11/02/2015

VINCENT.

Vincent, Vincent Van Gogh, Stok, emmanuel Proust éditions, 8/10, peintre, biographie, 01/2015Vincent, Vincent Van Gogh, Stok, emmanuel Proust éditions, 8/10, peintre, biographie, 01/2015Dessin & scénario : Barbara Stock

Sortie : 28/01/2015

Edition EP (Emmanuel Proust)

144 pages – cartonné

Histoire, Vincent Van Gogh, peinture.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur) : Arles dans le sud de la France, XIXe siècle. Vincent, peintre méconnu et tourmenté, a l’ambition de créer une résidence d’artistes où les peintres pourraient s’exprimer librement. Mais son grand projet se voit réduit à néant par les attaques sournoises de la maladie. Confus et désorienté, le jeune artiste ira jusqu’à se couper l’oreille dans une crise de démence ! Pourtant, la folie créatrice deviendra génie…

Vincent, Vincent Van Gogh, Stok, emmanuel Proust éditions, 8/10, peintre, biographie, 01/2015

 

«Quand on a une ambition, mieux vaut ne pas compter sur la reconnaissance du plus grand nombre. Y a longtemps que je l’ai appris.»

 

 

Mon avis : Attention, voici un album qui sort des sentiers battus ! Pour aimer ce livre, il va falloir mettre de côté vos idées bien établies et faire preuve d’ouverture d’esprit.

Vincent, Vincent Van Gogh, Stok, emmanuel Proust éditions, 8/10, peintre, biographie, 01/2015

Ce roman graphique est publié en collaboration avec le Van Gogh Museum d’Amsterdam. Il est soutenu  par le Nederlands Letterenfonds dutch foundation for literature (en Français, le Fonds hollandais pour la littérature) et le service culturel de l’ambassade de Hollande. Bref, si les hollandais mettent de l’argent, c’est que cela en vaut la peine et qu’ils attendent un retour sur investissements…Passez par chez nous pour visiter le musée Van Gogh et dépenser vos euros. Quoi de plus normal en somme, d’autant plus qu’Amsterdam est une très jolie ville à visiter.

.Vincent, Vincent Van Gogh, Stok, emmanuel Proust éditions, 8/10, peintre, biographie, 01/2015Vincent, Vincent Van Gogh, Stok, emmanuel Proust éditions, 8/10, peintre, biographie, 01/2015

 

Barbara Stok en photo et en dessin, vue par elle-même...

 

Barbara Stok est une auteure hollandaise née en 1970 et très connue aux Pays –Bas pour ses romans graphiques autobiographiques. A ce jour, elle a publié huit ouvrages. Elle est aussi illustratrice pour les magazines. Il s’agit ici pour elle de son premier album publié en français.

Vincent, Vincent Van Gogh, Stok, emmanuel Proust éditions, 8/10, peintre, biographie, 01/2015

Reste maintenant à parler de l’album en lui-même. Barbara Stok nous parle uniquement d’une partie très limitée de la vie de Van Gogh mais une période importante, déterminante de sa vie, pour son travail d’artiste, pour trouver son style, sa « patte ». L’histoire est racontée par le prisme de sa correspondance avec son frère Théo qui le finance. Même si le scénario peut sembler à première vue basique, il est en réalité bien construit, alternant correspondance et description des rencontres et de la vie quotidienne de notre cher Vincent. On y décrit très bien le caractère spécial, lunatique, par moment même dément du peintre, et l’évolution de sa peinture, de sa santé mentale.

Vincent, Vincent Van Gogh, Stok, emmanuel Proust éditions, 8/10, peintre, biographie, 01/2015

Reste la partie la plus spectaculaire de l’album : le graphisme ! Cela va faire débat dans le Landerneau ! Certains vont parler de génie pictural, d’autres d’arnaque graphique totale. Le débat est ouvert. Mais, on ne peut pas reprocher Barbara Stok d’avoir un style bien particulier, voire même une certaine ressemblance graphique avec le style de Van Gogh. Des couleurs vives comme Vincent, un style basique, minimaliste, enfantin, digne d’une histoire de « playmobils » pour faire dans la caricature extrême. Mais le dessin est en conséquence dépouillé, clair et surtout très lisible. On pourrait croire à première vue que cette histoire est faite pour des enfants en bas-âge mais on en est loin car ce livre nous fait réfléchir au statut de l’artiste et à la place de l’art dans notre monde de tous les jours.

Vincent, Vincent Van Gogh, Stok, emmanuel Proust éditions, 8/10, peintre, biographie, 01/2015

Bref, déroutant mais aussi percutant. C’est ainsi que je pourrais définir cet album hors catégorie. L'album est traduit et publié dans de nombreux pays. Découverte !

