01/03/2016

Outcast - Tome 2 - Souffrance

outcast,kirkman,azaceta,delcourt,comics,horreur,épouvante,exorcisme,possession,810outcast,kirkman,azaceta,delcourt,comics,horreur,épouvante,exorcisme,possession,810Scénario : Robert Kirkman
Dessin : Paul Azaceta
Éditeur : Delcourt
154 pages
Sortie : janvier 2016
Genre : horreur, épouvante, fantastique

 

 

Présentation de l'éditeur

Kyle Barnes est tourmenté par des possessions démoniaques depuis son plus jeune âge. À la lumière de récentes découvertes et en dépit de terribles cauchemars, il semble commencer à comprendre la nature du mal qui le touche, et à entrevoir les réponses qu'il a cherchées toute sa vie. En revanche, la vie du Révérend Anderson, celui qui le soutient depuis toujours, semble sur le point de s'écrouler.

 

 

Mon avis

A peine 10 mois après la sortie du premier volume regroupant les 7 premiers épisodes parus aux États-Unis, nous voilà avec le deuxième tome de Outcast entre les mains. Le tome 1 m'avait laissé une très bonne impression et laissait présager d'une série au succès garanti. Le succès semble être au rendez-vous puisque la série est en cours d'adaptation pour le petit écran et pour une diffusion en 2016.

Ce deuxième opus aura tôt fait de ferrer le lecteur ! Kirkman sait s'y prendre pour distiller juste ce qu'il faut d'informations pour faire avancer le récit et captiver l'attention. Nous en savons un peu plus sur la relation de Kyles avec son ex-femme et l'on découvre un personnage qui semble décidé à prendre un peu plus les choses en mains pour affronter ses démons et ceux des autres, parce qu'il prend conscience qu'il possède un pouvoir particulier. Parallèlement, le personnage du révérend prend plus de place dans l'histoire et commence à révéler une facette de sa personnalité pas très reluisante. Ses motivations ne sont pas tout à fait les mêmes que celles de Kyles et l'on sent des divergences de point de vue poindre entre les deux protagonistes.

Robert Kirkman amène avec habileté les rebondissements et arrive à surprendre le lecteur à chaque nouveau chapitre. La frayeur s'installe peu à peu, lentement mais sûrement, sans surenchère d'effets de possession telles qu'on peut les connaitre dans la filmographie du genre. Ici, les possédés nous effraient parce qu'ils ne sont pas forcément et systématiquement transformés en bêtes immondes proférant des insanités. Ils sont lucides et tant que le démon qui les habite se tient tranquille, ils ne laissent transparaitre qu'un mal être inquiétant.

Visuellement, le travail de Paul Azaceta sur le dessin et d'Elisabeth Breitweiser sur les couleurs est remarquable. Les ambiances créées sont parfois bien flippantes ! La mise en scène et le découpage sont très efficaces avec notamment l'insertion régulière de petites vignettes carrées faisant le focus sur un détail d'une scène. Ce procédé permet l'usage du gros plan pour apporter une nuance ou bien une information complémentaire quant à la scène, sans nuire à la lisibilité de la page. On a d'ailleurs l'impression que ce scénario a été écrit et pensé dès le début pour le cinéma ...

 

Robert Kirkman nous offre là une série accrocheuse qui va nous mettre les nerfs en pelote et avec laquelle il va falloir désormais compter.

 

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Loubrun

 

http://fox.outcasttvseries.com/

 

Outcast - Tome 1 - Possession

outcast T1.jpgoutcast T1_pl.jpgScénario : Robert Kirkman
Dessin : Paul Azaceta
Éditeur : Delcourt
154 pages
Sortie : avril 2015
Genre : horreur, épouvante, fantastique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Kyles Barnes vit reclus dans sa maison, terrassé par un passé douloureux. Il lutte depuis son enfance contre l'emprise de démons sur sa vie et son entourage. Lorsque le révérend de sa ville natale le sollicite pour l'aider à pratiquer un exorcisme, Kyle commence à faire le lien avec la possession de sa mère. Il est sur le point de dévoiler la véritable nature de ses dons, qui vont s'avérer terrifiants.

