02/11/2014

LE CYCLE DE CYANN – tome 6 : Les aubes douces d’Aldalarann.

Cycle de Cyann, les aubes douces d'Aldalarann, Bourgeon, Lacroix, Glénat, 09/2014Cycle de Cyann, les aubes douces d'Aldalarann, Bourgeon, Lacroix, Glénat, 09/2014Dessin : François Bourgeon - Scénario : François Bourgeon et Claude Lacroix.

Editions Delcourt

Sortie : 17/09/2014

64 pages –cartonné

Prix conseillé : 15,95 €

ISBN : 9782756062853

Science-fiction.

 

Résumé (de l’éditeur) : À jamais chassée d'Olh, traquée par le Grand Orbe, anéantie par la mort de sa soeur, abandonnée par l'Entretemps, Cyann se découvre des ennemis qui l'aident et des amis qui la trahissent... ou bien, tout juste le contraire ! Aldalarann est une superbe planète mais, tout comme la vie, elle n'est pas sans pièges ! Cyann est-elle assez mûre pour tous les contourner ?

Cycle de Cyann, les aubes douces d'Aldalarann, Bourgeon, Lacroix, Glénat, 09/2014

« Ma vie est comme ce refuge, elle ressemble à un puits sans fond. Je flotte dans un vide entourée de fantômes. »

 

Mon avis : Dernier épisode du cycle de Cyann, conçu par François Bourgeon et Claude Lacroix, mis en forme et en image par François Bourgeon. Quelle longue marche que ce cycle au propre comme au figuré ! Le tome 1 est sorti en 2005 chez Casterman (2 tomes  plus un hors-série) puis la série passe chez Vents d’Ouest pour deux tomes également. Ensuite, c’est 12bis qui sort le tome 5 puis dépose le bilan. Enfin, Bourgeon retombe sur ses pattes chez Delcourt pour le tome 6 qui sort en septembre 2014. Il  conclut ainsi le cycle et 9 ans de péripéties…Bourgeon a eu du mal avec ses éditeurs, c’est bien connu.

Cycle de Cyann, les aubes douces d'Aldalarann, Bourgeon, Lacroix, Glénat, 09/2014

 

Je pense que ces aléas ont desservi la série et que les lecteurs ont souvent perdu le fil de la narration. La faute à des délais trop longs entre les parutions des différents tomes. Bourgeon n’a pas été épargné sur ce coup-là. Ce talentueux dessinateur et conteur y a perdu en lisibilité éditoriale et pas mal de lecteurs se sont découragés en cours de route.

Pour ma part, je me suis accroché à la série mais je ne cache pas que j’ai dû souvent reprendre les tomes précédents pour me remémorer les personnages, les différentes étapes du récit. En plus, pour moi, la science-fiction, c’est compliqué. Ce n’est pas spécialement mon style de bande dessinée préféré. C’est un genre qui me demande de la concentration lors de la lecture et j’y perds une partie de mon plaisir de lecture.

Cycle de Cyann, les aubes douces d'Aldalarann, Bourgeon, Lacroix, Glénat, 09/2014

Le dessin de Bourgeon est toujours aussi excellent tant au niveau des personnages que des décors. Par contre, j’ai trouvé le scénario de ce dernier tome un peu léger. C’est un peu comme San-Antonio pour le polar de gare. On disserte, on vagabonde, on va çà et là puis sur la fin du cycle, le scénariste se rend compte qu’il est temps de terminer l’histoire. Et on règle le sort des personnages en trois coups de cuillère à pot. Vite fait, bien fait. Tout finit bien, ils furent heureux et eurent un enfant. Merci d’être venu, l’histoire est finie…Toi lecteur, tu peux maintenant te barrer, il n’y a plus rien à lire.

D’où, au final, une certaine frustration de ma part. Ah, c’est moche… Pourtant, J’aime bien Bourgeon mais là, j’ai eu du mal à clore ce cycle qui m’a paru interminable.

 

Scénario :           6,0/10

Dessin :             8,0/10

Moyenne :           7,0/10

 

Capitol.

 

Cycle de Cyann, les aubes douces d'Aldalarann, Bourgeon, Lacroix, Glénat, 09/2014

 

24/10/2014

LA COULEUR DE L'AIR.

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.Dessin & Scénario : Enki Bilal

Editions Casterman

Sortie : 22/10/2014

96 pages –cartonné

Prix conseillé : 18,00 €

ISBN : 9782203033

Science-fiction.

