14/12/2012

JEROME MOUCHEROT - Tome 5: Le manifeste du mâle dominant.

Couv_172247.jpgPlancheA_172247.jpgDessin & scénario: Boucq

Editions Le Lombard

Sortie : 05/10/2012

88 pages

Prix conseillé : 14,45 €

ISBN : 978803630851

Humour

 

Résumé (de l’éditeur): La vie moderne comporte bien des dangers. Jérôme Moucherot, grand fauve conquérant de l’impossible, mâle dominant au sommet de la pyramide de l’évolution (selon Léonard de Vinci lui-même !) a réussi à les braver pour en tirer parti. Parfaitement adapté à son milieu, il traque sans pitié les victimes de l’insécurité de la jungle urbaine.

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Mon avis : Après avoir été publié par Casterman, François Boucq et son personnage Jérôme Moucherot changent d’éditeur pour aller au Lombard. L’éditeur bruxellois en profite pour rééditer les quatre premiers albums avec des couvertures légèrement modifiées. Dans la foulée sort un 5e tome intitulé « le Manifeste du mâle dominant ». François Boucq a le sens de la formule et un sens de l’humour détonnant et débridé. Dans cet album, il nous fait un tour du propriétaire. Il nous rappelle par le détail quel est l’univers de Jérôme Moucherot, sa vie, son œuvre pour le meilleur, le pire et le rire ! L’album qui devait faire 48 pages au départ se termine en 88 pages comme quoi il y a de la matière à traiter. Si vous avez lu à l’origine en 1984 l’album qui a fait découvrir Moucherot, à savoir « les pionniers de l’aventure humaine », vous y retrouverez tous les personnages qui y évoluent (Léonard Di Vinci, Les bodybuilders, les esquimaux, la jungle de la ville, le docteur Livingstone,…). Tout ce petit monde se retrouve et est suivi dans le détail au fil des aventures de Moucherot. Les lecteurs avertis retrouveront donc un univers déjà connu mais qui mérite une étude approfondie.

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Au niveau du dessin, l’évolution graphique de Boucq est perceptible au premier coup d’œil. Que de distance parcourue en près de  30 ans. Son dessin s’est simplifié, affiné, éclairci. Il est devenu aussi plus percutant et plus incisif. Le relookage de Moucherot est réussi.

Reste le scénario qui est aussi le travail exclusif de Boucq. Il nous a concocté une mécanique fine et bien huilée qui entraîne le lecteur dans un flux irrésistible. Boucq a poussé très loin sa démarche humoristique, sa folie décalée, son non-sense, sa dérision flegmatique. Certains pourront être désorientés. Il faut aimer cet humour particulier, ce phrasé et cette rhétorique.

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Un excellent album humoristique qui est vraiment une marque de fabrique ou quand un auteur renommé nous en met plein la vue grâce à son expérience graphique et sa volonté de nous étonner.

 

Graphisme :   8,0/10

Scénario :     8,0/10

Moyenne :     8,0/10

 

Capitol.

Lien vers la page internet de l'éditeur: ICI

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13/12/2012

LE CHEVALIER MECANIQUE - TOME 1 & 2.

Couv_154223.jpgCouv_173191.jpgPlancheA_154223.jpgTome 1 : La table d’émeraude

Tome 2 : Ombres et démons

Dessin : Mor - Scénario: Cédric Mainil

Editions Sandawé

Sortie T2 : 24/10/2012

56 pages

Prix conseillé : 12,99 €

Aventure, Fantastique, fiction historique.

 

 

Résumé (de l’éditeur): Décapité sur ordre de Louis XIV, Ulysse de Vaucanson n’a survécu que grâce au génie de son père, brillant inventeur, qui a greffé sa tête sur un corps d’automate. Première machine humaine, invulnérable, devenu chevalier mécanique par ordre du Roy, il est désormais à son service. Mais, des démons intérieurs le hantent. Est-il aussi invincible qu’on le pense ? 

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Mon avis : L’éditeur Sandawé sort le tome 2 du « chevalier mécanique ». Rappelons que les albums Sandawé sont financés par les lecteurs (appelés édinautes) sur base de projets. Le Chevalier mécanique fait donc la passe de deux alors que le troisième et dernier tome est déjà sur les rails…Le rythme est soutenu puisque les deux premiers tomes ont été publiés en 2012.Cette chronique est donc valable pour les deux premiers tomes. Vous trouverez certainement les deux tomes chez votre libraire préféré.

