28/10/2013

I.R.$. TEAM - Tome 2: Wags.

Couv_197416.jpgPlancheA_197416.jpgDessin : Daniel Koller - Scénario : Stephen Desberg

Editions Le Lombard

Troisième vague

Sortie : 20/09/2013

48 pages

Prix conseillé : 12,00 €

ISBN : 9782803632299

Aventure, polar, Thriller, Football.

 

Résumé (de l’éditeur): La coupe du monde de football approche. L'événement aiguise les appétits financiers de mystérieux hommes de l'ombre. Des joueurs et des dirigeants de la FIFA sont soudoyés... Ceux qui refusent de céder sont éliminés. Face à l'ampleur du complot, Larry Max a besoin d'alliés. Il réunit autour de lui une équipe d'experts redoutables : l'inquiétante Laroya, sa collègue Mia Maï, ainsi que les agents Jared Gail et Scarlett Cossler, tout droit sortis des pages d' « Empire USA ».

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Mon avis : Je vous rappelle qu’il s’agit d’une série spin-off de I.R.$., basée sur les turpitudes du monde du football international. Stephen Desberg en est le scénariste mais les dessinateurs changent au fil des tomes car 4 tomes en tout doivent sortir d’ici le début de la coupe du monde au Brésil. Il faut donc travailler vite et c’est là que cela se gâte ! On avait déjà eu une mauvaise surprise avec la série « I.R.S. – All watcher » avec un tome véritablement « cochonné ».Ici, je crains fort qu’il faille aussi déchanter…Koller est au dessin pour ce deuxième tome et cela ne passe pas comme une lettre à la poste. J’ai déjà eu du mal pour reconnaître certains personnages qui se ressemblent furieusement. En plus, je trouve que Larry Max, le héros principal d’I.R.$., est juste esquissé. Bref, c’est très mal parti ! Ce dessin qui ressemble à un rough un peu dégrossi m’a vraiment déstabilisé. Beaucoup d’aplats noirs pour cacher les imperfections du dessin. Du coup, la couleur me semble par moment hasardeuse. Elle essaye probablement de rattraper le dessin. J’ai eu l’impression d’être dans un chantier.

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Ca se corse en plus au niveau du scénario dans les trois premières planches…Je n’ai pas trop compris la ligne du temps, la succession de certaines cases. Qui fait quoi, où et quand ? Etrange…Heureusement, passé ces premières planches, je suis retombé sur le fil de l’histoire et sur mes pattes.

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Franchement, ce deuxième tome donne l’impression d’avoir été bâclé. Vite fait, mal fait…N’est-il pas possible d’avoir un semblant d’unité graphique minimale dans une série ? Mission impossible ? Quand on fait ce métier, on soigne sa copie ou on passe son tour…Dommage, grosse déception.

 

Graphisme :      5.0/10

Scénario :        6.0/10

Moyenne :        5.5/10 (et je suis gentil)

 

Capitol.

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26/10/2013

ALLO BRUXELLES? ICI RAWHAJPOUTALAH! Exposition Tintin - Europalia.India.

@Hergé/Moulinsart 2013

visuel0europalia.jpgEn route…pour de nouvelles aventures! SambaBD a été invité à la conférence de presse qui s’est tenue ce mercredi 23 octobre 2013 au musée Hergé situé à Louvain-la-Neuve en Belgique. 

Le festival Europalia est un festival d’arts internationaux qui a lieu à Bruxelles et en Belgique tous les deux ans. Cette année, elle est consacrée à l’Inde et propose un programme varié composé de 26 expositions, 92 concerts, 56 spectacles, 200 événements littéraires, cinéma et conférences.

Dans le cadre de cette manifestation, le musée Hergé s’est associé au programme et propose une exposition du 26 octobre 2013 au 26 janvier 2014, intitulée « Allo Bruxelles ? Ici Rawhajpoutalah ! » Ce titre est inspiré de la couverture du journal « Le petit vingtième » n°10, paru le jeudi 8 mars 1934.

