30/01/2013

LES CAMBRIOLEURS - Tome 1: Les oiseaux de proie.

Couv_180428.jpgPlancheA_180428.jpgDessin & scénario : Jake Raynal

Editions Casterman

Collection Ligne rouge

Sortie : 09/01/2013

48 pages

Prix conseillé : 13,95 €

ISBN : 9782203396425

Polar

 

Résumé (de l’éditeur): Ruben, Elias et Prev. Deux hommes et une femme. Un trio de malfrats, spécialistes de l’effraction et du cambriolage, réunis au hasard des circonstances de leurs activités clandestines. Issus des décombres de l’ancienne Yougoslavie, Elias et Prev forment un couple, amoureux. On ne sait pas trop d’où vient Ruben, ni pourquoi il a choisi cette étrange carrière. Qu’importe, ils font équipe, et sévissent d’une frontière à l’autre dans cette immense zone d’Europe Centrale qui ne cesse de se reconstruire et se reconfigurer depuis la disparition de l’Union Soviétique. Parmi leurs commanditaires, il y a le frère de Prev, Wallach, qui lui même est au service d’un big boss nommé Lazlo. De vols en coups de main, l’avenir paraît sourire au trio. Mais comment s’imaginer un futur réellement crédible dans l’univers complexe, amoral et dangereux des mafias européennes, régi par la méfiance, les doubles discours, la tentation permanente de la trahison et un féroce esprit de compétition?

 

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Mon avis : Comment pourrais-je vous faire comprendre mon embarras et mon malaise pour parler d’un tel album ? Je pense d’ailleurs que je ne suis pas le seul dans le cas à la rédaction de SambaBD… « Tiens Capitol, lis ça, moi j’y arrive pas…Comment veux-tu que je fasse une chronique là-dessus ? » Et le bon Capitol de lire l’album…

D’abord, l’auteur. Si je me rapporte au dossier de presse, il s’agit de Jake Raynal qui publia chez Fluide Glacial en 1994 des courtes chroniques sur des thèmes fantastiques et absurdes réunies dans deux albums « Combustion spontanée » et « Esprit frappeur ». Il est également le scénariste de la série « Francis Blaireau Farceur » aux éditions Cornélius. Notre homme est un rien « underground » et se fait plutôt rare…Pour moi, inconnu au bataillon. Ce qui frappe en voyant l’album en lui-même, c’est qu’il n’a rien d’attirant. Tant la couverture que les planches à l’intérieur sont dans des couleurs douteuses qui donnent un sentiments d’oppression, de monde déglingué, de l’Europe de l’Est post-communisme avec ses grands ensembles à donner le cafard…C’est glauque…C’est voulu ? Peut-être… Allez savoir ? Pas très engageant la lecture, me suis-je dit en m’enfonçant dans mon fauteuil…

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Les personnages sont plutôt stylisés que véritablement dessinés. Il faut être bien focalisé sur l’histoire. Déjà par moments, je me demande qui est qui…Et ces couleurs chiadées…Comble de l’horreur, il faut s’accrocher pour suivre l’histoire…Une sombre affaire de voleurs, de mafia, d’arnaqueur et d’arnaqués, de gens loyaux et de traîtres, de vengeance et de violence…

Les séquences se suivent et parfois s’entrechoquent sans réelle logique avec des apartés, des diversions, des digressions…Je suis cahin-caha l’histoire mais cela ne me passionne pas outre mesure. Quand la lecture devient aussi pénible, je n’en ressens pas de plaisirs. Or la lecture doit rester un plaisir et non une torture mentale, sans queue, ni tête.

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Le dossier de presse termine la présentation par, je cite : « Avec Cambrioleurs, marqué autant par Hugo Pratt que par les polars contemporains, il (Jake Raynal) renoue avec la grande BD d’aventure et de voyage ». Pauvre Hugo Pratt ! Où sont l’aventure et le voyage ? Voyage au bout de l’enfer, oui ! Casterman nous a déjà habitué à beaucoup mieux. Pour lecteurs dépressifs, névrosés et suicidaires…Au petit matin, ils se sont pendus de désespoir…

Avec une chronique pareille, je ne vais pas me faire que des amis…

Au secours ! Sauve qui peut !

 

Graphisme :   5,0/10

Scénario :     4,0/10

Moyenne :     4,5/10

 

Capitol.

P.S.: Pour les masochistes, même un deuxième tome de prévu!

Lien vers le site de l'éditeur: ICI.

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29/01/2013

BIENVENUE A JOBOURG!

Couv_180989.jpgPlancheA_180989.jpgDessin & scénario : Pascal Rabaté

Editions Futuropolis

Sortie : 10/01/2013

80 pages

Prix conseillé : 16,00 €

ISBN : 9782754808941

Voyage, société, Johannesbourg, Afrique du Sud.

