18/03/2013

APRES-GUERRE - Tome 1: L'espoir.

Couv_184437.jpgPlancheA_184437.jpgDessin &- Scénario: Warnauts & Raives

Editions Le Lombard

Sortie : 15/03/2013

64 pages

Prix conseillé : 14,99 €

ISBN : 9782803632138

Aventure, Historique.

 

 

Résumé (de l’éditeur): Berlin, 1947. Un homme est abattu par les soldats russes alors qu'il cherchait à gagner le secteur anglais. Dans sa mallette, on retrouve des fiches de prisonniers détenus dans des camps soviétiques. Parmi celles-ci, celle d'Assunta Lorca, la républicaine espagnole, amante de Thomas. Ce dernier n'aura alors de cesse de la faire libérer.

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Mon avis : Dans ce nouvel album du duo liégeois Warnauts et Raives, on retrouve les personnages découverts dans les deux albums de « Temps Nouveaux ». On a laissé les personnages en 1945 et maintenant on les retrouve en 1947. C’est l’Après-guerre mais aussi les prémices de la guerre froide. Américains et Soviétiques se déchirent déjà à Berlin où la ville a été subdivisée en zones d’influence. Les prisonniers n’ont pas encore été tous libérés. C’est le cas de l’amante de Thomas, Assunta Lorca, prisonnière politique dans un camp d’internement soviétique. Warnauts et Raives nous racontent les démarches, les recherches entreprises pour retrouver et libérer Assunta Lorca.

Warnauts et Raives ont voulu faire une rupture temporelle vis-à-vis de la première période racontée dans les « Temps Nouveaux ». « Après-guerre » comportera aussi deux tomes et concernera la période 1947-1950. Les auteurs veulent ainsi que le lecteur puisse lire et comprendre l’histoire, même s’il n’a pas lu les deux albums précédents. Bien évidemment, c’est plus intéressant d’avoir lu le premier diptyque pour mieux connaître la psychologie des personnages mais ce n’est pas un handicap insurmontable, loin de là.

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Les auteurs élaborent cette histoire sur base d’une solide documentation, de témoignages de personnes ayant vécu cette époque, de lectures communes. Ils y intègrent leur environnement habituel (la Belgique, la région liégeoise, Les Ardennes,…) mais aussi la petite et la Grande Histoire du monde. Ces personnages de papier sont donc très crédibles et c’est ça qui touche le lecteur. De plus les auteurs ont une réelle analyse et réflexion sur les faits historiques .Le résultat est tout à fait pertinent.

Au niveau du dessin, cela reste toujours de très bon niveau. Warnauts et Raives est une marque de fabrique, un gage de qualité graphique. La colorisation de Raives en aquarelle directe et retouchée par l’informatique est aussi un des points forts de l’album.

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En conclusion, si vous avez aimé « les Temps Nouveaux », vous ne pouvez rater cette suite. Si vous aimez également l’Histoire proche des années ’40-’50, vous y trouverez votre bonheur. Le Lombard l’a compris en intégrant cet album dans sa prestigieuse collection « Signé ». La sortie d’un Warnauts et Raives reste un événement. Incontournable !

 

Liens vers le site du Lombard: http://www.lelombard.com/albums-fiche-bd/apres-guerre/l-espoir,2562.html

 

Graphisme :     8,5/10

Scénario :       8,5/10

Moyenne :       8,5/10

 

Capitol.

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12/03/2013

ZOZOLAND - Tome 1: Parc paniiiiiique!

Couv_181239.jpg1303101613390001.JPGDessin : Blatte - Scénario: Falzar

Editions Sandawé

Sortie : 27/02/2013

32 pages

Prix conseillé : 10,50 €

ISBN : 930626085

Humour, jeunesse.

 

 

Résumé (de l’éditeur): Après une séance de tag qui a mal tourné, deux petits loubards sont condamnés à une peine d'intérêt général. Direction: Zozoland, le célèbre parc d'attractions. Leur travail ne sera pas banal. Ils vont être placés dans la peau de deux gentilles mascottes dont raffolent les enfants. Et ils vont se rendre compte qu'il y a pire que la prison : il y a l'industrie du divertissement !

