10/10/2017

Cavale vers les étoiles

61Qrp2D+eYL__SX357_BO1,204,203,200_.jpgPlancheA_310411.jpgAuteur : Ryôma Nomura

Éditeur : Casterman

336 pages

Genre : Science- Fiction

Sortie le 23 août 2017

 

Avis de l'éditeur :

 

Deux filles, une armée à leurs trousses, un seul objectif : Mars ! Dans un futur uchronique où les implants cybernétiques font partie du quotidien, la Terre est sous le joug de la couronne britannique. Afin de mater la révolte des colonies établies sur Mars, le pouvoir détourne la génétique martienne pour créer des combattants d'un nouveau genre. Échappée du laboratoire militaire où elle a vu le jour, Kinu nourrit un seul but : aller retrouver les siens sur la planète rouge. Contre elle : toute l'armée de l'empire. Avec elle : Roku, une vendeuse de nouilles qui n'a rien demandé à personne.

Mon avis :

Kinu est d’apparence humaine, jeune fille blonde filiforme... pourtant sous sa petite dégaine se cache le plus abouti des spécimens de martien artificiel. Conçue il y a 6 mois, elle souhaite plus que tout revoir les siens sur Mars, la planète rouge.

Traquée par ses créateurs, diverses organisations et spécialement par l'Armée Britannique qui tient à se l'accaparer pour l'utiliser à ses fins, elle ne doit sa liberté qu'au nombre de cadavres qu'elle laisse derrière elle. Kinu dispose de facultés hors du commun, résiste à quasi chaque douleur et dispose d'un potentiel d'analyse à toute situation.

Son chemin croisera celui de Roku, une jeune fille qui durant son très jeune âge s'est faite abattre, et de ses prothèses actuelles, possède elle aussi des dispositions au combat.

Bien que partenaires sur ce coup, elles ne font que s’engueuler la plupart du temps. La martienne ne prend en compte que le désir de retourner sur Mars, tandis que Roku la suit presque par destinée, sans raison apparente.

D'un point de vue scénaristique, bien que l'action soit présente de manière omniprésente, la trame se répète faisant du sur place, statique & répétitive. Certes, les protagonistes secondaires ont leur rôle à jouer (pour la plupart des androïdes de plus en plus puissants, des arbres génétiquement modifiés..), tout comme un humour bon enfant ressort de cet ouvrage. (notons le passage ou Kinu mange aussi bien les baguettes en bois pour nouilles que les aliments eux- mêmes, ou encore l'allusion aux personnages sur Mars qui ne se nourrissent que de sable et de métaux)

La première partie du récit tient même plutôt la route, sans toutefois réellement se démarquer royalement, mais d'une manière générale, le scénario s'enlise peu à peu, se répète, sans apporter quoi que ce soit de réellement neuf.

La qualité graphique de Ryôma Nomura plaira à ceux ayant appréciés Blame ou Eden, ou verront un quelconque parallélisme avec un manga rétro tel que Vénus Wars. Ce style archaïque ne plaira pas forcément à tout le monde. Maintenant, soulignons la précision de l'auteur pour des plans figés, ou chaque détail est mis en relief. Les scènes d'action bien que dynamiques piétinent et rendent certaines planches brouillonnes. Sans doute du au noir de l'encrage très épais, ce qui engendre un résultat mitigé (planches à leur stade expérimental)

Entre deux gamines (l'une complètement robotisée et l'autre partiellement à l'aide de prothèses), des arbres mutants, des cyborgs étranges, une période glacière qui ravagerait une majorité des êtres restants et l'armée britannique qui s'en mêle, on obtient un manga SF qui vagabonde en eaux troubles... On a tout intérêt qu'elles ses rendent sur Mars, car après 336 pages, on ne souhaite pas vraiment les revoir!

