Iris; Werner & Charlotte;  Maxime et Constance viennent désormais compléter la lignée de cette saga.

 

Yslaire s'est d'abord fait connaitre par sa série humoristique Bidouille et Violette dans Spirou. En 1986, démarre pour lui, la grande aventure avec Sambre, une série qui persiste depuis deux décennies. Unique en son genre, puisqu'elle se démarque essentiellement par un crayonné d'un réalisme rare, accentué par une gamme de couleurs s’imprégnant radicalement du rouge et du noir. Chef d’œuvre pour beaucoup de passionné de la BD franco-belge. Néanmoins le niveau d'intensité du 1er cycle ne ressort que très rarement par la suite, comme tant de séries à rallonge, affirmeront certains. Quoi qu'il en soit, Yslaire parvient à mystifier le lecteur par son atmosphère pesante et morose, il transforme la noirceur en pureté, et achemine son œuvre avec délicatesse et raffinement.

Au dessin, Marc-Antoine Boidin, s'illustre brillamment. Il excelle davantage sur les vues lointaines, permettant ainsi d'apporter des détails minutieux au contenu des bulles. Les plans rapprochés, malgré leurs finesse, tremblent quelque peu par leurs manques d'originalités. Ceci dit, Boidin caresse son public, en le faisant voyager en territoires inconnus. Trop peu d'action ressort de cet ouvrage, et cependant, le rythme soutenu permet au lecteur de s'évader en toute tranquillité. C'est la marque de fabrique des grands artistes, exploiter le peu qu'ils ont, et créer du rêve à volonté.

Une sacré dose de romantisme, un revers historique, des personnages prêts à bondir, et à tout dévorer, par orgueil et avarice, Sambre présenté par Yslaire s'accentue aux rayons multiples d'une roue de vélo, prenant à chaque tournure une direction opposée, mais se rejoignant par son centre.

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Coq de Combat

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22/12/2015

Lanfeust Odyssey T7 : la Méphitique Armada

Couv_258183.jpgPlancheS_22244.jpgScénariste : Christophe Arleston

Dessinateur : Didier Tarquin

Éditeur : Soleil

48 pages

Sortie le 18 novembre 2015

Genre : Heroic Fantasy

 

Avis de l'éditeur :

Lanfeust et ses quatre épouses peuvent enfin donner au Magohamoth l’épice qui va régénérer l’animal de magie. Mais ils sont rejoints par Lylth, la dévoreuse de mondes, qui traque toujours
la bête fabuleuse à bord d’une armada où elle a fait embarquer tous les habitants d’Eckmül. Parmi eux, Hébus le troll et quelques sages du conservatoire, qui sont les seuls à ne pas être hypnotisés par la déesse. Lanfeust, déguisé, va rejoindre Hébus mais c’est au milieu d’un mystérieux continent d’algues et de ses habitants que va se dénouer cet épisode…

 

Mon avis :

Véritable icône incarnée, le monde de Lanfeust domine depuis deux décennies les éditions Soleil. Les ventes autour du mythe ont dépassé de loin les attentes initiales des auteurs et de l'éditeur. Mais qu'en est-il en 2015, après plusieurs cycles, d’innombrables personnages secondaires, et des aventures qui n'en finissent pas d'évoluer et de surprendre? Quel engouement peuvent encore trouver les fans de la première heure, et surtout comment inoculer un désir ardent aux néophytes, de s'intéresser de prêt à ce monstre sacré qu'est l'univers de Lanfeust?!

 

 On ne présente forcément plus le duo Arleston - Tarquin, qui a eux seuls ont réussi à engendrer une foule de descendants, issus du vaste catalogue de chez Soleil. Le 1er a été journaliste, rédacteur publicitaire, avant de se tourner vers les années 80 vers le scénario de BD.On lui doit entre autres, Léo Loden, Les Maîtres Cartographes, Les Feux d'Askel, mais la véritable aventure démarre officiellement en 1994 grâce à Lanfeust de Troy, aux commandes avec Tarquin, qui s'illustre brillamment au dessin. Le succès ne se fait point attendre, et la série devient LA référence en domaine de Fantasy. Suite à cette réussite sans nom, de nombreuses quêtes d'heroic-fantasy verront le jour, classées dans un genre particulier, chacune propres à elles. On notera comme titres phares: les naufragés d'Ythaq - les Conquérants de Troy - la Geste des Chevaliers Dragons, et tant d'autres titres, certains d'une grande richesse, d'autres de pâles copies.

