17/04/2013

LES AVENTURES DE SPIROU ET FANTASIO -Tome 53: Dans les griffes de la vipère.

Couv_176024.jpgPlancheA_176024.jpgDessin : Yoann - Scénario: Fabien Vehlmann

Editions Dupuis

Sortie : 11/01/2013

48 pages

Prix conseillé : 10,60 €

ISBN : 9782800154343

Aventure, Humour, Science fiction

 

 

Résumé (de l’éditeur): Catastrophe : Le journal de Spirou est menacé de faillite suite à un procès retentissant ! Le rédacteur en chef, Fantasio, ne veut pas laisser mourir son magazine. Mais il n'est pas le seul : Gil Coeur-Vaillant, le célèbre détective-explorateur et admirateur des exploits de Spirou, va venir à sa rescousse. Il va trouver un fonds d'investissement, la VIPER, qui va renflouer le journal. Ouf ! Le célèbre hebdomadaire est sauvé ! Pas tout à fait, car Spirou est en fait tombé dans les griffes d'un milliardaire sans scrupules.

 

 

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Mon avis : Après le « vautrage scénaristique » du tome 52 (la face cachée du Z), je me demandais à quelle sauce allait être soumis le lecteur. Pourtant, Yoann et Vehlmann nous avaient charmés avec « l’Alerte aux Zorkons » pour leur reprise de la série. La suite avait été une mauvaise surprise car l’histoire était trop prévisible et liée à une actualité insignifiante et éphémère.

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Ici, on revient plus vers les fondamentaux (retour à Champignac !) et avec un vrai bon sujet de départ. Le journal Spirou est en difficulté financière et racheté par un financier malveillant. Spirou en est réduit à vivre dans un paradis tropical (et fiscal ?) à rien faire comme une vedette vieillissante, comme un « has been ».Je ne vous parlerai pas de sociétés « off-shore » aux Iles Vierges, ni de compte en Suisse ou au Luxembourg mais on n’en est pas loin…Comme quoi parfois la réalité n’est pas très loin de la fiction. Spirou est dans de mauvais draps alors que Fantasio n’a pas vu arriver les gros problèmes, occupé à relancer le journal de Spirou. Le scénario tient la route et est enlevé. Heureusement, les bons sentiments finiront par triompher. Je me suis réconcilié avec la série. J’espère que les auteurs sont repartis vers le haut du panier au niveau scénaristique.

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Au niveau du dessin, Yoann nous livre un dessin moins léché mais plus authentique. Bref, il trouve petit à petit son style personnel, « son » Spirou.

Le seul bémol pour moi est les couleurs qui sont trop ternes à mon goût. Mais les goûts et les couleurs…

A noter que l’album est à nouveau très bien réalisé au niveau de l’impression avec une couverture magnifique. J’aime bien l’effet métallisé de la voiture de Spirou. Encore un effet que le numérique ne rendra pas sur une tablette…

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Il s’agit d’un album tous publics et qui ravira prioritairement le jeune public, la clientèle du journal de Spirou.

 

Graphisme :      7,5/10

Scénario :        7,5/10

Moyenne :        7,5/10

 

Capitol.

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12/04/2013

INTERVIEW D'OLIVIER GRENSON

 « …en attendant Niklos Koda… »

 

ol23b.jpgVendredi 8 mars 2013, Foire du livre de Bruxelles. SambaBD a rendez-vous avec Olivier Grenson, le dessinateur de la série « Niklos Koda » (avec Jean Dufaux au scénario) et d’albums plus personnels comme « La femme accident », «  La douceur de l’enfer » où il est également scénariste. Olivier Grenson arrive décontracté dans l’espace réservé aux auteurs et à la presse. Il s’étonne que SambaBD le sollicite pour une interview alors qu’il n’a pas d’actualité brûlante. Mais ce n’est pas tous les jours qu’on a la possibilité d’interroger pendant plus de 30 minutes une réelle personnalité du 9e Art!

SambaBD : A quand le prochain Niklos Koda ?

