22/05/2010

UN LONG DESTIN DE SANG- Acte 1.

Couv_108238PlancheS_24258Dessin : Bedouel  

Scénario : Bollée

Editions 12bis

Résumé (de l'éditeur) : 31 mars 1918. Paris est bombardée par un canon allemand à longue portée situé au nord de la capitale.Une bombe tombe sur le square du temple où se trouvent 8 personnes. Une seule va mourir.Gaston Beauchamp, jeune soldat de l'Armée française, Hélène l'institutrice, Féraud l'imprimeur, le Général des Rozières, le commissaire Michel Crespin, le journaliste Philippe Loisel, le député de la Vigne et son jeune frère Étienne, acteur de son état, vont être pendant 24 heures les jouets du destin.

Mon avis : Une bonne surprise, cette histoire qui se déroulera en deux tomes ! C'est un thriller qui se passe à la fin de la grande guerre en 1918. Le pays est exsangue, on mobilise ce qu'on peut. Dans le pays, à l'arrière du front, c'est la suspicion, on fait la chasse aux opposants à la politique menée par les militaires...C'est dans ce contexte délétère qu'un journaliste fait une enquête sur des morts suspectes, des cadavres de soldats retrouvés dans une tranchée. S'engage une enquête avec de multiples intervenants et où planent également le mystère et la raison d'Etat.

Le scénario est très bien monté et on passe d'un personnage à l'autre sans problème de compréhension. C'est limpide et bien raconté. C'est une vraie mécanique qui se met en place et la fin du tome se termine sur une explosion dans un immeuble...avec de nombreuses questions.Le dessin, tout en ombres, aux couleurs sombres, se veut efficace, bien mis en page même si il ne s'agit pas d'un dessin réaliste. C'est plutôt un dessin dépouillé mais percutant. Cela ne gène en rien la lecture. Les visages sont le plus souvent inexpressifs et parfois juste esquissés. On pourrait penser que c'est un handicap mais cela passe sans problème. Ce dessin a un style bien particulier mais il s'adapte très bien à l'ambiance donnée à l'histoire. J'ai été rapidement pris par le récit et c'est une très belle réussite dont je vous conseille la lecture.

 

8,0/10

 

Capitol.

 

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16/05/2010

LE DERNIER DES MOHICANS

dernierdesmohicans_108934PlancheA_108934PlancheS_24415Dessin : Cromwell 

Scénario : Cromwell & Catmalou

Collection Noctambule

Editions Soleil

Résumé (de l'éditeur) : 1757, Etat de New York. Français et anglais se battent pour l'appropriation des territoires indiens. Au cœur de cette guerre, un jeune officier anglais, Duncan Heyward, est chargé de conduire deux sœurs, Cora et Alice Munro jusqu'à leur père. Victimes d'une embuscade, les deux jeunes femmes et leur escorte sont sauvées par Hawkeye, un européen élevé́ par le Mohican Chingachgook, et son fils Uncas, qui acceptent de les escorter jusqu'à leur destination...

Mon avis : Qui ne connaît pas « le dernier des Mohicans » de James Fenimore Cooper, un classique de la littérature d'aventures qui a bercé notre enfance ? Cromwell a repris ce monument pour en faire une BD très personnelle et innovante. Le doute n'est pas permis. Au niveau graphique, c'est une claque...Chaque planche est un tableau. Des tableaux très expressionnistes, tourmentés, en ombres et en lumières, entre couleurs et noirceur. Le dessinateur nous fait découvrir par le biais de la composition des planches et de la palette de couleurs, le plus profond de la forêt américaine, les indiens, les chasseurs et la guerre sans merci entre les Anglais et les Français, les Hurons et les Mohicans. Une guerre d'hommes, sans concession. Cette guerre lointaine va déterminer pour plusieurs siècles la destinée mondiale.Pas vraiment des cases, pas vraiment des bulles et pourtant un récit qui progresse par petites touches, par impressions parfois furtives et fugitives, courtes et subjectives. Des dessins prennent une planche entière. Le début du livre donne le premier rôle au graphisme avec peu de commentaire. Tout est dans le décryptage d'images superbes. Par contre, sur la fin du récit, on voit apparaître des cases, plus petites. Le texte devient plus important. La scène finale du combat marque un retour vers plus de classicisme au niveau du graphisme et du récit. C'est le seul bémol à émettre sur cet opus. La fin semble un peu moins convaincante. On a l'impression que l'auteur a été rattrapé par la réalité des contraintes techniques : finir l'histoire dans le nombre de pages prévues et fixées dès le départ. D'où l'impression de vouloir terminer l'histoire dans un espace plus limité.

Cela nous donne cependant un livre incontournable et une belle surprise pour ce début du mois de mai 2010.A découvrir de toute urgence.

 

8,5/10

 

Capitol.

