19/04/2015

PETIT-FILS D'ALGERIE.

Petit-fils d'Algérie, Alessandra, Casterman, 9/10, voyage, Histoire, famille, algérie, racines, 04/2015Petit-fils d'Algérie, Alessandra, Casterman, 9/10, voyage, Histoire, famille, algérie, racines, 04/2015Dessin & scénario: Joël Alessandra

Sortie : 15/04/2015

Editions Casterman

128 pages – Cartonné

Voyage, Histoire, famille, Algérie, racines.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur): La famille de Joël Alessandra est originaire d’Italie. Au début du XXe  siècle, elle a quitté la misère pour l’Eden que représentait l’Algérie, un morceau de la France où tout était à construire. À l’aune de ce que l’histoire a retenu des ‘colons’, Joël se pose une question légitime. Ses grands-parents étaient-ils des exploiteurs, des racistes, des esclavagistes ? Étaient-ils proches de l’OAS ? Ils ont tout quitté du jour au lendemain, ruminant à jamais une rancœur profonde et légitime contre ce pays, ses habitants et bien sûr De Gaulle. En 2013, armé de son passeport et d’un visa (et accompagné de l’ « indispensable» guide sur place), Joël se rend pour la première fois à Constantine, ville de sa famille. Il est prêt à affronter ses craintes et ses doutes. Ce livre retrace son parcours… semblable à celui de milliers de familles.

Petit-fils d'Algérie, Alessandra, Casterman, 9/10, voyage, Histoire, famille, algérie, racines, 04/2015

 

«Joël, les tiens étaient tout sauf racistes !   Ils parlaient couramment arabe! Ils aimaient l’Algérie, ils aimaient les algériens ! »

 

 

Mon avis : En mars 2014, j’avais eu un coup de cœur pour l’album de Joël Alessandra intitulé « Errance en mer rouge ». Cet album a remporté des prix et a été très bien accueilli par le public et la critique. Joël Alessandra avait répondu à notre demande d’interview. Je vous renvoie vers les liens en fin de chronique pour mémoire ou découverte de cet album et de son auteur.

Petit-fils d'Algérie, Alessandra, Casterman, 9/10, voyage, Histoire, famille, algérie, racines, 04/2015

En ce mois d’avril 2015, Joël Alessandra, né à Marseille en 1967 et domicilié près d’Uzès dans le Gard, nous propose à nouveau d’effectuer un voyage, une immersion en Algérie. Mais ce n’est pas n’importe quel voyage ! En effet, il part sur les traces de son père, de son grand-père, de sa famille qui y ont vécu entre le début du XXe siècle et l’indépendance de l’Algérie. La famille Alessandra est d’origine italienne, naturalisée française en Algérie française, puis forcée de tout quitter pour s’installer en France. Ce sont ce qu’on appelle des « pieds noirs ». C’est donc un voyage physique mais aussi et surtout mental, émotionnel que nous propose Joël Alessandra. Que va-t-il découvrir sur sa famille ? A-t-elle laissé des traces, des souvenirs ? La famille Alessandra s’y est-elle bien comportée ? C’est donc dans l’inconnu, le doute et l’appréhension, que l’auteur va nous livrer dans cet album le récit détaillé de son périple algérien. Il est non seulement le dessinateur mais aussi le voyageur, le narrateur, le « reporter » sur le terrain.

Petit-fils d'Algérie, Alessandra, Casterman, 9/10, voyage, Histoire, famille, algérie, racines, 04/2015

Au niveau du dessin, il assure un maximum. Comme pour « Errance en mer rouge », il mélange les planches de BD classiques à d’autres plus libres dans la construction. Viennent en plus  se greffer des photos de famille, d’immeubles, des cartes postales, des papiers officiels, un ticket d’avion, des reproductions de son carnet de croquis,... C’est vraiment l’album type de voyage au départ. Les mises en couleur directes sont aussi un atout dans la réalisation de cet album. Le seul petit bémol (mais vraiment petit) c’est parfois l’expressivité des visages qui manque un peu de « peps » mais ce n’est que quantité négligeable dans l’ensemble.