Olivier Grenson : Le tome 11 est terminé. On finalise la couleur pour l’instant et il sortira au mois d’octobre 2013.Il aurait pu sortir maintenant au mois de mars-avril, ce qui était prévu au départ mais on a préféré retarder la sortie pour deux raisons. La première, pour être en fin d’année pour une raison stratégique mais aussi la seconde, pour pouvoir enchaîner avec le tome 12, six mois plus tard et le tome 13, six mois après. En 2014, il y aura donc deux Niklos Koda. Ce sera une histoire en trois tomes de 54 pages et en même temps un nouveau cycle. Cette histoire se passe à Shanghai.

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SambaBD : Je suppose que vous vous êtes rendu à Shanghai ?

Olivier Grenson : Oui, j’ai eu cette chance. Cela fait longtemps que j’en avais envie. J’avais demandé à Jean Dufaux de m’écrire une histoire qui se passe à Shanghai. La Chine, la deuxième puissance mondiale et la façon dont elle s’inscrit maintenant sur l’échiquier planétaire. Et puis, Shanghai est une ville fascinante. J’ai eu la chance d’y aller et de bien sentir la spécificité de cette ville, de bien comprendre comment j’allais pouvoir la traduire, l’expliquer et ce que j’allais pouvoir exploiter. Il y a une seconde raison, la magie prend de plus en plus d’importance dans Koda et l’iconographie asiatique et chinoise est fascinante à dessiner. Cela va de l’ambiance philosophique mystérieuse aux vêtements, aux maquillages, à cette mythologie chinoise. Il y a une esthétique qui est vraiment particulière et que je voulais mettre en avant. Les magiciens du début du XXe siècle se faisaient passer pour des magiciens chinois. C’était souvent des européens qui se déguisaient, se faisaient passer  pour des chinois pour amplifier ce côté exotique et mystérieux de la Chine pour donner cette impression que tout est possible dans la magie.

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SambaBD : Au niveau des couleurs, comment travaillez-vous ?

Olivier Grenson : J’ai réalisé moi-même les couleurs sur « La femme accident » ou sur « La douceur de l’enfer ». Sur Koda, j’ai toujours hésité. Je travaillais avec un coloriste, Bertrand Denoulet. Sur le nouveau cycle, je viens de démarrer  avec Benoît Bekaert. Il a une palette très intéressante et pour lui, c’est aussi un défi, mon dessin réaliste, le fantastique et mon exigence. Il apporte vraiment quelque chose et on va sentir « un plus » avec cette histoire à Shanghai et ses couleurs…Je travaille actuellement au lavis. Il y a un grisé qui donne une matière à la couleur « ordinateur » qui fait qu’on a l’impression que c’est de la couleur directe.

 

SambaBD : Comment travaille Jean Dufaux, votre scénariste ? Quelle est votre relation avec lui ?

Olivier Grenson : On travaille maintenant depuis 11 ans ensemble. Cela s’est toujours très bien passé. On se voit souvent, c’est important. C’est la chance d’avoir un scénariste qui habite près de chez moi. C’est une collaboration d’aller-retour. Nous avons toujours une discussion au départ, des propositions, de la documentation, des photos qui vont donner des impulsions vers certaines directions et des illustrations qui vont peut-être l’influencer dans certaines scènes. Je travaille sur les crayonnés et je les lui montre toujours car il y a des moments où je vais avoir une idée pour amplifier telle émotion ou telle mise en scène…

Son avis sur le crayonné est primordial, c’est le moment d’accorder nos violons, puis je fais l’encrage et la couleur. Je ne reçois pas le scénario en un bloc, et donc, je ne connais pas la fin de l’histoire. La confiance est donc très importante. Je me laisse guider par lui. C’est quelqu’un qui est « pro », qui a prouvé sa valeur, qui sait raconter des histoires, mettre en scène et qui sait préserver un vrai suspense. En général, il me donne l’histoire en 3 ou 4 fois. En même temps, l’avantage, c’est que je suis comme un lecteur qui attend la suite avec impatience. Ce n’est pas évident mais avec Dufaux, c’est toujours passionnant. J’ai appris avec lui beaucoup de choses au point de vue professionnel, au point de vue de la narration, de la mise en place d’un personnage, d’une série, comment les défendre, les faire vivre au-delà des planches.

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SambaBD : Comment a-t-il pris le fait que vous vous êtes engagé dans des projets personnels, que vous avez laissé Niklos Koda de côté pendant 4 ans ? Etait-ce pour lui une opportunité de faire d’autres projets ou y –a-t-il eu des tensions ?

