23/11/2015

Kriss de Valnor T6 : L'île des enfants perdus

kriss-valnor-tome-6-l-ile-enfants-perdus.jpgkriss-ile-village-1024x453.jpgScénaristes  : Mathieu Mariolle et Xavier Dorison

Dessinateur : Roman Surzhenko

56 pages

                                      Sortie : le 13 novembre 2015

                                      Genre : Aventure

 

Avis de l'éditeur :

Naufragée, Kriss a été recueillie et soignée par Osian l'herboriste et Erwin, son apprentie.
À son réveil, elle ne souhaite qu'une chose, repartir vers son royaume et retrouver sa couronne. Mais Kriss et ses nouveaux compagnons, pourchassés par des soldats de Magnus, sont forcés de s'aventurer dans les eaux troubles et agitées du lac-océan.
La violence des flots les fait s'échouer non loin d'une île habitée par de curieux enfants, aussi doux qu'inquiétants... 

Mon avis :

Le personnage de Kriss de Valnor incarne sans aucun doute, l'une des caricatures les plus abouties et emblématiques du monde de Thorgal. Résultat des courses, depuis quelques temps, elle dispose de sa série à part entière. Femme au caractère bien trempé, guerrière farouche, tantôt ennemie jurée de Thorgal, puis soudainement sa meilleure alliée, elle bluffe le plus ingénu des joueurs. Sensuelle et vicieuse, elle se fond dans la masse, comparable au plus agile des caméléons. Dictée par son instinct, insatiable sous tous rapports, elle tente de dominer son prochain sous son joug. La vue du sang l'excite, lui rappelle sa nature première, et son orgueil implacable lui fait gravir étapes après étapes, même si parfois, elle chute de plus belle.

Ce 6ème tome comprend finalement moins d'action tonitruante que son prédécesseur, et permet aux protagonistes comme aux lecteurs de reprendre leur souffle. La lecture est fluide, l'atmosphère est prenante et le récit se cadre essentiellement sur notre héroïne, vagabondant entre deux eaux, plus surprenante que jamais. Face à ses démons intérieurs, Kriss de Valnor, affronte sa mort intérieur, afin de se relever une de fois de plus, et d'atteindre de nouveaux desseins.

 Au niveau des scénaristes, on retrouve Xavier Dorison qui s'est fait connaitre pour sa série à succès "le 3ème testament". Continuant sur sa lancée, il entame Sanctuaire, dont la trame évolue à bord d'un sous-marin, claustrophobie et tension palpable garanties. Il devient l'un des scénaristes les plus prisés du public grâce à West et le succulent John Long Silver. Son style s'apparente aux séries contemporaines américaines truffées de situations rocambolesques. Mathieu Mariolle, passionné depuis son plus jeune âge par le 9ème art, s'inspire de grands auteurs tels que Luc Brunschwig et Jean-David Morvan. On reteindra entre autres sa trilogie De sang froid aux commandes avec Kyko Duarte.

Roman Surzhenko démontre l'étendue de son talent, l'univers du monde de Thorgal lui semble fait sur mesure. Né en Russie, il s'illustre chez Advance-Press, un label moscovite, ainsi que pour différents dessins animés avant d'être repéré par les Humanoïdes Associés.Il enchaîne par la suite les Carnets secrets du Vatican, mais ce n'est qu'en 2011, qu'il intègre l'éditeur du Lombard, avec Louve avec la participation de Yann. Il respecte le style d'origine de Grzegorz Rosinski, tout en ponctuant sa touche personnelle. Il soigne son trait dans les moindres détails, il suffit de constater les récifs montagneux qu'il dessine, chaque parcelle de son œuvre vaut le détour. Le découpage qu'il propose se veut rempli de créativité : il alterne entre petites cases rapprochées et longs rectangles qui accentuent la profondeur de champ.

Les couleurs vives de Matteo Vattani jonglent avec réalisme et donnent une structure efficace.

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 Coq de Combat

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18/11/2015

Uchronies Epilogue saison 2

9782344002131-L.jpgPlancheA_257619.jpgScénario : Eric Corbeyran

Dessin    : Aurélien Morinière

Éditeur   :  Glénat

Sortie le : 4 novembre 2015

Genre    : Science-Fiction

 

Avis de l'éditeur :

New Moscow. L’impératrice Katherine III prend d’assaut le QG de la mafia et retrouve, captif, Aleksander Paskévitch. Elle décide d’en profiter pour refaire le plein de matière noire dont la quasi-totalité venait d’être détruite. Et pour l’aider dans sa tâche, elle lui adjoint l’aide d’une équipe d’experts issus des réalités parallèles : la famille Kosinski et Ludmilla, l'amante de Zack. Ensemble, ils vont unir leurs forces et tenter de retrouver la réalité originelle, celle dont découlent toutes les autres dimensions...

