29/04/2015

L'ÎLE CARREMENT PERDUE - Tome 2.

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 8/10, humour, 04/2015.L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 8/10, humour, 04/2015.Dessin : Luc Cromheecke - Scénario: Sti

Sortie : 29/04/2015

Editions Kramiek

48 pages – Cartonné

Humour.

 

Résumé (de l’éditeur): Une guerre ouverte entre canards et grenouilles, des Irlandais assoiffés de…bière, des requins, des zombies, et une bien plus terrible menace : des LAPINS !!! Le bar du capitaine est ouvert et c’est happy hour sur les fous rires ! Prenez place à bord.

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 8/10, humour, 04/2015.

 

«L’île carrément perdue n’est définitivement plus déserte dans ce nouveau tome des aventures de notre naufragé et du terrible capitaine MacIntosh!»

 

 

 

Mon avis : L’humour déjanté qui part dans tous les sens, j’adore. Encore plus quand il y une dose de poésie et du « no sense ». Avec «L’île carrément perdue », je suis servi. Sti, le scénariste français du nord de la France, et Luc Cromheecke, le dessinateur belge anversois, s’en donnent à cœur joie pour nous faire rire, multiplier les clins d’œil, raconter des histoires sans queue ni tête mais franchement drôles. Parfois, je me dis : « où vont-ils chercher tout cela ? ». Par rapport au tome 1, la machine continue sa mission de « dézygomatisation » systématique. Impossible de ne pas rire à gorge déployée devant certaines réparties, certaines scènes qui deviendront mémorables. Pourquoi changer un « modus operandi » qui a déjà fait ses preuves ? Si vous n’avez pas lu le premier tome, vous êtes déjà passé à côté d’un sacré bon album de BD d’humour. Reste à vous rattraper en achetant les deux albums ! Demandez cependant avant à votre médecin qu’il vous fasse un « check up » pour éviter la crise cardiaque qui vous guette car le choc risque d’être rude…

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 8/10, humour, 04/2015.

L’album est constitué d’histoires courtes de 2 à 6 pages qui ont été publiées dans le magazine de Spirou. L’album commence par une histoire courte en quatre planches intitulée « canardmageddon ». On rentre directement dans le vif du sujet car les grenouilles partent en guerre contre les canards qui squattent leur étang.Ca ne peut plus durer ! Vous verrez que Jean de la Fontaine va en prendre pour son grade, il est qualifié de « gros mytho » ! Les Irlandais ne resteront pas en reste, eux qui aiment trop la dive bouteille et qui veulent devenir chef à la place du chef ! Mais dans leur fuite, le lecteur va découvrir l’origine de la statue de la liberté…Je vous passe l’histoire de la vigie d’un bateau qui a la maladie d’Alzheimer et qui crie « Terre » alors que le bateau s’est échoué sur la plage de l’île depuis 3 jours. Il y a des références aussi aux collègues Raoul Cauvin ou André Franquin et dans la foulée s’attaque au mythique Charles Darwin. Tout un programme ! Je vous laisse découvrir. Tout est du même acabit tout au long de l’album.

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 8/10, humour, 04/2015.

Luc Cromheecke a un dessin d’humour très expressif tant au niveau des figures que des attitudes de ses personnages. Les animaux le sont tout autant. Ils ont du coup tous les tics des humains et c’est très drôle. Même les Schtroumpfs dérapent sous son crayon.

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 8/10, humour, 04/2015.

Reste la dernière histoire de l’album qui fait fantasmer pas mal de monde dans le landerneau de la BD. Luc Cromheecke va –t-il laisser tomber la série et laisser Sti s’occuper seul du scénario et du dessin ? Ce serait dommage de séparer un tel tandem car le dessin de Cromheecke est un plus, beaucoup plus expressif. Au niveau du scénario aussi, même si celui-ci est crédité entièrement à Sti, Luc Cromheecke est le moteur de l’esprit déjanté, la synthèse d’un humour particulier qui mélange l’humour francophone à l’humour anglo-saxon avec une pincée d’humour flamand  et cette gouaille caractéristique. C’est vrai que la dernière case est dessinée par Sti mais rassurez-vous, Capitol mène l’enquête. Je contacte l’ami Luc de ce pas…

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 8/10, humour, 04/2015.

