23/02/2015

Koralovski T1 : l'oligarque

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Scénario et Dessin : Philippe Gauckler

Editeur : Glénat 

Sortie : 27 février 2015

Genre : stratégies - politique - intrigues

 

 

Résumé de l'éditeur : Viktor Koralovski était le roi du pétrole russe. Une position qui lui a valu les foudres du président Khanine et dix ans d'emprisonnement. A présent évadé malgré lui, Viktor va rapidement comprendre qu'en son absence, amis et ennemis sont devenus difficiles à distinguer. Et que son nom est au cœur d'une vaste conspiration, qui pourrait impliquer toute l'industrie pétrolière! Mais dans quel but...?

 

Mon avis :Toutes nouvelles séries chez 3ème vague Lombard mérite que l'on s'y attarde. Celles-ci sont minutieusement sélectionnés dans le but de toucher un vaste public. Le récit nous emmène en Russie où nous suivons le parcours de Viktor Koralovski, un richissime milliardaire incarcéré  pour avoir causer du tord au régime mis en place par le président Khanine. La prison change un homme... en bien ou en mal, et cela Koralovski le sait pertinemment, c'est pourquoi il préfère faire profil bas et se tenir à carreaux même si des idées d'évasion ou de vengeance lui trottent les méninges. Rapidement secoué par certains détenus têtes brûlées, il ne doit son sort qu'à l'intervention d'un hélicoptère venu secourir un prisonnier, provoquant la pagaille au sein de la prison. Profitant de l’aubaine, il s'enfuit accompagné d'un autre détenu, un journaliste avec qui il va rapidement sympathiser. Au même instant, à Berlin, la découverte suspecte d'une bombe nucléaire inquiète alors que le président Khanine se trouve en voyage officiel en Allemagne. Quel rôle joue chacun des interprètes?


"Sachez que je puisse croire toute chose pourvu qu'elles soient franchement incroyables". Oscar Wilde.

 

L'auteur se réfère à de grands noms tels que Oscar Wilde ou Mark Twain. On ressent son désir à communiquer et diffuser ses idées, chaque bulle étant soigneusement travaillée. Cette histoire lance véritablement les enjeux de la crise politique et économique et détaille  remarquablement la Russie contemporaine. Cet album plaira tout d'abord aux fans de polars modernes. Ensuite, le récit abhorre des dialogues à la fois originaux et tonitruants, qui s'acclimate avec son concept.  Philippe Gauckler se réfère à la crise financière de 1998 ainsi qu'à l'élection de Poutine. Sa mission dés le départ constituait à lutter contre les oligarques. L'histoire de Koralovski, personnage fictif inventé par l'auteur, plonge les lecteurs qui se trouvent entrainer dans les méandres d'un complot extravaguant dans lequel chaque tactique peut être cruciale... et donc fatale pour l'adversaire. L'oligarque déchu s’inspire de Mikhail Khodorkovski, ex-propiétaire du groupe pétrolier Loukos. L'ancien ponte a purgé 10 ans d'incarcération pour escroquerie et évasion fiscale. Gauckler met en évidence la durabilité du pétrole ainsi que sa valeur monétaire : " une source d'énergie dont les réserves sont limitées verra son estimation augmenter en fonction de son épuisement." (Si toutefois, aucune autre énergie alternative n'est proposée)

 

Malgré un trait relativement rudimentaire, l'auteur gratifie son dessin par des couleurs vives et efficaces. Les saisons climatiques rudes affichent énormément de neige et de vent, c'est pourquoi les mouvements des protagonistes semblent s'effectuer au ralenti. La froideur des lieux est percevable mais Philippe Gauckler parvient pourtant à émettre une sacrée couche de dynamisme dans son trait. Notons enfin, que le découpage se veut original : conçu de nombreuses petites cases carrées et rectangulaires,et cela particulièrement en seconde partie du récit.

Ce 1er tome sensibilise un vaste public : que ce soient les néophytes qui cherchent à étendre leur savoir, tout en passant par les curieux avides de nouvelles séries, Koralovski, tient la distance et réussit son entrée en matière. Attendons donc la suite avec impatience.

 

 

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Lien vers la fiche technique de Koralovski T1 : L'oligarque : Ici.