 

Résumé (de l’éditeur) : Dans un ciel sens dessus dessous ponctué d’immenses masses nuageuses aux allures menaçantes progresse le Zeppelin sinistré Garbage et son équipage incongru : un couple de passagers de hasard embarqués à Tanger, Anders Mikkeli et Esther Roblès, deux jumelles orphelines sujettes à de mystérieuses crises de citations littéraires, leur garde du corps et le cadavre démembré du pilote de l’appareil, suspendu à ce qui reste de sa nacelle détruite. Dans les soutes, un mélange de déchets nucléaires instables et d’armes atomiques en état de marche, indice probable des visées terroristes du Garbage. Balloté au gré de la violence des vents, ses équipements verrouillés sur navigateur automatique, l’aérostat semble totalement livré à lui-même, et pourtant… Pourtant quelque chose suggère qu’il y a peut-être là un dessein, une volonté, une direction. Car au même moment, nombre des personnages croisés au fil des deux précédents volumes de la trilogie – Ana et Lester, Bacon et son dauphin hybride, Julia, Roem et Lawrence, l’ex-aumônier militaire – se sont eux aussi mis en mouvement, comme mûs par un appel secret. Leur périple annonce-t-il le stade terminal du « coup de sang » planétaire ? S’agit-il des prémisses de la troisième guerre mondiale annoncée, qui mettra ainsi un point final à la crise environnementale généralisée ? Ou d’autre chose encore, divergeant de tout ce qu’on pouvait imaginer ?

 

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.

« Le COUP DE SANG est le nom du dérèglement climatique brutal et généralisé qui s’est abattu sur la Terre »

 

Mon avis : « Après Animal’z et Julia et Roem, voici enfin le troisième volet de la trilogie évènement signée Enki Bilal. » Voilà comment l’éditeur Casterman introduit cet album qui est un événement de cette fin d’année 2014. Enki Bilal a une renommée extraordinaire tant dans le monde de la Bande Dessinée que dans le milieu de l’Art et des galeries. Sa côte explose, ses toiles s’arrachent déjà à des prix extraordinaires. Enki Bilal prend ce phénomène comme une reconnaissance mais aussi comme une assurance de pouvoir continuer ses projets éditoriaux et artistiques en toute indépendance.

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.

Sombre, très sombre, cette histoire. Du moins au début car cet album porte très bien son titre : « La Couleur de l’Air ». Les premières planches sont monochromes. Un bleu foncé et monocorde. Enki Bilal a employé ce procédé des couleurs pour marquer le ras-le-bol de la Terre devant le comportement des hommes. La Terre a décidé de se nettoyer de ses scories, de se purifier. Il s’agit en quelque sorte d’une remise à zéro qui se veut spectaculaire. Mais au début de l’album, le lecteur et les personnages n’en savent rien. Il se passe un cataclysme mais personne ne connait le point d’arrivée, la fin de cette aventure. C’est en fin d’album que progressivement les couleurs vont revenir (Bilal a employé sur la fin de l’acrylique), je vous laisse la surprise de découvrir pourquoi…

 

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.

 

On retrouve les personnages des deux premiers tomes de ce triptyque. De plus, dans un dirigeable nommé « Garbage » (déchets en anglais), on retrouve des personnages hétéroclites qui sont réellement dans une bombe nucléaire flottante, sans but réel, poussée par les vents et dépendante du soleil puisqu’il fonctionne également à l’énergie solaire. Mais, les nuages complotent pour priver le Zeppelin de son carburant…

 

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.

 

Il s’agit d’une fable qui mêle l’écologie, la philosophie, une certaine prospective d’un monde futur dans un esprit de western, de bout du monde. Il y aussi une certaine quête, une progression vers de nouveaux horizons. Dans la plaquette de presse qui accompagne l’album, Enki Bilal déclare : « Il y a un grand écart entre le réel et l’absurde, et tout l’enjeu pour moi a été de faire passer l’un dans l’autre, de faire croire que tout cela se déroule effectivement dans une « réalité » à laquelle on puisse croire. » Enki Bilal met également en scène le personnage d’un homme qui est à la fois terroriste et cannibale. Il représente tout ce que les hommes peuvent avoir d’aspects négatifs et que la Terre ne veut plus voir. L’actualité de ces dernières semaines donne un nouvel éclairage et conforte le scénario.

 

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.

 

Cet album de 96 pages demande de la part du lecteur un investissement personnel et une attention soutenue surtout en première partie de l’histoire. C’est les ténèbres et à la fois un ensemble de phrases de philosophes qui se rapportent au déroulement du récit et sortent de façon inexplicable via la bouche des passagers du dirigeable. Par la suite, le récit s’éclaire et la lecture devient du coup beaucoup plus fluide. Le dessin d’Enki Bilal est superbe et le scénario peut parfois paraître tarabiscoté mais il faut le prendre comme une fable pour les grands enfants que nous sommes parfois.Monumental.