Bref, pour être court, ne pas lire cet album peut nuire gravement à votre santé !

 

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a08-3e78906.gifMoyenne

 

 

Lien vers la chronique du tome 1 sur Samba BD : ICI.

Liens vers l’interview de Luc Cromheecke sur Samba BD (2014) : ICI.

 

 

Capitol.

 

Avis très important:

Et oui! Capitol a mené l'enquête en contactant directement Luc Cromheecke qui est mort de rire!

"haha! J'ai lu ça aussi sur Planete BD, c'est très rigolo. C'était juste une blague."

Puis il me dit qu'il a un super nouveau projet "Top secret" avec Sti. Les premières planches vont paraître dans Spirou en juin/juillet 2015.

"La série va être quelque chose de vraiment super spécial".

Je connais le titre aussi mais je ne vous le dirai pas, c'est top secret...

 

Capitol.

 

L'île carrément perdue, Cromheecke, Sti, Kramiek, 8/10, humour, 04/2015.

 

28/04/2015

LIGNE B.

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015Dessin & Scénario: Julien Revenu

Sortie : 29/04/2015

Editions Casterman

128 pages – Cartonné

Roman graphique, société, drame, banlieue.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur): Automne 2005. Émeutes dans les banlieues françaises. L’état d’urgence est déclaré. Au bout de la ligne B du RER, Laurent vend des téléphones portables dans un centre commercial. Il a une petite fille qu’il adore. À part elle, sa vie n’est qu’une longue suite d’humiliations : son patron passe ses nerfs sur lui, sa femme le couvre de reproches et il se fait racketter dans les transports en commun. Mais cette fois, c’est l’agression de trop ! Laurent ne va plus se laisser faire. Il va prendre sa vie en main : maintenant, le prédateur ça sera lui ! Du moins c’est ce qu’il croit…

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015

 

«Pas étonnant que certains pètent les plombs. Enfermés entre 4 tours, ils se débattent chaque jour avec le rêve qui leur est imposé : consommer.»

 

 

Mon avis : Chronique d’un drame annoncé…C’est ce que je pourrais titrer pour l’analyse de  cet album de Julien Revenu. Il a participé à la naissance de Médiapart avant d’ouvrir son propre blog « carnet de bord ». Il s’intéresse aux problèmes de société. Il écrit pour le théâtre et collabore avec des associations de lutte contre les discriminations. Il remporte un premier prix du concours « Portraits de ville » organisé par Libération et le prix coup de cœur du MRAP de Perpignan pour l’album Gens du lieu : récit de familles Gens du voyage. Ligne B est en réalité son premier album chez un grand éditeur, à savoir Casterman. L’auteur a aussi bénéficié pour la réalisation de cet album du soutien de la Région Languedoc-Roussillon.

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015

En réalité, c’est l’histoire d’un type qui vit en banlieue, qui a une épouse et une petite fille, un boulot. Mais il est mal dans ses bottes et se fait régulièrement engueuler par son patron qui le prend pour un moins que rien, son épouse. Et en plus il se fait racketter son GSM dans les transports en commun. C’est trop. Il en a marre. Cela doit changer. Il ne va plus se laisser faire. Il change radicalement de look, il ne baisse plus les yeux, il va se faire respecter… Les problèmes commencent…

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015

Le dessin est typique d’un certain dessin de presse, de ces bloggeurs talentueux qui réussissent à se faire remarquer puis embaucher pour raconter en quelques planches la réalité d’une ville, d’un quartier ou encore décrire un phénomène social, économique ou politique qui influence la société. Un dessin pas sophistiqué, loin de là, mais assez détaillé et assez dépouillé que pour être lisible facilement et attirer l’attention de n’importe quel lecteur potentiel. C’est rendre plus accessible un article de presse qui, sans le dessin, passerait pour indigeste. La colorisation est bicolore. On reste dans un schéma minimaliste qui donne au dessin une connotation sombre et uniforme.