Alors, que faut-il en penser ? Vu la rapidité du financement, il est indéniable qu’il y a une demande pour ce genre d’aventure à caractère historique (fin du 17e siècle), avec une pointe de fantastique. Le projet a su séduire vite et bien. Le récit a de quoi accrocher et attirer l’attention. C’est d’ailleurs ce qui m’a séduit le plus dans ces deux albums. Il y a un fond et une recherche historique de départ puis l’élément fantastique qui va mener l’histoire jusqu’à son dénouement. C’est bien raconté, avec de l’action, des rebondissements. La narration est très linéaire, ce qui favorise la compréhension et en tant que lecteur, on se prend au jeu. Plus l’histoire avance, plus on a envie de connaître la suite. C’est le point fort de la série.

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Au niveau graphique, le découpage et la construction des planches  sont classiques mais bien pensés. Cela peut paraître un peu rigide par moment. Il manque à ce niveau là un peu de folie, Il faudrait avoir l’audace de casser le conformisme des cases. On voit certes une progression graphique d’un album à l’autre. Le deuxième m’a paru plus mature, mieux en place. Le dessin en lui-même est maîtrisé au niveau des attitudes, des mouvements, des décors. J’ai un seul reproche à faire mais il est d’importance, c’est au niveau des visages des personnages. Ils sont très statiques et manquent d’expression. Le dessin gagnerait à ce niveau à se simplifier. Il faudrait enlever toute une série de traits qui sont inutiles  et superflus. Il y a matière à travailler sur ce plan ce qui bonifierait la série .C’est le seul bémol qui m’a un peu gâché ma lecture.

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En conclusion, il s’agit ici d’une série atypique pour les amateurs de capes et d’épées.

Site internet de Sandawé : http://www.sandawe.com/fr

 

Graphisme :   6,0/10

Scénario :     8,0/10

Moyenne :     7,0/10

 

Capitol.

Lien vers la page internet de l'éditeur Sandawé: ICI.

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07/12/2012

LES ENQUÊTES AUTO DE MARGOT - Tome 4: Le pilote aux deux visages.

 

Couv_172211.jpgPlancheA_172211.jpgDessin & scénario: Olivier Marin 

Storyboard, dessin, couleurs : Callixte

Editions Paquet

Collection Calandre

Sortie : 19/09/2012

48 pages

Prix conseillé : 13,50 €

ISBN : 9782888904809

Automobile, polar.

 

Résumé (de l’éditeur): Pise, printemps 1962. Margot et Louis savourent leur voyage de noces. Lors d’une promenade romantique sur une plage de Toscane, ils découvrent des pièces automobiles amenées par une tempête. Ces éléments proviennent d’une Fiat 500. Margot est persuadée que l'épave de la voiture est toujours au fond de la mer. Au grand dam de Louis, elle décide de percer ce mystère et part sur les traces d’un ancien pilote devenu tétraplégique suite à un accident de rallye. Qui est véritablement cet homme ? Un as du volant fauché en pleine gloire ou une petite frappe sans envergure ?

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Mon avis : 4e épisode des enquêtes de la jolie journaliste Margot. Dans chaque album, Olivier Marin, créateur de la série, focalise l’album sur un modèle de voiture qui devient ainsi le personnage central de l’histoire. Il s’agit pour cet opus de la mythique Fiat 500 qui a permis après la seconde guerre mondiale de repeupler une partie de l’Italie…C’était une petite voiture citadine, sympa, économique, facile à l’entretien et tout usage !

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Le dessin est toujours aussi exceptionnel. J’ai appris lors d’une dédicace d’Olivier Marin qu’il s’agissait en réalité d’un travail à quatre mains. Olivier Marin et Callixte se répartissent le travail  grâce à un code couleur qui permet de savoir exactement qui a fait quoi. Marin dessine les décors et les voitures (crayonné bleu) alors que Callixte réalise les personnages (crayonnés rouges). Le dessin est dans une ligne claire impeccable, trop peut-être ! Les couleurs sont soignées et la mise au net irréprochable. On y retrouve des personnages inspirés de la vie réelle comme Berlusconi ou Roberto Benigni. Vous pourrez essayer de retrouver des visages connus.

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Au niveau du scénario, c’est un polar, une enquête sur une Fiat 500 dont Margot a retrouvé l’épave au fond de la mer. S’en suit une enquête sur le pilote de cette voiture qui vit reclus dans sa maison. Mais la vérité première n’est pas toujours la vérité définitive…La suite à la lecture de l’album…

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En conclusion, un album d’une excellente tenue avec un dessin très bien maîtrisé et une enquête originale qui sort des sentiers battus. Non, la course de voiture y est anecdotique. Et pourtant la magie de la collection Calandre est toujours bien là…  

 

Graphisme :   8,5/10

Scénario :     7,5/10

Moyenne :     8,0/10

 

Capitol.