Petit-fils d'Algérie, Alessandra, Casterman, 9/10, voyage, Histoire, famille, algérie, racines, 04/2015

Mais « le truc » de Joël Alessandra, c’est le scénario. Cette touche hors du commun pour sortir du voyage commun pour rentrer dans une vraie aventure avec ses incertitudes, ses zones d’ombres et de lumières. Ici, c’est sa propre histoire familiale qui le centre d’intérêt du voyage en Algérie. Retrouver ses racines, ses ancêtres, découvrir quelles furent leurs œuvres et leurs vie en Algérie. Est-ce qu’ils s’y sont bien comportés? Etaient-ils bien intégrés? Ce sont les grandes questions que se posait l’auteur au moment de son départ de France. Au fil de l’album, on suit l’auteur dans sa démarche, son approche personnelle, dans la confusion de ses sentiments. Avec en fin de compte, une délivrance et un réconfort pour l’auteur qui va découvrir sur place, de visu, ce qu’il avait entrevu dans des documents familiaux. Les Alessandra ont été des travailleurs acharnés, des bâtisseurs dont la ville de Constantine se souvient encore. C’est très fort et très bien raconté avec délicatesse et le recul suffisant.

Petit-fils d'Algérie, Alessandra, Casterman, 9/10, voyage, Histoire, famille, algérie, racines, 04/2015

On découvre également la ville de Constantine et l’Algérie en elle-même avec ses sites archéologiques de qualité dont celui de Djemila, époustouflant. Cet album est également un magnifique plaidoyer pour le tourisme algérien…

Petit-fils d'Algérie, Alessandra, Casterman, 9/10, voyage, Histoire, famille, algérie, racines, 04/2015

Cet album m’a vraiment touché ! C’est plein de découvertes mais aussi de sentiments. Joël Alessandra nous communique ses émotions profondes. C’est exceptionnel et émouvant.

Oui, Joël, ta famille en Algérie, c’étaient des gens bien. Tu peux être très fier d’eux! Et tout est dit… Merci pour ce partage sans égal.

 

 

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a09-3e78912.gifMoyenne

 

 

 

Lien vers la fiche technique de l’album « Petit-fils d’Algérie » chez Casterman: ICI.

Lien vers la chronique de l’album « Errance en mer rouge » sur Samba BD : ICI.

Liens vers l’interview de Joël Alessandra (en 2014) sur Samba BD : ICI.

 

 

Capitol.

 

Petit-fils d'Algérie, Alessandra, Casterman, 9/10, voyage, Histoire, famille, algérie, racines, 04/2015

 

 

 

16/04/2015

AVANT L'HEURE DU TIGRE - La voie Malraux.

Avantl'heure du tigre, Collignon, Greiner, Glénat, 7/10, Boigraphie, Malraux, Art, Cambodge, féministre, Goldschmidt, 04/2015Avantl'heure du tigre, Collignon, Greiner, Glénat, 7/10, Boigraphie, Malraux, Art, Cambodge, féministre, Goldschmidt, 04/2015Dessin : Daphné Collignon - Scénario: Virginie Greiner

Sortie : 01/04/2015

Editions Glénat

168 pages – Cartonné

Biographie, Malraux, Art, Cambodge, féminisme.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur): Paris, 1920. Clara Goldschmidt, une jeune et brillante femme de lettres, entre comme traductrice à la revue Action, où elle ne passe pas inaperçue. C’est en fréquentant les milieux d’avant-garde qu’elle fait la rencontre d’un certain André Malraux, avec qui elle va rapidement se marier. Intellectuelle, libre, créative, Clara va cependant réaliser tout le poids de la misogynie de son époque et de son mari. Alors qu’elle l’initie aux arts d’autres civilisations comme les Khmers d’Angkor Vat, alors qu’elle lui ouvre progressivement l’esprit, celui-ci continue de considérer la culture comme « une affaire d’hommes ». C’est d’ailleurs sur une idée d’André que les deux amants décident de partir dans la jungle cambodgienne, à la découverte de ces civilisations et de leurs richesses...

