03/02/2014

HISTOIRES INAVOUABLES

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013Dessin : Jérôme D’Aviau - Scénario : Ovidie

Editions Delcourt

Collection Erotix

Sortie : 06/11/2013

104 pages

Prix conseillé : 7,90 €

ISBN : 9782756040554

Sexe, adulte, Erotisme, histoires courtes, société.

 

Résumé (de l’éditeur) :Ils ne se connaissent pas et se donnent rendez-vous dans un train pour s'adonner à des jeux sexuels ; un serial dragueur emmène deux filles chez lui en pensant que la nuit sera chaude ; une étudiante américaine se procure du plaisir en se frottant contre tout ce qu'elle trouve dans la rame du métro jusqu'au jour où... Certaines histoires ont été vécues par Ovidie elle-même. À vous de deviner lesquelles... 

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013

Mon avis :   Attention, cette chronique n’est pas réservée pour les âmes chastes mais plutôt pour les « décontractés du sexe » comme on dirait du côté de la rue du cirque à Paris. Un bandeau rouge de l’éditeur annonce d’ailleurs sur la couverture : « Une BD signée Ovidie réservée aux adultes ». Certains la qualifient d’intello du sexe. L’origine du pseudo « Ovidie » vient d’une bande dessinée de Ptiluc. Il s’agit d’une petite ratte.

En page 4 de couverture, on peut lire une déclaration d’Ovidie qui cadre bien l’album : « Les dix histoires que vous allez découvrir sont toutes inspirées de faits réels, seuls les noms ont été modifiés. Trop croustillantes pour être avouées, elles m’ont été confiées dans le plus grand secret. J’ai moi-même vécu certaines d’entre elles et je n’avais jamais osé en parler jusqu’à ce jour. J’ai laissé quelques indices, je vous laisse deviner lesquels… »

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013

Au niveau du scénario, nous avons donc 10 histoires courtes. On dit que ce sont les meilleures…C’est vrai que cela donne du rythme au livre d’autant plus qu’elles racontent des histoires liées au sexe mais diamétralement opposées. Il y en a pour tous les styles, pour tous les genres si vous voyez ce que je veux dire…En plus de cela, c’est bien raconté, bien écrit. Ce n’est pas trop « verbeux », ce n’est pas non plus sans dialogue, sans fond. Ovidie qui a déjà quelques ouvrages en librairie, a aussi une jolie plume …

Le dessin est la vraie révélation de cet album. Jérome d’Aviau a déjà publié plusieurs albums en majorité chez des petits éditeurs. Son dessin est superbe, dépouillé (comme ses héroïnes dans cet album), mais aussi précis et maîtrisé. Ce n’est pas chirurgical et fait dans une optique d’un certain esthétisme de bon aloi. Bien évidemment, cet album n’est pas à laisser dans toutes les mains malgré la qualité graphique et scénaristique.

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013

Excellent album dans ce genre particulier qui se démarque par rapport à la production générale. Ce n’est pas le bas de gamme de la grande majorité des albums du genre. Il ne reste plus qu’aux découvreurs de talent de se lancer à la recherche de ce petit bijou dans un genre très marqué et à la marge de la bande dessinée classique. Il faudra peut-être chercher quelque peu, demander à votre libraire l’album, regarder dans les étagères du dessus, dans l’enfer des bibliothèques. Vous pouvez encore le commander sur un site de vente en ligne si vous avez peur d’essuyer les sarcasmes de votre libraire. Elle est dure la vie…

 

Lien vers le site de l’éditeur : ICI.

Lien vers le site internet d’Ovidie : ICI.

Lien vers le site internet de Jérôme D’Aviau : ICI.

 

Dessin :             9,0/10

Scénario :           8,0/10

Moyenne :           8,5/10

 

Capitol

Histoires inavouables, ovidie D'aviau, Delcourt, sexe,adulte, érotisme,11/2013

29/01/2014

SECRETS - Cavale: tome 2/3.

