22/12/2014

La Tour Fantôme T5

9782344000793-G.jpg942257006.jpg

Dessin & Scénario   : Taro Nogizaka

Edition :Glénat

Sortie prévue le 19 novembre 2014

224 pages. Format   : 13 x 18 cm.

 Genre : Thriller

 

Résumé de l'éditeur : L’écrivain Fuhenboku Sakai semble en savoir long sur la tour fantôme : son roman “Le Labyrinthe gris” décrit en effet les pièges qui s’y cachent avec nombre de précisions. Pour en avoir le cœur net, Taïchi et Tetsuo retournent à Tokyo, dans l’espoir de le rencontrer. Malheureusement, c’est également le cas du procureur Marube et ce jeu du chat et de la souris pourrait bien se retrouver plus surprenant encore qu’il n’y paraît…

 

Mon avis : La Tour Fantôme de Taro Nogizaka s'inspire directement du roman "Yurei-tô" d'Edogawa Rampo, lui même adapté du roman "Une femme dans le gris" d'Alice Muriel Williamson. Chacun propose une thématique personnalisée et l'adapte en fonction de son fil conducteur. Le récit de Nogizaka se déroule au Japon durant les années 50, le pays est en pleine effervescence économique et culturelle. Après avoir déjoué les tentatives de l'horloge de la mort à la tour fantôme, Taichi et Tetsuo accusés à tort de plusieurs meurtres fuient vers de nouveaux horizons et tentent de d'élucider les mécanismes secrets que renferme la tour fantôme.

 

La marque de fabrique du mangaka repose sur trois grands axes: Tout d'abord, une mise en scène progressive, qui informe le lecteur sur les différents protagonistes: Taichi, le héros qui n'en est pas vraiment un... plutôt renfermé, introverti, au physique assez banal, timide particulièrement vis à vis des femmes; il n'en mène pas large au début de ses mésaventures. Ce n'est que via la providence de sa rencontre avec Tetsuo, qui lui propose un challenge de mise ( élucider le mystère de la Tour Fantôme) que notre aspirant héros s'ouvrira lentement au monde extérieur. Contrairement à Taichi, Tetsuo lui affiche un éventail d'attitudes positives ( enthousiaste, beau parleur, sûr de lui) et qui plus est, attire de par son physique de bellâtre. Les deux semblent formés une paire complémentaire même si dans un premier temps, le personnage de Taichi demeure davantage dans l'ombre. La tour fantôme dissimule bien des mystères, du sang a coulé, des meurtres glauques et des rumeurs circulent. Le corps d'une femme a été retrouvé suspendue aux aiguilles de l'horloge, et à chaque heure passée, le corps de cette malheureuse pivotait simultanément avec le mécanisme des aiguilles... crime odieux d'un pervers ou vengeance justifiée?

 

Second élément mis en valeur par l'auteur consiste à créer une ambiance démesurément large, à savoir un  dédale d'informations qui à chaque fois assimilées aboutissent vers un nouveau rivage d'éléments. Autrement dit, la surprise est de mise, car nous apprenons en fait au fil du scénario, que Tetsuo, sous son apparence gracieuse, aux traits fins et précis, n'est en autre ...qu' une femme aux traits harmonieux et au corps idyllique. L'auteur joue au chat et à la souris, par une atmosphère à glacer le sang. Le duo formé par Taichi et Tetsuo accumulent graduellement les pièces du puzzle, et tentent de définir et démasquer qui se dissimule derrière l'horloge de la mort, ce scélérat coupable de nombreux crimes odieux. D'ailleurs, Tetsuo, semble étroitement lié au destin de cet homme, qui un instant tente de le trucider, puis l'instant d'après lui venir en aide.

 

Enfin, dernier point mis en évidence mais non des moindres se manifeste au niveau du dessin, de son découpage et de son encrage hors-pair. Un trait sensible qui affiche la beauté au travers de la laideur de certains personnages, un style personnalisé qui soit envoute soit dérange, car faut-il l'admettre, l'auteur s'amuse à confondre les sexes, à déjouer le lecteur, à le placer dans un état intrigué ou confus, bref, la tour fantôme, ne laisse pas indifférent... Son découpage, quant à lui, offre un éventail de structures architecturales, dont pour ainsi dire, aucune planche ne présente deux fois les mêmes caractéristiques. Ce qui s'harmonise parfaitement avec son contexte lugubre à souhait.