 

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Mon avis : Sandawé veut accélérer le rythme de ses sorties et se diversifier ! Fini de se cantonner dans les projets pour « ado-adultes », il faut aller vers le grand public ! Le premier projet lancé en un temps record et à plus petit budget, c’est justement cet album intitulé « Zozoland – parc paniiiiiique ! » En réalité, Zozoland est initialement paru dans le journal « Spirou » où les deux auteurs Blatte et Falzar ont sévi comme « gentils animateurs-dessinateurs-scénaristes ». Pour Blatte, il s’agit du premier album publié alors que Falzar a déjà plus de planches et a scénarisé, entre autres, la série « Sac à puces ». On peut cependant se poser la question de savoir pourquoi Dupuis, le propriétaire du journal Spirou, n’a pas édité cet album. Bien évidemment, quand on prend comme héros deux petites frappes qui débarquent dans un parc d’attraction et qui haïssent les enfants, dans un journal pour enfants, cela peut déranger certaines consciences. Comme quoi, personne n’est parfait et n’assume pas toujours jusqu’au bout ses choix éditoriaux et ses folies.

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Le pitch en lui-même ne peut amener que l’intérêt. Le reste de l’album est du même tonneau, un ensemble de gags d’une ou plusieurs pages. Le dessin est dans le plus pur style « enfantin », esquissé mais très expressif. Au niveau du scénario, c’est un humour « potache » qui m’a valu quelques éclats de rire. D’autres tombent plus à plat mais il faut plaire à tout le monde…

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Ce qui est remarquable dans cet album est qu’il a été conçu pour un public jeune avec des jeux dans l’album mais aussi un livre de jeu à télécharger sur le net grâce à un code repris dans l’album. L’idée est bonne. Compte tenu du prix modique, c’est un excellent album pour les jeunes et pour les adultes qui ont gardé quelque part une âme d’enfant. On a déjà vu pire comme produit d’appel, reste à voir si le public va suivre. Sandawé y croit puisqu’une grosse partie du budget a été mise en autofinancement par la structure Sandawé elle-même !

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Bref, un album sympathique, ludique et pour tous les publics.

Liens vers le site de Sandawé : http://www.sandawe.com/

 

Graphisme :     7,5/10

Scénario :       7,5/10

Moyenne :       7,5/10

 

Capitol.

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10/03/2013

Les petites chroniques (3).

Kid Paddle - Tome 13. Slime Project


Couv_176369.jpgPlancheA_176369.jpgScénario : Midam
Dessin : Midam
Couleurs : Angèle
Dépôt légal : 11/2012
Editeur : Mad Fabrik
ISBN : 978-2-930618-27-2



 

A contrario du tome 12,  je n’ai pas accroché à ce tome 13 !!  Tome 13 qui était annoncé initialement  pour le vendredi 13/09/2013 et qui est sorti en fin d’année 2012.  Cherchez l’erreur !!! Besoin d’argent monsieur Midam ?????

 

Les personnages sont très bien dessinés, par contre pour les arrières plans et les décors !!! Le plus souvent c’est, sauve qui peut !!! C’est d’un minimalisme à faire pleurer : case blanche ou de la même teinte, léger dégradé de couleur, quelques coups de crayons pour esquisser les décors ….

 

Les gags n’arrivent plus à se renouveler, ça commence à sentir le réchauffé. La lecture de Slime Project est hyper rapide !!!  De plus elle m’a laissé un vilain arrière-goût de n’y revient pas !!! Jusqu’à présent, j’aimais  bien Kid Paddle, mais là je dis STOP !!!

 

Heureusement que j’ai des enfants et que mon fils de 10,5 ans, lui, a adoré !!! Comme cela je ne regrette pas mon achat au moins lol.  

 

 

Ma note : 5/10

 

La note de mon fiston de 10,5 ans : 7/10

 

Revedefer


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Spider-Man (100% Marvel) – Carnage USA


 

Couv_175830.jpgcarnage planche.jpgScénario : Wells, Zeb
Dessin : Crain, Clayton
Couleurs : Crain, Clayton
Dépôt légal : 11/2012
Editeur : Panini Comics
ISBN : 978-2-8094-2722-6



 

Une petite ville isolée des Etats-Unis se trouve être le point de départ du plan d'invasion et de contrôle des Etats-Unis par une armée de symbiotes sous la coupe de Carnage. Spider-Man et Venom unissent leurs forces après une défaite rapide du reste des vengeurs envoyés sur place.