Olivier Grenson : Non, pas du tout. Cela s’est fait progressivement. Je l’ai prévenu à l’avance. Quand j’ai commencé à travailler avec Denis Lapière sur « La femme accident », je n’ai pas arrêté Koda du jour au lendemain. Pendant les deux ans qui ont suivi, j’ai chaque fois réalisé un Koda et je travaillais en même temps avec Denis Lapière. Après « La femme accident », ce n’était pas prévu que j’enchaîne  avec « La douceur de l’enfer ».

On devait reprendre un Koda. Comme j’écrivais cette histoire depuis longtemps, que cela se mettait en place et que j’avais vraiment l’envie de m’y mettre sérieusement, je me suis dit : «  voilà, on a arrêté Koda. Tant qu’à faire, je vais encore travailler deux ans sur « La douceur de l’enfer » puis on repartira avec Koda sur un nouveau cycle. » Et j’ai donc proposé de prolonger ce « stand by » sur Niklos Koda. Cela a duré en fin de compte quatre ans. J’ai des échos comme quoi les gens attendent la suite de Koda. D’autres ont cru qu’on allait s’arrêter mais cela a permis de se poser la question de savoir si après 10 albums, cela valait la peine de continuer un 11e,  un 12e ou  un N ième  Koda de la même manière. Pour moi, c’était une bonne décision. J’ai évolué en travaillant sur la couleur directe, le fait d’écrire et dessiner sur « La douceur de l’enfer ». Cela m’a fait grandir et donc maintenant je suis revenu sur Koda avec un autre regard et une envie de mettre la barre plus haut, d’aller plus loin dans l’univers de Koda.

Capitol, interview, Olivier Grenson, Le Lombard, Niklos Koda, la femme accident, la douceur de l'enfer, 032013.

 

SambaBD : J’ai eu l’impression que vous aviez l’envie de vous affranchir, de prendre votre envol en solo à titre personnel à l’image de votre personnage principal de « La douceur de l’enfer » ?

Couverture DOUCEUR_ENFER T2.jpgOlivier Grenson : Qui sait…Oui, c’est vrai, il y a sans doute un peu de cela…Je pense que j’ai toujours eu envie d’écrire et que cela ne s’est pas fait parce que les premières histoires que j’ai écrites ont été refusées. Puis, j’ai rencontré Jean Dufaux. Quand on est jeune dans le métier, cela ne se refuse pas de travailler avec Jean Dufaux. Mais écrire et réaliser entièrement une histoire seul est toujours resté dans un coin de ma tête. Il restait des sédiments de scénario de ce que j’avais envie de faire à l’époque. J’ai une approche différente des personnages qui est tout à fait différente de celle de Jean Dufaux. Plus poétique, plus de sensibilité, la fragilité des personnages, dans une certaine lenteur avec des sentiments plus profonds. C’est des aspects que je ne trouve pas dans Koda. Je ne pourrais pas me contenter de dessiner juste l’histoire de quelqu’un d’autre même si dans Koda, il y a une part de moi et que Dufaux est très attentif à ses dessinateurs et qu’il écrit pour une personne bien précise. C’est vrai qu’on trouve toujours dans ses histoires la spécificité du dessinateur avec qui il travaille. Que ce soit Djinn, Croisade, Murena, Lady Elsa…Ecrire, je voulais le faire et j’espère que je le ferai encore si l’occasion se représente. J’ai déjà commencé à gribouiller d’autres histoires, d’autres projets. Mais je suis content d’avoir un personnage récurrent qui peut encore vivre 10 ans même si je ne sors pas un album chaque année. J’aime bien cette idée de saga aussi. J’ai aimé la bande dessinée justement avec des héros qui étaient développés dans des histoires récurrentes comme Astérix, Tintin, Lucky Luke. J’aime bien d’avoir mon personnage, Niklos Koda. Et à côté, des « one-shots », j’en ferai sûrement.

SambaBD : Au début du premier tome de « La douceur de l’enfer », vous citez Thierry Bellefroid et Jean-Marie Derscheid, comme quoi ils vous ont amené en Corée. Pourquoi avoir pris comme thème la guerre de Corée ? Qui est Jean-Marie Derscheid ?