 

Un 5ème tome d'une richesse scénaristique inouïe doublé d'un graphisme à couper le souffle. Lorsqu'on sait, qu'il ne reste que 4 tomes pour clôturer la série, la tension est de mise. Un polar plus qu'efficace qui semble emporter tout sur son passage...

 

a09-3e78912.gifDessin   

 

a09-3e78912.gifScénario

 

a09-3e78912.gifMoyenne

 

Lien vers le site de Glénat : ICI.

 

Coq de combat

 

La tour fantôme,Nogizaka, Glenat, 9/10, Glénat, Thriller, 11/2014.

 

 

10/11/2014

Maxence Livre 1 : La sédition Nika - Sardou & Duarte - Le Lombard

maxence livre 1 : la sédition nika,sardou,duarte,le lombard,610,aventure,historique,102014maxence livre 1 : la sédition nika,sardou,duarte,le lombard,610,aventure,historique,102014Maxence Livre 1 : La sédition Nika

Dessin    : Carlos Rafael Duarte

Scénario :  Romain Sardou

Edition   : Le Lombard

Sortie prévue le 24 octobre 2014

56 pages couleurs - cartonné

Prix conseillé : 12 euros

Isbn : 9782803634217

Genre : Aventure, Historique

 

 

Résumé de l'éditeur : À Constantinople, la vie politique et sociétale est bipartite. Deux factions s'affrontent : les Bleus et les Verts. À l'origine, simples clans de supporters qui rivalisaient le temps des courses de chars, cette opposition s'est étendue à toute la société. En 532, pendant une course, les deux chars de la faction verte sont poussés à l'accident par les Bleus. Lors des troubles qui s'ensuivent, le leader politique des Bleus est assassiné. Les troubles menacent de basculer en révolution. Aussitôt, l'empereur Justinien fait convoquer au palais Maxence, chef de ses services secrets personnels. Il le charge d'enquêter sur l'assassinat... Sans perdre de temps car, en ville, les massacres ont déjà commencé...

 

 

Mon avis :Constantinople au lieu de Rome, le Christ remplacé aux dieux de l'Olympe et maxence livre 1 : la sédition nika,sardou,duarte,le lombard,610,aventure,historique,102014sans surprendre quiconque, nous retrouvons les mêmes schémas de corruption, de quête de pouvoir ainsi que les différentes maladresses pour y parvenir.

La trame mise en place par Sardou démontre la colère existante entre les Bleus et les Verts qui s'affrontent des jours durant lors de différentes épreuves aux arènes. Maxence, protagoniste influant de l'histoire est un dresseur de fauves, son meilleur ami est d'ailleurs Hapax, un tigre ayant bon appétit et pas uniquement pour des gazelles…

 

 Les protagonistes sont développés à part entière. Maxence affiche de la témérité sans retenue et recherche l'honneur au-delà de la gloire personnelle. L'impératrice Théodora, plutôt réservée de prime abord sait par contre se faire respecter comme il se doit, à sa juste valeur. Quant à l'empereur  Justinien 1er, malgré son statut, nombreux réclament sa tête, aussi bien ses ennemis extérieurs qu'au sein de ses propres divisions. Sardou place ses différents pions sur l'échiquier, l’agressivité et le défi de vaincre sont les expressions qui émanent de ses personnages, mais, par moment, leurs émotions ne coïncident pas en rapport à la situation, comme si ils étaient tout simplement en décalage au niveau du dessin.

 

La qualité graphique, justement, manque cruellement de précision, et cela, notamment aux niveau des faciès des personnages. Visages trop ronds, regards hagards, bouches inexistantes, les erreurs sont multiples et ce, malgré un 1er plat de couverture alléchant. Par moments, l'impératrice affiche un nez qui semble refait par la chirurgie et également… un soupçon de barbe à y regarder de plus prêt. Un travail quelque peu bâclé par Duarte, qui affiche un meilleur visage pour ses œuvres précédentes : des Comics tels que "Green Hornet" "Highlander" ou encore "Classic Battlestar Galactica". Les super héros et les personnages de bd ne s'adaptent pas forcément de la même manière d'un point de vue graphique. Le dessinateur parvient par bribes à se démarquer et à enjoliver son trait. Notons l'exemple du tigre de Maxence, qui avoisine la perfection, autant la gueule que le corps entier de l'animal séduit par un réalisme exacerbé. Bref, d'un côté du talent, et de l'autre, des failles qui se payent cash pour les fins gourmets du détail.