 

 

Coq de combat

 

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18/02/2015

Jabberwocky T1 - Masato Hisa - Glénat

 

jabberwocky,masato hisa,glénat,710,sciences-fiction,012015jabberwocky,masato hisa,glénat,710,sciences-fiction,012015Dessin et Scénario : Masato Hisa

Edition : Glénat

Sortie prévue : le 7 janvier 2015

224 pages. Format : 18 x 13 cm

Genre : Intrigues - Sciences-Fiction

 

 

 

Un visuel rempli de détails, un scénario de haute voltige, des protagonistes qui se démarquent et appellent à la curiosité... Jabberwocky, la série aussi délirante qu'insolite.

 

Résumé de l'éditeur : Pourquoi les services secrets de l'Angleterre victorienne ont-ils choisi d'envoyer une tueuse alcoolique éliminer un terroriste russe sur le sol russe? Et ces ennemis qu'elle affronte, pourquoi a-t-elle tant de mal à les poignarder?

 Il faut dire que leur peau est si… écailleuse, comme des dinosaures… Mais ceux-là ne se tenaient pas debout, et surtout, ils ne parlent pas!

 

Mon avis : En 1875, Le Japon intègre l'archipel des îles Kouriles à son territoire mais l'objectif réel de l'amiral Takeaki Enomoto consiste à faire d'une pierre deux coups : non seulement récupérer les îles mais surtout obtenir les œufs des dinosaures de "l'ultime armée" dissimulée par les Russes. Peu de temps après, Masato Hisa devient un dragon japonais lorsqu'il éclot sur l'île d'Ouroup. Impliqué durant la guerre contre les Russes, il tente de déstabiliser le régime mais devra revenir au pays suite à une jambe blessée. Ce n'est qu'ensuite, qu'il devient mangaka et il n'hésite pas à se baser sur son passé d'espion pour y relater des faits marquants...

 

La particularité majeure de Jabberwocky consiste en un mélange des genres, qui évoque le cinéma moderne dont Sin City de Robert Rodriguez par ses effets saccadés d'ombre et de lumière à perte de vue ainsi qu'une panoplie de recettes efficaces, références aux arts modernes et culturels. Outre ce choix graphique, le scénario, quant à lui propose une originalité autant structurée que déjantée. On y apprend donc, que des dinosaures existeraient toujours et seraient particulièrement localisés dans un contexte très Angleterre période victorienne. Mais ne vous attendez pas à croiser ici uniquement des bestioles de cette époque révolue, mais bien des êtres à l'intelligence surdéveloppée donc certains évoluent parmi les humains. Ingénieurs, chimistes, chercheurs et savants aux dons multiples, cette caste s'est impliquée à perdurer son espèce aussi loin que possible. Ces êtres aux 1001 visages ont ainsi pu insérer l'élite de notre société, qu'elle soit économique, politique, culturelle ou manipulatrice. Le fil conducteur de notre histoire met en place deux protagonistes : Lily et Sabata Van Cleef. Une espionne alcoolique au parcours chaotique, accompagnée d'un oviraptor. Un duo fracassant. Ils travaillent à la solde du Château d'If, une organisation de l'ombre spécialisée dans les faits étranges de clans sauriens.

 Une espionne stylée accompagnée d'un oviraptor : Lily et Sabata Van Cleef, duo de choc recruté pour une mission en Russie.

Masato Hisa affiche un dessin que l'on aime... ou que l'on déteste, certainement à ne laisser personne indifférent. Les nombreux fans de Franck Miller retrouveront la connotation avec l'auteur. Du noir et blanc qui scintillent, qui magnétisent le regard, et provoquent par moments un long arrêt de l'œil sur l'image. Fascinant pour certains.. dérangeant pour d'autres, le commun des mortels pourra s'en donner à cœur joie d'une manière ou d'une autre.  Jabberwocky c'est graphiquement du Sin City et du Tarantino made in Japan. Une ambiance démesurée, un dessin qui pousse le lecteur à rechercher ses propres réponses, une intrigue qui avance pas à pas, la série est servie par d'agréables ingrédients. Les personnages dégagent également leur raffinement, on a droit à la belle et aux bêtes...la belle étant une espionne anglaise, piliforme aux traits fins et à la ligne attirante, tandis qu'en face,  des dinosaures versions natures, recouverts d'écailles aux dents pointues et acérées. Un mélange subtil, aguicheur et rocambolesque. Le duo se nomme Lily et Sabata Van Cleef. Notation particulière au légendaire acteur Lee Van cleef qui a d'ailleurs enrôlé à de multiples reprises le rôle de Sabata... Quant au découpage, il se montre harmonieux et calibré pour servir une intrigue progressive.