Olivier Grenson : Jean-Marie Derscheid, il s’occupe d’événements pour WBI (Wallonie-Bruxelles international) pour représenter la bande dessinée belge à l’étranger. Il a réalisé pas mal d’expos en Belgique, en France, en Australie, …et à Séoul en Corée du Sud ! J’ai eu la chance d’être choisi pour participer à cet événement à Séoul. On était cinq. Il y avait André Geerts, Benoît Peeters, Dany, Vincent Fortemps et moi. Thierry Bellefroid était là aussi en tant que journaliste.

Je ne m’étais jamais rendu en Corée et j’ai découvert une ville assez étonnante, une culture que je ne connaissais pas du tout, une gastronomie excellente, particulière.

Thierry Bellefroid avait envie en tant que journaliste de se rendre  sur la frontière entre les deux Corées, qui est très spécifique. Je l’ai accompagné. J’ai commencé ce jour là un carnet de croquis. Je voulais faire un petit carnet de voyage didactique  pour parler de ce que je découvrais : un pays, son histoire, sa guerre. J’ai commencé à me documenter. Et plus je me documentais, plus je trouvais des richesses, des histoires et des personnages. Et très vite, j’ai trouvé un personnage coréen qui a été séparé de sa famille à la fin de la guerre, au moment où le 38e parallèle a été une frontière sur la carte. Et là a commencé l’écriture de « La douceur de l’enfer » qui s’appelait « Le soldat oublié » au départ. Je me suis rendu compte bizarrement que c’est une histoire qui intéresse peu les occidentaux  pratiquement pas les européens. On n’en parle presque jamais. Les délégations belges et françaises qui sont parties à la guerre n’ont été reconnues que très tard. Ils ont été considérés comme des fous qui allaient combattre pour une guerre qui n’avait aucun sens. Il n’y a pratiquement pas de films sur la guerre de Corée. Il y en a sur la guerre du Vietnam mais pas sur la guerre de Corée. Je me disais : «  je vais travailler sur  un sujet qui n’intéressera personne».  Alors pour que le lecteur puisse s’identifier au personnage, j’ai décidé de prendre comme personnage principal un gars comme moi qui découvre un peu malgré lui la Corée, un jeune homme de San Francisco, pour mettre en opposition le régime nord-coréen et américain. Le personnage de Billy Sumer part pour Séoul un peu parce qu’il est obligé. Il permet au lecteur de s’identifier, de rentrer dans l’histoire. L’histoire de la Corée est passionnante et je l’ai abordée par une petite facette. Il y a encore plein de choses à développer. La frontière est un peu comme le mur de Berlin. Un pays coupé en deux peut être une métaphore de notre Belgique qui a une épée de Damoclès au dessus de sa tête, même si ce n’est pas vraiment la même situation. La culture asiatique m’intéresse beaucoup. J’étais vraiment happé, transformé. C’était magique. Quelque chose s’est passé…

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SambaBD : Dans votre histoire, il y a le voyage « géographique » et « physique » mais aussi le voyage « mental ». Vous parlez beaucoup de thèmes tels que l’enfance, le rêve, le cauchemar, l’envie de voler, la filiation, la famille. Ce qui m’a marqué dans ces deux albums, c’est le côté psychologique. Ne serait-ce pas aussi à votre niveau une sorte de psychothérapie ? Vous parlez aussi de l’idée qu’à un moment donné, il faut « tuer » le père ou le grand-père. A un moment, le personnage principal brûle son unique photo de famille. N’est-ce pas aussi brûler ses racines ?Est-ce un bien ? C’est peut-être antinomique ?

Olivier Grenson : C’est vrai que je voulais vraiment amener le lecteur devant cette réflexion. Il y a plein de choses dans la question. D’abord, cette image est très forte, l’image de la photo qui brûle à la fin. C’est en résonance surtout avec la mort de ses parents, morts dans l’incendie. Le fait de brûler cette photo, c’est aussi une façon, non de brûler ses racines, mais d’évacuer toute cette culpabilité, la culpabilité du survivant, du poids qui restait sur ses épaules et c’était dans ce cas la flamme, non plus comme la flamme destructrice mais comme femme, comme flamme – Ô le beau lapsus- comme flamme purificatrice. La femme a une importance énorme d’un côté comme de l’autre, pour le grand-père et le petit-fils. Elle est le moteur du destin, le sens de la vie.

