02/07/2013

MURENA - Chapitre neuvième: Les épines.

Couv_186886.jpgPlancheA_186886.jpgDessin : Philippe Delaby - Scénario: Jean Dufaux

56 pages

Editions Dargaud

Sortie le : 07/06/2013

Prix : 11,99 €

ISBN : 9782505016526

Rome, Antiquité, Néron, Histoire.

 

Le résumé de l’histoire (de éditeur) : Néron craint de voir le peuple romain, horrifié par le grand incendie de Rome, se retourner contre lui s'il ne trouve pas de coupables à lui donner en pâture. Les chrétiens seraient des boucs émissaires parfaits ! La relation qu'entame Lucius Murena avec la belle Claudia l'empêchera-t-elle de se battre contre cette injustice ?

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Mon avis : La sortie d’un album de Murena est toujours un événement. Ce neuvième tome ne déroge pas à la règle. On a déjà beaucoup discuté sur cet album. Il y en aura deux versions selon les dires de l’éditeur. La première version est une version expurgée de 46 planches. Oui, il manque, semble-t-il, deux planches très chaudes, sexuellement parlant. Une seconde version, non expurgée, devrait sortir fin d’année avec ces deux planches et probablement une mise en perspective (sans jeu de mots). Certains apprécieront, d’autres moins. Les inconditionnels achèteront les deux versions mais n’est-ce pas payer cher pour deux planches somme toute pas vraiment importantes pour la compréhension du récit.

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Où en est notre ami Murena ?il est peu visible dans ce tome si ce n’est qu’il se donne du bon temps (voir les deux fameuses planches inédites à ce jour). Les auteurs nous racontent la vie de Rome après l’incendie. L’entourage de Néron le presse de châtier pour l’exemple, pour apaiser la population qui réclame des responsables. Les responsables sont tout trouvés. Ils sont juifs et plus particulièrement chrétiens. Les auteurs en profitent pour prendre des options historiques pas vraiment confirmées. On va suivre ainsi Pierre, le premier pape et chef des chrétiens, qui va être un personnage clé de ce tome.

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Au niveau du scénario, Jean Dufaux déroule toujours avec autant de facilité, de fluidité. Mais en érudit qu’il est, il nous livre une documentation, un lexique et une bibliographie fournie pour tout qui veut approfondir le sujet.

Au niveau du dessin, Delaby excelle toujours. J’ai eu l’impression qu’avec ce tome, les cases s’agrandissent, sortent de plus en plus du cadre. Le dessin prend encore en amplitude et en perfection. C’est un réel plaisir pour les yeux de découvrir ces planches. La couleur n’est pas en reste.

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Lire cet album, c’est l’adopter. La lecture a été rapide, peut-être trop ? Jamais je ne me suis arrêté pendant la lecture. J’étais plongé dans la Rome antique avec Murena, Néron, Pierre,…Partagé entre la grandeur de la civilisation et la cruauté de l’époque. Le plus important à cette époque est de survivre. J’ai survécu à la lecture de ce tome de très grande qualité. Mais vous n’avez pas eu besoin de lire cette chronique pour le savoir. Cet album sera à ne pas douter dans les meilleures ventes de l’année mais c’est surtout au niveau qualitatif que l’album est remarquable.

 

Dessin :           

Scénario :        

Moyenne :        

 

Capitol.

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01/07/2013

JULIUS CORENTIN ACQUEFACQUES - Tome 6: Le décalage.

Couv_184264.jpgPlancheA_184264.jpgDessin & scénario: Marc-Antoine Mathieu

56 pages

Editions Delcourt

Sortie le : 06/03/2013

Prix : 14,75 €

ISBN : 9782756031088

Aventure, Expérience artistique.

 

Le résumé de l’histoire (de éditeur) : Le décalage est le sixième opus dans l’univers de Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves. Cette fois-ci, le lecteur est invité à suivre l’errance du héros en quête de sa propre épaisseur, et les pérégrinations des personnages secondaires en quête de leur histoire. Un huis clos « outdoor » où l’absurde et la logique dialoguent de part et d’autre de l’horizon des événements. 