 

a08-3e78906.gifScénario

 

Dessin a08-3e78906.gif

 

a08-3e78906.gifMoyenne

 

 

Lien vers la page Facebook  de l’éditeur « Emmanuel Proust »: ICI.

Lien vers la page Facebook  de Barbara Stok : ICI.

Lien vers le site internet de Barbara Stok (anglais/néerlandais) : ICI.

 

 

Capitol.

 

Vincent, Vincent Van Gogh, Stok, emmanuel Proust éditions, 8/10, peintre, biographie, 01/2015

 

 

06/02/2015

CARLISLE - Tome 2: Retour aux sources.

Carlisle, Chevais-Deighton, Seigneuret, 7/10, aventure, Histoire, Etats-Unis, Indiens, 01/2015Carlisle, Chevais-Deighton, Seigneuret, 7/10, aventure, Histoire, Etats-Unis, Indiens, 01/2015Dessin : Seigneuret - Scénario : Edouard Chevais-Deighton

Sortie : 28/01/2015

Edition Grand Angle

48 pages – cartonné

Aventure, Histoire, Etats-Unis, Indiens

 

 

Résumé (de l’éditeur) : 1904, à l’école de Carlisle, destinée à l’acculturation des jeunes Indiens, le directeur Pratt confie au professeur Jonas l’organisation d’un voyage à New York pour une vingtaine d’élèves indiens. L’occasion d’impressionner la bonne société par le niveau d’érudition de ces enfants afin de solliciter leur générosité. C’est ainsi que les élèves vont découvrir une métropole et juger de la puissance de l’homme blanc à travers le gigantisme de la ville… Contraint de rentrer à Carlisle, Jonas préfère la piste au train. L’occasion pour ses élèves de retrouver les réflexes d’autrefois dans une nature hostile, ce qui suscite l’admiration du professeur et des doutes quant au bien-fondé de leur intégration. D’autant plus qu’il se rapproche de la jeune indienne Elisabeth. De retour à l’école, les choses se précipitent. Jonas se heurte à Pratt et s’éloigne de son épouse Mary. Le soir où Elisabeth s’offre à lui et qu’ils sont surpris par le major Mercy qui croit tenir alors sa vengeance, le drame s’avère inévitable…

Carlisle, Chevais-Deighton, Seigneuret, 7/10, aventure, Histoire, Etats-Unis, Indiens, 01/2015

 

«Tuer le sauvage pour sauver l’homme.»

 

 

Carlisle, Chevais-Deighton, Seigneuret, 7/10, aventure, Histoire, Etats-Unis, Indiens, 01/2015Mon avis : Je pensais avoir fait une chronique sur le tome 1 de ce diptyque, ce n’est pas le cas. J’avais acheté cet album lors d’une séance de dédicace. Je ne connaissais pas vraiment Seigneuret et j’avais pu discuter quelque peu avec l’auteur sur la genèse de l’album. Je vais donc rattraper ce manque en vous parlant des deux albums. D’abord, il faut savoir que cette BD s’inspire de faits réels. Cette école de Carlisle a réellement existé. Cela partait au départ d’une idée généreuse à savoir donner une instruction aux jeunes indiens qui étaient délaissés dans leurs réserves. Le problème, c’est qu’il y a eu une dérive par rapport à l’idée de départ. C’est devenu une école où il fallait inculquer aux indiens les modes de vie des blancs et détruire les racines indiennes, les us et coutumes de ces jeunes peaux rouges. Et parfois, c’était radical. Un dossier en fin du premier tome rappelle ce cadre historique.

Dans le deuxième tome, on retrouve Jonas, le jeune professeur, qui va s’opposer aux pratiques de l’école qu’il réprouve de plus en plus. C’est arrivé à un tel point que ses choix vont bouleverser sa vie et qu’il va se battre corps et âme pour la défense des droits des indiens, au point de devenir un des leurs.

Carlisle, Chevais-Deighton, Seigneuret, 7/10, aventure, Histoire, Etats-Unis, Indiens, 01/2015

Au niveau du dessin, Seigneuret assure dans un style réaliste mais j’ai trouvé que les personnages sont un peu figés au niveau des expressions du visage et des attitudes. Les décors et les détails manquent par moment. J’ai l’impression de ne pas avoir retrouvé une certaine  fluidité du premier tome.

Est-ce dû au scénario qui est un peu plus alambiqué, aux retournements de situation qui se succèdent au cours de ce second tome ? Il n’empêche que je suis un peu resté sur ma faim en fermant ce second tome, alors que j’avais bien apprécié le premier et que je me réjouissais de lire la suite. En réalité, je réalise que la base historique m’a passionné mais que la fiction qui en découle m’a un peu déçu. La trame de l’histoire est en fin de compte conventionnelle pour un sujet qui au départ ne l’est pas du tout. La fin du scénario aurait dû être approfondie. Il manque l’idée qui fait mouche, c’est un peu léger.