Le petit-fils, Billy va revenir vers ses racines grâce à la femme qu’il aime. Ted Summer, par contre, ne pourra pas revenir car la femme qu’il aime se trouve en Corée du Nord. Il n’a pas le choix et il a vraiment décidé de faire le deuil de son passé et de ses racines. Le premier album commence sur une allumette qui se craque car le feu détruit mais est également purificateur. C’est très bouddhiste comme l’idée du Yin et du Yang. Une idée qui peut être  à la fois positive et négative mais qui ensemble forment quelque chose de fort et dynamique, la symbolique du feu. J’ai voulu qu’elle soit présente dans tout l’album, comme couleur, force, violence et douceur. La douceur du feu. Quoi de plus charmant que de se mettre devant un feu durant un hiver rigoureux. L’ossature de mon histoire, c’est la construction personnelle, psychologique de mes personnages. C’est vrai que c’est une histoire très introvertie, oui, une introspection. J’ai voulu aller chercher, puiser dans mes personnages au plus profond de leur vécu pour leur donner le plus possible de forces, les incarner, que ce soit de vrais personnages. Vous n’êtes pas le premier à me poser cette question sur ce côté auto-psychanalitique. Cela n’a pas été le cas mais évidemment j’ai été puiser au fond de moi pour pouvoir donner à mes personnages quelque chose de personnel.

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Rendez-vous est donc pris avec Olivier Grenson pour la sortie du futur Niklos Koda au mois d’octobre 2013. En attendant, je vous convie à lire ou à relire « La femme accident » (2 tomes) et « La douceur de l’enfer » (2 tomes également) qui sont des travaux plus personnels. J’espère que cette interview vous aura donné l’envie de vous plonger dans l’univers multiple d’Olivier Grenson.

Lien vers le site des éditions du Lombard: ICI.

Lien vers la page facebook d'Olivier Grenson: ICI.

 

Interview réalisée par Capitol pour SambaBD.

Remerciements aux éditions du Lombard et à Olivier Grenson pour leur collaboration efficace!

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09/04/2013

LA TÊTE EN L'AIR

178959_c.jpg178959_pla.jpgDessin & scénario: Paco Roca

Collection Mirages

Editions Delcourt

Sortie : 03/01/2013

100 pages

Prix conseillé : 14,95 €

ISBN : 9782756038759

Société, vécu.

 

 

Résumé (de l’éditeur): Après sa dernière crise d’Alzheimer, Ernest est placé par sa famille dans une résidence pour troisième âge. Dès lors, il affronte seul sa nouvelle vie, apprend à connaître les autres patients et le fonctionnement du centre. Il y découvre l’horrible routine, les médicaments et surtout le dernier étage – la grande peur de tous ! – où sont transférés ceux qui ne peuvent plus se suffire à eux-mêmes…

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Rides_24032007.jpgMon avis : Cette BD a attiré mon attention par son petit format (20 x 26 cm) mais aussi par son autocollant qui annonce « La BD qui a inspiré le film » et « préface de Jirô Taniguchi ».Ce n’est qu’en préparant cette chronique après la lecture que je me suis rendu compte qu’il s’agit en réalité d’une réédition d’un album paru en mars 2007, voilà maintenant 6 ans, sous le titre de « Rides ». Je soupçonne que certains lecteurs ont dû pester en se rendant compte que le nouvel album, acheté près de 15€, est en réalité un recyclage d’un livre déjà lu, sous une nouvelle couverture et nouveau titre. Enfin, c’est ça les nouvelles politiques éditoriales de certains éditeurs. Le titre initial n’était probablement pas assez porteur au niveau du marketing. L’éditeur a préféré ressortir le livre avec le même titre que le film d’animation qu’il a inspiré. Un film qui a reçu de nombreux prix dont le prix du public du meilleur long métrage au festival Anima en 2012 à Bruxelles.

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Ces péripéties mises à part, j’ai vraiment bien aimé cet album qui raconte le drame vécu par des personnes, des familles face à la maladie d’Alzheimer. On y suit l’histoire d’Ernest qui est confronté à la maladie. Il se rend compte de la situation mais c’est irréversible. Délaissé par sa famille qui se fait peu présente, il se voit décliner petit à petit dans un mouroir.

