02/06/2014

BLACK CROW - tome 5: Vengeance.

Black crow, vengeance, Delitte, Glénat, 05/2014Black crow, vengeance, Delitte, Glénat, 05/2014Dessin  & scénario : Jean-Yves Delitte

Editions Glénat

Sortie 07/05/2014

48 pages

Prix conseillé : 13,90 €

ISBN : 9782723496704

Aventure, marine, Histoire

 

Résumé (de l’éditeur) : Après une bataille sans merci, les Français ont finalement pris possession de Port-Saïd. Pris au milieu de la tourmente, Samuel Prescott dit Black Crow y a perdu le Revenge et pas mal de ses amis. Dans l’ombre, il fomente sa vengeance... Alors que l’état-major français se réunit, le corsaire leur lance un ultime affront sous la forme d’une flèche explosive avant de prendre la fuite en leur dérobant un navire. Pourchassé par la Royale, il part se ravitailler à Cap Verde où il retrouve un vieil ami, ancien jésuite aux mœurs légères. Pour échapper à la frégate française le Concorde, celui-ci lui propose de partir loin. Là où personne n’est encore allé… Vers la mythique Terra Australis incognita

Black crow, vengeance, Delitte, Glénat, 05/2014

 

Mon avis : Black Crow, alias Samuel Prescott, continue sa saga qui l’emmène de plus en plus loin, jusqu’à la « Terra australis incognita », au brésil. Le lecteur suit toutes les péripéties d’une chasse à l’homme, celle de black Crow, par la marine française.

C’est rythmé au niveau de l’action, le contexte maritime est toujours présent. Au niveau du scénario, nous avons donc un « mix » entre ces deux lignes directrices.

Black crow, vengeance, Delitte, Glénat, 05/2014

 

Au niveau du dessin, il reste dans la droite ligne des autres tomes de la série. On retrouve toujours cette différence entre le jour et la nuit au niveau des marges des planches (blanc/noir). La construction des cases laisse place à la créativité de Jean-Yves Delitte. Nouveauté, il innove en réalisant en réalisant des dessins superbes, sans bulle ou annotation, en 1 case sur deux planches en vis-à-vis. Le résultat est splendide et montre toute l’étendue du talent de l’auteur.

Black crow, vengeance, Delitte, Glénat, 05/2014

 

Jean-Yves Delitte, peintre officiel de la marine belge, un titre qui a fait couler un peu d’encre en France qui n’a pas le monopole de la mer, porte haut le drapeau du dessin « maritime » ; ce tome 5 répond complètement aux attentes. Une fois rentré dans l’histoire, plus moyen de lâcher l’album avant la fin du récit. Epatant !

 

Dessin :             8,0/10

Scénario :          8,0/10

Moyenne :          8,0/10

 

Le site internet de Glenat : ICI.

 

Capitol.

Black crow, vengeance, Delitte, Glénat, 05/2014

31/05/2014

S.

 

S., Gipi, Futuropolis, 05/2014S., Gipi, Futuropolis, 05/2014Dessin & scénario : Gipi

Editions Futuropolis

Sortie 05/05/2014

112 pages

Prix conseillé : 18,00 €

ISBN : 9782754810357

Roman graphique, Histoire de famille.

 

Résumé (de l’éditeur) : S. est un récit de souvenirs, dans lequel Gipi dessine en quelques moments clés la vie de son père récemment décédé. Entremêlant ses propres souvenirs d’enfant et d’adolescent — amplifiés, déformés, chimériques — sous forme de petites anecdotes du quotidien, que l’on devine maintes fois racontées au cours des repas familiaux, il reconstruit l’image d’un père impressionnant, aimé et admiré. Ce sont aussi les souvenirs de la guerre, des bombardements, des morts. Des histoires de peur au ventre, d’un père caché dans les clapiers à lapins, en entendant les bombes, comme celle d’un fils, contraint de passer la nuit seul avec son cousin, sur une plage, dans le froid… Des histoires qui ont régi la vie d’un homme et de sa famille, provoquant silences, incompréhensions et conflits sourds.

 

S., Gipi, Futuropolis, 05/2014

 

Mon avis : Gipi est un dessinateur-scénariste italien originaire de Pise et âgé de 51 ans à ce jour. C’est l’auteur dont tout le monde parle en ce moment. En janvier 2014, l’album « vois comme ton ombre s’allonge » est salué par la critique unanime. Gipi est une référence aussi pour pas mal de ses collègues dessinateurs et scénaristes. Futuropolis a décidé de rééditer ses anciens ouvrages, surfant sur la vague du succès en librairie. Il avait déjà en 2006 remporté le prix du meilleur album à Angoulême pour « Notes pour une histoire de guerre » paru à l’époque chez « Actes Sud ».Il s’essaye aussi au cinéma et est actuellement dessinateur pour le quotidien italien « La Republica ». Voilà planté le décor.