 

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13/05/2010

VINCI -T2: Ombres et lumières

vinci02_9365693656_plaDessin : Gilles Chaillet

Scénario : Didier Convard

Editions Glenat

Résumé (de l'éditeur) : L'incroyable conclusion d'un polar historique ciselé de main de maître par Convard et Chaillet.
Abbaye de Vauluisant. François 1er, venu en ces saints lieux dissimuler aux regards des hommes et de l'Histoire une toile inédite de Léonard de Vinci, poursuit le récit des événements qui poussèrent le peintre à croiser le chemin d'un étonnant tueur... S'attaquer à un personnage aussi célèbre que Vinci était un véritable défi qui a été relevé avec brio par Convard et Chaillet, à tel point que le doute s'installe ; réalité ou fiction pour cet épisode de la vie de Léonard de Vinci ?

Mon avis : Voilà que je viens de lire les deux tomes d'un coup dans la continuité...Plutôt gonflés les auteurs de se lancer dans cette histoire et de s'attaquer à un mythe comme Léonard De Vinci. Et pas n'importe comment en plus !...En le soupçonnant d'être un sérial killer !...

A la fin du premier tome, j'étais toujours dans l'expectative et dans le questionnement tout comme Samba à l'époque du premier tome :

http://www.sambabd.be/post/6367952/vincilange-brise#comments

Dans le second tome, vous aurez bien évidemment les réponses à toutes vos interrogations. Je ne vais rien dévoiler ici mais les auteurs prennent de sérieuses libertés avec la vérité historique...Alors, véridiques ou pas ? Ca a le goût de l'histoire, c'est inspiré de l'histoire mais tout n'est pas véridique, c'est même franchement iconoclaste...Par moment, c'est tellement évident qu'on se dit que ce n'est pas possible...En tout cas à prendre avec le recul requis, cela reste de la fiction...Convard nous a donc concocté ce que j'appelle plutôt un exercice de style sur ce glorieux personnage de l'Histoire. Chaillet  au dessin nous livre encore des planches extraordinaires. Quels décors, quels costumes...Avec une précision extraordinaire et une documentation monumentale.Seul bémol, les personnages parfois un peu statiques.

Une excellente histoire dans l'Italie des années 1500 que j'ai appréciée à sa juste valeur.

7,5/10

 

Capitol.

 

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12/05/2010

QUAI D'ORSAY - Chroniques diplomatiques- Tome 1

108242_c108242_plaDessin : Christophe Blain

Scénario : Abel Lanzac

Editions Dargaud.

Résumé (de l'éditeur) : Le jeune Arthur Vlaminck est embauché en tant que chargé du "langage" par le ministre des Affaires étrangères Alexandre Taillard de Worms. En clair, il doit écrire les discours du ministre ! Mais encore faut-il se faire une place entre le directeur du cabinet et les conseillers qui gravitent dans un Quai d'Orsay où le stress, l'ambition et les coups fourrés ne sont pas rares...

 

Mon avis : Les critiques sont dithyrambiques, surtout en France...Un album qui parle du Ministère des Affaires Etrangères (situé au quai d'Orsay d'où le titre du livre). Et tout le monde qui grenouille autour...Il y a d'abord le ministre, Alexandre Taillard de Vorms, un être de grande taille, vif, intelligent, visionnaire, hors norme, qui dirige au pas de charge son ministère. Il a toujours un coup d'avance, une vision décalée et à long terme. Il faut voir dans la caricature en réalité Dominique Galouzeau de Villepin qui fut à ce ministère de 2002 à 2004. Il est aujourd'hui le meilleur ennemi du Président Sarkozy (l'affaire Clearstream) et du coup c'est toute la France, de Paris à la Province, qui frémit de plaisir... Autour de lui, le cabinet, toute une cour, dévouée mais pleine d'intrigues, où chacun essaye de se faire sa place quitte à faire des croques en jambes à ses collègues. Cela donne comme résultat des situations croquignolesques, kafkaïennes, épiques, schizophréniques, mais aussi beaucoup d'humour et rires garantis. En plus de cela, vient encore se greffer les petits détails qui tuent...Les Stabilos du ministre, son petit livre rouge, les fragments d'Héraclite,...

Derrière le pseudonyme d'Abel Lanzac, le scénariste, se cache un ancien conseillé dans des ministères qui a pu voir et observer de près ce microcosme. Christophe Blain, lui, s'est occupé du dessin, de la mise en page et c'est franchement réussi. Il parvient à faire passer avec peu de traits la vitesse, les mouvements, le caractère carré et cartésien du personnage principal. Cela reste bien ciblé mais aussi un dessin relativement dépouillé qui va à l'essentiel. A noter également la couverture qui est grandiose, qui attire l'œil...

En conclusion, Un livre qui fait évènement. Il nous fait découvrir la face peu connue, par le biais de la caricature, d'un grand format de la politique française qui prépare son retour sur la scène en vue de 2012.Beaucoup ont trouvé la lecture jubilatoire, moi pour ma part j'ai trouvé la lecture très amusante mais sans crier au chef d'œuvre. Chacun se forgera son avis mais cela ne manque pas de qualités, c'est certain.

 

7,5/10

 

Capitol.

 

Un lien intéressant : http://blog.lefigaro.fr/bd/2010/04/dominique-de-villepin-transfor.html

 

Un autre : http://culturebox.france3.fr/all/22786/quai-d_orsay-une-bande-dessinee-decapante-sur-l_univers-de-la-diplomatie

 

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