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On pourrait croire qu’il s’agit d’un livre tragique et pas très joyeux à lire… Et pourtant l’auteur réussit la gageure de nous raconter cette histoire avec légèreté et humour. On rit, on sourit et pourtant on prend bien conscience de la réalité. C’est un album qui fait aussi réfléchir sur cette maladie qui touche de plus en plus de personnes et de familles, souvent démunies devant une maladie peu connue et que les chercheurs essayent de décrypter.

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Le dessin de Paco Roca est stylisé, n’est pas du type réaliste mais plutôt simpliste mais très efficace. Ce type de dessin permet de prendre du recul par rapport au tragique de la situation et permet de traiter ce sujet difficile avec une certaine légèreté sans pour autant gommer ce côté difficile. Cela donne une lecture plaisante mais non dénuée de sens et de messages.

Vraiment un album excellent à lire. Un beau témoignage tout en délicatesse et qui ouvre le lecteur à la réflexion.

 

Graphisme :     7/10

Scénario :       9/10

Moyenne :       8/10

 

Capitol.

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07/04/2013

Les petites chroniques (7)

Terra formars -  Tome 1

 

Couv_183105.jpgterra-formars-3347227.jpgScénario : Sasuga, Yû
Dessin : Tachibana, Kenichi
Dépôt légal : 02/2013
Editeur : Kazé
Collection : Seinen
ISBN : 978-2-8203-0615-9
Planches : 224 

 

 

L’histoire se déroule sur la planète Mars en 2599, un équipage de 15 astronautes est envoyé sur la planète rouge pour la débarrasser des cafards. En effet, quelques années plus tôt des cafards avaient été envoyés sur Mars afin de rendre cette dernière habitable par l’Homme. La terraformation étant terminée, il est temps pour les humains de récupérer la planète….

 

Manga de science-fiction et d’action à conseiller à tous les amateurs du genre. Seule condition  pour pouvoir lire Terra formars ne pas avoir le cafard ^^

 

Ma note : 8/10

 

Revedefer


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LADY SPITFIRE Tome 2 : Der Henker


terra formars,022013,810,kaze,sasuga,tachibana,lady sptifire,112012,710,delcourt,maza,latourterra formars,022013,810,kaze,sasuga,tachibana,lady sptifire,112012,710,delcourt,maza,latourDessin : Maza - Scénario: Sébastien Latour
Editions Delcourt
Sortie : 07/11/2012
56 pages
Prix conseillé : 14,30 €
ISBN : 9782756027340
Aviation, Histoire

Mon avis : Le tome 2 de Lady Spitfire est sorti en novembre 2012. Les auteurs continuent à nous raconter l’histoire de Laure Chevalier, une femme, passionnée d’aviation, qui se fait passer pour un homme dans l’unique but de devenir pilote de chasse dans la RAF. Dans ce deuxième tome, elle va devoir se mesurer à « Der Henker », un as de l’aviation allemande, responsable de la perte du leader de l’escadron 1B dont elle fait partie. Les amateurs du genre auront leur ration de combat aérien. Le dessin est du même tonneau que le tome 1 alors que le scénario manque un peu d’imagination. Cet album paraît chez Delcourt dans la collection « série B ». C’est bien le cas…

Graphisme : 8/10
Scénario : 6/10


Moyenne : 7/10

Capitol.



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WW 2.2 Tome 4 - Eliminer Vassili Zaïtsev



terra formars,022013,810,kaze,sasuga,tachibana,lady sptifire,112012,710,delcourt,maza,latour,jeremiah,hermann,dupuis,4510,bleu blanc sang,stalner,moenard,soleil,032013,510,ww 2.2,hanna,rosanas,dargaudterra formars,022013,810,kaze,sasuga,tachibana,lady sptifire,112012,710,delcourt,maza,latour,jeremiah,hermann,dupuis,4510,bleu blanc sang,stalner,moenard,soleil,032013,510,ww 2.2,hanna,rosanas,dargaud,guerre,histoire,uchronie,sf,science fiction,cafard,aviation,avion,debarquement,provence,ecosse,mars,russe,allemandScénario : Herik Hanna
Dessin et couleur : Ramomn Rosanas
Editeur : Dargaud
Date de sortie : mars 2013
56 pages
Genre : uchronie, guerre


Nous voilà en Écosse où les auteurs nous rejouent un épisode de la bataille de Stalingrad. Soviétiques et Allemands sont alliés, et nous suivons les exploits du meilleurs des snipers Russes, Vassili Zaïtsev.