Ce que l'on peut énoncer à l'heure actuelle sur cet univers ambitieux, se note notamment par un contexte, laissant place à une imagination débordante à l'excès : des protagonistes qui se démarquent non seulement de par leur apparence mais également par leur structure de la personnalité; des couleurs d'une brillance mises en relief, comparables aux nuances de palettes que l'on peut retrouver parmi les premiers tomes d'Aquablue; des monstres fantasques, certains accueillants, d'autres repoussants; des héroïnes sexy, qui ne basculent jamais vers le vulgaire, mais qui tendent à divertir notre imagination. Sachant que Lanfeust est lu par différentes générations de lecteurs, la violence et l’exotisme sont millimétrés, laissant davantage de place à de l'action percutante et de l'humour potache et blagueur.

Cet opus s'oriente vers le duel entre deux monstres : le Magoamoth et Lyth, cette étrange créature issue des étoiles, qui désire introduire sur Troy, d'autres de son espèce. Ce 7ème tome se clôture de manière à prédire une suite toute alléchante. A la lecture, vous découvrirez avec stupeur le retour d'un personnage clé, qui en ravira plus d'un!

Cette série épique s’illustre comme on le souhaite. De l'action, du dynamisme, de la magie et des héros plus qu'attachants. Un régal pour les yeux!

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Coq de Combat

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14/12/2015

Millenium T6

Couv_252538.jpg20151005111906_t6.jpgScénario : Runberg Sylvain

Dessinateur : Manolot Caro

Éditeur : Dupuis

64 pages

Sortie le 25 septembre 2015

Genre : Policier

 

Avis de l'éditeur :

Niedermann toujours en cavale, Lisbeth qui s'apprête à faire des révélations lors de son procès... les membres de la "section" s'affolent et cherchent à liquider les gêneurs, au premier rang desquels Mikael Blomkvist. Le troisième roman de Stieg Larsson, La reine dans le palais des courants d'air, trouve ici sa conclusion et met en lumière comme jamais Lisbeth, l'héroïne lanceuse d'alerte et libertaire. 

 

Mon avis :

Conclusion de cette trilogie adroitement adaptée par Sylvain Runberg d'après l’œuvre de Stieg Larsson. Cet album questionne sur le sort de la condamnée Lisbeth Salander, cette protagoniste à fière allure autant physiquement par son style endiablé, que par sa personnalité débordante de vitalité. On a droit au rituel de la plaidoirie, ainsi que des éclaircissements jusqu’alors obscurs sur des tomes antérieurs. Le récit est habillement amené, mais il manque ce petit coup de tonus pour franchement décoller.

 

Sylvain Runberg a d'abord tenté sa chance en tant que libraire avant de présenter ses projets pour les Humanoïdes Associés. L'écriture représente pour lui une vocation, et il apprécie de pouvoir partager avec le public ses ressentis. Ses œuvres traduites en plusieurs langues émanent de son vécu personnel qu'il ajuste en fonction de la littérature. N'arborant pas un genre en particulier, il préfère la diversité, et ainsi pouvoir jongler sous différents tableaux. On lui doit ainsi entre autres L'ombre des Shinobis se déroulant en plein Japon médiéval, à la lignée entre Okko et Samurai légendes; Orbital de la SF avant gardiste, mélange subtil entre un Ridley Scott et Jodorowsky; l'écrivain particulièrement éclectique s'avance même sur des terres historiques telles que Les carnets de Darwin se déroulant en Angleterre fin du 19ème.