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015

Le scénario raconte la vie de Laurent, un banlieusard qui travaille. Il doit subir une certaine violence larvée mais aussi la violence tout court des faibles d’esprit et des gens qui sont tombés dans la délinquance pure et simple. Ces gens qui mettent en coupe réglée une partie de la population. Julien Revenu nous laisse regarder cette montée dans l’exaspération d’un type bien mais qui va déraper en voulant avant tout se faire respecter. Le scénario est bien bâti. On voit le parcours du personnage central qui va crescendo vers son (mauvais)  destin. Mais, je regrette que dès le début on se doute un peu de la fin de l’histoire.

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015

C’est un drame, un sombre drame ! L’éditeur parle dans son résumé d’une fiction haletante au cœur du réel, entre La Haine et Taxi Driver. Quel programme ! Les lecteurs qui aiment ce genre de récit à connotation sociale et aiment avoir les pieds dans la mouise, vont se régaler. Pour ma part, je reste un peu sur ma réserve avec ce genre de récit qui reste glauque et sans réel espoir d’une issue heureuse. Et oui, il en faut pour tous les goûts…

 

a06-3e788fc.gifDessin

 

a07-3e78901.gifScénario

 

a07-3e78901.gifMoyenne

 

 

Lien vers la fiche technique de « Ligne B » chez Casterman : ICI.

Liens vers le blog « Carnet de bord » de Julien Revenu : ICI.

 

 

Capitol.

 

Ligne B, Revenu, Casterman, 7/10, roman graphique, société, drame, banlieue, 04/2015

 

24/04/2015

LA REPUBLIQUE DU CATCH.

La République du catch, De Crecy, Casterman, 8/10, manga, polar, catch, mafia, fantôme, 04/2015La République du catch, De Crecy, Casterman, 8/10, manga, polar, catch, mafia, fantôme, 04/2015Dessin & Scénario: Nicolas De Crécy

Sortie : 15/04/2015

Editions Casterman

220 pages – Broché sous jaquette offset !

Manga à l’européenne, polar, catch, mafia, fantôme.

 

 

Résumé (de l’éditeur): Dans une ville aux airs de New York sur Loire, Nicolas De Crecy nous campe un polar déjanté, dans lequel un marchand de piano mélancolique, bigleux et beaucoup trop petit donne du fil à retordre à sa famille mafieuse. Bébé maléfique, manchot pianiste, courses poursuite et combat de catch entre fantômes, l’imagination de Nicolas de Crécy ne connaît pas de limite. 

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«Le catch n’est peut-être pas un Art recommandable, moins que la musique, sans doute. Mais tellement plus fascinant.»

 

Mon avis : Après une période sabbatique sans BD, à la recherche d’un nouveau style, de nouvelles voies, Nicolas De Crecy replonge dans le bain de la BD mais pas dans n’importe laquelle! Il s’agit en effet d’un manga à l’européenne, lecture de gauche à droite et pas à l’envers comme dans les mangas japonais. C’est un éditeur japonais qui lui a proposé l’aventure et De Crecy a relevé le défi. Ce n’est pas très fréquent qu’un éditeur japonais vienne chercher un dessinateur non-japonais pour publier l’histoire dans une revue japonaise. En effet, « La République du Catch » a été publié entre août 2014 et mars 2015 dans la revue japonaise Ultra Jump et est publié simultanément au japon par Shueisha Publishing et en francophonie par Casterman.

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Quand on feuillette l’album avant de se lancer dans le récit proprement dit, on pense directement à Léon la Came et à l’aventure « A suivre ». J’ai pensé aussi à  la série Salvatore. L’album est en noir et blanc et De Crecy a dû se plier au rythme des mangakas soit environ 23 planches mensuelles. Il avait pris une petite avance de 3 mois sur le planning pour se laisser une sécurité. Mais le potentiel de lecteur est de 200.000 personnes !

Au niveau du dessin, on ne se renie pas ou rarement. On retrouve directement le style de Nicolas De Crecy, même si le style graphique est probablement plus direct, moins précis au niveau des détails. Faire un manga, c’est être à l’usine, faire du travail à la chaîne, même si l’ami De Crecy a anticipé l’affaire. Grosse pression et garder la cadence ! Mais le lecteur Lambda ne verra pas la différence.