 

Scénario :           8,0/10

Dessin :             8,0/10

Moyenne :           8,0/10

 

Lien vers le site internet de Casterman : ICI.

 

Capitol.

 

La couleur de l'Air, Bilal, Casterman,10/2014.

 

23/10/2014

HELENA -Volume 1/2.

Héléna, Chabane, Jim, Grand Angle, 10/2014Héléna, Chabane, Jim, Grand Angle, 10/2014Dessin : Lounis Chabane - Scénario : Jim

Editions Grand Angle (Bamboo)

Sortie : 01/10/2014

76 pages –cartonné

Prix conseillé : 16,90 €

ISBN : 9782818931769

Roman, société.

 

Résumé (de l’éditeur) : Le jour de son mariage, Simon aperçoit Héléna sur la grande place de la mairie de Nice. Héléna, la beauté de sa classe quand il était enfant, son grand amour... celle qu’il aime depuis toujours et qui ne s’est jamais intéressée à lui. Entre eux, c’est juste un échange furtif, rien de plus. Mais un échange suffisant pour que Simon refuse de dire le petit "oui» durant la cérémonie de son propre mariage. Il aime Héléna, plus que tout. Et comme cet amour est unilatéral, lui vient une idée bien curieuse... Il lui propose de lui offrir 1000 euros, en échange de trois heures de sa présence tous les jeudis après-midi... 

Héléna, Chabane, Jim, Grand Angle, 10/2014

 

« Les relations amoureuses, c’est compliqué. Surtout quand l’un des deux ne veut pas. »

 

Mon avis : Grand Angle et Jim s’associent à nouveau pour nous sortir un nouveau diptyque consacré à une histoire entre un homme et une femme. Un couple ? Oui, mais pas n’importe lequel ! Simon était un amoureux transi de Héléna mais elle ne s’est jamais intéressée à lui. Il faut être deux pour s’aimer. Je vous renvoie au résumé de l’éditeur pour le « pitch ». Simon, le personnage principal va essayer de la conquérir par des moyens détournés, parfois pathétiques…Pas toujours évident l’amour quand on est timide et pas bien dans ses baskets, quand on n’est pas spécialement un Apollon.

Héléna, Chabane, Jim, Grand Angle, 10/2014

Jim se spécialise dans ce genre de récit. Des histoires sentimentales difficiles avec des couples atypiques, non officiels, parfois les jeux de l’amour et du hasard. On se rappellera « une nuit à Rome » ou « Où sont passés les grands jours? » qui sont de la même trempe. Des situations inextricables, fortes psychologiquement, qui débouchent parfois sur des drames, sur des gâchis au point de vue humain. Mais la force de Jim est de toujours trouver le petit élément qui permet à l’auteur de se démarquer d’autres scénarios très proches. Il parvient toujours en fin de récit à nous étonner, à trouver une porte de sortie qui mène à une réflexion en profondeur sur un fait divers, une situation, une petite lumière qui donne un espoir pour l’avenir.

Héléna, Chabane, Jim, Grand Angle, 10/2014

Le dessin reste toujours dans les mêmes tonalités. Les dessinateurs de services ont sous la direction de Jim le même style graphique, la même composition. J’ai été revoir après la lecture de l’album qui était le dessinateur car j’avais l’impression d’avoir le même dessin que celui de Jim lui-même lorsqu’il est au dessin. Ici, il s’agit  de Lounis Chabane (Golden cup,…). Il en est de même pour la couleur (réalisé par Delphine). Les couleurs sont dans la même charte graphique d’un album à l’autre. Les couleurs sont vives, éclatantes par moment.

Héléna, Chabane, Jim, Grand Angle, 10/2014

Au niveau du scénario, comme je l’ai dit, il y a quelques trouvailles. La fin de l’album met le doute dans l’esprit du lecteur. Par un tour de passe-passe, le lecteur se demande où il est réellement et avec qui…Je ne vais pas en dire plus pour ne pas dévoiler la totalité du récit mais cela laisse la porte ouverte pour le second tome à toute les possibilités.

Héléna, Chabane, Jim, Grand Angle, 10/2014

On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec « une nuit à Rome » qui a été un succès en librairie. C’est différent et pourtant les points de convergence existent. Une très bonne entrée en matière, en attendant la suite…

 

Scénario :           8,0/10

Dessin :             8,0/10

Moyenne :           8,0/10

 

Lien vers le site internet de Grand Angle : ICI.