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Mon avis : La période des vacances est toujours pour moi une période de rattrapage. Submergé par les nombreuses sorties, j’achète des albums qui m’intéressent puis, faute de temps, je les laisse « en souffrance » sur ma PAL (pile à lire). Reste à attendre d’avoir plus de temps pour la lecture…Pendant l’année, je donne la priorité aux albums des éditeurs avec qui Samba BD a des accords de collaboration. Delcourt ne faisant pas partie d’une collaboration suivie à ce jour, cet album a rejoint la pile d’attente. Mais je me suis promis de le lire en priorité. J’avais beaucoup aimé « 3 secondes » du même auteur qui était une vraie expérience graphique sans dialogue à tel point qu’une discussion était née chez certains lecteurs pour savoir si il y avait bien dans cet album un scénario ou quelque chose qui pouvait en porter le nom…

Le décalage est en priorité un concept scénaristique. Suite à un décalage spatio-temporel, le héros de l’histoire a raté le départ du récit et se trouve en décalage par rapport à l’action. Il va lui falloir tout l’album pour retrouver le début de l’histoire et  « retomber sur ses pattes ».

Comme tout est décalé, la couverture de l’album est la page 7.Comme l’album doit quand même être vendu en librairie (cela m’étonnerait qu’il soit en vente en grande surface, le concept est trop difficile à expliquer…), un magnifique bandeau rouge a été ajouté reprenant le nom de l’auteur, le titre et l’éditeur. En page 4 de couverture, c’est la planche 6 (cela reste logique même si cela demande un peu de réflexion…).Le bandeau rouge indique : « Attention, cet album comporte des anomalies qui sont parfaitement volontaires et en constituent même le sujet ».Brave éditeur qui nous met en garde ! N’oublions pas le code barre pour le libraire qui y trône également. Et si le bandeau se déchire et se perd ? Un autocollant avec le même code barre a été collé sur la même planche numérotée 6. Pas bête l’éditeur, futé même !Admettons même que le bandeau est perdu et que l’autocollant a été enlevé, je signale aux libraires qu’ils trouveront le code barre imprimé à l’intérieur de l’album à la planche considérée au départ comme le 4eme de couverture (vous suivez ?). 

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Tout lecteur qui se respecte feuillette rapidement l’album avant de commencer la lecture proprement dite. Il remarquera directement que trois feuilles de l’album sont déchirées. Je visualise déjà le lecteur « lambda », qui n’est pas au courant du concept, venir réclamer chez son libraire parce qu’on a arraché des parties de feuilles et que l’histoire est incomplète…Le lecteur attentif remarquera que la déchirure est chirurgicale et faite avec grand soin. En lisant l’album, j’ai lu également que « cet album a été achevé d’imprimer en Chine en février 2013 ».On pourrait d’abord dire que c’est dommage de devoir imprimer cet album en Chine. Bonjour l’empreinte écologique! Beaucoup d’emmerdes, quinze jours de bateau pour acheminer un conteneur et quelle logistique… Heureusement dans cet album, chez Delcourt, on nous a dispensé de la remarque habituelle du papier écologique issu d’une forêt bien gérée…Cela aurait fait un peu désordre. Ceci étant dit, le concept même du découpage des pages avait peut-être des coûts supplémentaires, de la main d’œuvre que l’éditeur a préféré confier à des petites mains chinoises pour des raisons économiques. Les Chinois ont du se dire en voyant l’album qu’ils sont fous ces européens…Compte tenu du concept un peu subversif de Marc-Antoine Mathieu, il valait peut-être mieux qu’ils n’y comprennent rien du tout ! On a déjà vu un autre petit livre (rouge !) y faire la révolution…