S., Gipi, Futuropolis, 05/2014

 

Un des personnages principaux est l’auteur lui-même. En réalité dans cet album,  il raconte l’histoire de son père, sa propre histoire aussi, celle de sa famille depuis la seconde guerre mondiale jusqu’à ce jour. Alors, vous allez me dire où réside le talent de Gipi ? Comment s’exprime-t-il ? A la lecture de l’album, la personnalité atypique de Gipi saute aux yeux et c’est difficile de ne pas être interpellé par cette façon très particulière de traiter son sujet, de raconter une histoire, son histoire.

S., Gipi, Futuropolis, 05/2014

 

Le dessin oscille entre le graphisme parfois presque enfantin et le graphisme plus précis, plus détaillé qui fait penser aux croquis d’un carnet de voyage, un journal intime rempli d’esquisses, dessinées au vol, à la hâte et que le dessinateur aurait un peu retravaillés par la suite. Cela nous donne un dessin très naturel, par moment un peu brut mais l’ensemble reste très cohérent.Les couleurs de Gipi sont faites à l’aquarelle et donnent également une touche complémentaire au récit, alternant les couleurs froides et plus chaudes en fonction de l’époque racontée.

S., Gipi, Futuropolis, 05/2014

 

Le scénario est la pièce centrale du travail de Gipi : un scénario complètement déstructuré, des bribes, des répétitions, des non-dits, des impressions parfois furtives, relevant plutôt d’une psychanalyse  où le sujet essaye lui-même de remettre en place le puzzle de sa mémoire parfois imprécise et le confronte aux souvenirs de son père. Un père qui ne lui a pas nécessairement tout dit, ou qui a travesti en partie la réalité. Cela nous vaut dans le récit des répétitions, des interrogations, une sorte de procession d’Echternach, deux pas en avant, un pas en arrière…C’est ainsi que le lecteur, lui-même, va remettre lentement en place les pièces pou, en fin de récit, avoir une vue d’ensemble de l’histoire. Dans ce cahot scénaristique, va se détacher en fin de compte un récit complet et cohérent qui nous raconte l’histoire chahutée  de la famille de Gipi. On sent que l’auteur y a mis sa propre ADN, ce qui donne un récit sincère, plein de sentiments, qui dévoile aussi les failles de l’auteur.

S., Gipi, Futuropolis, 05/2014

 

C’est un bel album qui raconte de façon romancée une histoire dont les bases sont ancrées dans la réalité. Bien évidemment, il faut aimer ce type de narration destiné à un public adulte. Certains pourraient être déconcertés. J’ai pour ma part apprécié cet exercice de style et au final, je suis arrivé au bout de la lecture de ce magnifique récit, l’histoire de famille d’un homme nommé Gipi. Excellent.

 

Dessin :           7,0/10

Scénario :         9,0/10

Moyenne :         8,0/10

 

Le site internet de Futuropolis : ICI.

 

Capitol.

S., Gipi, Futuropolis, 05/2014

 

28/05/2014

L'AVIATRICE - Tome 1: Nora.

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.Dessin : François Walthery & Bruno Di Sano - Scénario : Etienne Borgers

Editions Paquet

Collection cockpit

Sortie 28/05/2014

48 pages

Prix conseillé : 13,50 €

ISBN : 9782888905691

Aventure, aviation.

Résumé (de l’éditeur) : 1935. Nora Stalle, pilote intrépide et expérimentée, est employée par Air Zénith sur ses liaisons postales aériennes. La compagnie veut frapper un grand coup publicitaire : un raid aérien vers l’Extrême-Orient, et choisi Nora pour être la pilote du Caudron Simoun spécialement équipé pour cette aventure. Un nouveau mécanicien lui est assigné comme compagnon dans le raid, Théo Norville. Un mécano doué qui se révèle vite avoir du tempérament, une grande gueule, libertaire, avec un penchant marqué pour la bouteille...

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.

 

Mon avis : Nous avions eu l’information à  titre confidentielle depuis de nombreux mois mais il y avait embargo sur l’information : « François Walthery travaille sur un projet pour la collection Cockpit de l’éditeur Paquet ». Natacha, l’hôtesse de l’air, continue sa vie chez Dupuis mais voici maintenant une jeune aviatrice, Nora Stalle, qui va sévir chez Paquet. François Walthery, un monument de l’école de Marcinelle, multiplie les collaborations avec différents éditeurs. Pour ce projet, il s’est adjoint la collaboration de Bruno Di Sano, qui a déjà collaboré avec lui sur « Rubine ». Les dessinateurs liégeois se sont mis au travail. Le café Braham à Cheratte-Hauteurs, près de Liège, le quartier général de Walthéry, bruisse de rumeurs, des croquis apparaissent,…Bref, la « Walthéry connection » s’est mise à l’œuvre avec cette décontraction bien liégeoise…

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.

 

Il parait qu’ils ont beaucoup transpiré pour réaliser les avions. Il faut préciser que leur travail est supervisé par le directeur de la collection Cockpit, à savoir Romain Hugault, grand spécialiste des avions. Le scénario a été concocté  par Etienne Borgers. Walthery et lui se sont connus pendant leur service militaire. Ils ont déjà collaboré sur Natacha avec plusieurs histoires dont « La mémoire de métal » mais aussi le diptyque « Instantanés pour Caltech » suivi de  «  Les machines incertaines ». Nous avons donc une équipe rompue à ce genre de travail, très professionnel.