Avantl'heure du tigre, Collignon, Greiner, Glénat, 7/10, Boigraphie, Malraux, Art, Cambodge, féministre, Goldschmidt, 04/2015

 

«Pour lui, la culture est une affaire d’hommes. Je dois l’écouter, l’admirer et…me taire ! »

 

Mon avis : Il s’agit d’un roman graphique dans la collection « Hors collection » (ce n’est pas moi qui l’ai inventée !) inspiré de l’autobiographie de Clara Goldschmidt, l’épouse d’André Malraux, intitulé « Nos vingt ans ». Les auteurs l’ont adaptée avec l’accord des ayants droits. Un album volumineux et qui ne se lit pas en quelques minutes. Entièrement en noir et blanc, il raconte un moment clé dans la vie du couple Malraux.

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Virginie Grenier est la compagne de Frank Giroud. Journaliste, écrivaine, elle travaille également comme scénariste pour la BD. Elle a collaboré à la série « Destins » (Tome 2) et au scénario de « Pâques avant les rameaux » (collection Secrets de Dupuis). Ses ouvrages mettent en lumière la sensibilité féminine et sont une réflexion sur notre société. Daphné Colignon s’est lancée dans le dessin et la BD depuis 2003.Elle publie plusieurs albums en solo puis collabore à la série « Destins ». Il s’agit surtout d’albums privilégiant l’introspection.

Avantl'heure du tigre, Collignon, Greiner, Glénat, 7/10, Boigraphie, Malraux, Art, Cambodge, féministre, Goldschmidt, 04/2015

La vie des grands artistes, peintres et écrivains, m’a toujours intéressé. En recevant l’album qui porte le sous-titre : « La voie Malraux », mon attention était déjà mise en éveil. Malraux fut un grand écrivain et connait la consécration avec son roman « La condition humaine » (prix Goncourt en 1933). Aventurier, autodidacte, homme politique, intellectuel français, il a eu une vie bien remplie. Ses prises de positions politiques lui vaudront de participer à la guerre d’Espagne, d’être un compagnon du Général de Gaulle, d’être Ministre de la Culture de 1959 à 1969.Il est décédé à l’âge de 75 ans le 23 novembre 1976. Son corps sera transféré au Panthéon en 1996. Mais le personnage principal de l’album n’est pas en réalité André Malraux mais plutôt sa première épouse Clara Goldschmidt, une brillante femme de lettres et traductrice qui fréquente les milieux d’avant-garde à Paris en 1920. C’est là qu’elle rencontre André Malraux, ce qui nous vaut cet éclairage particulier. Clara est féministe, André Malraux est un affreux macho qui pense que seuls les hommes sont capables d’aller au fond des choses quand il s’agit de s’occuper de l’Art ! Alors que c’est son épouse Clara qui l’initie à l’Art Khmer et asiatique ! Cet album nous donne un éclairage plus sombre de la personnalité d’André Malraux. Il n’est pas uniquement un intellectuel de talent. Il est plein de défauts et tire derrière lui des casseroles dont la fameuse affaire du vol d'œuvres d'art à Angkor qui lui a valu une condamnation et un emprisonnement. Il avait fait avec la fortune personnelle de son épouse de mauvais placements en bourse. Il est parti au Cambodge avec l’arrière-pensée de piller des temples cambodgiens et de se refaire en vendant ces antiquités à de riches collectionneurs américains. Sa réaction fut la suivante lorsque Clara lui demande ce qu’il va faire suite à ce revers de fortune : « Vous ne pensez pas que je vais aller travailler ? ». Pas évident d’être la femme d’André Malraux !

Avantl'heure du tigre, Collignon, Greiner, Glénat, 7/10, Boigraphie, Malraux, Art, Cambodge, féministre, Goldschmidt, 04/2015

L’adaptation de cette période du début des années 1920 est remarquable faite par le duo d’auteurs et rend la lecture fluide et agréable. Les bons choix ont été faits dans la narration et le découpage. Les répliques entre les personnages font mouche rendent bien l’état d’esprit des personnages en présence. Le dessin de Daphné Collignon donne une teinte sombre, tourmentée par moment. Il est dépouillé, même parfois plutôt basique, peu détaillé. Est-ce voulu ? Par contre, certaines œuvres d’Art sont très bien rendues, une attention particulière y a été apportée. C’est le petit bémol de cet album. Ne vous attendez pas à un dessin grandiloquent, on est dans une narration efficace mais sans beaucoup de paillettes.