Corbeyran conclut la seconde saison de cette grande fresque de SF où les destins des protagonistes se fusionnent au gré d’univers parallèles. 20 albums pour 6 univers interconnectés, du jamais vu dans l’histoire de la BD ! Aurélien Morinière, dessinateur du cycle New Beijing, est au sommet de son art dans cet ultime épisode.

 

Mon avis :

Le pouvoir d'apparaitre et de disparaître à volonté, au travers de plusieurs réalités. Cette fiction tant convoitée devient la triste réalité. Charles Kosinski, pionnier en matière d'ouverture vers d'autres dimensions, a ouvert la voie à l'universalité. Tandis que des réseaux mafieux tentent d'utiliser cette énergie vers des fins douteuses et criminelles,dans le but d'embellir leur autorité mondiale, l'impératrice Catherine 3, quant à elle, dicte sa condition sine qua non, celle d'expulser tout opposant vers d'autres réalités, et cela contre Vents et Marées, même si le sang de nombreux innocents doit couler à flot.

 

On ne présente plus Eric Corbeyran, cet auteur de talent, éclectique, capable du meilleur comme du plus anodin. Une collection de + de 300 titres à son actif, mélangeant les genres, les époques et les situations. Auteur de la série Châteaux Bordeaux, qui compte actuellement 5 tomes, littéraire dans l’âme, il percute notamment par la SF, avec le Régulateur, série d'anticipation ou encore Shadow Banking, un thriller moderne palpitant.

Au dessin, on retrouve Aurélien Morinière, qui s'est déjà illustré par Demon Yäk et les Aventures d'Irial aux éditions Soleil. Avant de se lancer pour Uchronies, il a réalisé également Aetherman en 2011. Son trait manque quelque peu d'envergure, et ne parvient hélas jamais à décoller. Les maigres décors qu'il pourvoie et son côté stéréotypé d’aligner ses héros manquent d'originalité.

L'encrage et les couleurs de Johann Corgié sont nettement mises en valeurs, principalement pour la seconde partie de l'album : les coloris foncés des récifs rougeâtres accompagnant les gens du voyage ainsi que les cieux bleutés dans la pénombre renforcent la qualité graphique.

Corbeyran ne récidive pas le succès qu'il a connu pour le chant des stryges, néanmoins, il marque de son empreinte la série Uchronies par l'ingéniosité de mêler différentes univers interconnectés. 20 albums pour 6 saisons, à savoir : New Harlem, New Beijing, New Delhi, New Byzance, New York et New Moscow. Presque 1000 pages pour clôturer cette saga, qui au final partageront les avis des lecteurs. Certains crieront au chef-d’œuvre, d'autres au scandale! Bref, difficile de plaire à tout le monde et de faire l'unanimité.

 

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Coq de Combat

 

 

 

 

16/11/2015

La Tour Fantôme T8

9782344008744-G.jpgalbum-page-large-27607.jpgAuteur : Taro Nogizaka

Éditeur : Glénat

224 pages

Sortie : le 23 septembre 2015

Genre : Détective

 

Avis de l'éditeur :

Au plus profond de la Tour fantôme, une pièce circulaire avec douze portes, dont une seule conduit à la salle du trésor. Taïchi a-t-il choisi la bonne ? A-t-il distancé l horloge de la mort ?
Taïchi n est plus le même qu au début de son aventure, mais sa résolution nouvelle sera-t-elle suffisante face à ce terrible ennemi ?

Mon avis :

La Tour Fantôme brille à tous les niveaux, qu'il s'agisse de sa trame exceptionnelle ou de son trait à couper le souffle!

Pour chaque nouveau tome, le niveau d'intensité augmente et de manière considérable! Ce 8ème opus part dans tous les sens : un protagoniste principal décède atrocement,d'une balle en pleine tête, on découvre enfin l'identité de l’Horloge de la Mort, qui connait une fin tragique, mais dont l'auteur préfère le ressusciter en fin d'album, et cela de manière plutôt crédible... car tout assassin qu'il est, le sort qui lui est destiné est pire que la mort. Taïchi, de con côté, connait un second souffle et démontre tout son talent de détective : adroit pour résoudre les énigmes, malin comme un singe à démanteler les crimes! Comme le 1er plat de couverture le souligne, il découvre le fameux trésor et se permet de cultiver désormais des rêves de luxure, assoiffé de pouvoir et de richesse.

