25/10/2009

KAPLAN & MASSON - T1: La théorie du chaos

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h-20-1678757-1251880029Dessin :

Jean-Christophe Thibert

Scénario :

Didier Convard

Couleurs : Pixel vengeur.

Editions Glenat

 

Résumé (de l'éditeur) :  Le scientifique Jason Purcell est un homme brisé. Mais un homme debout. Car depuis la mort de son compagnon de recherches, Albert Bernstein, Purcell reste le seul responsable des abominations d'Hiroshima et Nagasaki... Dévoré de culpabilité, l'homme a décidé de créer un comité de lutte contre la prolifération des armes atomiques. Initiative louable, mais dangereuse, puisque Purcell est aussitôt assassiné par d'ignobles tueurs, capables d'étrangler leurs victimes à mains nues, mais aussi d'escalader les façades d'immeubles à la seule force de ces mêmes mains... De quoi titiller la curiosité d'un couple d'enquêteurs pas comme les autres : Etienne Kaplan, membre des services secrets français, et Nathan Masson, scientifique réputé. L'enquête peut commencer.

 

Mon avis : C'est un album très attendu et déjà beaucoup commenté. J'étais impatient de voir sur pièce cette nouvelle série BD. Est-ce un événement ou simplement un coup marketing sans grand fondement ? Les auteurs  sont Didier Convard, c'est le scénariste de la série best-seller « le triangle secret », et Jean-Christophe Thibert, un dessinateur issu de la publicité et de l'illustration dont ce livre est la troisième réalisation en BD.

Dès l'ouverture de l'album, c'est le graphisme qui saute aux yeux. C'est bien une ligne claire épurée au maximum : des traits d'une propreté et simplicité virginale, des couleurs et aplats d'une qualité et d'une homogénéité rare. Je soupçonne que le traitement par ordinateur est passé derrière et a enlevé toute aspérité. C'est beau, grandiose, trop beau peut-être...C'est vraiment une découverte !

Tous les codes de la ligne claire sont présents. On peut même remarquer des références à de glorieux prédécesseurs. A la page 25, on y voit chez Masson une vitrine avec à l'intérieur une momie qui ressemble étrangement à celle de Rascar Capac. Les sept boulles de cristal de Tintin n'est vraiment pas loin. La filiation à Blake et Mortimer est avouée et assumée : même époque, mêmes types de personnage, mêmes métiers (savant- agent des services secrets). Mais ce n'est pas qu'un pastiche ou une vilaine copie, c'est beaucoup plus ...il en ressort une certaine modernité, une façon de raconter qui est décapante et novatrice qui se permet pas mal d'audace pour le genre « ligne claire ». J'en veux pour exemple à la page 28, le summum dans le genre, le personnage principal Masson séduit sa jolie secrétaire suite à une soirée bien arrosée. Perplexe, il la découvre nue dans son lit au petit matin. Cela nous vaut un joli nu de dos puis un sein de la demoiselle. C'est Hergé qui doit se retourner dans sa tombe...Les auteurs en réalisant un ouvrage de genre ont voulu aussi transgresser certaines règles. Ceci dit c'est très bien amené et cela fait sourire...Autre temps, autre mœurs...

En conclusion, c'est une jolie surprise, un livre facile à lire, bien bâti, superbement dessiné, pas de dialogues interminables à la E.P.Jacobs. Les auteurs nous présentent un exercice de style très réussi. Un des tout bons albums de l'automne.

8,5/10

 Capitol.

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23/10/2009

SALVATORE – T3 : Une traversée mouvementée

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Editions Dupuis


Résumé (de l’éditeur) : Salvatore est un chien. Un chien féru de mécanique, mais aussi un chien amoureux. Et là-bas, à l'autre bout du monde, l'attend Julie... C'est toute la quête de Salvatore : affréter un véhicule pour la rejoindre...Dans ce troisième album, Salvatore prend la route, enfin, pour rejoindre la belle Julie aux confins de la planète. Il décide, en désaccord complet avec son assistant - un minuscule humain muet, qui s'exprime à l'aide de son ordinateur portable -, de rejoindre l'Amérique du Sud en passant par la Russie et le détroit de Béring gelé : un choix qu'il qualifie de poétique, mais qui masque simplement sa peur panique de l'océan. En chemin, il rencontre une demoiselle charmante qui confirme ses doutes sur la force de l'amour à l'épreuve de l'attente et de la distance. Salvatore saura-t-il résister à la tentation ? La belle Julie, de son côté, aura-t-elle su l'attendre?  Le voyage risque d'être plus long que prévu...

Mon avis :
C’est le retour de Salvatore ! De Crecy nous raconte une histoire peuplée d’animaux qui se comportent comme des hommes. Il en profite pour en faire une caricature pas toujours très reluisante de notre société. C’est dans ce monde que vit Salvatore, un chien mécanicien et doux rêveur, qui s’est mis en tête de retrouver Julie, une petite chienne dont il est tombé éperdument amoureux…Le décor est planté…C’est plein d’humour, de poésie, un peu déjanté. C’est bien observé, c’est bien vu…A première vue, l’auteur nous raconte une petite histoire sans ambition et pourtant  pleine d’enseignements. De Crecy n’a pas son pareil par raconter ce genre de récit sur des thèmes fondateurs tels que l’amour, le voyage et la dérive des sentiments…Le dessin, résultat d’une multitude de traits fins, donne au final un style qui lui est propre et auquel il faut s’y faire. Les couleurs sont du même acabit…Sans éclats mais bien présentes dans des tons légers. Tout est fait pour la narration et De Crecy arrive à capter ses lecteurs. Encore une fois, à commencer à partir du tome 1 sous peine de perdre rapidement le fil de l’histoire.
surprises.smileysmiley.com.7

Capitol.