Avantl'heure du tigre, Collignon, Greiner, Glénat, 7/10, Boigraphie, Malraux, Art, Cambodge, féministre, Goldschmidt, 04/2015

Un album très intéressant et qui rend bien les sentiments contradictoires et les rapports compliqués entre Clara Goldschmidt et André Malraux. André Malraux en prend pour son grade mais c’est fait tout en sensibilité.

 

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Lien vers la fiche technique de l’album chez Glénat: ICI.

 

Capitol.

 

Avantl'heure du tigre, Collignon, Greiner, Glénat, 7/10, Boigraphie, Malraux, Art, Cambodge, féministre, Goldschmidt, 04/2015

 

15/04/2015

SOUCOUPES.

Soucoupes, Obion, le Gouëfflec, Glénat, 8/10, roman graphique, uchronie, extra-terrestre, humour, 04/2015Soucoupes, Obion, le Gouëfflec, Glénat, 8/10, roman graphique, uchronie, extra-terrestre, humour, 04/2015Dessin : Obion - Scénario: Arnaud le Gouëfflec

Sortie : 01/04/2015

Editions Glénat

88 pages – Cartonné

Roman graphique, uchronie, extra-terrestre, humour.

 

 

Résumé (de l’éditeur): Dans un délicieux univers uchronique où les êtres humains et les aliens cohabitent à la façon d'un film des années 1950, Christian est un cinquantenaire un peu blasé. Disquaire dans un monde où l’humanité a fait sa grande rencontre du troisième type avec une espèce hyper évoluée, il a du mal à envisager l’avenir de sa profession. Et pourtant un jour, l’un de ces robots extra-terrestres, curieux, franchit le pas de sa porte pour lui demander d’écouter de la « musique humaine ». Agacé, intrigué puis amusé, Christian sympathise petit à petit avec cet être venu d’ailleurs... Il se met même en tête de lui faire découvrir les différentes formes d’art : il lui fait écouter de la musique de tous les horizons, l’emmène dans les musées, l’initie à la philosophie... il lui passe même ses revues pornos ! Un jour, Christian découvre une chose incroyable : son ami de métal a le pouvoir de projeter les gens à l’intérieur des œuvres !

Soucoupes, Obion, le Gouëfflec, Glénat, 8/10, roman graphique, uchronie, extra-terrestre, humour, 04/2015

 

«La terre est ronde mais la vie est plate… »

 

 

Mon avis : La collection « 1000 feuilles » de chez Glénat  réunit des albums atypiques qui mettent en avant un graphisme audacieux et un scénario sortant des sentiers battus (et rabattus). Soucoupes, l’album dessiné par Obion et scénarisé par le détonnant Arnaud le Gouëfflec, fait partie de cette collection et répond tout à fait à ces critères.

Obion, alias Erwan Lucas, est un illustrateur, scénariste et dessinateur français. Il vit à Brest. Il a déjà de nombreuses collaborations dont une avec Arnaud le Gouëfflec pour l’album « Vilebrequin » paru chez Casterman KSTR en 2007. Il a aussi repris « Donjon crépuscule » et fait partie de l’Atelier Mastodonte de chez Dupuis.

Soucoupes, Obion, le Gouëfflec, Glénat, 8/10, roman graphique, uchronie, extra-terrestre, humour, 04/2015

Arnaud le Gouëfflec est un scénariste de BD, romancier, musicien et auteur de chansons et professeur de français dans le Finistère en France. Bref, le Monsieur a des journées chargées ! Au niveau de la BD, signalons qu’il a été le scénariste d’albums tels que « Topless » (2009), « le chanteur sans nom » (2011- très remarqué par la critique), « J’aurai ta peau, Dominique A »(2013).