Carlisle, Chevais-Deighton, Seigneuret, 7/10, aventure, Histoire, Etats-Unis, Indiens, 01/2015

En conclusion, un diptyque au traitement fort conventionnel pour un sujet qui ne l’est pas… . Je pense qu’il s’agit un peu d’une occasion manquée pour un sujet digne d’intérêt et qui a peu été traité dans la bande dessinée.

 

 

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a07-3e78901.gifDessin

 

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Lien vers la fiche technique de « Carlisle » sur le site de « Grand angle »: ICI.

 

 

 

Capitol.

 

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05/02/2015

L'ÎLE AUX FEMMES.

L'île aux femmes, Zanzim, Glénat, 8/10, Aventure, féminisme, humour, 01/2015L'île aux femmes, Zanzim, Glénat, 8/10, Aventure, féminisme, humour, 01/2015Dessin & scénario : Zanzim

Sortie : 14/01/2015

Edition Glénat

80 pages – cartonné

Aventure, féminisme, humour.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur) : Céleste Bompard est un « Coq en l’air », un as de la voltige. Ses prouesses lui valent un large succès auprès de la gent féminine. Il aligne les conquêtes. Engagé alors que la Grande Guerre éclate, il est chargé de transporter les lettres que les soldats du front écrivent à leurs femmes. Mais lors d’une mission, Céleste est victime d’un tir ennemi et son biplan se crashe sur une île mystérieuse. Obligé de survivre dans cet endroit visiblement désert, il trompe son ennui en lisant les lettres que les poilus destinent à leurs femmes. Un jour, en parcourant les lieux, il découvre un jardin d’Éden entièrement peuplé de femmes ! De véritables amazones, aussi belles que redoutables, qui ne tardent pas à le capturer pour remplacer leur " reproducteur " actuel. Alors qu'il avait l'habitude de mener la danse avec les femmes, voilà que Céleste est devenu leur esclave !

L'île aux femmes, Zanzim, Glénat, 8/10, Aventure, féminisme, humour, 01/2015

 

«Pour les unes, c’est un homme à femmes, pour les autres, c’est un homme infâme.»

 

Mon avis : Il s’agit de la sortie mise en vedette par l’éditeur sur son site internet pour ce mois de janvier 2015.L’album a obtenu la mention de la « BD RTL du mois ». Il y a pire comme départ pour un album dans les librairies…

Zamzin, alias Frédric Leutelier,  est un dessinateur français qui a déjà travaillé avec l’Association pour le collectif « Comics 2000 ». Il a publié divers ouvrages chez divers éditeurs avec le scénariste-coloriste Hubert dont  « Ma vie posthume » chez Glénat. Si je vous parle d’Hubert, ce n’est pas un hasard. Les deux hommes ont déjà pas mal collaboré. Pour rappel Hubert est le scénariste de travaux des Karascoët à savoir « Miss Pas touche » et « Beauté », deux séries qui ont remporté des jolis succès en libraire.

L'île aux femmes, Zanzim, Glénat, 8/10, Aventure, féminisme, humour, 01/2015

Quand j’ai ouvert l’album la première fois, juste pour le feuilleter et voir la qualité du dessin, j’ai de suite pensé au dessin de « Miss Pas Touche ». Un style reconnaissable, une marque de fabrique qui saute aux yeux. C’est troublant d’autant plus que le dénominateur commun est Hubert, un scénariste ! Ce dessin est dans un style dépouillé, à la limite de l’enfantin par moment mais assez précis que pour nous faire oublier ce manque de détail dans le trait, dans les décors. Ce n’est pas de la ligne claire mais je dirai plutôt que c’est de « la ligne Hubert ». Cependant, la magie opère et le lecteur que je suis a vite été emporté. La lecture est facile et  le graphisme n’est pas un handicap que du contraire.

L'île aux femmes, Zanzim, Glénat, 8/10, Aventure, féminisme, humour, 01/2015

Reste le scénario d’Hubert. Encore une fois, un petit bijou. L’histoire est légère, bien bâtie et originale, remplie d’humour. Le cocktail idéal pour passer un bon moment de lecture. L’album comporte 80 pages. Donc, l’album n’est pas envoyé en un quart d’heure. Mais l’histoire est tellement prenante que je n’ai pas levé les yeux hors de cette BD avant d’arriver à la fin de la dernière planche. L’histoire est celle d’un pilote d’avion pendant la première guerre mondiale. C’est un tombeur qui profite à plein de son statut de pilote d’avion acrobate.