Le travail aux dessins de Clayton Crain est particulier mais terriblement efficace comme à son habitude.

 

 Note : 07.5/10.


JaXoM


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Thermae Romae - Tome V.

 

ther couv.jpgther plan.jpgYamazaki, Mari
Yamazaki, Mari
01/2013
Casterman
Sakka
978-2-203-06206-1
184


La série, consacrée à Rome et les bains, suit son cours. Lucius, le Romain, se retrouve à notre ère, au Japon. C'est toujours le choc pour lui, plongé dans la modernité. Il doit maintenant résoudre des problèmes dans les deux époques et passe de l'une à l'autre allègrement. J'ai eu plus dur de suivre l'histoire avec les tomes IV et V. La série s'essouffle et ce n'est plus l'enthousiasme des trois premiers tomes...


Va-t-on éviter la noyade ? Va-t-on voir arriver les sauveteuses en maillot rouge ? La suite au prochain épisode...

Ma note : 7/10.


Capitol


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HARRY DICKSON - TOME 1: L'île des possédés


Nolane, Richard D.hc.jpghp.jpg
Roman, Olivier
Editeur : Soleil
ISBN : 2-302-02722-0
Dépôt Légal : Janvier 2013

parution: le 16/01/2013



Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain, est inspiré des romans policiers fantastiques des années '30 de l'écrivain belge Jean Ray, le spécialiste du genre. Plusieurs adaptations de la série ont eu lieu dans la bande dessinée. Celle-ci est celle de Richard D. Nolan et d'Olivier Roman parue Chez Soleil entre 1992 et 2009. Il s'agit ici d'une nouvelle réédition qui bénéficie également d'une nouvelle couverture inspirée des publications originales de Jean Ray. C'est un classique qui sera apprécié par tous les amateurs du genre. Il ne s'agit donc pas d'une nouveauté à proprement parler.

Ma note : 7/10


Capitol



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Siege - Intégrale - Marvel Deluxe


kid paddle,midam,mad fabrik,112012,510,710,7510,012013,spider-man,panini,marvel,comcis,wells,crain,thermae romae,yamazaki,casterman,soleil,policier,nolane,roman,harry dicksonkid paddle,midam,mad fabrik,112012,510,710,7510,012013,spider-man,panini,marvel,comcis,wells,crain,thermae romae,yamazaki,casterman,soleil,policier,nolane,roman,harry dicksonBendis, Brian Michael
Coipel, Olivier
11/2012
Panini Comics
978-2-8094-2418-8
296
 
 
 

Norman Osborn décide d'en finir avec Asgard !! Pour cela, il fait appel à ses Vengeurs Noirs et à l'impitoyable Sentry !! Le siège de la cité des Dieux peut commencer.


Action, intrigue, trahison, violence, mort, alliance, folie, courage, désespoir... sont en rendez-vous dans ce Comics qui sent bon la poudre et le sang !!!


Une grosse claque pour ma part !!!!


Ma note : 9/10


Revedefer


08/03/2013

INTERVIEW DE JEAN-LUC DELVAUX, dessinateur de Jacques Gipar.

delvaux.pngNous sommes dans la campagne proche de Liège, pas loin de l’autoroute Liège –Bruxelles et de l’aéroport de Liège. J’ai rendez-vous avec Jean-Luc Delvaux, le dessinateur de Jacques Gipar, la série qui monte dans la collection « Calandre » de chez Paquet.

Une maison mitoyenne dans une rue calme et tranquille, dans un village dortoir avec vue sur la campagne bucolique.

Je sonne. Jean-Luc Delvaux vient m’ouvrir avec un large sourire. Bienvenue ! Sa toison grisonnante et ses lunettes complètent le personnage. Dès le départ, le ton est mis. C’est la décontraction et la simplicité qui sont de rigueur. La maison est agréable et lumineuse. Nous nous installons dans le salon et commençons directement l’interview :

SambaBD : Qu’est ce qui vous a amené au graphisme, à la Bande Dessinée ?