Des méthodes employées par les tireurs d'élites, aux intrigues politiques, en passant par les arcanes de l'espionnage, tout est très bien décrit et tout est crédible.


C'est là l'originalité de cette série qui réussit à combiner habilement faits historiques et pures inventions scénaristiques.


Le dessin classique, quoiqu'un peu trop lisse, reste efficace. les mises en scènes sont bien campées et le tout forme un ensemble dense plaisant à lire.


A noter que Vassili Zaïtsev a vraiment existé, et tout ce qui est raconté sur lui dans cet album est vrai.


Un album qui fait mouche, pour les amateurs d'Histoire et d'histoires.

Ma note : 7/10


Loubrun



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BLEU BLANC SANG – Tome 1 : Provence, Août 1944


terra formars,022013,810,kaze,sasuga,tachibana,lady sptifire,112012,710,delcourt,maza,latour,jeremiah,hermann,dupuis,4510,bleu blanc sang, stalner,moenard,soleil,032013,510terra formars,022013,810,kaze,sasuga,tachibana,lady sptifire,112012,710,delcourt,maza,latour,jeremiah,hermann,dupuis,4510,bleu blanc sang, stalner,moenard,soleil,032013,510Dessin : Jean-Marc Stalner - Scénario: Laurent Moënard
Editions Soleil
Sortie : 13/03/2013
46 pages
Prix conseillé : 14,30 €
ISBN : 2302027084
Aventure, Histoire

Mon avis : L’histoire se passe en 1960 avec des flashbacks en 1944 lors du débarquement des alliés en Provence. Il s’agit d’une histoire de famille avec un arrière-fond de politique et de résistance. Le dessin n’est pas exceptionnel, loin de là. La mise au net n’est pas au mieux, les blondes se ressemblent toutes! J’ai eu du mal pour distinguer certains personnages. En plus de cela, le scénario est compliqué et pas toujours très clair. A noter un cahier historique et photographique raconte le débarquement de Provence d’Août 1944. Bref, j’ai dû me forcer pour aller au bout de l’album. Faiblard…


Graphisme : 5/10
Scénario : 5/10


Moyenne : 5/10


Capitol.



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Jeremiah T32 : Le Caïd


terra formars,022013,810,kaze,sasuga,tachibana,lady sptifire,112012,710,delcourt,maza,latour,jeremiah,hermann,dupuis,4510terra formars,022013,810,kaze,sasuga,tachibana,lady sptifire,112012,710,delcourt,maza,latour,jeremiah,hermann,dupuis,4510Scénario : Hermann
Dessin : Hermann
Couleurs : Hermann
Editeur : Dupuis
ISBN : 978-2-8001-5600-2
Dépôt Légal : 02/2013

 

 

 

Circulez, y a rien à voir !
 
Les Jeremiah se suivent et se ressemblent. Le dernier ne déroge pas à la règle. Nos deux compères tombent en panne dans un bled paumé autour d’un ancien parc d’attraction. Pour des raisons confuses un nouveau Caïd local veut renverser le précédent. S’ensuivent des affrontements de bandes rivales où se perdent nos héros … Jeremiah en quête de sa moto qui se fera faire l’amour par un belle (?) au milieu des balles … et Kurdy qui tentera de l’imiter sans succès à cause d’une cuite carabinée !


A part ça, j’ai pas compris grand-chose !


Dites, Monsieur Hermann, ne gâchez pas votre talent d’illustrateur et de coloriste si vous n’avez rien à dire … ou attachez-vous les services d’un scénariste !


Bon, ben heureusement que je les achète pas avec mon argent ces albums ! … je crois bien quand même que ce sera le dernier de la série … faut pas abuser non plus !
 
Scénario : 3/10
Dessins : 6/10 pour la couleur


Global : 4,5/10


Dgege