Secrets, Cavale, Giroud, Germaine, Magda, Dupuis, 01/2014Secrets, Cavale, Giroud, Germaine, Magda, Dupuis, 01/2014Dessin : Magda

Scénario : Frank Giroud et Florent Germaine

Editions Dupuis

Sortie : 10/01/2014

48 pages

Prix conseillé : 14,50 €

ISBN : 9782800154923

Société, drame familial, polar.

Résumé (de l’éditeur): Nadia connaît désormais le secret de sa mère, mais aussi de sa naissance. Son père est à nouveau en cavale et recherché des deux côtés des Pyrénées. Comment recoller les morceaux quand tout ce qu'on croyait connaître de sa vie vole en éclats à 18 ans ? C'est ce que Nadia va devoir apprendre à faire, accompagnée par son oncle et ses souvenirs, pour assumer une réalité trop longtemps occultée.

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Mon avis : La série « Secrets » scénarisée par Frank Giroud est un gage de qualité en général. Pour « Cavale », il s’est adjoint Florent Germaine au scénario et a fait appel à Magda pour le dessin. Je vous renvoie à mon avis à propos du tome 1 sur Samba BD (lien en fin de cette chronique).

Il s’agit d’une histoire qui est une introspection psychologique de la jeune Nadia qui apprend, alors qu’elle a 18 ans, le lourd passé de ses parents. Comment va-t-elle réagir à ce secret de famille ? S’y mêle un polar. Nadia apprend que son père est en cavale et elle constate qu’elle est suivie, épiée.

Secrets, Cavale, Giroud, Germaine, Magda, Dupuis, 01/2014

Au cours de ce deuxième tome, le lecteur apprend la portée de ce secret et découvre les dommages collatéraux (famille, école, presse,…). Mais on sait déjà qu’il y a un deuxième volet du secret qui est toujours latent, à découvrir…Le lecteur est un peu assis entre deux chaises. Non seulement le titre en dit déjà beaucoup dès le départ de ce triptyque mais les développements me semblent un peu « téléphonés ». C’est un peu ce qui me dérange dans cet album qui j’ai trouvé très prévisible. Reste à attendre la suite des évènements, j’espère que le scénario ne me décevra pas…

Secrets, Cavale, Giroud, Germaine, Magda, Dupuis, 01/2014

Au niveau de la partie graphique, c’est excellent. Magda a un dessin très classe qui n’est pas trop chargé mais pas trop basique. On retrouve une juste balance entre l’essentiel et l’accessoire. La lecture est ainsi très fluide.

Secrets, Cavale, Giroud, Germaine, Magda, Dupuis, 01/2014

J’attends le troisième et dernier tome de « Cavale » pour donner un avis définitif sur cette cavale qui est jusqu’à maintenant un peu décevante. Quand va-t-on avoir enfin l’élément qui bluffe complètement le lecteur, un élément inattendu de la narration ? L’avenir nous le dira probablement rapidement car les tomes se suivent par période de 6 mois…

 

Graphisme :      7,5/10

Scénario :        6,5/10

Moyenne :        7,0/10

 

Lien internet vers le site des éditions Dupuis : ICI.

Lien vers la chronique du tome 1/3 de « Secrets- Cavale » : ICI.

 

Capitol.

Secrets, Cavale, Giroud, Germaine, Magda, Dupuis, 01/2014

28/01/2014

MICHEL VAILLANT - Saison 2- tome 1: Voltage.

Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, 12/2013Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, 12/2013Dessin : Marc Bourgne &  Benjamin Benéteau

Scénario : Philippe Graton &  Denis Lapière

D’après les personnages crées par Jean et Francine Graton

Editions Graton/Dupuis

Sortie : 06/12/2013

56 pages

Prix conseillé : 15,50 €

ISBN : 9782800157795

Aventure, automobile.

 

Résumé (de l’éditeur): Interdit de course jusqu'à la fin de la saison après les événements de la course de Portimão, Michel Vaillant traverse une période de doute. Troublé par la détermination de son fils, engagé dans une entreprise qu'il juge incompatible avec les valeurs de la famille, Michel Vaillant décide de relever un nouveau défi : battre le record de vitesse avec une voiture électrique sur le Lac salé de Bonneville, aux États-Unis. La pression qui pèse sur ses épaules est forte. La crédibilité et le prestige des usines Vaillant se trouvent mis en jeu dans cette performance. Il n'a en effet pas droit à l'échec, tant vis-à-vis des sponsors que de son père, le patriarche de la famille, qui n'a jamais caché son mépris pour l'électrique. S'ajoutent à cette tension les inquiétudes de Françoise, préoccupée par les risques que va prendre Michel en pilotant ce prototype.

Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, 12/2013

Mon avis : Je ne vais pas reprendre les arguments et les développements que j’avais énoncés lors de la première chronique de la saison 2 de Michel Vaillant. Je vous renvoie à celle-ci via le lien repris en fin de cette chronique. Ce tome deux continue sur la même lancée du tome 1, dans le même plan «marketing». Les auteurs nous avaient laissés sur un suspens intenable à la fin du tome précédent. Maintenant, il va falloir développer l’idée de base et ils y parviennent avec maîtrise. Ils sont entrain de creuser le trou dans lequel est plongé Michel Vaillant. Des emmerdes, il en a plein la casquette : l’usine Vaillant, son fiston, sa suspension de licence automobile,…On a parfois les soucis qu’on mérite…Disons que les scénaristes se sont donnés à fond pour sortir une histoire qui sort du plan courses – victoires - coups fourrés du « Leader », son meilleur ennemi.

Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, 12/2013

L’aspect psychologique  est mis en avant et on creuse profond. C’est à ce niveau que la saison 2 est novatrice. Mais on ne laisse pas pour autant tomber les ficelles qui ont fait le succès de la série de Jean Graton. La référence à des personnes vivantes, acteurs du monde des courses automobiles, est toujours bien présente. On rencontre au fil de la narration Alain Menu ou la firme Venturi automobiles qui s’est mis pour objectif de battre le record du monde de vitesse en véhicule électrique. Un feuillet en quadrichromie de 4 pages est d’ailleurs ajouté à l’album et fait le point sur le projet Venturi. C’est la confrontation de la fiction « Michel Vaillant » à la réalité. C’est aussi un rappel, un renvoi, à la saison 1 et à l’album « Mach 1 pour Steve Warson », paru en 1968. Vous l’aurez compris, c’est de la fine mécanique mise en place par le scénario.

Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, Venturi, 12/2013

Au niveau du dessin, c’est globalement d’un très bon niveau graphique. Au niveau des véhicules, il n’y a vraiment rien à dire. On est proche de la perfection. Les personnages récurrents de la saison 1 sont par contre moins bien dessinés. J’ai quelques réticences par exemple sur la façon est dessinée Steve Warson. Pas encore bien maîtrisé le « Steve » ! Je trouve aussi qu’au niveau des expressions des visages, c’est parfois un peu figé.

Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, Venturi, 12/2013

Pour conclure, cet album se lit avec facilité et envie. C’est cela le principal et je pense que la série Michel Vaillant est bien repartie avec un univers plus diversifié, plus riche, plus basé sur la psychologie des personnages qui sont plus que des personnalités bien propres, bien lisses et bien nettes. Les héros de papier ont maintenant le pied sur terre. Ils sont plus vulnérables et cela donne une nouvelle dynamique à la série.

 

Graphisme :      7,5/10

Scénario :        8,5/10

Moyenne :        8,0/10

 

Lien internet vers le site des éditions Dupuis : ICI.

Lien vers la chronique du tome 1- Saison 2 : Au nom du fils : ICI.

Lien vers le site internet de Venturi : ICI.

 

Capitol.

 

Michel Vaillant, Voltage,Graton, Dupuis, 12/2013

 

22/01/2014

GOODBYE BUKOWSKI.

1401191230200001.JPG1401191201240001.JPGDessin & scénario : Flavio Montelli

Editions Casterman

Collection  « écritures »

Sortie 22/01/2014

160 pages

Prix conseillé : 15,00 €

ISBN : 9782203070783

Biographie, Histoire, écrivain, Charles Bukowski.