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Coq de Combat

21/09/2017

Jour J T29 et T30 Le prince des ténèbres

sans-titre.pngsans-titre.pngPlancheA_308002.jpgScénaristes : Duval & Pécau

Dessinateur : Kordey

Éditeur : Delcourt, Série B

Genre : Historique , Uchronie

Sortie : le 16 août 2017

 

 

Avis de l'éditeur :

 

L’histoire suit l’enquête d'un personnage ayant existé, John O'Neill, alias le ""Prince des ténèbres"", un agent du FBI ayant eu l'intuition que Ben Laden préparait une attaque d'envergure contre les USA et qui trouva la mort dans la destruction des tours du World Trade Center. Que se serait-il passé s'il avait eu l'occasion de traquer Ben Laden et s'il avait pu empêcher l'attaque du 11 septembre 2001 ?

 

Mon avis :

Voici certainement l'un des titres les plus réussis de la série Jour J, grâce à cette belle trilogie reprenant à la fois faits réels et tournures hypothétiques si le désastre du 11 septembre 2001 ne s'était pas produit.

On suit le parcours et l'enquête menés par l'Agent O'Neil, appelé le prince des ténèbres car il bosse comme un demeuré et s’habille toujours en noir, de la marque "Gucci". Suite à un attentat en Arabie Saoudite,  faisant 20 victimes américaines de l'Air Force, lui et son équipe, notons Sam Sullivan et sa coéquipière l'Agent Carter, raclent l'entièreté du territoire, tentant d'obtenir de minces indices.

Sur place, ils découvrent que Ben Laden a créé un véritable Royaume, des autoroutes, d'immense palais..., qu'il s'agit d'un entrepreneur du Yemen. Ils découvrent également qu'en 1988, il prête au trésor royal - sans intérêts ; que sa route le mènera de la Mecque à Taif, et que l'Iran utilise du matériel Russe contre le Royaume.

Les agents qualifiés analysent le terrain malgré les prérogatives des saoudiens donnant lieu à un rapport du G2 (Services secrets de l'armée) en provenance d'Allemagne qui démontre que l'attentat de Khobar provient d'Al Quaida. Al Fadl a trahi les siens tandis que les différents organismes (FBI NSA CIA) ont leur idée sur le sujet. L'analyse des experts concernant les bombes utilisées est relativement instructive ( Sentex - TNT...)

Notre équipe menée par l'agent O'Neill se retrouve à Gloucester Building Tyson Corner en Virginie, et découvrent avec stupéfaction qu'ils possèdent des dossiers sur Ben Laden depuis 1993.

La partie historique et remaniée est captivante de bout en bout.

- New York en 1993 : 6 morts et 1000 blessés

- Ethiopie en 1996 : le président égyptien est la cible d'un assassinat

Les attentats de Ben Laden se déroulent sur plusieurs continents avec des moyens de logistique surprenants. Pourtant, à ce stade, seuls l'Agent Oneil et son équipe semblent convaincus de la véritable puissance de l'organisation d'Al Quaida.

Les second tome démarre tout en force avec Obama (sénateur) qui tente de convaincre le Président sur la qualité d'O'Neill et ses arguments, bien que le prince des ténèbres soit entaché par traitrise et indiscipline.

La tournure scénaristique atteint son apogée lorsqu'il se retrouve à l'aide de l'un de ses contacts en Israël, afin de débusquer leur ennemi. 

Un scénario quasi parfait qui malheureusement est accompagné par un dessin de piètre qualité, voir maladroit dans le trait. Une qualité graphique qui frôle la décadence sauf si la volonté de caricaturer chaque personnage à l’extrême est volontaire. Franchement, même les plans rapprochés montrent le manque de netteté. Les protagonistes sont laids, quel dommage avec une trame qui excelle. Quant aux présidents et sénateurs, jugez par vous-mêmes...Fort heureusement, les couleurs nettes recadrent quelque peu la qualité graphique. On aurait pu obtenir un chef-d’œuvre, on récolte un bon album.

