03/11/2010

LUCKY LUKE CONTRE PINKERTON

115925_c.jpg115925_pla.jpgDessin : Achdé - scénario : Daniel Pennac et Tonino Benacquista

D’après Morris

Editions Lucky comics

Sortie le  15/10/2010

Prix conseillé : 9,95 €

Genre : Western humoristique

Résumé (de l’éditeur) : Rentré d'une mission secrète au Mexique, Lucky Luke découvre qu'un nouveau héros a conquis l'Ouest. Allan Pinkerton, adepte de méthodes d'investigation révolutionnaires et de la tolérance zéro, veut pousser le justicier solitaire vers la retraite afin de gagner les faveurs du président Lincoln.

 

Mon avis : Exit Laurent Gerra (fort controversé), bonjour Daniel Pennac (prix Renaudot 2007 – La débauche avec Tardi en 2000) et Tonino Benacquista (l’outremangeur avec Fernandez). Un nouveau duo de scénaristes, issus du roman, s’y atèle. Achdé au dessin nous livre un travail digne de Morris, le mimétisme est extraordinaire.

La forme, il n’y a vraiment rien à dire, pas de mouron à se faire. Reste le contenu et plus particulièrement le scénario, la pierre angulaire de l’édifice, le « gros problème récurrent » de la série actuelle.

Les auteurs se sont basés sur deux éléments réels à savoir Alan Pinkerton (un personnage déjà rencontré dans plusieurs séries) et le complot de Baltimore. C’est toujours un excellent début pour broder une histoire qui tient la route. Reste le traitement de l’histoire et surtout, le plus difficile, trouver le recul nécessaire pour soupoudrer le tout d’un humour de bon aloi, juste à bonne dose, sans pour autant polluer le récit. En d’autre terme, ne pas faire du Gerra période « Belle Province » et essayer de s’approcher de l’œuvre du Maître « Goscinny ». La quadrature du cercle ? Pas nécessairement. Et je pense que le duo Pennac-Benacquista n’est pas loin de la « grande distinction », même si  par moment le background est plutôt sombre (le fichage des individus, les fausses rumeurs, la délation, l’emprisonnement sans discernement, la naissance des prémices du Big Brother,…).On est loin de la franche rigolade mais cela reste cependant léger dans le ton, avec quelques bonnes trouvailles, et c’est le principal. Au final, c’est une histoire qui tient la route, bien montée, avec des rebondissements, avec la présence des Daltons qui font avancer l’histoire de façon très intelligente. Non, vraiment, cet album ne dépareille pas avec les meilleurs albums de la série. C’est en fin de compte un excellent travail qui ravira beaucoup de lecteurs. Pour moi, le pari des éditeurs est réussi. Je sais qu’il y aura toujours des gardiens du temple ronchons qui râleront sur la comparaison avec le duo Morris-Goscinny. Personne n’est éternel, les cimetières sont remplis de gens irremplaçables. Mais il faut parfois savoir faire son deuil et évoluer. Des albums comme ceux-là, j’en veux bien d’autres…L’avenir nous dira si la formule est reconduite pour un prochain album.

 

 

7,5 /10

 

 

Capitol.

 

 

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02/11/2010

KRAA - Tome 1: La vallée perdue

Couv_114937.jpgPlancheA_114937.jpgDessin et scénario : Benoît Sokal

Editions Casterman

Sortie le  22/09/2010

Prix conseillé : 18 €

Genre : Western écologique

Résumé (de l’éditeur) : C’est une vallée très reculée, quelque part au fin fond d’un pays froid qui pourrait être l’Alaska ou la Sibérie. Presque personne n’y vit, hormis la faune sauvage et un peuple autochtone discret. Hélas, le sous-sol regorge de matières premières et bientôt les affairistes déferlent, pressés d’y construire une ville, des mines, un barrage…Les premières exactions surviennent ; personne ne doit faire obstacle au « progrès ». Mais il y a pourtant un témoin silencieux à cet immense désordre : Kraa, un jeune aigle très puissant qui a appris la survie, maître secret de la vallée. Avec Yuma, un adolescent indien dont on vient de massacrer la famille, et avec lequel il a développé un lien d’essence chamanique, Kraa, dont la voix off sert de fil rouge au récit, entre en résistance…

 

Mon avis : C’est le retour en force de Benoît Sokal ! Bien connu pour sa série Canardo, une série polar animalière et pour son implication dans des jeux vidéo (l’Amerzone,…), Sokal se lance  maintenant dans un projet ambitieux, une sorte  western écologique dans le Grand Nord avec une veine plutôt réaliste.

Ce qui frappe de premier abord, c’est la beauté du livre. Casterman a réalisé un beau livre, très classe, avec une couverture blanche du meilleur effet et un dessin excellent qui donnent envie d’aller voir à l’intérieur. Dès l’ouverture du livre, c’est comme un film en cinémascope 3D. L’auteur donne la pleine puissance de son talent pour dessiner l’aigle dans son milieu naturel. C’est beau, c’est impressionnant…Les couleurs restent dans les teintes brunes, foncées. C’est voulu. Sokal noircit le trait pour instaurer une ambiance lourde et annonciatrice des pires événements…Le trait est précis, sans concession, très expressif tant au niveau des animaux que des personnages. La force du graphisme se mêle à un scénario solide, qui va à l’essentiel, sans dialogue bavard. Le juste équilibre entre la narration graphique et la narration écrite. Au final, un résultat qui vaut le détour et qui restera pour moi un des grands albums de la rentrée 2010.Ce livre a un souffle, une âme et consacre un grand auteur et une future grande œuvre.