 

Résumé (de l’éditeur): Le portrait touchant et subtil d’une légende de la littérature américaine moderne. À cinquante ans passés, l’américain Charles Bukowski est un écrivain célèbre, autant par ses frasques que par son oeuvre. À la première personne et en noir et blanc, d’un trait à la fois léger et très personnel, Flavio Montelli tient la chronique de ce parcours et de ce destin littéraires hors norme, porté par une personnalité profonde, complexe : provocateur, jaloux, excessif, désaxé, alcoolique, mais aussi désemparé et touchant, Bukowski aujourd’hui comme hier irrite autant qu’il séduit.

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Mon avis : Les biographies m’ont toujours intéressées et surtout celles d’écrivains car elles sont parfois aussi de vrais romans. Lorsque j’ai reçu la liste des prochaines parutions chez Casterman, j’ai donc de suite pointé l’ouvrage, d’autant plus qu’il est publié dans la collection « écritures », un gage de qualité. Et de me souvenir de la fameuse émission d’Apostrophe de Bernard Pivot en 1978 où Charles Bukowski était complètement ivre, tenant des propos décousus et incohérents. François Cavanna, autre invité de l’émission et pourtant admirateur de l’œuvre, lancera : « Bukowski, ta gueule ! ». En fin de compte, Bukowski partira avant la fin de l’émission. Pivot lancera à l’occasion : « Il ne tient pas tellement la bouteille cet écrivain américain…  ». La vidéo de l’émission fait le tour du monde. Il devient un écrivain culte. La presse a titré : « Un poivrot chez Pivot ». Le buzz fonctionne à fond, le succès éditorial est phénoménal. « Les contes de la folie ordinaire » sera adapté au cinéma par Marco Ferreri alors que « Barfly » deviendra un film en 1988 sous la direction de Barbet Schroeder avec Mickey Rourke dans le rôle principal. Voilà pour « cadrer » le personnage.

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Voyons maintenant l’album en lui-même. Flavio Montelli est un jeune auteur montant de la bande dessinée italienne. Goodbye Bukowski est son premier roman graphique et a été publié en 2012 en Italie. Casterman en fait donc la traduction française.

L’histoire en elle-même est simple. Je dirais même plus, d’une platitude sans fin. On retrouve Bukowski alors qu’il a 56 ans. Il est un poète et écrivain, tantôt adulé, tantôt contesté par la critique. Il vient de quitter son boulot de postier et vit de sa littérature, surtout de ses lectures publiques à travers les Etats-Unis. Il a déjà beaucoup tâté de la dive bouteille, il est usé par la vie, par son errance. Sa seule fierté, c’est sa fille Marina qui a six ans. Bukowski écrit la nuit en buvant. Il n’est pas très causant, sort peu. Montelli nous raconte donc l’automne de la vie de Bukowski via les femmes qui ont croisé son existence.

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Au niveau du dessin, cela tient la route, Bukowski est ressemblant mais on n’atteint pas les sommets graphiques. Dans la collection « écritures », on parle plutôt d’un style graphique. Ici, c’est le cas. Montelli a son style mais ne casse pas autant la baraque.

 

Reste le scénario, qui souvent sauve l’album, est le moteur du récit et rend le dessin secondaire, accessoire. A la lecture de cet ouvrage, je dois déplorer que le scénario ne réponde pas du tout à mes attentes. On reste dans le vague, on décrit une vie qui semble presque immobile, sans grands reliefs. Ce scénario est une sorte de « bateau ivre » (au sens premier, pas au sens poétique), sans cap, sans capitaine, sans boussole, qui se laisse porter par les vents, les courants, les fortunes de mer…Je n’irai pas jusqu’à dire que le passager du bateau que je suis, a attrapé le mal de mer et  a remis son dernier repas par-dessus le bastingage…Mais franchement, je me suis ennuyé et j’attendais beaucoup plus de cet album.Le scénario aurait du être plus structuré pour être crédible et plus abordable aux lecteurs.

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C’est pour moi une déception. Ce genre de bouquin avec beaucoup d’attentes et d’espoirs mais un ratage complet à l’arrivée. Dommage…

 

Graphisme :      6,0/10

Scénario :        6,0/10

Moyenne :        6,0/10

 

Lien internet vers le site des éditions Casterman : ICI.

Lien vers la vidéo de l’émission « Apostrophe » avec Bukowski : ICI.

 

Capitol.

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