Etant donné, qu'il s'agit d'une nouvelle série et que celle-ci semble s'étaler sur 7 tomes au minimum, laissons la possibilité aux auteurs d'œuvrer crescendo.

 

La grande force de cet ouvrage réside au niveau de la palette de couleurs. Des couleurs vives qui embellissent le crayonné : les textures jaunâtres fournissent une dimension à l'arrière-champ, les mélanges de nuances or et rougeâtres créent de l'intensité et du dynamisme aux combats.

 

 Romain Sardou, fils du célébrissime chanteur Michel Sardou propose avec Maxence, sa 1ère œuvre en bande dessinée. Après avoir connu un succès probant en tant que littéraire grâce à son thriller médiéval "Pardonnez nos offenses" ainsi qu'un thriller contemporain "Personne n'y échappera", il décide de s'attaquer au 9ème art avec Carlos Rafael Duarte. Ce 1er opus de Maxence possède les ingrédients qui plairont aux férus de péplum et de récits historiques. Espérons juste que la qualité graphique s'améliore par la suite.

 

 

Dessin     : 5 / 10

Scénario  : 7 / 10

Moyenne :  6 / 10

 

 

Lien vers le site du Lombard : ICI.

 

Coq de combat.

maxence livre 1 : la sédition nika,sardou,duarte,le lombard,610,aventure,historique,102014

 

 

05/11/2014

JOHN TIFFANY: Tome 2: Le désir du désir.

John Tiffany, Panosian, Desberg, Le Lombard, 10/2014John Tiffany, Panosian, Desberg, Le Lombard, 10/2014Dessin : Panosian

Scénario : Desberg

Edition : Le Lombard

Sortie prévue le 23 octobre 2014

56 pages - cartonné

Prix conseillé : 12 euros

Isbn :2803634031

Genre : Thriller

 

Résumé de l'éditeur : John Tiffany a maintenant identifié le véritable danger derrière O'Animal : Mehmet Bahrat, un professeur d'université aux thèses un peu trop radicales et au réseau un peu trop dangereux. Malgré cela, l'ambassadeur américain du Pakistan ne veut plus entendre parler de lui, et préfère confier la traque à un florilège de ses concurrents. Tiffany le sait depuis son premier jour dans la profession : c'est un métier de con ! Mais il tient à demeurer le meilleur...

 

Mon avis : Avec le secret du bonheur, le 1er tome de la série, nous avions droit à  un héros immoral, un caïd bourlingueur, imbu de lui-même, sans réel état d'âme, préférant s'adonner à la luxure et aux vices plutôt que de s'intéresser un peu tant soit-il à son prochain. Car pour profiter de cette vie idyllique et égocentrique,  cela nécessite un sacré compte en banque dont le commun des mortels ne pourrait qu'entrevoir l'ombre.

Chasseur de primes, c'est son taf, son destin … et pourtant John se cherche, se questionne, car au-delà des drogues et des poules de luxe, le gaillard semble rechercher la quintessence.

 

Les amateurs de polar bien ficelés mêlant espionnage, règlements de comptes et action tonitruante seront certainement comblés par la richesse scénaristique qu'apporte Desberg. Il maitrise son sujet et apporte même une plus value par rapport aux intrigues traditionnelles. Le scénario ne bascule pas vers un quelconque chasseur de primes qui traquent des bandits et qui accumule les nymphettes aux courbes gracieuses , bien au contraire, chaque protagoniste affiche une personnalité bien distincte et grâce à un fil conducteur attrayant, le résultat s'avère plutôt réussi.

 

Deux forces sont à souligner pour cette nouvelle série de Desberg : les dialogues excentriques  nous rappellent ceux d'Enrique Sanchez Abuli dans Torpedo, cette série espagnole des années quatre-vingt caricaturant le monde mafieux de manière burlesque et réaliste. John Tiffany a la parole facile… presque autant que la gâchette.  Ses nombreux monologues le mènent là où il le désire, car à chaque fois, il tente d'avoir un coup d'avance sur le destin... un destin qui d'ailleurs se joue de lui, le teste et le pousse vers les derniers retranchements de son âme.