 

9,0 /10

 

Capitol.

 

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29/10/2010

AWRAH - Tome 1: La rose des sables

Awrah1_01072009_215758.jpgAlbawrah1_01072009_215758.jpgDessin : Ana Luiza Koehler

Scénario : Christian Simon & Fuat

Editions Daniel Maghen

Sortie le  02/07/2009

Prix conseillé : 14 €

Genre : Drame

Résumé (de l’éditeur) : Awrah retrace l'histoire belle et tragique d'un jeune orphelin prénommé Tahar. A l'époque du règne de Haroun-al-Rachid, vers l'an 800, le jeune garçon, vif comme l'éclair et dénué de tout scrupule, exerce la profession de voleur dans la ville de Bassorah. L'insaisissable est pourtant arrêté, et c'est au moment où il va être puni que son destin bascule : l'homme le plus respecté de la ville, le Maître Nassim el Abar, lui offre sa protection, l'accueille dans sa maison et le considère bientôt comme son fils. Mais le sort lui enverra, sous les traits d'un frère jaloux, l'abominable Mounir, et de Nadia, une jeune berbère à la beauté envoûtante, la plus terrible des épreuves.

 

Mon avis : Retour sur une sortie qui date de l’année dernière. Il s’agit donc d’une session de rattrapage pour moi. Entre-temps, le tome 2 est sorti en librairie en mai 2010. Cet album a été encensé par une certaine critique et je pense que c’est justifié. Les auteurs nous emmènent dans le Moyen-Orient vers l’an 800 avec l’histoire d’un enfant adopté par un notable de la ville. L’arrivée de Nadia, une jeune berbère va mettre le feu aux poudres. Cela nous vaut des planches dignes de la série  « Djinn », premier cycle. Le dessin se fait sensuel, lisse, magnifique…Quelques planches plus tard, c’est la furie, la violence, la haine…Autant de sentiments qui passent grâce aux talents et par le crayon d’Ana Luiza Koehler. La vie de l’époque, les décors et les vêtements des personnages sont très bien décrits. Il ne faut pas beaucoup se forcer pour rentrer dans l’histoire et c’est avec impatience que j’attends de lire la suite de ce très bel album.

 

8,0 /10

 

Capitol.

 

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28/10/2010

L'ASSASSIN QU'ELLE MERITE - Tome 1: Art nouveau

Couv_115156.jpgPlancheA_115156.jpgDessin : Yannick Corboz

Scénario : Wilfrid Lupano

Editions Vents d’Ouest

Sortie le  22/09/2010

Prix conseillé : 13.50 €

Genre : Drame

Résumé (de l’éditeur) : Vienne, 1900. Deux riches noceurs, désabusés et cyniques portent un regard impitoyable sur ce milieu artistique viennois de la Sécession qui prétend révolutionner l’art. Un soir d’ivresse, ils font le pari de transformer un jeune homme pauvre en ennemi de la société, de le façonner à leur guise, comme une œuvre d’art vivante. Ils choisissent le jeune Victor qui passait par là. À leur côté, le jeune homme va découvrir des plaisirs insoupçonnés derrière les murs de la plus prestigieuse maison close de Vienne. Un monde de volupté et de raffinement s’ouvre à lui. Un monde dans lequel il y a la merveilleuse Mathilde. Un monde qui n’est pas le sien. Quel sera le prix à payer pour que le rêve se poursuive ?

 

Mon avis : Je dois avouer que je me suis procuré cet album suite à la lecture de l’excellent magazine (dBD) qui a classé cet album dans ses « must ».Alors qu’il vient à peine de sortir au mois de septembre, il était déjà sur les rayons de mon bouquiniste préféré…L’occasion fait le larron…De prime abord, lorsque j’ai feuilleté l’album pour la toute première fois, le graphisme n’était pas là pour me rassurer. Les décors soignés et dessinés aux traits fins tranchent par rapport à des personnages mis à l’encre avec des traits épais et appuyés, pas spécialement très esthétiques. Un peu plus de simplicité dans les traits aurait donné un ensemble plus cohérent sur le plan graphique. Encore une mise au net qui n’arrange pas le dessin original…Les couleurs sont dans les tons gris et sombres. C’est l’histoire qui veut cela mais je dois bien avouer que cela n’a pas boosté mon enthousiasme au début de la lecture. Reste le scénario. Sans être original, il s’inspire beaucoup d’une certaine littérature anglo-saxonne de la fin du  19eme siècle, début du 20eme siècle, il n’en est pas moins bien amené et l’histoire se laisse lire sans problème. C’est bien raconté, les personnages sont justes sans tomber dans la caricature. Le lecteur suit pas à pas la mise en place de la machination et de la descente aux enfers d’un jeune homme ambitieux mais pas trop futé en fin de compte. Un beau miroir aux alouettes. Cet album est en résumé de bonne facture mais pas pour autant le chef d’œuvre annoncé. Probablement une question de sensibilité. A vous de le découvrir et de vous faire votre avis personnel.

 

7,0 /10

 

Capitol.

 

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