Il tombe les filles, passe de l’une à l’autre sans ménagement. Jusqu’au jour où son avion est abattu et se retrouve sur une île peuplées exclusivement de femmes. Il est fait prisonnier et doit faire le ménage, les basses besognes. En plus, il devient rapidement « le reproducteur attitré » de l’île, ce qui n’est pas une mince affaire vu le nombre de femmes…Au-delà de la franche rigolade, le scénario nous fait réfléchir sur le féminisme, le machisme, dans notre société. Notre héros (ou zéro selon le point de vue) se retrouve dans une société à l’envers où c’est les femmes qui ont tout à dire et où les rares hommes sont des esclaves, des moins que rien.

L'île aux femmes, Zanzim, Glénat, 8/10, Aventure, féminisme, humour, 01/2015

Je vous laisse découvrir la fin de l’histoire. Cette histoire nous livre une certaine morale qui se termine en clin d’œil. Une belle fable qui n’est pas sans nous délivrer des messages sur notre société actuelle. Vraiment une belle surprise !

 

 

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a07-3e78901.gifDessin

 

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Lien vers la fiche technique de « L’île aux femmes » sur le site de Glénat: ICI.

 

Capitol.

 

L'île aux femmes, Zanzim, Glénat, 8/10, Aventure, féminisme, humour, 01/2015

 

30/01/2015

Angoulême reçoit Jirô Taniguchi.

 

Taniguchi, Angoulême, Casterman, Sakka,Ecritures, 01/2015

La 42e édition du Festival d’Angoulême reçoit Jirô Taniguchi et lui consacre une grande exposition. Il s’agit d’une consécration pour le mangaka préféré de la francophonie.

Taniguchi, Angoulême, Casterman, Sakka,Ecritures, 01/2015Il est né en 1947 et débute dans la bande dessinée en 1970 avec « Un été desséché ». L’intérêt de Taniguchi pour la bande dessinée européenne date de la fin des années ’70. Il découvre dans une librairie de Tokyo de livres importés les travaux de Bilal, Giraud, Micheluzzi, Crepax, Giardino,…

 La première visite de Taniguchi date de 1991 au sein d’une délégation d’auteurs et d’éditeurs japonais invitée par le festival. Il a été prix du meilleur scénario en 2003 pour « Quartier Lointain ». En 2015, les éditions Casterman profitent de l’occasion pour célébrer le vingtième anniversaire de la parution de « L’Homme qui marche », premier ouvrage de l’auteur paru en langue française. Cet album est  maintenant proposé dans une nouvelle édition, largement enrichie.

Suivra ensuite le « Chien Blanco » et « Le journal de mon père ». Il est reconnu par les auteurs de bandes dessinées et par un public limité de connaisseurs. La reconnaissance du grand public se fait attendre.

Taniguchi, Angoulême, Casterman, Sakka,Ecritures, 01/2015Au début des années 2000, Casterman publie les deux tomes de « Quartier Lointain » dans la nouvelle collection « Ecritures ».Cet album est transposé en sens de lecture occidental, un travail colossal. C’est l’album de Taniguchi le plus lu en langue française. « Quartier Lointain » est adapté au cinéma par Sam Gabarski. Cet album a été vendu à ce jour à plus de 300.000 exemplaires. C’est la reconnaissance du grand public.

Casterman publie l’œuvre de Taniguchi dans toute sa diversité. La collection Sakka, créée en 2004, accueille les mangas de l’auteur qui font la part belle aux grands espaces, à l’aventure, à l’action (Sky Hawk, Les enquêtes du Limier, Les contrées sauvages,…) La collection « Ecritures » publie ses récits plus intimistes et familiaux (Les années douces, Un zoo en hiver, Furari,…). Ce sont ces derniers avec « Quartier Lointain » qui ont apportés la notoriété à l’auteur. Mais Taniguchi fait preuve d’une richesse et d’une générosité authentique. Du western au polar,  de l’ode à la nature de Jack London à l’hommage aux grands maîtres de la bande dessinée franco-belge, ces récits témoignent de la richesse de sa carrière, d’une curiosité insatiable et d’un immense talent de dessinateur et de raconteur d’histoires.

 

Traduit en de nombreuses langues, il reste cependant un paradoxe. Il est aujourd’hui moins célèbre au Japon que dans le monde francophone. Son style a un côté « ligne claire » qui le rend immédiatement  familier pour nous.

Si vous voulez en savoir plus sur l’auteur, Samba BD  vous conseille un livre intitulé « L’homme qui dessine » ( paru en 2012), un livre d’entretiens avec Benoît Peeters.

 

Taniguchi, Angoulême, Casterman, Sakka,Ecritures, 01/2015