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22/10/2009

LA PRINCESSE DU SANG – Première partie

PrincesseDuSangLaprincesseDuSangLa1_Dessin : Cabanes-  Scénario : d’après le roman de Jean-Patrick Manchette
Adaptation Doug Headline
Collection Air Libre
Editions Dupuis


Résumé (de l’éditeur) : 1950. Sur une plage de l'Atlantique, le kidnapping d'une petite fille tourne au massacre. Maurer, unique survivant de ce sanglant affrontement, disparaît en emmenant la fillette, Alba.1er janvier 1956. Une année de tempêtes commence... Comme tous les ans, la jeune photographe Ivory Pearl vient passer le réveillon en Normandie chez son protecteur, l'ancien officier de la Royal Air Force, Robert Messenger.
À 27 ans, Ivy est une photographe célèbre pour ses reportages violents sur les champs de bataille et pour son mépris du danger. Mais Ivy est fatiguée et elle a décidé de passer l'année dans un endroit isolé. Elle s'y reposera de la violence en photographiant la nature.
Pour des raisons connues de lui seul, Messenger profite de cette occasion et la persuade de partir à Cuba, dans la Sierra Maestria, impliquant Ivy à son insu dans une opération des services du contre-espionnage français visant à mettre hors course Aaron Black, trafiquant d'armes international et oncle d'Alba, qui a commandité le kidnapping de sa nièce 6 ans plus tôt.
Mon avis :
Il s’agit en réalité de l’adaptation d’un roman posthume de Manchette décédé en 1995. L’adaptation du scénario a été faite par son fils Doug Headline et Cabanes s’est appliqué à le transposer en BD. Je ne connais pas le roman original mais d’après ce que j’ai lu à gauche et à droite, l’adaptation est assez fidèle au niveau du découpage et du rythme de narration. Alors, que faut-il penser de ce roman « Air Libre » de chez Dupuis qui n’a pas lésiné pour en faire une bonne publicité ? Le résultat est plutôt bon. Il s’agit d’abord d’un roman noir qui mêle aussi du polard, de l’aventure, de l’action, de la géopolitique (les années 50 : Budapest, Cuba,…). Le problème, c’est que différentes époques se succèdent, différents personnages dont, à la fin du premier tome, on ne sait pas encore quels sont les raisons de leur implication dans l’histoire…Ces éléments peuvent bien entendu désorienter le lecteur mais c’est Manchette qui l’a voulu ainsi et il faut parfois prendre le temps de revenir en arrière pour relire certains passages et bien comprendre ce qui peut être compris à ce moment de l’histoire. Les auteurs nous réclament une exigence de lecture. Il est évident  que l’histoire va se décanter dans le second tome et que l’on va pouvoir compléter le puzzle avec les pièces manquantes. C’est le seul bémol de cet ouvrage. Il va falloir attendre la suite. Le dessin de Cabanes, dans le style réaliste, sert très bien l’histoire, le travail graphique est excellent. Par contre, je suis plus circonspect pour l’emploi des couleurs Les aplats saturés (les bleus entre autres) côtoient des couleurs plus douces, plus parcimonieuses. Le résultat est détonnant et très contrasté, pas toujours du meilleur goût…C’est un avis personnel.
Une Bd ambitieuse de 76 planches qui se laisse lire avec plaisir mais dont on attendra le second tome pour se faire un avis définitif.
surprises.smileysmiley.com.7
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CAPITOL.

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19/10/2009

LES DEMONS D’ALEXIA – T6 : Les larmes de Sang

DemonsDalexiaLes6DEMONS D'ALEXIA (LES)Dessin : Ers – Scénario : Dugomier
Editions Dupuis


Résumé (de l’éditeur) : Une jeune fille, mi-sorcière mi-exorciste, se bat contre les phénomènes occultes et tente de sauver un ange déchu ! Le Centre de Recherche des Phénomènes Surnaturels a pour mission de lutter contre les évènements paranormaux et de veiller à l'équilibre de notre planète. Suite à une catastrophe ayant entraîné la mort de la quasi-totalité du personnel de l'institution, Alexia a été nommée directrice du C.R.P.S. Malgré la nomination de cette jeune fille, mi-sorcière, mi-exorciste, les phénomènes occultes continuent à se multiplier, menaçant l'existence même de l'institution. Mais Alexia a aussi fort à faire avec Gabriel, cet ange déchu qui a enfreint les lois divines pour la protéger et qui doit mourir !
Mon avis :
C’est toujours avec autant de plaisir que j’ai lu le tome 6 des aventures d’Alexia.
Cette série reste pour moi une des meilleures de ces dernières années. Tant au niveau du dessin qu’au niveau du scénario, cette série tient la route et maintient un niveau élevé d’excellence. Le dessin, dans la droite ligne de l’école du journal de Spirou, marque cependant le renouvellement du genre et l’ouverture vers des sujets plus risqués et moins connotés « littérature enfants admis » de l’école de Marcinelle. Le résultat est épatant et trouve un équilibre qui fait aussi son succès. En ce qui concerne le scénario, les personnages principaux sont bien campés et évoluent bien au fil de l’histoire. Les décors, les personnages annexes, les références à l’Histoire avec un grand H, amènent également un renouvellement et une crédibilité à cette série 100% fiction et fantastique. J’ai apprécié qu’une partie de l’action se déroule en Zélande, dans le lieu-dit « Roompot », au large de Zierikzee, un endroit bien connu des plaisanciers qui fréquentent cette région de Hollande…
Si vous ne connaissez pas cette série, commencez-là par le début…Vaut le détour…
surprises.smileysmiley.com.8
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Capitol.

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