 

Capitol.

 

Héléna, Chabane, Jim, Grand Angle, 10/2014

 

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22/10/2014

BLACK CROW RACONTE - Tome 3: La Bounty.

Black Crow, La Bounty, Delitte, Glenat, 10/2014.Black Crow, La Bounty, Delitte, Glenat, 10/2014.Dessin & scénario : Jean-Yves Delitte.

Editions Glenat

Collection Chasse-marée

Sortie : 01/10/2014

48 pages –cartonné

Prix conseillé : 13,90 €

ISBN : 9782723499644

Histoire, voile, navigation.

 

Résumé (de l’éditeur) : Février 1790. Black Crow et son équipage découvrent, échouée sur les rivages d’une île du Pacifique, l’épave calcinée d’une frégate de la British Royal Navy : la Bounty. Le corsaire en a entendu parler... Commandé par le tyrannique officier William Bligh, ce navire a connu un destin particulier. Après un voyage au large de Tahiti où ils ont pu découvrir les charmes exotiques des femmes indigènes, ses hommes ont en effet pris leur destin en main. Excédés par les mauvais traitements de leur capitaine et sous l’impulsion du second Fletcher Christian, ils se sont révoltés. En prenant le contrôle du navire, ils ont provoqué l’une des mutineries les plus célèbres de l’histoire, inspirant plusieurs livres, films et chansons populaires...

 

« La vie est parfois bien cruelle quand les rumeurs et les médisances sont prises par le commun des mortels comme des vérités. »

Black Crow, La Bounty, Delitte, Glenat, 10/2014.

 

Mon avis : Jean-Yves Delitte, le stakhanoviste de la bande dessinée belge, sort un album sur la Bounty, l’histoire d’une frégate dont s’est emparé d’abord Jules Verne puis ensuite le cinéma avec la confrontation romancée entre le Commandant William Bligh et Fletcher Christian, le chef des mutins.

Dans une préface, Jean-Yves Delitte, via son personnage Black Crow, tient à réhabiliter William Bligh qui n’a fait que son devoir de Commandant du navire alors que  « les mauvaises langues le disait tyrannique, irascible et méprisant envers les hommes sous ses ordres ». Cette préface est même pour moi la page la plus importante de l’album car l’auteur nous remet l’histoire de la Bounty dans son contexte. Quels sont les hommes impliqués dans cette histoire, quel type de bateau était réellement la Bounty (un ancien vraquier transformé en une frégate, faiblement armée) ? C’est ce qui s’appelle réhabiliter William Bligh !

Black Crow, La Bounty, Delitte, Glenat, 10/2014.

Après cette mise au point, on découvre l’ambiance sur le bateau. Le voyage a été long (près de 10 mois) et difficile. De plus, la période de récolte d’arbre à pain est passée. Le bateau avait été affrété pour cette tâche. L’équipage se retrouve donc désœuvré dans l’attente de la prochaine récolte alors que la population locale, et surtout féminine, est très accueillante avec l’équipage. Bligh doit garder la discipline sur le bateau, c’est une règle élémentaire pour ce type de voyage si on ne veut pas aller à la catastrophe. Delitte nous décrit le cheminement entre le groupe qui veut prendre du bon temps, qui va se mutiner, et les hommes qui resteront fidèle au Commandant. Il faut savoir également que la loi anglaise était très dure vis-à-vis de ce genre de révolte, pouvant aller jusqu’à la pendaison des mutins.

Le dessin de Delitte est toujours aussi précis. Il n’est pas peintre officiel de la marine (belge) pour rien. Pour la petite histoire, Certaines personnes en France se sont émues qu’il porte ce titre, qu’ils disaient usurpés. Ces personnes ont oubliés que la Belgique à plus 60 kilomètres de côtes et possède aussi une marine, certes modeste, mais bien réelle, spécialisée surtout dans le déminage.

Black Crow, La Bounty, Delitte, Glenat, 10/2014.

L’auteur s’est focalisé dans son scénario sur la partie centrale de la mutinerie. Certains auraient peut-être préféré en savoir plus sur l’avant et l’après. Mais le lecteur attentif à tous les éléments (y compris la préface) pourra comprendre les tenants et les aboutissants de l’histoire de cette frégate, la Bounty. Les amateurs de l’histoire maritime et de la voile apprécieront.

 

Scénario :            7,0/10

Dessin :               8,0/10

Moyenne :            7,5/10

 

Lien vers le site internet de Glénat : ICI.

 

Capitol.

 

Black Crow, La Bounty, Delitte, Glenat, 10/2014.