 

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Mon avis

Robert Kirkman, le génial créateur de Walking Dead, la série à l'origine du renouveau de la mode Zombie, revient sur le devant de la scène avec une nouvelle série d'horreur. Avec Outcast, Kirkman nous emmène sur le terrain des histoires de possession démoniaque et d'exorcisme. Comme dans Walking dead, il réussit à fusionner les ingrédients classiques de cette thématique et son propre style de narration permettant de sortir ce genre d'histoire de la niche dans laquelle on serait tenté de la laisser.

Tout en nous plongeant d'entrée de jeu dans une ambiance lugubre et sombre, ce premier volume démarre très tranquillement, l'auteur prenant le temps de poser l'intrigue et surtout les caractéristiques des personnages. C'est vraiment la patte de Kirkman que de centrer ses histoires sur les personnages plus que sur les évènements. Ainsi, la révélation progressive des traumas du personnage principal nous fait découvrir petit à petit un personnage torturé, assez complexe mais aussi attachant tant on le sent sans cesse sur le fil du rasoir et meurtri de s'être laissé piégé par des forces qui le dépasse. Autre personnage qui parait aussi ambigu, celui du révérend, exorciste de son état, sur lequel on apprend pas grand chose, mais ou l'on devine de lourdes révélations à son encontre.

Le graphisme de Paul Azaceta contribue grandement à la mise en place des ambiances inquiétantes. Le dessin et les couleurs sont sombres, le trait est gras et les aplats noirs sont judicieusement employés contrastant habilement avec des effets de lumières. Le tout donne une tonalité à la fois réaliste et suggestive au récit.

Voilà donc une nouvelle série très bien lancée avec un premier tome qui ne vous glacera pas d'effroi, mais éveillera sans doute quelques frissons laissant augurer d'une suite très prometteuse.

 

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Loubrun

 

 

23/02/2016

Drifter - Tome 2 - Veillée

drifter T2.jpgdrifter t2 pl01.PNGScénario : Ivan Brandon
Dessin : Nic Klein
Éditeur : Glénat comics
112 pages
Sortie : janvier 2016
Genre : science-fiction, space opera

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Abram Pollux navigue vers l’inconnu. Il a décidé de revenir sur le lieu du crash de son vaisseau, situé à des centaines de kilomètres de la ville, dans les profondeurs inexplorées de Ouro... Qui sait ce qu’il y trouvera d’autre? Mais Abram est bien déterminé à recoller les morceaux du passé et à trouver un moyen de rentrer chez lui. Arrivé sur la face cachée de la planète, il ignore que, contrairement aux apparences, il n’est pas seul...

 

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Mon avis

J'avais refermé le tome 1 de ce space opéra sur un sentiment de déception et d'incompréhension. Le scénario m'avait paru plus que flou et le personnage principal d'un ennui mortel. Les multiples pistes ouvertes dans le premier tome se perdaient dans l'infini spatio temporel....

On revient avec ce deuxième volume sur une trame plus terre à terre : le pilote Abram Pollux, toujours en quête d'éclaircissements sur son passé, veut retrouver son vaisseau pour y récupérer des pièces et bricoler un truc pour rentrer chez lui. Pour ce faire il va devoir arpenter la face cachée de la planète Ouro. Il y fera des rencontres inattendues et détonantes.

Le scénario, moins flou que dans le premier tome, n'en est pas pour autant plus captivant. J'ai rarement vu un personnage principal aussi ennuyeux ! On a vraiment du mal à saisir ce qui anime tous les protagonistes et il est absolument impossible d'avoir un brin d'empathie pour eux.

Ce "space opera introspectif aux accents de western initiatique" ne me convainc toujours pas malgré les dessins sublimes de Nic Klein.

Ce dernier arrive à susciter des ambiances inquiétantes grâce à une mise en scène inspirée et une maitrise parfaite de la colorisation. Certaines planches sont d'une beauté époustouflante, presque envoutante.

Le scénario est pénible à suivre, mais on a au moins la satisfaction d'avoir de belles planches à admirer.

Malheureusement, le dessin seul, aussi beau soit-il, ne suffit pas à faire une bonne BD.

 

 

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Loubrun

 

 Une vidéo qui permet d'apprécier le travail de Nic Klein. Impressionnant !