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.

 

L’histoire se passe en 1935, période pendant laquelle « Air France » se développe. « Air Zénith » qui emploie Nora Stalle, décide de faire un raid aérien vers l’Extrême-Orient (Paris-Moscou-Shanghai) pour se faire de la publicité et contrer l’hégémonie de son concurrent. Vient se greffer sur l’histoire le contexte politique de l’époque avec l’Allemagne d’Hitler et la Russie soviétique. Cela nous vaut bien des péripéties bien avant le départ réel du Raid…On y retrouve bien entendu des personnages bien typés, un humour toujours présent, une petite touche bien liégeoise avec un détour vers l’aérodrome de Bierset-Liège. Des petits détails bien en rapport avec l’esprit qui anime les créations de Walthery. Une bonne histoire, de la grande aventure, bref, une histoire qui va intéresser et passionner le grand public.

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.

 

Il semblerait que Walthery a fait le découpage et le premier crayonné et que Di Sano a fignolé le tout. Au niveau graphique, cela ressemble fort aux derniers « Rubine » dont les collectionneurs s’arrachent maintenant les albums qu’on trouve difficilement en librairie. A noter également qu’il existe une version limitée à 1450 exemplaires contenant les planches crayonnées et noir et blanc (96 pages – 25,00€).

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.

 

Au final, je me suis bien amusé à lire ce premier album. Nora est en route pour Shanghai mais il faudra attendre le prochain tome pour connaître la suite. Une nouvelle série de Walthéry, c’est toujours un événement que je vous conseille de découvrir illico presto !

 

Dessin :             8,0/10

Scénario :          9,0/10

Moyenne :          8,5/10

 

Le site internet de Paquet : ICI.

 

Capitol

L'aviatrice, Walthery, Di Sano, Borgers, Paquet, 05/2014.

MOBY DICK.

Moby Dick, Jouvray, Alary, Soleil, Noctambule 04/2014Moby Dick, Jouvray, Alary, Soleil, Noctambule, 04/2014Dessin : Pierre Alary - Scénario : Olivier Jouvray

Collection : Noctambule

Editions Soleil

Sortie 02/04/2014

124 pages

Prix conseillé : 17,95 €

ISBN : 97822302037540

Aventure, thriller, littérature américaine.

 

Résumé (de l’éditeur) : Herman Melville, qui fut marin, s’inspira de faits réels pour donner  naissance à Moby Dick – un livre culte qui inscrivit un nouveau mythe dans la mémoire des hommes : celui de la baleine blanche. Il y raconte la quête furieuse, mystique et désespérée du Capitaine Achab et son dernier affrontement avec Moby Dick. Une quête folle adaptée et maîtrisée par deux talents, deux sensibilités – celles d’Olivier Jouvray et de Pierre Alary.

 

Moby Dick, Jouvray, Alary, Soleil, Noctambule, 04/2014

 

 

Mon avis : Moby Dick fait partie de l’imaginaire collectif. L’adaptation par Jouvray et Alary est un événement d’autant plus qu’il est salué par la critique…L’exercice n’est pas facile. Il est bien mené par ce duo d’auteurs, tout en restant proche du roman de Melville.

Moby Dick, Jouvray, Alary, Soleil, Noctambule, 04/2014

 

Dès le départ, le lecteur va observer la démesure, la folie du Capitaine Achab qui veut retrouver coûte que coûte Moby Dick, un énorme cachalot blanc. L’animal lui a arraché, lors de leur dernière confrontation, une jambe. Starbuck, le second, s’oppose à cette folie. Il veut préserver l’équipage d’une mort certaine. D’où la confrontation dont seront témoins le narrateur Ishmaël, un jeune matelot, parti en mer pour l’aventure, et Queequeg, un impressionnant maître harponneur tatoué, venant d’une petite île des antipodes.

Moby Dick, Jouvray, Alary, Soleil, Noctambule, 04/2014

 

Le scénario est bien bâti et reste dans une certaine chronologie, une logique narrative conventionnelle. Les personnages et les situations sont très bien plantés et décrits grâce à un dessin expressif et dynamique. Le graphisme est agréable à la lecture et n’est pas vraiment lisse et « propre » mais laisse au lecteur la possibilité de voir les « esquisses » d’Alary. Nous sommes donc loin d’une ligne claire impeccable sans scories. Cela donne une authenticité, une vie au dessin. Les couleurs restent dans des couleurs sombres, parfois tirant vers le sépia, le brun, le rouge. Elles donnent une ambiance propice au récit d’aventure.

Moby Dick, Jouvray, Alary, Soleil, Noctambule, 04/2014

 

En résumé, même si l’histoire est connue, il s’agit d’une bonne surprise. J’ai surtout apprécié la psychologie des personnages très bien rendue et l’expression des visages. Réjouissant.

 

Dessin :             8,0/10

Scénario :          9,0/10

Moyenne :          8,5/10

 

Le site internet de Soleil : ICI.

 

Capitol

 

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