L’exposition prend le pari de nous faire connaître l’Inde via l’œuvre d’Hergé et plus particulièrement l’album « Les cigares du Pharaon ». Le visiteur pourra y voir les planches originales, dessinées entre 1932 et 1934, misent en parallèle avec la version revisitée des planches en couleurs de 1954 mais aussi avec l’abondante documentation qu’Hergé avait accumulée sur les différents sujets abordés par le récit. Nous ne sommes plus au temps des premiers albums à la documentation fort limitée.

L’évolution graphique y est remarquable. Le dessin de 1934 supporte sans problème l’agrandissement dans les grands formats de l’exposition. C’est une preuve que le dessin était déjà épuré. A la vue du travail de 1954, cette tendance est encore plus visible avec le trait qui se simplifie de plus en plus tout en restant net et détaillé dans l’image qu’il veut transmettre au lecteur.

@Hergé/Moulinsart 2013

visuel 1europalia1.jpgOn y retrouve déjà des thèmes qu’Hergé aime traiter tels que la spiritualité, les dieux, l’homme et son environnement, sa coexistence avec la nature, les animaux. Il traite également de l’imaginaire occidental sur des phénomènes indiens tels que les Sadhus ou fakirs, avec les planches à clous, la lévitation et les charmeurs de serpents.

Le visiteur y verra également décrit les rues de New Delhi, avec le bruit, la circulation, la foule qui bouge, les odeurs,…Hergé a très bien rendu cet environnement à tel point que Tintin a eu du succès en Inde, traduit de l’hindi au tamoul en passant par le bengali ou encore le gujariti. Du signe de Kih-Oskh au Svastika porte-bonheur, l’exposition nous explique la symbolique qui est aussi un des fils conducteur de l’album.

Je ne peux que vous inciter à faire le déplacement pour visiter cette exposition très réussie qui mêle l’imaginaire de Tintin avec des objets d’art indiens dont certains ont été dessinés dans l’album de référence. 

@Hergé/Moulinsart 2013visueleuropalia2C03 61.jpg

Vous pourrez en profiter pour visiter l’ensemble du musée Hergé avec ses expositions permanentes. Il a été dessiné par l’architecte français Christian de Portzamparc (un nom digne d’un personnage de bande dessinée !).Il s’agit d’un bâtiment de près de 3600m² qui attire directement l’œil vu de l’extérieur. Dès que vous rentrez à l’intérieur du bâtiment, le choc visuel continue. Les murs ne sont pas tous droit, des grandes baies vitrées laissent entrer la lumière dans le patio d’entrée. Et pourtant le musée a été conçu comme une bande dessinée. L’architecte a également tenu compte de l’environnement naturel mais aussi des impératifs d’un musée où la lumière ne doit pas abîmer les œuvres. Il a donc joué avec la lumière mais aussi avec les couleurs. Certains ont parlé d’un navire amarré à la dalle de la ville de Louvain-la-Neuve. L’image est pertinente surtout quand vous traversez la jetée qui relie la ville au musée. Le visiteur a l’impression de monter dans un navire en partance pour un voyage imaginaire.

 

@Atelier de Portzampac 2013 -@ photo Nicolas Borel - @Hergé/Moulinsart 2013

 

CHAP1_P18-19_©Nicolas Borel. Architecte-Christian de Portzamparc.jpg

 

Un seul bémol : je me suis rendu à Louvain-la-Neuve en voiture et j’ai remarqué que la signalétique routière est inexistante. Pas de panneaux pour diriger les visiteurs vers le musée que ce soit sur l’autoroute à proximité ou sur les voies d’accès à Louvain-la-Neuve. Les parkings proches du musée sont mal indiqués. Il en est de même dans les rues de la ville. Cerise sur le gâteau, l’adresse du musée est rue du Labrador, 26 (belle référence à l’adresse de Tintin). Mon GPS n’a pas encore cette rue dans son répertoire… Comment un tel écrin, un tel musée peut-il être aussi mal indiqué ?