Et qu’est ce que cela donne à la lecture ? Il faut se dire que le lecteur est parti dans une expérience littéraire, scénaristique, graphique très particulière. Le départ, complètement décalé, peut sembler un peu hermétique, complètement « à l’ouest »! Mais il reste une logique implacable et l’attention du lecteur est en éveil de façon permanente pour ne pas lâcher le fil ténu de ce qu’il reste de l’histoire. En plus, devant l’absence du héros principal, les personnages secondaires se posent des questions existentielles sur leurs rôles dans l’histoire, sur le scénario, sur l’espace, sur le temps qui passe, sur l’action, sur l’immobilisme apparent, sur la définition du « rien ». C’est par moment très philosophique au niveau des dialogues.

D’où le concept suivant : comment va-t-on retomber sur l’action principale du scénario, sur l’action ? Je vous laisse découvrir le concept et la façon avec laquelle l’auteur va retomber sur ses pattes par un tour de passe-passe scénaristique. J’ai trouvé l’exercice brillant même si la lecture demande des efforts d’attention tout au long du récit. Certains vont crier aux fous ! A nouveau Marc-Antoine Mathieu nous sort « un ovni » mais un scénario qui, mine de rien (ah, le beau concept !), est bien construit, bien réfléchi.

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Le dessin, sans être extraordinaire, est tout autant une fine mécanique. La lecture des pages « déchirée » est tout un travail d’orfèvre. L’auteur a du s’amuser avec ses découpages…Il a aussi poussé le concept jusqu’à nous faire le coup de la panne de courant pour nous servir une planche entière de cases complètements noires avec des dialogues abscons digne de ce moment que tout le monde à connu une foi dans sa vie…Ma « cote » pour le dessin tiens compte de ce concept. A noter également que l’album est en noir et blanc. Pas de couleurs !

Si vous aimez la bande dessinée innovante, vous ne pouvez passer à côté ! Cet album est tout simplement décoiffant. Un énorme coup de cœur. Dans le déluge de sorties, voici certainement un album à contre courant, intelligent, innovant et décapant. A déguster avec délectation !

 

Dessin :            (9/10 pour le concept)

Scénario :        (10/10)

Moyenne :         (9,5/10- la perfection n'existe pas!)

 

Capitol.

 

P.S. Pour paraphraser l’Empire du milieu et une ancienne pub pour une voiture française : Révolutionnaire !

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30/06/2013

Les petites chroniques (19)

Sortilèges - Livre II


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Dessin : Munuera, José-Luis
Couleurs : Sédyas
 Dépôt légal : 06/2013
Editeur : Dargaud
ISBN : 978-2-505-01671-7
Planches : 54



Maldoror, le démon de haut rang et Blanche, la princesse courageuse, protectrice de son peuple. Tous deux ont été rejetés, bannis de leur royaume par leur propre famille. Mais leur union n’est pas que stratégique…


J’ai du subir un sortilège car impossible de me souvenir de quoi que ce soit du tome 1. Un mauvais signe quand même qui prouve que l’histoire ne m’avait pas marqué. En lisant les 2 tomes, mon intérêt est  monté en puissance. Ce qui est déroutant, c’est que Jean Dufaux hésite entre la farce et la tragédie. Dire que le scénariste belge n’excelle pas dans l’humour est faux, lisez Monsieur Noir ou Giacomo C vous verrez. Il a aussi voulu profiter du dessin très cartoonesque de Munuera pour aller dans ce sens là à mon avis. Il aime bien aussi jouer avec le thème du bien et du mal au cœur de leur opposé. Mais bon, pour le moment, le sortilège a du mal à prendre. Il manque une patte de grenouille dans les ingrédients peut être ?


Note : 6/10


Samba.

 

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LES GARDIENS DU SANG – Tome 5 : Acta est fabula

 


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Dessin : Falque, Denis
Couleurs : Lecot, Yannick
Dépôt légal : 03/2013
Editeur : Glénat
Collection : La Loge Noire
ISBN : 978-2-7234-8162-5
Planches :56
Prix conseillé : 13,90 €

Polar, Thriller, Esotérisme.