 

Avec de premier tome, l'auteur nous plonge vers son introduction, ni plus ni moins, il étale ses différents pions et on comprend subtilement les stratagèmes mis en place.

Une série qui a le mérite d'être lu et surtout contemplé. Ce tome truffé de surprises en tout genre en surprendra plus d'un...

 

 

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Lien vers la fiche technique de Jabberwocky T1: ICI.

 

Coq de Combat.

 

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11/01/2015

Gangsta T6

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Gangsta Tome 6

Scénario et Dessin par Kohske

Edition : Glénat

Sortie prévue le 5 novembre 2014

194 pages - Manga Seinen

Action, policier, ésotérisme.

 

 

 

Résumé de l'éditeur :Le récit se déroule dans la ville d'Ergastulum, repère de hors-la-loi, prostituées, gangsters et mafieux. Nicolas et Worick y travaillent comme hommes à tout faire, nettoyeurs en tout genre. Lorsqu'ils vont rencontrer Alex, une prostituée battue, leurs parcours va croiser celui des twilghts, une race de mutants ne faisant pas dans la dentelle.

Alors que Connie est toujours introuvable et que la guilde enterre ses morts, Delico et Yang suivent la piste d Erica, la tueuse de crépusculaires. Mais quand vient l heure de la confrontation, les hommes de Monroe font face à une terrible révélation...

 

Mon avis : Considéré par beaucoup comme l'une des révélations mangas de cette année, Gangsta suscite soit un vif intérêt dés les 1ères pages de lectures, soit laisse perplexe par les nombreux rebondissements du scénario complexe à souhait. Car, même si le titre évoque le monde des gangsters, nous ne nous retrouvons pas ici dans une classique histoire mafieuse où de simples voyous agissent de manière récréative. Gangsta ne s’étale pas sur la durée, le lecteur plonge tout de suite dans le vif du sujet et découvre la complexité des protagonistes qui affichent des attitudes pleines d’expressivité. Les chapitres s’enchaînent avec fluidité, alternant séquences de baston et intrigues bien ficelées. Les scènes d'action sont particulièrement soutenues par un dynamisme omniprésent laissant peu de temps morts.

 

"gangsta t6",kohske,glénat,710,thriller,112014

 

Graphiquement, les visages affichent des traits vides et décontenancés, tantôt drôles plus subitement hyper- sérieux. Les expressions de faciès ne sont pas réellement au rendez-vous, ce qui gâche quelque peu l'ambiance électrique de la trame. Seules les expressions de panique exprimées par les différents protagonistes sont agréablement calibrées et permettent de savourer pleinement la tension existante. Les décors sont pour ainsi dire inexistants mais d'un point de vue général, cela s'acclimate en fonction de son contexte. L'auteur favorise davantage la description étendue de ses protagonistes, notamment le personnage de Nick et de Warwick, chacun vivant dans la complémentarité de l'autre. Le premier est sourd, introverti et ténébreux, le second, playboy de nature, expansif et imbu de sa personne. Ils forment une paire structurée et complémentaire. Au centre se trouve Alex, ex-prostituée qui tente de sortir de son calvaire subit jusqu'à présent. Ce personnage féminin se veut particulièrement attachant, d'autant plus que l'on comprend et découvre peu à peu sa douleur interne qui est étroitement liée avec la corruption et la débauche qui règne à  Ergastulum. Entouré par la pègre, ils combattent avec la rage au cœur les nombreux adversaires qui sont classés par catégorie...les plaques autour de leur cou indiquent leur niveau de combativité ( à savoir que Nick porte un A/0, ce qui de surcroit fait frémir les rivaux)

Gangsta présente certes des qualités variées mais nous pouvons tout de même regretter quelques imperfections au niveau du dessin, trop conventionnel, pas assez élaboré, qui frôle juste le convenable. 

 

"gangsta t6",kohske,glénat,710,thriller,112014

 

Lien vers le site internet de l’éditeur Dargaud et la fiche technique de l’album: ICI.

 

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a07-3e78901.gifMoyenne

 

 

Coq de combat.

 

 

22/12/2014

La Tour Fantôme T5

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Dessin & Scénario   : Taro Nogizaka

Edition :Glénat

Sortie prévue le 19 novembre 2014

224 pages. Format   : 13 x 18 cm.