 

@Atelier de Portzampac 2013 -@ photo Nicolas Borel - @Hergé/Moulinsart 2013

 

 

CHAP1_P12_©Nicolas Borel. Architecte-Christian de Portzamparc.jpg

 

 

@Hergé/Moulinsart 2013

110104_couverture_Hres_0.jpgSi vous n’avez pas l’occasion de visiter le musée Hergé, ou en complément à la visite, vous pourrez lire un nouvel ouvrage  qui vient de sortir aux Editions de La Martinière, intitulé « Musée Hergé ». Il s’agit d’une « brique » de 480 pages, d’un format de 21X21 cm. Cet album est conçu comme un musée de papier. Le lecteur le visite comme il visiterait le véritable Musée Hergé. On peut y voir toute l’œuvre d’Hergé. Cela va des dessins originaux aux notes, carnets, coloriages, documentation, objets qui remettent le visiteur dans le monde unique d’Hergé. L’album parait en 6 langues, est tiré à près de 30.000 exemplaires. Il est vendu au prix de 39,00€ (ISBN 9782732457079). N’ayant pu le consulter, je vous renvoie à votre libraire attitré car il est déjà disponible.

Capitol.

 

Liens utiles :

Le programme d’Europalia India : www.europalia.eu

Le site du Musée Hergé : www.museeherge.com. 

22/10/2013

QUELQUES PAS VERS LA LUMIERE -Tome 5: Le Livre de la vie.

Couv_190903.jpgPlancheA_190903.jpgDessin & scénario : Bruno Marchand

Editions Quadrants

Collection Astrolabe

Sortie : 01/08/2013

48 pages

Prix conseillé : 14,30 €

ISBN : 9782302025691

Aventure, voyage.

 

Résumé (de l’éditeur): 1959 : Marianne a retrouvé dans les archives familiales une enveloppe jamais décachetée contenant les cristaux. Le simple fait de les tenir dans ses mains provoque soudain de curieuses réminiscences d’un passé mystérieux, les puissants souvenirs d’un esprit inconnu… Leur curiosité piquée au vif, Marianne et Peter Banning sautent dans un avion à destination de Moscou, leur premier indice, pour faire la lumière sur cet étrange phénomène.

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Mon avis : Cet album était attendu car le lecteur assidu de la série allait enfin connaître la suite et la fin de ce deuxième cycle. Les cristaux n’ont pas encore livré leurs secrets. Marianne et Peter ne lâchent pas l’affaire malgré leur déconvenue en Russie. Bruno Marchand nous raconte dans le détail leur recherche qui va aboutir à une fin inattendue mais morale.

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Le scénario retrace des faits qui se sont déroulés en 1959. Il fait appel à une fiction scientifique qui mène aussi le lecteur vers le mental, la psychologie, les possibilités inconnues du cerveau humain. Tout cela dans un contexte de « guerre froide ».

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Il en profite pour nous faire visiter le Mont Saint-Michel ou la ville de Londres, magnifiquement dessinés. Bruno Marchand a le chic pour nous dessiner dans les moindres détails les lieux parcourus par les deux personnages principaux. En plus, le domaine maritime y est décrit de façon très précise et extraordinaire. Rien à redire, c’est parfaitement bien rendu. Le dessin est dans le style « ligne claire », le trait est dépouillé pour les personnages mais très détaillé et très précis pour les décors, les navires, les avions, les automobiles. C’est le point fort de l’album.

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Au final, la lecture a été très agréable. J’ai relu les tomes 4 et 5 dans la foulée, histoire de me remémorer tous les détails de l’intrigue. Cette série reste une des mes préférées. Que c’est bien mené, que du plaisir !

 

Graphisme :      9.0/10

Scénario :        8.0/10

Moyenne :        8.5/10

 

Capitol.

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16/10/2013

CHER REGIS DEBRAY, une correspondance dessinée.