Mon avis : Cette série « spin off » de la série « Le Triangle Secret » répond à l’attente des amateurs. Ce 5e et dernier tome dévoile à la dernière planche le dénouement de l’histoire qui a tenu en haleine les lecteurs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela se termine sur un coup de théâtre qui nous vaudra certainement des nouveaux développements. Le dessin de Falque ne m’a jamais enthousiasmé mais le scénario est extraordinaire avec beaucoup de dialogues. Mais la lecture est captivante pour les amateurs du genre. La prochaine saison est annoncée et s’appellera « Lacryma Christi », la larme du Christ. Tout un programme ! Excellent.

Moyenne : 8,0/10


Capitol

 

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Les pirates de Barataria T6 - Siwa



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Dessin : Bonnet, Franck
Couleurs : Pradelle, Bruno
Dépôt légal : 05/2013  
Editeur : Glénat
Collection : Grafica
ISBN : 978-2-7234-9163-1
Planches :46



Deuxième volet du second cycle qui se déroule en Egypte. La pauvre Artémis Delambre va en voir de toutes les couleurs dans cet épisode ! Prisonnière de l’anglais Fitzpatrick et de la Prussienne Inga Schott, elle va passer entre les mains du Sultan local et intégrer son harem. Mais la belle a du tempérament et rien ni personne ne l’empêchera d’accomplir sa mission…


Voilà une vraie série d’aventures : des intrigues, des rebondissements, des trahisons, des retournements de situations, des contrées lointaines, des personnages exotiques, un peu d’érotisme … bref tous les bons ingrédients pour passer un excellent moment de lecture sans se prendre la tête. Cerise sur le gâteau, le dessin de Franck Bonnet se bonifie d’album en album. Un scénario efficace et bien écrit, magnifiquement mis en scène. On aurait tort de se priver.

Ma note : 8/10


Loubrun

18/06/2013

DOSSIER I.R.$. TEAM - L'envers de la pelouse

Desberg Stephen couleur.jpgGrand amateur de ballon rond et décidé à lever le voile sur ses dessous cachés, le scénariste Stephen Desberg signe une nouvelle déclinaison de sa série IR$. Prévue en 4 tomes, I.R.$. TEAM entraînera ses lecteurs dans un tour du monde de la planète foot. La saga connaîtra son dénouement en 2014, dans un album qui paraîtra à la veille de la Coupe du Monde au Brésil. Une série qui se veut passionnante, extrêmement fouillée et documentée, qui nous emmènera bien plus loin qu’on ne peut l’imaginer. A noter que le journal « L’Equipe » collabore avec le Lombard pour promotion de la série.

 

Interview de Stephen Desberg, un fan de football éclairé.

 Qu’est ce qui vous a donné envie de créer I.R.$.team ?

Couv_190733.jpgJe m’intéresse au football depuis que je suis tout petit ! J’ai pratiqué pendant plusieurs années, je continue à jouer au foot en salle et je suis toujours supporter du club d’Anderlecht. Mais je suis aussi très triste quand je constate les dérives de ce sport, entre transferts délirants, le dopage ou la corruption. D’où l’idée de montrer comment ces différents éléments minent le monde du ballon rond. Il me semblait intéressant de l’aborder par le biais de la finance : c’est un milieu dans lequel l’argent coule à flots et qui est gangrené par la criminalité financière.

Comment avez-vous procédé ? Vous avez enquêté sur les mœurs du football contemporain ?

Je baigne dans le football depuis des années et je n’avais pas besoin que l’on m’apprenne comment fonctionne cet univers. Je ne suis pas non plus obnubilé par une documentation trop précise, car certains détails intéressants peuvent devenir fastidieux dans le cadre d’une série d’action. Le plus important, c’est de comprendre les mécanismes en jeu afin de les expliquer au lecteur sans l’ennuyer. De toute façon, il ne faut pas se faire d’illusions : il règne une forme d’omerta et les gens qui évoluent dans le foot ne sont sans doute pas prêts à en dévoiler les dessous cachés…

La lutte sur le terrain de la fraude fiscale est-elle le meilleur moyen de mettre un terme à ces pratiques ?