 

Résumé (de l’éditeur): Patrick, un jeune Français, arrive à Johannesburg pour travailler dans l’imprimerie d’un ami de son père. À peine débarqué, il se demande très vite ce qu’il fait ici, tant la violence de la ville et la paranoïa sécuritaire l’effraient. Comble de malchance, l’imprimerie tombe en cessation de paiement et son futur employeur ne peut plus l’embaucher, ni même lui payer son billet de retour. Dès lors, Patrick n’a plus d’autre choix que de visiter, sentir, s’imprégner, comprendre ce pays.

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Mon avis : Attention ! Cet album n’est pas vraiment une nouveauté. Il a paru initialement en 2003 aux éditions du Seuil. Je dois dire que cette sortie était pour moi passée totalement inaperçue. Comme quoi, parfois, il y a  des rééditions qui en valent la peine. C’est le cas ici.

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C’est une nouvelle édition en bichromie, complétée par des croquis faits sur place par Pascal Rabaté en 2003 à Johannesburg  (Joburg pour les intimes…) à l’occasion d’une « résidence artistique ».

Par un heureux hasard, j’ai eu l’occasion de me rendre à Johannesburg en 2001 dans le cadre d’activités sportives. J’ai eu la chance d’avoir des contacts avec des belges installés sur place et des sud-africains de toutes couleurs (blancs, métisses, indiens, noirs) et de toutes conditions. J’ai eu l’occasion, entre autres, de me rendre à Soweto (le quartier de Joburg où a démarré la révolution qui allait sonner le glas de l’apartheid) et à Durban dans une école défavorisée. J’ai donc pu confronter mon expérience de 2001 à celle de 2003 de Pascal Rabaté.

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L’auteur a décrit de façon tout à fait réaliste et véridique ce que j’ai vu deux ans plus tôt. L’Afrique du Sud et plus particulièrement Johannesburg est un phare en Afrique, une lumière qui attire pas mal de monde et d’espoirs de toutes parts. On y rencontre des gens de toutes nationalités, surtout des congolais (ex Zaïrois), qui y sont venu chercher un job, un avenir. Car il s’agit d’un pays riche, très riche mais avec de grosses disparités entre les classes sociales. L’opulence et la pauvreté cohabitent même à Soweto ! Mais n’importe quelle société ne peut accepter toute la misère du monde. Nelson Mandela est une icône mais cela reste un état pauvre même si son sous-sol est riche et exploité par des multinationales. La violence dans la société Sud Africaine est latente, c’est comme une chape de plomb. Les nantis se retranchent dans des quartiers sécurisés, derrière des fils barbelés, des vitres grillagées, des portes blindées et des gardes armés…Se promener la nuit en rue est fortement déconseillé. Les morts par balle se comptent à la pelle dans les bidonvilles.

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Rabaté raconte l’histoire de Patrick qui se retrouve dans la mouise alors qu’il s’attendait à pouvoir y travailler. Mais cette situation va pouvoir lui permettre de s’immerger dans la société sud-africaine et plus particulièrement dans un quartier pauvre, proche de Soweto. Au niveau du scénario, l’histoire se tient même si cela se passe bien pour le personnage principal et que c’est plein d’espoir. Rabaté ne reste pas dupe de la situation, la dernière scène de l’album montre qu’il a tout compris.

Le dessin est brut, sans grand fignolage, mais cela donne encore plus de force au graphisme. En fin d’album, des croquis rendent encore une autre dimension à l’album.

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En conclusion, cet album est un bel instantané d’une époque mais il est vite lu. La situation évolue. Nelson Mandela vit toujours mais est retiré de la politique. Une nouvelle classe sociale noire est arrivée au pouvoir mais commence à oublier d’où elle vient. Le pouvoir corrompt et c’est ça le problème. Mais c’est une autre histoire. Ceux qui aiment l’Afrique, les voyages et les expériences particulières aimeront cette très belle bande dessinée.

 

Graphisme :   7,5/10

Scénario :     8,5/10

Moyenne :     8,0/10

 

Capitol.

Lien vers le site Futuropolis: ICI.

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28/01/2013

LA FOIRE AUX GANGSTERS (SPIROU)

Couv_176125.jpg1301201755370001.JPGDessin & scénario : Franquin et Jidéhem 

Commenté par Jean-Louis Bocquet et Serge Honorez

Editions Dupuis

Collection Dupuis patrimoine

Sortie : 09/11/2012

88 pages

Prix conseillé : 24,00 €

ISBN : 9782800155715

Aventure, Humour

 

Résumé (de l’éditeur): Initiés au judo par le mystérieux Soto Kiki, Spirou et Fantasio se retrouvent embarqués malgré eux dans une affaire de kidnapping, qui va entraîner Spirou jusque dans les coulisses d'une fête foraine. Mais là où ça se complique, c'est quand, en pleine filature de suspects, il tombe par hasard sur Gaston...

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Mon avis : Pour bien placer cet album dans le contexte, rien de mieux que de citer les Editions Dupuis pour la présentation de cet album particulier :

" L'édition définitive d'une pépite de l'oeuvre de Franquin, avec Spirou, Fantasio, et Gaston !
Après « Bravo les Brothers », c'est au tour de cette aventure pittoresque en milieu forain de connaître une édition spéciale. Celle-ci comprend les pages originales en fac-simile, recolorisées, commentées et resituées dans le contexte de leur création. Un album de collection, dans lequel Spirou, Fantasio et Gaston se partagent l'affiche."