Couv_198202.jpgPlancheA_198202.jpgDessin & scénario : Alexandre Franc
Lettres de Régis Debray
Editions Futuropolis
Sortie : 12/09/2013
96 pages en noir et blanc
Prix conseillé : 17,00 €
ISBN : 9782754809610

Correspondance, écrivain, Régis Debray, philosophie

 

Résumé (de l’éditeur): Des mois durant un jeune auteur de bande dessinée, Alexandre Franc, interpelle Régis Debray en bande dessinée. Questionnement du dessinateur et ripostes épistolaires de l’écrivain composent ainsi une correspondance graphique inédite, singulière et joyeuse !

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Mon avis : Une fois de plus, Futuropolis nous propose une bande dessinée atypique, difficile d’approche, qui demande un minimum d’investissement et un maximum d’attention car il faut s’accrocher !

1310121121370001.JPGAu départ, je pensais qu’il s’agissait d’un récit biographique sur Régis Debray, écrivain et philosophe controversé, membre de l’académie Goncourt, compagnon de combat de Che Guevara, Fidel Castro, Salvador Allende et François Mitterrand…Les polémiques sur la capture du Ché, ses positions vis-à-vis de la révolution en Amérique latine, son rôle de conseiller de Mitterrand entre 1981 et 1984 et l’affaire de l’émission « Apostrophe »,... Depuis lors, il écrit des livres sur la philosophie, les religions et occupe différents postes à connotation politique en France.

 

Rien de tout cela. Alexandre Franc s’est mis en tête de faire un livre sur Régis Debray mais il n’a aucune idée de la façon dont il va aborder le sujet, l’angle d’attaque. Il prend contact avec l’écrivain qui avoue ne rien connaître à la bande dessinée. Il ne ferme pas la porte mais demande un temps de réflexion. Pendant ce temps, Alexandre Franc commence à raconter sa vie, le cheminement de ses idées, de son projet. Il lui envoie les premières planches  et attend ses réactions…Debray répond en philosophe. Il est parfois évasif, parfois il lance l’un ou l’autre élément comme lors d’un match de ping-pong. Mais, il s’agit juste pour lui de renvoyer la balle sans grand enthousiasme, c’est du moins la furieuse impression qu’il me donne. Par contre, le dessinateur creuse son sujet. Il se pose des questions sur son père, sur la patrie, la nation, la France. Et en fin de compte, ce n’est pas une biographie de Régis Debray mais une introspection d’Alexandre Franc sur sa propre vie, sur le sens de sa vie tant au niveau familial que professionnel.

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Autant Régis Debray me déçoit par son manque d’implication dans ce projet, autant je trouve courageuse la recherche, la démarche d’Alexandre Franc. Le résultat donne un livre difficile d’accès car très basé sur des idées philosophiques et parfois donne l’impression d’aller sans but précis et dans toutes les directions. Le dessin est en noir et blanc, dépouillé. Par moment, il me fait penser à Keith Haring. J’y ai trouvé aussi une certaine symbolique. Régis Debray y est dessiné comme un chat qui peut vouloir dire pas mal de choses : un chat à 7 vies, qui retombe toujours sur ses pattes, mystérieux, qui se laisse difficilement caresser et qui donne parfois des coups de griffe.

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Pour en terminer, j’ai été un peu déconcerté par cet album. Je ne m’attendais pas du tout à ce genre de récit un peu hermétique pour moi. Les amateurs de philosophie vont aimer. Pour ma part, je dois reconnaître que cela ne manque pas de qualité mais que je suis peu ouvert, réceptif au sujet, à ce type d’album.

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Voulez-vous gagner cet album et vous plonger dans l’univers d’Alexandre Franc via sa correspondance avec Régis Debray ? Pour le remporter, il suffit de mettre un commentaire sur le blog en fin de chronique jusqu’au samedi 26 octobre 2013 inclus. Un tirage au sort sera fait par une main innocente (celle de Samba !).

 

Graphisme :      7.0/10

Scénario :        7.0/10

Moyenne :        7.0/10

 

Lien vers les édition de Futuropolis : ICI

 

Capitol.

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