Au niveau du dessin, Manolot Caro est connu pour "El hombre con miedo" et "Kung fu Kiyo. Son trait s'embarrasse peu de détails, ces derniers étant floutés. Il privilégie les plans rapprochés de face et de profil. Malgré un trait homogène et plutôt de qualité, certains profils font peine à voir. A commencer par la page 4, illustrée au dessus, l'avant dernière case de la planche où l'on aperçoit la copine de Viktor Goransson, celle-ci de dos, parait non seulement être un homme, mais aussi avoir pris 40 ans d'âge en une seconde. Autre exemple marquant se trouve en page 14, avec deux éléments qui frappent d’entrée de jeu : le personnage de Micky sur la 5ème case affiche un rictus disproportionné ainsi que des yeux fermés, or il est en colère, assez troublant que d'émettre un discours sous l'effet de la colère les yeux complètement fermés. Mais bon, d'une manière générale, reconnaissons tout de même le talent de Manolot qui parvient à justifier sa présence pour ce tome. Malheureusement, il n'atteint pas le niveau structuré et minutieux de ses prédécesseurs, auxquels il faut avouer leur parfaite symbiose avec le scénariste.

La palette de couleurs d'Alex et Mirabelle encadrent judicieusement le contenu des bulles. Les couleurs verdâtres comme le montre la couverture, démontrent la justesse de leurs méthodes habilles et raffinées.

Les avis seront certes partagés pour cette conclusion. Certains d'entre vous s'attendaient certainement à un calibre de plus haut niveau, d'autres seront satisfaits sans plus. Un avis moyen pour ce 6ème opus, mais une note élevée pour l’intégralité de cette série culte.

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Coq de Combat

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Écrit par capitolbelgium dans Chroniques de Coq de combat. | Commentaires (2) | Tags : millenium, runberg, man, dupuis, 092015, policier, 610 |  Facebook | |

04/12/2015

La Tour Fantôme T9

9782344008751-G.jpgAuteur : Taro Nogizaka

Éditeur : Glénat

256 pages

Sortie : le 18 novembre 2015

Genre : Détective

 

 

Avis de l'éditeur :

Taïchi a remporté la chasse au trésor et tué l’horloge de la mort. Tetsuo quant à lui, s’apprête à renaître dans un corps d’homme via un échange de cerveau avec Marube.
Taïchi a cependant un message important à lui transmettre avant qu’il ne commette l’irréparable. Mais devant sa beauté spectaculaire, il ne peut même plus le regarder dans les yeux. Parviendra-t-il à raisonner Tetsuo ?

 

Mon avis :

Les masques tombent, l'aboutissement de l'intrigue machiavéliquement ficelée atteint son apogée. Taïchi sait pertinemment que son temps est compté. Chaque seconde est vitale pour délivrer Tetsuo des griffes de Marube, cet être perfide, dont l'âme noirâtre et souillée n'a d'égale que sa grandiloquence.

Marube et Tetsuo partagent un secret depuis prêt de deux volumes, mais les enquêtes de Taichi le mènent vers une compréhension radicale, et ce dernier va jusqu'à mettre sa vie en jeu pour sauver son ami, qu'il aime profondément.

Cet énième tome est trash, on ne rigole plus du tout, même si on n'a jamais vraiment ricané avec la Tour Fantôme. Marube souhaite une transplantation d'organe, changer de cerveau et pouvoir jouir d'un corps juvénile... mais la folie de cet homme ne s'arrête pas en si bon chemin, il souhaite également pouvoir donner naissance. Il savoure déjà sa victoire, puisque Tetsuo a accepté don offre... sans réelles connaissances des tenants et aboutissants.

Tant de choses peuvent être racontées sur cette fin et ces 256 pages de lecture. J'irai droit au but sans dévoiler les nombreux ingrédients de ce chef-d’œuvre. Lisez mes chroniques précédentes pour vous faire un avis sur la Tour Fantôme, et ceux et celles qui voudraient partager un avis personnel, je serai ravi d'en discuter avec eux.

J’administre la côte maximale pour ce 9ème tome, mais également pour sa continuité durant toute l'évolution de la série. L'auteur tend le lecteur à emprunter un sentier qui de prime abords parait anodin, mais qui très vite dépasse le simple roman policier. Durant cette lecture, le temps semble s'arrêter, et offrir plus qu'un divertissement. La vie, la mort, la jeunesse, la beauté, l'horreur, l'instant présent, tant d'éléments que tend à justifier la trame de Taro Nogizaka, et qui au final procure une véritable introspection vers les méandres de l'esprit.

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 Coq de Combat