Dupuis continue donc à racler les fonds de tiroir, mais quel fond de tiroir ! Qu’est ce qu’on ne ferait pas pour encenser un auteur qui deviendra bien vite en notoriété l’équivalent de Hergé ! Cette aventure date de 1959 et a été publiée à l’époque à la suite du nid des marsupilami. Cette histoire en 24 planches est un condensé de l’univers de Franquin avec excusez du peu : Spirou et Fantasio, Spip, le Marsupilami fait une apparition et, en guest-star, Gaston qui rempli son rôle de gaffeur avec une candeur désarmante. Les planches ont été recolorisées par Frédéric Jannin qui s’est basé sur les planches originales de Franquin.

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Le point fort de l’album, outre le talent de Franquin, c’est l’analyse de Jean-Louis Bocquet et Serge Honorez. On y apprend beaucoup d’informations sur les relations pas toujours sereines entre Franquin et l’éditeur Charles Dupuis, la fascination de Franquin pour la boxe et les fêtes foraines, l’envie de Franquin de faire un polar noir, la collaboration avec Jidéhem, l’impact du design et du style ’58, le début de la mode nippone (le judo, les produits japonais,…) et enfin le parallèle entre la future paternité de Franquin et le kidnapping d’un couffin.

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On y voit donc des combats de boxe, un marsupilami colérique, un accident de voiture très réaliste,... Charles Dupuis, toujours très à cheval sur la morale et avec le doigt sur la couture du pantalon, n’a vraiment pas apprécié cette histoire qu’il trouvait trop violente et pas vraiment dans la droite ligne du journal Spirou de l’époque.

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C’est cette mise en contexte qui donne le plus de cet album. C’est un album, qui prendra certainement de la valeur avec le temps, n’est pas une nouveauté mais est une belle mise en lumière.

 

Graphisme :   9,0/10

Scénario :     7,0/10

Moyenne :     8,0/10

 

Capitol.

21/01/2013

UNE AVENTURE DE JACQUES GIPAR - Tome 4: La femme du notaire.

Couv_175155.jpgPlancheA_175155.jpgDessin : Jean-Luc Delvaux - Scénario: Thierry Dubois

Editions Paquet

Collection Calandre

Sortie : 23/01/2013

48 pages

Prix conseillé : 13.50 €

ISBN : 9782888905295

Automobile, polar

 

Résumé (de l’éditeur): Etrange, ce meurtre d’un simple représentant de commerce, abattu près de sa voiture. On murmure qu’il connaissait bien la femme du notaire. Lequel notaire ne va pas tarder à le suivre dans la tombe ! La police a bien arrêté un gitan, mais cela semble trop simple pour Jacques Gipar, envoyé spécialement dans la Somme pour tenter de démêler les certitudes policières des incohérences de l’enquête … D’autant que les crimes continuent ! Mais, au fait, qui est vraiment la femme du Notaire ?

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Mon avis : Voilà une série qui, sans en faire des tonnes, se fait petit à petit sa place et devient même un des piliers de la collection « Calandre » chez Paquet. Le dessin, sans être exceptionnel, est cependant très efficace. Les personnages sont bien croqués et on ne les confond pas comme dans certaines autres séries…Les voitures et les lieux décrits sont le point fort de la série. Les véhicules des années ’50 (voitures, motos, camions,…) sont reproduits d’une façon extraordinaire de précision. Une planche en fin d’album nous donne la carte de la région d’Amiens et situe exactement les lieux des événements qui jalonnent l’histoire, avec des photos d’époque à l’appui. Quand on connaît le travail de Thierry Dubois, cela n’a rien d’étonnant (voir l’album de référence sur la Nationale 7 paru chez Paquet également). Une deuxième planche nous en dit plus sur la Simca Aronde qui est la star de ce tome, la voiture conduite par Jacques Gipar, journaliste à « France enquêtes ».

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Reste l’enquête. Un polar rondement mené avec des morts à la pelle et un Jacques Gipar mis sous pression par la gendarmerie locale. Des rebondissements et une histoire bien menée et passionnante. A ce train là, je vais bientôt fonder un fan club « Jacques Gipar ». Pour l’anecdote, le livre était resté négligemment sur mon bureau et certains de mes visiteurs me demandaient si c’était chouette à lire. La couverture, très efficace, attire l’œil, c’est certain. Un ami, plus au courant de la série, s’est même jeté dessus en me disant : « Tu l’as déjà ? ». Eh oui, c’est le privilège de l’avoir reçu en direct de chez l’éditeur avant sa parution officielle prévue pour le 23 janvier 2013…

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Une excellente lecture qui mêle le polar, les années ’50 et les automobiles.

 « Monsieur le libraire, avez-vous reçu le dernier Jacques Gipar ? »

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Graphisme :   7,5/10

Scénario :     7,5/10

Moyenne :     7,5/10

 

Capitol.

Lien vers le site internet de l'éditeur Paquet: ICI

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