 

 Second élément pertinent à souligner se constate au niveau de la touche graphique, et plus particulièrement aux intempéries des nuances de couleurs. Le désir du désir affiche des encrages plus sombres, la luminosité omniprésente du 1er opus se retrouve remplacée par un trait plus agressif, davantage archaïque.

Les inconditionnels de la 1ère heure peuvent se sentir offusqués par ce changement brutal malgré  que les deux tendances se savourent à part entière. Panosian crée un style qui se démarque du classique : ses protagonistes affichent fière allure et ses femmes fatales aguicheuses et révoltées alternent entre James Bond Girls ainsi qu'héroïnes  gracieuses comme le montrerait Franck Miller dans Sin City. Notons également la qualité des 1er plats de couverture réalistes à souhait et harmonieux pour leur qualité d'encrage.

 

En deux albums seulement, John Tiffany se savoure à sa juste valeur et parvient sans difficulté à se placer à valeurs égales par rapport aux séries emblématiques que sont Alpha ou Niklos Koda.

Les auteurs tiennent le bon bout et espérons vivement qu'ils perdurent vers cette même continuité.

 

Scénario :                  8,5 / 10

Dessin    :                   8,5 / 10

Moyenne générale : 8,5 / 10

 

Lien vers le site du Lombard 3ème vague : ICI.

 

Coq de combat.

 

John Tiffany, Panosian, Desberg, Le Lombard, 10/2014

 

18/11/2017

L'homme invisible T1

9782344011850-L.jpgPlancheA_301798.jpgScénariste   : Dobbs

Dessinateur : Christophe Regnault

Adapté de H.G. Wells

Éditeur : Glénat

Sortie : le 29 mars 2017

Genre : Fantastique

Avis de l'éditeur :

 

Un étranger décide de poser ses valises dans un hôtel situé dans le tranquille et petit village d'Ipen. Les habitants sont très vite perturbés par la venue de ce mystérieux scientifique qui cache sans arrêt son visage et préfère la solitude. Et lorsqu'ils découvrent que sous ses innombrables bandages se cache en réalité un homme invisible, ils prennent peur et décident de le chasser. Mais il reviendra pour se venger... Le paisible village ne va pas tarder A se retrouver hanté par un esprit rempli de haine.

 

Mon avis :

Encore un bel ouvrage consacré aux œuvres de H.G. Wells, cette fois-ci dédié au célèbre "Homme Invisible". Ce 1er volet (d'une série courte en deux tomes), s'ouvre sur l'arrivée d'un homme mystérieux, dans une petite ville perdue au fin fond de l’Angleterre Victorienne. Son style vestimentaire et ses lunettes lui donnent un air "steampunk" qui n'est pas mal venu pour un récit se déroulant à cette époque.

En effet, le style "steampunk" est associé à l'ère des machines à vapeur (= steam); un côté post-apocalyptique qui décrit assez bien l'esprit de notre homme invisible!

 

Pourquoi? Parce qu'il est invisible justement et impossible pour lui de changer cet état de fait. Cela le rend dingue, violent, méchant et même sournois. C'est donc un homme bougon qui se présente dans une petite auberge, dans l'espoir d'y poursuivre ses recherches sur la manière de "comment devenir invisible". Une étape dans les mésaventures de cet anti-héros, qui vous l'aurez compris, survient bien après le début original de l'histoire. 

H.G. Wells  peignait la transformation du visible vers la transparence. Comment ce professeur un peu fou avait d'abord rendu son chat invisible pour ensuite tenter l'expérience sur lui-même.

Un petit bémol donc dans ce volume que l'on aurait préféré voir débuter avec le commencement des expériences. Pour le contenu, toutefois, c'est plutôt cohérent. On perçoit cette folie grandissante, le côté malsain du personnage, qui joue de son statut pour commettre divers larcins, passant du voyeurisme au vol... souvent avec violence (ce qui prouve encore davantage la folie qui le gagne à rester dans cet état)

 

La qualité graphique est de haut standing. Il colle avec l'époque, avec le style. Les traits des protagonistes sont excessivement détaillés - un peu trop même parfois, au point où l'on se questionne si le dessinateur n'aurait pas oublié une ride quelque part.

 

 

l'homme invisible,regnault,dobbs,glénat,810,fantastique,032017

Coq de Combat