L'une des forces du récit se note également par la construction efficace de répliques appropriées :

" Qui veut dîner avec le Diable, doit se munir d'une longue cuillère..."

On se laisse prendre au jeu et au rythme de l'intrigue. Un bon moment de lecture avant l'attente de la fin de cette trilogie !

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Coq de Combat

 

 

 

18/09/2017

Gantz : G T1

51EqeiRnoeL__SX350_BO1,204,203,200_.jpgPlancheS_57552.jpgScénario : Hiroya Oku

Dessinateur : Keita Iikuka

Éditeur : Delcourt / Tonkam

Genre : Science-Fiction

Sortie : le 16 août 2017

 

Avis de l'éditeur :

2005, une tragédie frappe une classe entière au cours d'une sortie scolaire à bord d'un bus. Après une chute d'un pont, les passagers se réveillent dans une école abandonnée et se retrouvent obligés de suivre les ordres d'une étrange sphère noire appelée "Gantz". Ils doivent alors éliminer des visiteurs venus d'un autre monde pour gagner de précieux points qui leur permettront de retrouver leur liberté...

 

Mon avis :

L'univers de Gantz affiche des chiffres explosifs : 21 millions d’exemplaires au Japon pour les 37 tomes de la série originale, des films, une série télé d'animation comprenant 24 épisodes, un jeu Playstation, 2 romans... de nombreux produits dérivés.

Alors que la série de base ressort à raison de deux tomes en un (volume double), l'auteur travaille également sur Last Hero Inuyashiki chez Ki-oon.

Gantz G reprend pour ainsi dire les mêmes ingrédients que pour son prédécesseur. Des jeunes étudiants confrontés à gagner un maximum de points pour ressusciter, ou ressusciter un proche. Le but étant emmagasiner 100 points.

Les premières impressions sont plutôt plaisantes. De suite, on se sent propulsé dans ce monde de science-fiction où se mêlent plusieurs facteurs : oublier instantanément sa vie antérieure (certains adolescents ne comprennent pas de suite le fonctionnement des règles et en pâtissent royalement les circonstances); être vif, et ne pas hésiter à tuer l'ennemi sans concessions, se lier d'amitié avec les éléments forts du groupe, sans toutefois se montrer trop généreux.

Graphiquement, la force majeure se note au niveau des protagonistes. Traits fins (parfois trop lisses), coupes de cheveux parfaites (et ce malgré les pirouettes à 360° de certains participants, monstres réalistes (ici des animaux hybrides issus de différentes dimensions).

La dynamique est constante mais les décors n'existent pour ainsi dire pas du tout. On aimerait davantage pouvoir prétendre à un effet de profondeur de champ...il n'en est rien. On doit se contenter des protagonistes.

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Coq de Combat

06/09/2017

Intégrale Caroline Baldwin T1 & T2

41tEku0WNNL__SX371_BO1,204,203,200_.jpgsans-titre.png71Mtavg6qkL.jpgAuteur : André Taymans

Éditeur : Paquet

Genre : Détective

160 pages / Tome

Sortie : 24 mai 2017 et 28 juin 2017

 

Avis de l'éditeur :

Caroline Baldwin est l'héroïne d'une série de bande dessinée belge créée par André Taymans en 1996. Elle a connu 16 albums, aujourd'hui regroupés dans une série de 4 Intégrales. Un album inédit verra le jour en octobre 2017.

 

Mon avis :

 Les éditions Paquet ont le plaisir de partager les aventures de Caroline Baldwin, cette policière à contre-courant de l’héroïne classique. Chaque reliure de 160 pages reprend quatre titres de cette série emblématique.