 Genre : Thriller

 

Résumé de l'éditeur : L’écrivain Fuhenboku Sakai semble en savoir long sur la tour fantôme : son roman “Le Labyrinthe gris” décrit en effet les pièges qui s’y cachent avec nombre de précisions. Pour en avoir le cœur net, Taïchi et Tetsuo retournent à Tokyo, dans l’espoir de le rencontrer. Malheureusement, c’est également le cas du procureur Marube et ce jeu du chat et de la souris pourrait bien se retrouver plus surprenant encore qu’il n’y paraît…

 

Mon avis : La Tour Fantôme de Taro Nogizaka s'inspire directement du roman "Yurei-tô" d'Edogawa Rampo, lui même adapté du roman "Une femme dans le gris" d'Alice Muriel Williamson. Chacun propose une thématique personnalisée et l'adapte en fonction de son fil conducteur. Le récit de Nogizaka se déroule au Japon durant les années 50, le pays est en pleine effervescence économique et culturelle. Après avoir déjoué les tentatives de l'horloge de la mort à la tour fantôme, Taichi et Tetsuo accusés à tort de plusieurs meurtres fuient vers de nouveaux horizons et tentent de d'élucider les mécanismes secrets que renferme la tour fantôme.

 

La marque de fabrique du mangaka repose sur trois grands axes: Tout d'abord, une mise en scène progressive, qui informe le lecteur sur les différents protagonistes: Taichi, le héros qui n'en est pas vraiment un... plutôt renfermé, introverti, au physique assez banal, timide particulièrement vis à vis des femmes; il n'en mène pas large au début de ses mésaventures. Ce n'est que via la providence de sa rencontre avec Tetsuo, qui lui propose un challenge de mise ( élucider le mystère de la Tour Fantôme) que notre aspirant héros s'ouvrira lentement au monde extérieur. Contrairement à Taichi, Tetsuo lui affiche un éventail d'attitudes positives ( enthousiaste, beau parleur, sûr de lui) et qui plus est, attire de par son physique de bellâtre. Les deux semblent formés une paire complémentaire même si dans un premier temps, le personnage de Taichi demeure davantage dans l'ombre. La tour fantôme dissimule bien des mystères, du sang a coulé, des meurtres glauques et des rumeurs circulent. Le corps d'une femme a été retrouvé suspendue aux aiguilles de l'horloge, et à chaque heure passée, le corps de cette malheureuse pivotait simultanément avec le mécanisme des aiguilles... crime odieux d'un pervers ou vengeance justifiée?

 

Second élément mis en valeur par l'auteur consiste à créer une ambiance démesurément large, à savoir un  dédale d'informations qui à chaque fois assimilées aboutissent vers un nouveau rivage d'éléments. Autrement dit, la surprise est de mise, car nous apprenons en fait au fil du scénario, que Tetsuo, sous son apparence gracieuse, aux traits fins et précis, n'est en autre ...qu' une femme aux traits harmonieux et au corps idyllique. L'auteur joue au chat et à la souris, par une atmosphère à glacer le sang. Le duo formé par Taichi et Tetsuo accumulent graduellement les pièces du puzzle, et tentent de définir et démasquer qui se dissimule derrière l'horloge de la mort, ce scélérat coupable de nombreux crimes odieux. D'ailleurs, Tetsuo, semble étroitement lié au destin de cet homme, qui un instant tente de le trucider, puis l'instant d'après lui venir en aide.

 

Enfin, dernier point mis en évidence mais non des moindres se manifeste au niveau du dessin, de son découpage et de son encrage hors-pair. Un trait sensible qui affiche la beauté au travers de la laideur de certains personnages, un style personnalisé qui soit envoute soit dérange, car faut-il l'admettre, l'auteur s'amuse à confondre les sexes, à déjouer le lecteur, à le placer dans un état intrigué ou confus, bref, la tour fantôme, ne laisse pas indifférent... Son découpage, quant à lui, offre un éventail de structures architecturales, dont pour ainsi dire, aucune planche ne présente deux fois les mêmes caractéristiques. Ce qui s'harmonise parfaitement avec son contexte lugubre à souhait.

 

Un 5ème tome d'une richesse scénaristique inouïe doublé d'un graphisme à couper le souffle. Lorsqu'on sait, qu'il ne reste que 4 tomes pour clôturer la série, la tension est de mise. Un polar plus qu'efficace qui semble emporter tout sur son passage...

 

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Lien vers le site de Glénat : ICI.

 

Coq de combat

 

La tour fantôme,Nogizaka, Glenat, 9/10, Glénat, Thriller, 11/2014.