Jean-Luc Delvaux : Je dessine depuis que je suis tout petit et je crois que j’aimais déjà les voitures. J’aimais dessiner les voitures .J’ai toujours aimé cela, je ne sais pas pourquoi ! De fil en aiguille, j’ai rajouté des personnages. Comme mon père lisait Spirou, Tintin, j’étais un peu baigné là-dedans. Vers l’âge de 11,12 ans, je me suis dit que je pourrais peut-être me diriger vers la bande dessinée et j’avais l’intention déjà à ce moment là d’en faire mon métier…

Vous êtes allé à Saint Luc ?

Oui, à Saint-Luc à Liège.

Votre père était-il dans le monde de l’automobile ?

capitol,jean-luc delvaux,thierry dubois,jacques gipar,calandre,paquet,automobilePas du tout. Pas passionné, plus qu’autre chose. Mon père est menuisier. Comme beaucoup de gens de sa génération, il achetait le Tintin ou le Spirou chaque semaine mais, à part cela, même au niveau dessin, il n’y avait personne dans la famille de particulièrement impliqué.

Vous avez commencé dans la bande dessinée par la série « Le Marquis », vous avez fait deux tomes avant de vous lancer sur « Jacques Gipar » Avez-vous une activité complémentaire à la bande dessinée ? Faites-vous uniquement Jacques Gipar ?

Actuellement, je ne fais que de la BD. Mais tout un moment, j’avais une activité complémentaire. Je travaillais la nuit dans le milieu du courrier pour avoir quelque chose en plus. Puis, la série commençant à fonctionner, je me suis dit que, pour une question de délais et pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions, « je me lance, allons-y ! ». Je ne fais pas que Jacques Gipar, je fais aussi une série pour le magazine « Gazoline » qui s’appelle « Gaz à fond ».C’est une planche de gag tous les mois. Et puis je fais des commandes annexes de personnes qui me demandent des illustrations de leur voiture, de leur maison,…

Comment est né Jacques Gipar?

dubois.pngJe connais mon scénariste, Thierry Dubois, depuis 15 ans. On avait toujours dit qu’on ferait peut-être bien quelque chose ensemble. Il faisait un fascicule pour une collection « Altaya », « la route bleue ». Il s’occupait de toute la conception et il avait demandé à Altaya si ce ne serait pas bien de mettre à la fin une BD. Il a fait une première BD. Arrivé à la quinzième planche, il m’a demandé : « Est-ce que tu peux t’occuper de faire les couleurs ? » J’ai repris les couleurs. Puis arrivé à la fin de l’album, il m’a dit : « Je n’ai vraiment plus le temps de m’en occuper. Est-ce que tu peux reprendre le dessin et les couleurs. Moi, je ferai le scénario». C’était parfait. On a créé Jacques Gipar à ce moment là. Un journaliste pour pouvoir le balader un peu partout et dans les années ’50 parce qu’on aimait cela tous les deux. Arrivé à la fin de l’album, comme il était libre de droits, on l’a proposé aux maisons d’édition et on a fait le tour des maisons et c’est avec Paquet qu’on s’est entendu.

C’est donc vous qui avez pris contact avec Paquet…

calandre.pngOui, j’ai d’ailleurs une anecdote à ce propos là. J’avais lu la série d’Olivier Marin,  le mystère de la traction 22. Je me suis dit bon ils ont déjà quelque chose chez Paquet, je ne vais pas envoyer là-bas. Les refus arrivant des autres éditeurs, je me suis dit et puis tant pis, je vais  tenter le coup quand même et deux jours après ils me sonnaient  pour me dire c’est génial. On fait une collection « Calandre » et c’est parfait. Voilà un album tout fait. Ils étaient contents.

Comment avez-vous connu Thierry Dubois ?

Thierry Dubois, c’est grâce à un article dans l’auto-journal, dans les années ’90. Je vois l’article, je le lis un peu et je me dis c’est bizarre, avec ce type, on aime les mêmes choses, on a les mêmes goûts et on a un style de dessin relativement proche. J’étais bluffé. Je lui ai écrit. Il avait de la famille en Belgique et il devait venir quinze jours plus tard pour un mariage. Il est passé par la maison. On a toujours gardé le contact et voilà donc…

Etes-vous un collectionneur de voiture ancienne ?