L’histoire est simple mais fallait y penser. Un disquaire, la cinquantaine, se tracasse pour son commerce. Qui s’intéresse encore aux disques aujourd’hui ? Au même moment, on annonce qu’une vague d’extra-terrestres pacifistes arrivent sur terre et se mêlent à la population. Un de ceux-ci rentre dans son magasin et demande à écouter de la musique humaine. Ils vont apprendre à faire connaissance et là débute l’histoire…

Soucoupes, Obion, le Gouëfflec, Glénat, 8/10, roman graphique, uchronie, extra-terrestre, humour, 04/2015

Le dessin d’Obion fait penser en effet à un dessin vintage, année 50-60, à mi-chemin entre la réalité et la caricature. A partir de là, commence ce saut vers le futur avec l’arrivée des extra-terrestres. La démarche est un peu la même que celle d’Antonio Lapone pour l’album Adam Clarks, si ce n’est que le graphisme est ici plus en rondeur et moins dans le style « Atome ‘58 ». Les couleurs sont diverses et donnent en fonction du scénario tantôt une touche de chaleur, tantôt une touche plus futuriste ou plus sombre, selon les états d’âme du personnage principal. Le tout donne un dessin qui sert bien le récit et lui donne un ton humoristique et bon enfant.

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Le scénario est à lui seul un exemple de construction intelligente. On part d’une situation banale puis on vire rapidement dans un schéma classique de science-fiction avec l’arrivée des soucoupes volantes. Mais où cela devient innovant, drôle, attachant, empreint d’une certaine poésie, c’est lorsque l’humain répond à la volonté d’apprendre de l’extra-terrestre. Cette sorte de robot venu d’une autre galaxie, veut découvrir ce qu’est la musique que l’on écoute sur la terre. Pour se moquer de lui, le disquaire lui donne ce qui est pour lui le disque le plus nul qu’il puisse entendre à savoir « Ascension » de John Coltrane. Pas de chance, l’extra-terrestre a bien aimé cette musique. Il revient dans son magasin et lui demande d’autres disques. De fil en aiguille, ils vont se fréquenter de plus en plus. Enfin, la vie privée du disquaire va interférer sur cette relation. Le résultat ne sera pas nécessairement celui attendu au départ. D’où l’idée de base de la relation de l’Art avec les sentiments humains ou avec des extra-terrestres. L’humour est permanent mais aussi une certaine désillusion de la vie avec ses tracas, ses coups du sort mais aussi ses opportunités de s’ouvrir vers l’inconnu, vers de nouvelles découvertes et aventures. En fin de compte, nous avons une fin de récit très optimiste et positive.

Soucoupes, Obion, le Gouëfflec, Glénat, 8/10, roman graphique, uchronie, extra-terrestre, humour, 04/2015

J’ai eu l’impression par moment que le scénariste voulait me refiler sa collection de vinyles. Les références discographiques sont multiples surtout en ce qui concerne la musique jazz et pop des années ’60. J’ai passé un excellent moment en suivant les péripéties de la vie de Christian, le disquaire et de son pote, cette espèce de robot en visite sur terre. Assurément une petite surprise pour ma part. Je ne m’attendais pas à trouver un album si bien fagoté. En plus, c’est un album one-shot mais un bon scénariste peut toujours pondre facilement une suite à ce genre d’histoire…

Soucoupes, Obion, le Gouëfflec, Glénat, 8/10, roman graphique, uchronie, extra-terrestre, humour, 04/2015

 

 

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Lien vers la fiche technique de l’album chez Glénat: ICI.

Liens vers le site internet d’Obion : ICI.

Liens vers le site internet d’Arnaud le Gouëfflec : ICI.

vidéo de" Ascension" de John Coltrane:


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Capitol.

 

 

soucoupes,obion,le gouëfflec,glénat,810,roman graphique,uchronie,extra-terrestre,humour,042015

 

11/04/2015

LE SPIROU DE TEHEM, MAKYO & TOLDAC – N°8 : LA GROSSE TÊTE.

Spirou, la grosse tête, Tehem, Makyo, Toldac, Dupuis, 7/10, aventure, humour, 03/2015Spirou, la grosse tête, Tehem, Makyo, Toldac, Dupuis, 7/10, aventure, humour, 03/2015Dessin et couleurs de Tehem 

Scénario: Makyo et Toldac

Sortie : 20/03/2015

Editions Dupuis

72 pages – Cartonné

Aventure, humour.

 

 

Résumé (de l’éditeur): Fantasio est un cachottier : depuis des années, il consigne, avec force détails, toutes les aventures qu'il a vécues avec Spirou. Mais là, il a décidé de passer à la vitesse supérieure et, sur base de ses souvenirs de La mauvaise tête, il s'isole pour écrire un roman. Le livre sort et Spirou est un peu surpris par son contenu. Visiblement, Fantasio a gonflé son propre rôle. Premier petit accroc entre les deux amis. Mais Spirou relativise : après tout, ils ont bien le droit d'avoir des souvenirs légèrement différents de cette aventure.