 

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Et l’histoire? Déjantée, dans le plus pur style De Crecy. Du Léon La Came, un peu de poésie façon Salvatore,  mais surtout des gros clins d’œil, des ponts lancés entre la BD européenne et le manga japonais tant au niveau des thèmes et que des personnages. Les Yakusas au Japon, les mafieux italien en Europe, l’esprit des ancêtres au Japon, les fantômes en Europe, les personnages sont atypiques allant du nain à la tête à roulette, en passant par un enfant qui n’a pas grandi physiquement mais qui est la dernière des raclures. Ajoutez-y un manchot qui joue magnifiquement bien du piano, vous aurez compris de quel acabit est l’histoire en question. Ajoutez-y enfin les catcheurs européens, le pendant des combattants du Sumo, qui sont en réalité les exécutants des basses œuvres du bébé maléfique…Voilà le programme !

 

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Reste la progression de l’action. Au départ, j’ai eu de l’intérêt. Après une cinquantaine de page, je me suis dit : « où veut-il aller avec ce truc qui part dans tous les sens ? ». En fin d’album, je me suis amusé de voir où De Crecy nous menait. Au final, un exercice de style qui ne manque pas de culot et de talent. Mais, je ne suis pas sûr que tout le monde apprécie à sa juste valeur. Cela devrait plaire aux amateurs de mangas car cela reste dans la tradition de ce genre de récit avec un peu de castagne en prime (inévitable), aux inconditionnels de De Crecy. Pour le reste seul l’avenir nous le dira. Quel va être l’accueil des lecteurs européens et japonais? Quoiqu’il en soit, Casterman y croit et sort un petit dossier de presse très intéressant. L’album est également très bien imprimé. Un bel objet que ne rendra aucun fichier numérique. A noter qu’au verso de la jaquette, le lecteur trouvera un très joli ex-libris imprimé en offset. Oui, il faut parfois se donner la peine de dépiauter l’album. La couverture en dessous de la jaquette sort elle aussi de l’ordinaire avec une impression en relief de signes de l’alphabet japonais (je ne pratique pas le japonais).

Quoiqu’il en soit, une expérience hors du commun pour l’auteur, une aventure littéraire pour les lecteurs. 

 

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Capitol.

 

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21/04/2015

CENTAURUS - Tome 1: terre promise.

Centaurus, Janjetov, Leo, Rodolphe, Delcourt, 8/10, science-fiction, anticipation, aventures,03/2015Centaurus, Janjetov, Leo, Rodolphe, Delcourt, 8/10, science-fiction, anticipation, aventures,03/2015Dessin : Zoran Janjetov - Scénario: Leo & Rodolphe

Sortie : 04/03/2015

Editions Delcourt

48 pages – Cartonné

Science-fiction, anticipation, aventures.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur): La planète Terre est devenue inhabitable. A bord d’un « vaisseau-monde », nos descendants traversent l’espace à la recherche d’une terre d’accueil. Ils croient l’avoir trouvée dans la constellation du centaure. Mais attention aux simulacres et aux pièges…

Centaurus, Janjetov, Leo, Rodolphe, Delcourt, 8/10, science-fiction, anticipation, aventures,03/2015

 

«Depuis que nous sommes enfants, on nous apprend que nous sommes dans un monde normal…Mais nous sommes à l’intérieur d’un vaisseau spatial. Nous sommes nés sur ce vaisseau.»

 

 

Mon avis : Certains éditeurs ne collaborent pas avec Samba BD. C’est le cas de Delcourt qui ne donne pas suite à nos demandes de collaboration. C’est leur droit le plus strict. Nous ne faisons probablement pas partie de leur politique éditoriale. Du coup, nous ne sommes plus dans l’actualité immédiate des sorties de chez Delcourt mais dans une mise à niveau personnelle, suivant nos achats en librairie, question de ne pas mourir idiot dans notre recherche des bonnes séries à découvrir. Je ne vous cache pas que ma priorité va aux éditeurs qui collaborent avec nous et leurs albums sont lus et chroniqués en priorité. Reste les albums d’éditeurs peu ou pas collaborant qui m’intéressent, que j’achète, et qui restent en réalité en « stand-by » sur ma pile d’album à lire. Cette attente peut durer d’une semaine à un an selon mon envie ou mon temps disponible. « Centaurus » fait partie de cette catégorie d’albums et, heureusement pour lui, je l’ai lu rapidement pendant un long week-end froid et pluvieux. Cette petite explication est je pense nécessaire pour nos nombreux lecteurs réguliers (près de 1000 visites par jour sur Samba BD, chiffres « Skynet ») afin qu’ils puissent comprendre le fonctionnement éditorial de notre site.