Avec la mondialisation financière et internet, il n’est pas possible de retrouver les traces des relations frauduleuses et de la corruption entre les acteurs du système. Dès lors, suivre la piste de l’argent, qui réapparaît toujours à un moment ou à un autre, devient le seul moyen de les coincer. J’ai rencontré des gens de l’administration spéciale des impôts en Belgique. Ils sont frustrés et assez désespérés, car ils sont parfois soumis à des pressions politiques quand ils obtiennent des preuves. Des ces conditions, ils n’ont plus qu’une seule possibilité : faire sortir ces affaires grâce à la presse…ou, ce qui est nouveau, grâce à la bande dessinée. Larry B. Max peut se permettre de passer outre ces différentes barrières, même si on lui demande de se taire. Pour le public, il est important d’avoir l’exemple de quelqu’un comme lui, prêt à se battre jusqu’au bout.

Comment allez-vous organiser la série ?

Le premier tome présente différents aspects du foot contemporain, du dopage aux paris en ligne et des agents de joueurs à l’attribution de la Coupe du Monde. Larry va enquêter sur les acteurs de ce milieu. Je fais en sorte de ne pas l’opposer à une organisation anonyme : si un scénariste veut sensibiliser le lecteur à une situation, il est important de le confronter à des personnages précis. Je me suis ancré dans la réalité mais j’ai été prudent afin d’éviter tout risque de procès. Ce genre de sujet sensible pourrait fâcher certaines personnes qui se sentiraient visées, et j’ai préféré emprunter des chemins détournés. Je dénonce plus une manière de procéder qui caractérise un système que des individus en particulier.

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Quel avenir pour le football ?  

Par Baptiste Blanchet, journaliste indépendant spécialisé en sports :

« A mon sens, le principal danger qui menace l’avenir du football, c’est la corruption. Elle est favorisée par les paris sportifs qui incitent au trucage de certains matchs. On risque d’arriver un jour à une situation de suspicion permanente : dès qu’un joueur ratera un penalty, on se demandera s’il n’a pas été acheté par l’équipe adverse…Le foot est aussi devenu une sorte de Monopoly géant dans lequel tout le monde a envie de gagner. Compte tenu des sommes en jeu, chaque acteur souhaite manger sa part du gâteau. Certains entraîneurs touchent une commission sur les transferts, et ils incitent leurs dirigeants à recruter tel joueur plutôt que tel autre parce que son agent leur propose une rétro-commission. Je suis plutôt pessimiste, comme je le suis en ce qui concerne la politique. Il est illusoire de croire que cette tendance va s’inverser. Les différents acteurs du football évoluent dans un milieu où les sommes d’argent versées dépassent l’entendement. Ils n’ont qu’une seule envie : rester des acteurs de ce système. Et les tricheurs, dans le foot comme ailleurs, ont toujours un temps d’avance…Autre tendance : on croise désormais des joueurs professionnels qui n’aiment pas le sport ! C’est le signe d’un vrai changement : Il y a encore quelques années, tous les joueurs étaient des amoureux du ballon rond. Aujourd’hui, c’est un métier comme un autre. A une différence près : il offre de meilleures rémunérations. Heureusement, il reste des gens qui évoluent dans cet univers par passion et qui croient encore à ce qu’ils font… »

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Ce post a été réalisé avec la collaboration des éditions du Lombard via son dossier de presse concernant I.R.$. TEAM.

Écrit par capitolbelgium dans Du haut du CAPITOL. | Commentaires (0) | Tags : capitol, i.r.$. team, desberg, le lombard, football, 062013 |  Facebook | |