Spirou, la grosse tête, Tehem, Makyo, Toldac, Dupuis, 7/10, aventure, humour, 03/2015

 

 

«Comment peux-tu être aussi désinvolte et insensible au malheur des bretzelburgeois ! »

 

 

Mon avis : Le Spirou de…est la série qui permet à des auteurs de réaliser « leur » Spirou tout en laissant libre cours à leur interprétation. Cela donne parfois des albums décoiffants, d’autres moins bien réussis. Tehem s’y met au dessin, Makyo et Toldac au scénario. Makyo, je connais mais je dois avouer que Tehem et Toldac ne me disent pas grand-chose.

Spirou, la grosse tête, Tehem, Makyo, Toldac, Dupuis, 7/10, aventure, humour, 03/2015

L’histoire démarre à partir de l’album « la mauvaise tête » dessiné et scénarisé par Franquin en 1954. Fantasio décide d’écrire un livre sur base de notes qu’il a consignées sur base de ses souvenirs de la mauvaise tête. Mais des divergences vont apparaître entre Spirou et Fantasio sur des « détails ». De plus, le livre de Fantasio va être adapté et réalisé au cinéma mais en fin de compte c’est Spirou qui reçoit les honneurs alors que Fantasio est oublié. D’où des grosses frustrations. Qui a attrapé la grosse tête ? Voilà le pitch de départ puis viens se greffer la politique bretzelburgeoise…

Spirou, la grosse tête, Tehem, Makyo, Toldac, Dupuis, 7/10, aventure, humour, 03/2015

Le dessin de Tehem a de quoi déstabiliser quand on connait le trait de ses prédécesseurs. Quand j’ai feuilleté rapidement pour la première fois l’album, je me suis dit : « qu’est-ce que ce truc ? ». Il faut passer outre ses préjugés et rentrer dans l’histoire. Les personnages sont ressemblants mais beaucoup plus rond au niveau de la tête et plus filiforme au niveau des corps. On est plutôt dans un dessin à la Trondheim, plus basique, plutôt que du côté de chez Franquin. Faut s’y faire mais après quelques pages, c’est passé comme une lettre à la poste.

Spirou, la grosse tête, Tehem, Makyo, Toldac, Dupuis, 7/10, aventure, humour, 03/2015

Le scénario de Makyo et de Toldac se veut inventif et base son développement sur le phénomène de la notoriété tel qu’il se pratique à notre époque où les « vedettes » sont « paparazzés ». On ne voit qu’eux dans les magazines, les journaux, à la télévision, dans les médias. Attention, à la grosse tête ! Les amis vont-ils se brouiller pour des bêtes questions d’égo alors qu’il y a des événements autrement plus importants de par le monde ? C’est un peu la question du jour qui est terriblement d’actualité ces derniers temps.

Spirou, la grosse tête, Tehem, Makyo, Toldac, Dupuis, 7/10, aventure, humour, 03/2015

Ce huitième album de la série se lit facilement même s’il ne va pas laisser une trace indélébile dans ma mémoire. C’est bien  réalisé, c’est humoristique, un bon moment de lecture, mais sans plus. Cela ne vaut pas le Spirou de Schwartz et Yann, la référence absolue. Désolé de devoir le dire mais c’est la déduction que j’en ai faite. C’est mon avis personnel. Mais, suis-je le public cible ?

Spirou, la grosse tête, Tehem, Makyo, Toldac, Dupuis, 7/10, aventure, humour, 03/2015

C’est un album pour tous les publics. Il a dû faire un carton lors de sa pré-publication dans le journal de Spirou. Il va plaire surtout à un jeune public et aux amateurs inconditionnels de Spirou, sous toutes ses formes, car cela reste une étude de style…

 

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Lien vers la fiche technique de l’album chez Dupuis: ICI.

 

Capitol.

 

Spirou, la grosse tête, Tehem, Makyo, Toldac, Dupuis, 7/10, aventure, humour, 03/2015