Intégrale 1 : Moon River - Contrat 48-A - Rouge Piscine - La dernière danse

Intégrale 2 : Absurdia - Angel Rock - Raison d’État - La Lagune

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Au milieu des années nonante, Taymans fait partie de la génération marquante des auteurs BD des éditions Casterman, essentiellement au répertoire jeunesse. Il crée Caroline Baldwin pour en constituer une héroïne de saga policière où prime la psychologie des protagonistes au-delà d'une intrigue policière pourtant déjà fortement ancrée. Cette femme apparaît d'entrée de jeu comme étant un peu perdue, dépressive, mélancolique, alcoolique...instable sur le plan amoureux. Et pour couronner le tout, elle ressort de ses enquêtes policières encore plus détruite, s'engouffrant vers l'aval.

Loin du cliché de la blonde américaine, refaite de partout, Taymans dévoile une héroïne comme il le conçoit. Une femme multiculturelle, indienne (de par ses voyages au Canada et autres tribus), aux cheveux courts, plutôt typée...ainsi que marquée de taches de rousseur, qui l'a démarquent nettement.

Prépublié dans "A Suivre", "Moon River" sera tiré à 7000 exemplaires dans la collection "Studio" chez Casterman. L"auteur se focalise sur des décors qui justifient amplement l'intérêt porté par cette nouvelle série. Par contre, Taymans ose ce que d'autres auteurs ne peuvent que fantasmer : il brise les normes! Accumulant les scènes osées et sexuelles, il restreint ainsi son public. Cherchant à bousculer le lecteur, il n'apprécie guère les happy ends!

"Contrat 48-A", le second opus remportera le prix du meilleur album de l'année à Seraing à la "bulle de cristal"...d'autres prix suivront.

Pour le 3ème album, les choses se corsent encore ; D'abord, intitulé Mort d'un nègre", ce titre devient par la suite "Rouge Piscine". Les représentants français refusent de proposer ce titre aux libraires d'où un titre alternatif, pour le moins étrange.

 Un des proches d'André Taymans, son grand-père Robert Beaujean, devient un élément prépondérant durant les aventures de Caroline Baldwin, et ce bien après son décès en 1996. Une figure emblématique pour André, qui s'inspire de lui et de ses nombreux acquis de par les différents métiers de son vivant ( agent d'assurance - publicitaire - vendeur en bureautique...)

Pour le final de l'album "Absurdia", André se remémore ses vols en hélicoptère au dessus de New York, où il tire des photos de Time Square. Et c'est un nouveau tournant, car quelle audace de sa part de créer le doute sur la possibilité que son héroïne ait contracté le virus du VIH... une tournure qui ne lui vaut pas que des amis, mais le début d'"Angel Rock "démarrant sur une citation de Malvaux, tirée de la voie royale, son livre de prédilection durant des années. montre une Introspection de Caroline et ses démons intérieurs, alcool et tendances compulsives...

Le paradoxe étant que plus Caroline touche le fond, plus son auteur jubile, un équilibre dans le déséquilibre parmi les vases communicants. Avec ce titre, Taymans atteint des sommités, peignant des récifs montagneux de toute beauté, et après seulement 15 pages de lecture, le lecteur abasourdit, se sent confronté avec une Caroline, qui a bel et bien contractée le sida. Non sans mal, Caroline décide d'affronter ce mal terrible avec le courage et la détermination d'aller de l'avant. Des pages entières sans scénario, nul besoin, d'ailleurs, tellement le niveau d'émotions est élevée. Le retour du public sera plutôt favorable, consterné par la tournure des événements improbables à leurs yeux.

Enfin, notons que pour le titre "Raison d'Etat", un agent des forces d'intervention Belge propose à Taymans, lors d'une séance de dédicace, de lui détailler le maniement des armes, afin que les aventures de Caroline deviennent nettement plus crédibles sur le plan des armes à feu.

Vous l'aurez compris, ces intégrales représentent une mine d'or pour les admirateurs de l'auteur.

Comme André le stipule fort bien :

"La véritable aventure, il veux la vivre, et de par ses nombreuses destinations, il permet de transmettre à ses lecteurs sa vision de la liberté et sa joie de vivre".

 

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Coq de Combat