Collectionneur…Amateur ! Oui, j’ai la chance d’avoir une 203 Peugeot, une aronde qui est un peu dans son jus et pendant mon adolescence, j’avais rêvé d’avoir une dauphine ou une 4CV. Finalement je me suis offert une dauphine pour mes vingt ans avec toutes mes « dringuelles ». Je l’ai toujours mais depuis quatre ans elle est en pièces détachées et mon frère n’a pas encore eu le temps de la remonter. D’un autre côté, il faut la place pour stocker tous ces engins (éclats de rire).

Gipar#4_interieurs_hires-3.jpgJacques Gipar est une série qui prend de l’ampleur. Quels sont les tirages ?

Le premier album est à 12.000 exemplaires. Tous les albums cumulés, on est à 35.000-36.000 exemplaires avant la sortie du 4e tome. Apparemment la mise en place est écoulée, il y a le réassort. Ca ne fait qu’un mois que l’album est sorti.

J’ai lu dans le C-Magazine des éditions Paquet que vous préparez  une histoire en deux tomes…

En deux tomes mais on aimerait que chaque tome puisse être lu  séparément sans devoir acheter l’autre. C’est souvent ce que les gens reprochent ou alors il faut attendre le second. Chaque histoire sera indépendante. On a d’ailleurs déjà les titres. La première histoire s’appellera « Trafic sur la grande bleue » et la seconde « la station du clair de lune ». En gros, le pitch c’est qu’il existe un trafic de cigarettes de contrebande qui se faisait  entre la zone franche de Tanger et Marseille. Le bateau va être attaqué entre les deux et malheureusement surviendra un orage. Ils vont devoir amarrer avec les cigarettes de contrebande. Elles vont être réparties un peu partout. Cela va déclencher une affaire … Cela s’est passé réellement en 1952 avec un bateau appelé le « Combinatie ». Jacques Gipar est mis au courant de l’histoire. Il y a eu trois morts et va aller voir ce qui se passe là-bas. Il va mettre son nez dans ce qu’il ne faut pas évidemment.

Comment collaborez-vous avec Thierry Dubois ? Il a une très bonne base au niveau du dessin, ici il est scénariste. Vous envoie-t-il uniquement le scénario, fait-il déjà un pré-découpage ? Comment fonctionnez-vous ?

J’ai cette chance qu’il m’envoie le synopsis et le découpage séquence par séquence. C’est dactylographié. Puis ensuite le découpage planche par planche, dessiné alors. Avec une idée des angles de vue. Il est très ouvert, je peux dessiner ce que je veux mais cela m’évite l’angoisse de la page blanche. Il travaille toujours avec les deux planches qui se regardent dans l’album pour essayer d’équilibrer les cases, etc…

Au niveau du dessin par rapport au « Marquis » et à Jacques Gipar, avez-vous évolué au niveau du dessin ? La structure des cases a-t-elle évolué aussi ?

J’espère que oui ! (rires). On évolue toujours. C’est vrai que je n’aime plus trop voir mes tout premiers albums  et puis dès que j’ai terminé un album, je vois ce qu’il faut améliorer. Par rapport au Marquis, j’ai pas mal évolué dans les personnages. C’est là où le bas blessait dans le Marquis. Je prends beaucoup plus de plaisirs à dessiner maintenant tout ce qui est personnages. Avec les voitures, j’ai toujours eu une certaine facilité mais maintenant je prends plus de plaisir à dessiner. On évolue toujours et j’espère encore m’améliorer.

Votre série se déroule dans les années ’50 et quand on lit Jacques Gipar, on a l’impression d’une certaine nostalgie. On fait plutôt références à des gens comme Tillieux, etc … Aussi au cinéma français des années ’50 avec Lino Ventura, Gabin, … Est –ce voulu ?