Nous soulignerons surtout l'évolution de la relation naissante entre Tetsuo et Marube, et le dessein de ce dernier, qui se la joue finement, tel un diable machiavélique. Le secret finalement, ne provient pas de l'identité de l'Horloge de la Mort, ni même de la découverte du trésor enfouis, mais d'un lien héréditaire, plutôt surprenant!  Sans spoiler quoi que ce soit sur ces événements et leurs origines, Taro Nogizaka continue à surprendre, à hausser son niveau, à divertir de manière exceptionnelle, les lecteurs qui ont tenu jusqu'à ce huitième tome.

La Tour Fantôme incarne le must du genre! Cette série contient tout ce qu'un lecteur passionné attend d'un auteur. On parle ici de quintessence à l'état brut, dont chaque élément, chaque case de lecture frôle avec le génie.

Le dessin, comme à son habitude est parsemé de détails, que l’œil décortique et mémorise à l'infini. Le découpage excelle, il s'acclimate parfaitement en fonction du rituel présenté.

Remercions également la présentation des éditions Glénat ainsi que Yohan Leclerc, pour son travail méticuleux.

Plus qu'un tome avant son dénouement... et quoi qu'il arrive, La Tour Fantôme fait déjà partie du panthéon des Mangas à absolument posséder!

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Coq de Combat

12/11/2015

PeaceMaker T14

Couv_257615.jpgPlancheA_257615.jpgAuteur : Ryouji Minagawa

Collection Seinen -

Éditeur : Glénat

226 pages

Sortie le 28 octobre 2015

Genre : Action - Western

 

Avis de l'éditeur :

Au deuxième tour du Guns of Domination, il ne reste plus pour s'affronter que la crème des combattants. Mais le tournoi est interrompu par l'apparition brutale de Cole Emerson. qui surprend tout le monde en énonçant un nouveau règlement ! Derrière cette attitude pleine d'aplomb se cache en réalité un long et douloureux voyage au cœur de la violence.

 

Mon avis :

PeaceMaker incarne le mélange subtil d'un western futuriste et celui des arènes romaines de l'époque. Comprenant une multitude de personnages, chacun présentant des caractéristiques atypiques, on suit le parcours d'Ichimura Tetsunosuke qui entreprend une vengeance personnelle, suite au décès de ses parents, violemment assassinés.

Sa route, parsemée d'embuches en tous genres, sera longue mais fructueuse, car à chaque nouvel adversaire qu'il affronte, sa technique, sa rapidité et son ambition ne font que croître. Ses ennemis portent un nom : le clan Chochu, servant l'empereur, tandis que de son côté, Ichimura rallie un groupe de samouraïs, guerriers farouches sous le clan "les Loups de Mibu".

Ce 14ème tome nous plonge en plein cœur de l'arène pour le glorieux "Guns of Domination". Les combattants les plus remarquables s'affrontent sans retenue, variant les disciplines ancestrales et contemporaines.

 

PeaceMaker percute à l'adrénaline, ça canarde dans tous les sens, ça se bastonne à tout va, coups bas et autres stratagèmes sont de mise. Les gueules patibulaires sont également au rendez-vous. Lorsqu'on pense avoir croiser le pire individu, il suffit de tourner quelques pages plus loin, afin de voir et constater le pire.

Ryouji Minagawa tourne adroitement son histoire, il ne s'agit pas uniquement d'un récit de baston et de gros calibres, la trame se veut pertinente, autant que son trait caractérisé par un style sans pitié: l'indifférence des protagonistes pour leurs ennemis, les grimaces abusives démontrent l'atmosphère pesante qui règne au travers de ce contexte chaotique. Les duels, à mains nues ou à l'arme blanche s'accompagnent d'un dynamisme omniprésent. Quelques personnages féminins accentuent encore le récit.

On ne peut qu'espérer que PeaceMaker continue sur sa lignée, et d'ailleurs, aucune raison pour qu'elle ne le fasse. Cette série brille par son adresse, sa créativité, et ses nombreux retournements de situation.

 
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 Coq de Combat