Centaurus, Janjetov, Leo, Rodolphe, Delcourt, 8/10, science-fiction, anticipation, aventures,03/2015

Cette mise au point étant dite, Delcourt est un poids lourd de l’édition BD et encore plus depuis le rachat de « Soleil». Mon attention a donc été attirée chez mon libraire préféré par cet album « Centaurus ». Les auteurs sont loin d’être des inconnus. Leo et Rodolphe sont au scénario. Leo, c’est toute la saga « Aldébaran » et toutes les séries dérivées (Betelgeuse, Antares, Kenya, etc…). Il est à la fois dessinateur et/ou scénariste. Il a dessiné aussi la série « Trent » scénarisée par Rodolphe. Et voici notre deuxième scénariste. Rodolphe est un bourreau de travail, à la fois inventif et sur tous les fronts. Il a écrit à ce jour plus de 150 albums de BD, excusez du peu ! Il a collaboré avec Leo sur des séries comme Kenya et Namibia. Zoran Janjetov est un dessinateur serbe qui a comme maître en BD « Moebius » pour qui il a travaillé. Il a dessiné la série « Après l’Incal », « Les Technopères »avec Jodorowsky. Toujours avec le même scénariste, il dessine « Ogregod » chez Delcourt également. Ce sont donc des auteurs chevronnés qui nous proposent ici une déclinaison des précédentes séries. Mais ici, ils font confiance à Delcourt plutôt qu’à Dargaud.

Centaurus, Janjetov, Leo, Rodolphe, Delcourt, 8/10, science-fiction, anticipation, aventures,03/2015

Que faut-il en penser ? Plutôt du bien…Le dessin de Janjetov a été fort inspiré par  Moebius  mais on ne peut nier qu’il a également bien assimilé le graphisme de Leo. On croirait voir en effet des planches de Léo mais avec une petit touche supplémentaire dans les ombres et certains détails qui donnent plus de profondeur au dessin. J’ai même pensé par moment à Enki Bilal. Le résultat final est excellent et donne envie dès l’ouverture de l’album de se plonger dans le récit.

Centaurus, Janjetov, Leo, Rodolphe, Delcourt, 8/10, science-fiction, anticipation, aventures,03/2015

Le scénario est à la hauteur des noms des scénaristes. Certains pourraient se tenir : « encore une déclinaison d’Aldébaran »!  Oui, on peut se rapprocher de cette idée. Mais je pense que Leo et Rodolphe n’avaient pas envie de se planter avec cette nouvelle série et qu’ils devaient rester très créatifs dans leurs univers inventés et éviter les répétitions ou les « copier-coller » de ce qu’ils ont fait auparavant. C’est franchement réussi. C’est un vrai changement dans la continuité. Les personnages sont un mélange à la fois typé (les techniciens de la navette) et innovant (les sœurs jumelles, Bram,…). On retrouve une double énigme à la fois sur le vaisseau et sur la planète à investir, ce qui multiplie les questions et les inconnues.

Centaurus, Janjetov, Leo, Rodolphe, Delcourt, 8/10, science-fiction, anticipation, aventures,03/2015

A noter que la première édition de l’album comporte un petit bonus à savoir un ex-libris du meilleur effet. Avis aux amateurs.

La lecture a été passionnante et limpide. C’est de l’anticipation pure, bien dessinée, bien scénarisée. Lorsque j’ai fermé l’album, j’avais déjà envie de lire la suite. Il faudra attendre hélas…Jusqu’à la dernière planche, le lecteur se pose des questions et sent un danger imminent. Franchement, une des bonnes sorties de ces deux derniers mois !

 

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Capitol.

 

Centaurus, Janjetov, Leo, Rodolphe, Delcourt, 8/10, science-fiction, anticipation, aventures,03/2015