 

 

15/02/2016

Golem

Golem.jpgGolem_pl.jpgAuteur : LRNZ
Éditeur : Glénat Comics
288 pages
Sortie : janvier 2016
Genre : anticipation

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Steno ne peut pas s'arrêter de rêver. Pour une raison quelconque, dans un monde où le moindre besoin est déjà satisfait par le «système», Steno sent qu'il devra, tôt ou tard, réaliser son rêve par lui-même. Il n'imagine alors pas que le monde entier a besoin de lui, de cette capacité à rêver...

 

"Aujourd'hui les chiffres sont formels : tout citoyen Italien a les moyens de s'acheter cette voiture, et posséder un Desmophone est désormais un droit inaliénable"

 

Mon avis

L'histoire se passe en Italie en 2030. La société est prospère et en paix, les gens ont tout ce qu'ils veulent grâce à la technologie qui leur est entièrement dévouée. Un peu trop même ! La société est ultra connectée, le port de l'oreillette est permanent et les gens sont sans cesse sollicités pour consommer ou pour se préserver de risques potentiels. Tout ce qui sort du contrôle de la technologie est dangereux. Un groupuscule, les Shoraï, refuse cette société du bien-être apathique, du confort imposé et du risque aboli qui bloque inexorablement l'accès à un bonheur simple.

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LRNZ, de son vrai nom Lorenzo Ceccotti, est un artiste illustrateur et designer Italien et a ce projet en tête depuis environ 20 ans. Golem est son premier roman graphique. Dans un récit d'anticipation ambitieux, surprenant et déroutant, il dépeint une société où la dictature des multinationales se cache derrière une démocratie de façade, prétextant apporter bonheur et bien-être aux populations tout en exerçant insidieusement un contrôle toujours plus prégnant sur elles.

 

Dystopie* par excellence, ce livre a ceci d'effrayant qu'il nous renvoie un reflet pas si déformé que ça de la société actuelle. Surconsommation, matérialisme galopant, société ultra connectée (regardez le nombre d'objets connectés qui fleurissent un peu partout et supposés améliorer notre quotidien) et paradoxalement de plus en plus individualiste, populations consentantes soumises malgré elles à cet autoritarisme grandissant et à une ingérence de leur vie privée. Le monde aseptisé et étouffant dépeint dans ce récit d'anticipation me fait froid dans le dos tant j'ai parfois l'impression d'en voir les prémices dans la vraie vie...

Sur le fond, Golem est assez réussi et LRNZ nous sert une excellente satire sociale dans une étonnante parabole politique sur la fin de l'économie mondiale.

 

golem,lrnz,lorenzo ceccotti,glénat comics,anticipation,dystopie,technologie,510,012016Je suis en revanche beaucoup plus réservé sur la forme. Non pas parce que ce livre est inclassable et à la croisée d'inspirations diverses, mais parce que je trouve que le propos n'est pas assez clairement mis en scène. Il y a beaucoup de scènes d'action, presque trop, où gros plans et surenchère d'effets nuisent à la lisibilité. De nombreuses planches sont difficiles à lire à cause sans doute d'un découpage qui se veut trop dynamique pour servir un scénario à la fois  dense et abscons. Du coup, la lecture devient vite pénible et l'on décroche du sujet parce qu'on ne peut rentrer dans les planches. Pour ne rien arranger, le graphisme est déroutant. Mélange de styles et d'influences manga, comics et Franco Belge, le dessin très coloré ou alors dans des teintes plus pastelles, est, d'une planche à l'autre très détaillé ou très épuré, avec entre chaque chapitre des peintures réalistes assez sombres. On se noie un peu dans cette abondance de styles qui s'entremêlent sans cesse.

Au final, le travail énorme qu'a fourni l'auteur pour boucler ce livre se voit, mais à la fin de la lecture j'ai ressenti comme une frustration et j'ai eu le sentiment d'un énorme ratage.

Cette histoire, qui prend pourtant 280 pages, aurait mérité un développement plus lent et une narration plus posée, ce qui aurait permis d'exposer plus clairement le propos et de rendre le tout beaucoup plus accessible.

Dommage, parce que le sujet vaut le coup d'être abordé.

 

 

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Loubrun

 

 

* Une dystopie est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie. (src- wikipédia)

Beaucoup de séries BD d'anticipation peuvent entrer dans ce style de récit : SOS Bonheur, Ikigami, L'incal, Golden City, Lazarus ....

 

 

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Le site de l'auteur : http://www.lrnz.it/