Gipar#4_interieurs_hires-4.jpgAu début de mon adolescence, je me rappelais que dès qu’il y avait un film de l’époque qui passait, j’épluchais toujours les programmes télé. Je m’empressais de regarder. Au fil des années, j’ai amassé de la documentation. J’ai toujours aimé les années ’50-’60 que ce soit au niveau cinéma. Au niveau bande dessinée, depuis que je suis tout petit, j’ai toujours aimé la bande dessinée franco-belge et j’ai de l’admiration pour Tillieux, pour Franquin, pour Will. J’ai commencé à dessiner en copiant au début et j’en suis maintenant à dessiner naturellement comme ça. J’ai de la difficulté à dessiner différemment de ce style là. C’est vrai que je suis nostalgique d’une période que je n’ai pas connue. On retient toujours le bon côté des choses.

Comment faites-vous au niveau de la documentation ? Thierry Dubois a réalisé un album sur la Nationale 7 (chez Paquet) qui est une somme. Vous fournit-il la documentation ? Faites-vous vos propres recherches ?

Il me donne toujours de la documentation avec le scénario. J’en ai aussi pas mal ici aussi en ce qui concerne les véhicules. Pour les lieux, il me fournit pas mal de photos d’époque ou de photos qu’il a refaites en son temps car c’est vraiment un passionné par l’histoire en général, par l’histoire de la N7. Tous les jours, il est sur Ebay à collecter des photos d’époque…

Il suffit de voir en fin de l’album une planche sur la Simca Aronde, une planche sur la topographie de l’endroit où se déroule l’histoire. C’est le genre de truc que l’on ne voit pas en général dans une bande dessinée…

Pour le premier album, il avait eu l’idée de faire la carte et puis une petite chronique. On s’est dit qu’on allait refaire la même chose pour le second. C’est quelque chose de caractéristique de la série. On aime bien de faire la carte. Je trouve que cela donne un petit côté authentique à l’histoire d’autant plus que les numéros des nationales correspondent à ce qu’il y avait à l’époque.

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L’interview est terminée mais pas la visite !

-« Vous prendrez bien quelque chose à boire ? » Café pour moi. Nous allons directement à la cuisine. A la bonne franquette, le père de Jacques Gipar fait le service.

-"Vous voulez voir mon atelier ?" Ah oui, je veux bien…

« -J’ai aménagé un vieux pigeonnier qui se trouve à l’arrière de la maison". Nous passons de la cuisine au pigeonnier. Nous montons à l’étage par un escalier en colimaçon. A l’étage, je découvre un espace confortable et chaleureux, pas très grand mais pas petit non plus. L’espace est en réalité divisé en deux parties. A droite, c’est l’espace de Madame, illustratrice pour enfants. A gauche, l’espace de Jean-Luc qui est à l’image de l’occupant. Beaucoup de dessins aux murs, des armoires vitrées avec des voitures en réduction, des affiches de cinéma  , une table à dessin négligemment rangée, des piles de magazines spécialisés « auto » par terre.

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On fait quelques photos. Jean-Luc me montre les synopsis et les premiers découpages de Thierry Dubois. Il me montre également quelques planches et la couverture du dernier Jacques Gipar. La discussion continue. C’est un endroit convivial où il doit être agréable de travailler.

« Vous voulez que je vous fasse une dédicace ? » Je ne veux pas abuser…Pas de problème ! J’ai laissé mon album au salon. Nous retournons à la table du salon. Jean-Luc Delvaux commence sa dédicace…-"Que voulez-vous ?" Une voiture bien sûr…Le crayon part comme pour le départ d’un cent mètres. La voiture, c’est son truc. D’abord la calandre puis rapidement le reste de la voiture. Il y a du mouvement dans ce dessin ! Vient ensuite la tête de Jacques Gipar et la publicité Caltex de l’époque. Un vrai virtuose de la bagnole !

 

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Sur ce nous nous quittons. Jean-Luc Delvaux m’a consacré plus d’une heure avec gentillesse et disponibilité. Il m’a ouvert les portes de sa maison et de son atelier comme on le fait avec un ami. Qu’il en soit remercié ! Cerise sur le gâteau, il connaît SambaBD et avait lu la dernière chronique sur Jacques Gipar. Je ne vous cache pas que cette visite restera dans ma mémoire comme un moment rare et privilégié.

Je remercie également les éditions Paquet et Nicolas Anspach pour avoir organisé cette sympathique rencontre. Longue vie à Jacques Gipar !

 

Capitol.

 

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