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06/12/2012

LA VILLA SUR LA FALAISE.

Couv_175667.jpg1212011125360001.JPGDessin & scénario: Divers

Editions Casterman

Collection : Ecritures

Sortie : 24/10/2012

206 pages

Prix conseillé : 17,00 €

ISBN : 9782203049024

Album collectif, narration à thème.

 

 

Résumé (de l’éditeur): La collection Ecritures a dix ans ! Pour accompagner ce dixième 1212011130060001.JPGanniversaire, Casterman a proposé à dix auteurs de tous horizons (certains francophones comme Cati Baur ou Fred Bernard, mais aussi de nombreux étrangers, anglo-saxons, japonais ou européens) de créer chacun une histoire originale d’une vingtaine de planches, à partir d’un « pitch » commun. L’amorce de La Villa sur la falaise est de Benoît Sokal : en bord de mer, une tempête d’une rare violence a littéralement coupé en deux une villa située sur un promontoire rocheux, exposant soudain à la curiosité de tous l’intimité d’une maisonnée et d’une famille, dans un curieux spectacle conjuguant l’incongru et l’indécent…

 Les dix auteurs de La Villa sur la falaise : Cati Baur, Fred Bernard, Hannah Berry, Isabel Kreitz, Gabrielle Piquet, Nate Powell, Davide Reviati, Sylvain Saulne, Kan Takahama, Jirô Taniguchi.

 

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Mon avis : Pour marquer le coup, Casterman fête les 10 ans de la collection «écritures » en publiant un album collectif de différents auteurs ayant sévi dans le cadre de cette aventure. La collection « écritures » nous a déjà valu quelques bels albums de qualité, à la narration innovante et d’inspiration littéraire. Cette collection a été construite au départ autour de Jirô Taniguchi dont la bande dessinée franco-belge s’est entiché. Elle regroupe surtout des jeunes auteurs et des auteurs étrangers remarquables par leur travail graphique et scénaristique. Voilà le décor, voyons donc maintenant ce que cela donne à la lecture.

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Cet album permet de découvrir une palette complète d’auteurs complètement différents au niveau du graphisme. Cela va du sublime au basique. Ce foisonnement est la caractéristique principale de l’album. Chaque auteur a fait un chapitre de 20 pages et donne libre cours à son inspiration. L’objectif est donc atteint au niveau du dessin : nous étonner par cette diversité.

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Par contre au niveau de la scénarisation des chapitres, je suis resté sur la réserve. Je m’explique. D’abord, en début de chapitre, l’éditeur présente l’auteur avec les grandes lignes de sa production éditoriale. C’est très judicieux, j’ai appris à connaître un peu mieux des dessinateurs (trices) que je ne connaissais pas. Seul bémol pour Taniguchi. Casterman a oublié de parler dans sa présentation du « Sommet des Dieux », une œuvre majeure, récompensée par de nombreux prix. Mais elle ne cadrait peut-être pas avec le concept d’écritures…Dommage !

 

Toujours au niveau du scénario, cela part dans tous les sens mais parfois, il y a des chapitres qui se ressemblent vraiment fort. Faut-il abattre la maison ? Faut-il vendre le terrain ?Je trouve que certains auteurs ont franchement manqué d’imagination et n’ont pas osé aller en dehors des sentiers battus. J’ai bien aimé par contre les travaux de Fred Bernard et de Takahama. J’ai découvert un petit grain de folie, une idée scénaristique qui fait mouche. Taniguchi, encore lui, a fait tout à fait autre chose que les autres. Pour se distancier ou parce qu’il n’en a rien à faire du pitch de Benoît Sokal ? Il n’empêche que la maison détruite devient un phare toujours bien entier. C’est bien traité mais cela n’empêche que Taniguchi a triché un peu par rapport au concept. Globalement, je suis donc resté un peu sur ma réserve à propos du scénario car il y a des doublons, des manques d’audace et par moment un concept pas toujours respecté.

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En conclusion, cet album vous permettra de faire de belles découvertes graphiques. Pour le scénario, je pense que l’album a les faiblesses du concept. C’est aussi un peu comme l’auberge espagnole, chacun ira y chercher ce qui l’intéresse. Bon mais peu mieux faire…

 

 Graphisme :   7,0/10

Scénario :      7,0/10

Moyenne :      7,0/10

 

Capitol.

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